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Alexandre Cacheux
76 abonnés
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4,5
Publiée le 19 mai 2023
Encore un film à ne pas voir à la TV. Il faut le silence et la concentration d'une salle obscure pour goûter la beauté et les émotions de ce film magnifique. Être bien ou mal né. Certains ont des mioches sans amour. D'autres n'en ont plus et débordent d'amour. Cette oeuvre irlandaise peint avec finesse et talent une bouleversante fresque de vie. Les larmes coulent devant tant de justesse.
Après avoir vu le film, j'ai revu le court roman de Claire Keegan. Je voulais prolonger l'émotion. J'ai été frappé de la fidélité du réalisateur par rapport au texte.A part quelques rares petites séquences (l, la séquence de l'école ou la vue du cercueil par exemple) et quelques détails ( la distance des deux familles, par exemple) et compte tenu du fait que le livre a été écrit en langue anglaise et que Colm Bairéad, lui, a choisi de tourner son film en gaélique irlandais , le film suit pied à pied le livre. Par petites touches , brèves mais pleines de sens, la pauvreté d'une certaine Irlande de 1981 est évoquée avec légèreté.est responsable de 4 enfants et un cinquièmequi va arriver.... Mais tout cela est suggéré très rapidement et presque toujours du pont de vue de Cait, qui ne juge pas , qui constate et qui subit...(misère matérielle, dérive alcoolique et autre addictions du père) L'essentiel du déroulement du film est consacré à la parenthèse enchantée de l'été pendant lequel, la jeune héroïne va être recueillie chez des cousins qui eux aussi sont agriculteurs, mais dans une maison proprette et chaleureuse. Découverte des joies simples de quelques activités ménagères partagées, découverte de la tendresse et de la délicatesse. Cait s'apprivoise et apprivoise peu a peu Eibhlín la vielle cousine et Sean son mari. Et découverte d'un secret douloureux qui les lie mais ne les a pas abimés. Au contraire, ils reportent leurs capacités d'amour sur Cait . L'un après l'autre et chacun à sa façon... Un film sur l'épanouissement d'une enfant au départ "à problèmes" (retard scolaire, énurésie) et qu' un milieu attentionné et bienveillant conduit à une certaine "normalité" enfantine, bien qu'elle reste peu diserte. Mais plusieurs plans suggèrent son caractère contemplatif . La dernière séquence est bouleversante . La simplicité peut parfois s'apparenter au sublime...
Un sommet d'émotions , de sentiments et de sensibilité humaine comme on en voit peu aujourd'hui . Attention , âmes sensibles s'abstenir car le sujet est magnifique et émotionnellement émouvant .
Coup de cœur d’avril 2023 de mon cinéma préféré (le « Méliès » St-Etienne), ce film sur ce qui constitue l’attachement est simple mais d’une intelligence et d’une efficacité redoutable. Classique dans sa réalisation, sa dernière scène réserve malgré tout une belle surprise de mise en scène ; au terme de laquelle beaucoup verseront une larme. Pas exempt de quelques maladresses scénaristiques dont la plus importante est la séquence entre la voisine de la famille d’acceuil et la jeune Cait ; elles s’effacent très vite au vu de la tendresse qui irradie tout le film. Sur le magazine du Méliès : « Irlande, 1981, Cáit, une jeune fille effacée et négligée par sa famille, est envoyée vivre auprès de parents éloignés pendant l’été. Mais dans cette maison en apparence sans secret, où elle trouve l’épanouissement et l’affection, Cáit en découvre un… Adapté d’une nouvelle de Claire Keegan, récit lui aussi d’une grande délicatesse, The Quiet Girl est le premier long-métrage du réalisateur irlandais Colm Bairéad qui s’évertue à faire voir l’été enchanté de la jeune Cait, sujette aux railleries et aux mots épineux employés contre elle. Cette jeune fille en retrait grandit dans une famille de quatre enfants et doit supporter l’indifférence d’une mère dépassée et d’un père vulgaire, si ce n’est violent ou indifférent. Embourbés dans leur incapacité à subvenir aux besoins de toute la famille, ses parents décident de l’envoyer (et/ou de s’en débarrasser) passer une partie de la saison chaude à la ferme de deux parents éloignés qu’elle n’a jamais rencontrés, Eibhlin et Sean. Dans les bras de l’affection de cette campagne verte, la petite Cait voit l’horizon s’ouvrir, la lumière surgir et l’amour advenir. Lors de cette bulle d’évasion, grâce à une économie de dialogues, nous assistons à la création d’un amour artisanal sculpté avec les mains du quotidien, ces gestes de la banalité qui font germer les relations affectueuses. Colm Bairéad fait le choix, salutaire, de noyer l’océan sombre du foyer délabré de sa famille maternelle dans la lumière éblouissante du cocon rural de sa famille d’accueil. Un cinéma pur et envoûtant qui brûle, au plus profond de l’intime, la question de l’affection dans la construction d’une identité. Merci Thomas Pouteau ! (Cinéma Le Vox, Mayenne) THE QUIET GIRL Film irlandais de Colm Bairéad (2023 - 1h44min - VOSTFR - dcp) avec Luna Pamies, Bárbara Lennie, Nieve de Medina... Situé dans l’Irlande rurale et pauvre du début des années 80, The Quiet Girl, tourné principalement en langue gaélique, est un récit touchant dont la mise en scène fait écho à son titre pour en tirer sa force et s’accroche aux détails magnifiés dans les yeux d’une enfant. Ce premier long-métrage, histoire de blessures muettes et de reconstruction réciproque, conjugue des sujets profonds traités avec une rare délicatesse en évitant de verser dans le sentimentalisme larmoyant. La justesse générale de l’interprétation (remarquable Catherine Clinch), l’éloquence des silences et la beauté de la photographie complètent le tableau et célèbrent, par touches et signes discrets, le pouvoir d’aimer et d’être aimé. Merci Nicolas Lenys ! (Ciné St-Leu, Amiens) » A voir impérativement TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
D'une grande finesse et d'une grande subtilité, à la pudeur gracieuse, jeu retenu où s'y puise sa force pour un récit moderne d'une histoire intemporelle. Le celtique ajoutant un exotisme non-britannique.
Une ballade (et balade) irlandaise qui séduit par sa sensibilité, et qui nous rappelle dans quel état était l'Irlande il n'y a pas si longtemps. Un récit réaliste qui s'écoule tranquillement, comme les cours d'eau de ce beau pays.
D'une subtilité tendre à l'image des mots de Claire Keegan, ce long-métrage est un hymne à l'enfance et aux petites attentions qui réchauffent le cœur. Cait trouve pour un temps une nouvelle famille, s'épanouit à vue d’œil tandis que l'été avance et que le souvenir de la négligence de ses parents s'étiole... (plus de détails sur Pamolico, blog de critiques)
Minimaliste et sobre, poétique et poignant, un film subtil sur l'enfance blessée, quelque part entre Ken Loach et le Saura de "Cria cuervos". Une très bonne surprise.
Ce film a quelque chose de la sensibilité des oeuvres de Jeanne Campion et ce n'est pas un petit compliment ! On rentre ici dans un vrai univers d'artiste. L'immense travail du son associé à la lumière et aux plans, le montage, qui jamais ne traine ni ne presse, l'économie des dialogues qui n'empêche en rien, au contraire, l'expressivité des personnages et des situations. Je suis sortie de là comme si j'avais bu un élixir de jouvence. La jeune actrice, qui est de tous les plans y est aussi pour beaucoup, son jeu limpide et tendre nous charme tout du long.
On a envie de prendre dans ses bras cette fillette irlandaise placée par sa famille rustre chez de lointains cousins. Un film sur l'amour filial, tout en douceur, en petites touches de tendresse, en petits gestes d'amour. Un petit bijou