Thriller d'action, coécrit et réalisé par Michiel Blanchart, dont c'est le premier long-métrage, La Nuit Se Traîne est un très bon film. L'histoire nous fait suivre Mady, un jeune homme étudiant le jour et serrurier la nuit, qui lors de ses interventions reçoit un appel d'une dénommée Claire lui demandant d'ouvrir la porte d'un appartement. Seulement, la jeune fille lui a menti, le logement n'était pas le sien et Mady se retrouve alors complice d'une affaire de banditisme. Ce scénario s'avère extrêmement prenant à visionner pendant toute sa durée d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue haletante, enchaînant les péripéties à un rythme effréné. Cela donne lieu à de nombreuses scènes d'action de toute sorte. Le récit est vraiment bien écrit, même si quelques éléments sont un peu problématiques si l'on se penche dans le détail. Mais cela n'enlève en rien à cette chasse à l'homme qui se déroule juste le temps d'une nuit à la fois longue et courte pour le serrurier. L'ambiance est une franche réussite avec ses moments emplis de tension qui rendent certains passages carrément anxiogènes. De plus, cette histoire s'entremêle avec un sujet encore plus profond car ces événements se déroulent pendant une manifestation du mouvement Black Lives Matter, donnant encore plus de consistance, surtout que ce lien est très bien croisé. L'ensemble est porté par un personnage principal immédiatement attachant, pour qui l'on ressent beaucoup d'empathie, joué par un Jonathan Feltre authentique. Il est entouré par Natacha Krief, qui incarne la menteuse à l'origine de tout ce chaos. Son rôle aurait tout de même gagné à être plus travaillé pour qu'on ait envie de l'apprécier un minimum. Romain Duris est lui l'acteur le plus connu mais on a franchement du mal à croire à son personnage qui ne lui va pas du tout. Le reste de la distribution comprend des antagonistes assez caricaturaux joués par Jonas Bloquet, Mustii, Sam Louwyck, Nabil Mallat, Claire Bodson, Graham Guit, Marco Maas ou encore Guillaume Kerbusch. Tous ces individus entretiennent des rapports conflictuels procurant énormément de pression. Des échanges soutenus par des dialogues de bonne facture. Sur la forme, la réalisation du cinéaste belge s'avère qualitative. Sa mise en scène nous gratifie d'une caméra fluide et mouvante donnant lieu à beaucoup de dynamisme et à des plans marquants. De plus, elle évolue dans une ville de Bruxelles bien exploitée car explorée. La photographie sombre avec ses lumières jaunâtres est pour sa part remarquable. Ce visuel soigné est accompagné par une excellente b.o. signée par l'artiste français Tepr. Ses musiques électronique ont un grand impact sur les images et renforcent encore d'avantage cette atmosphère étouffante. Cette nuit riche en rebondissements s'achève sur une fin un peu discutable. En effet, la conclusion aurait très bien pu survenir quelques minutes plus tôt et aurait été meilleure. En l'état, elle reste correcte. En conclusion, La Nuit Se Traîne est un film méritant grandement d'être découvert.