Un film francophone tourné comme un film Américain, avec des plans drones grandioses, des courses poursuites, et une lumière très chiaroscuro. Bien que l'action se déroule à Bruxelles, on a plus l'impression de voir New York, notamment avec ces manifestations Black Lives Matter, ou ses rues couvertes de déchets, un peu comme le Gotham city de Batman. Le scénario est simple mais efficace, car toute l'histoire se déroule sur quelques heures seulement, ce qui permet de garder un niveau de tension élevé tout du long, un peu comme une course contre la montre. Le plus mémorable est la direction photo, qui transforme réellement Bruxelles en une ville méconnaissable. La nuit joue beaucoup, plongé dans l'obscurité, un lieu peut se transformer complètement. Les couleurs saturées, comme le jaune des lampadaires, donne au film un ton presque irréel, spectaculaire. En ce qui concerne l'efficacité de l'écriture, tout est dit aux spectateurs en seulement quelques images. Par exemple, l'introduction du protagoniste, qui est présenté comme un cambrioleur (alors qu'il n'est que serrurier) quand on voit le verrou de porte tomber et son visage apparaître, met les spectateurs face à leurs préjugés: on l'a accusé à tort dès les premières secondes. Ainsi, le thème principal du film, qui est celui de la fausse culpabilité, nous apparaît directement.
Beaucoup de fusils de Tchekhov sont aussi disséminés, comme le fait que le protagoniste observe l'un des gangsters faire son code de téléphone, ce qui paraît anodin, puis s'avère utile dans la suite de l'intrigue.