La transformation du roman Nino dans la nuit en film a nécessité une approche méticuleuse. Laurent Micheli, avec sa co-scénariste Clara Bourreau, s'est concentré sur "la sensorialité, les contrastes et la tension permanente entre la beauté et la violence". L'objectif était de reproduire la radicalité du roman, tout en développant une narration plus fluide que celle du livre original. Un équilibre délicat entre un style quasi-documentaire et une mise en scène élaborée, parfois baroque.
Laurent Micheli a puisé son inspiration dans diverses œuvres cinématographiques pour créer l'univers visuel de son film. Des réalisateurs comme les frères Safdie et Wong Kar-Wai ont influencé sa manière d'aborder la narration et l'esthétique. Il explique : "Un film très contemporain, ancré dans le réel, mais porté par un regard lyrique sur les personnages et sur leur monde". Avec un souci du détail, des focales courtes ont été utilisées pour intensifier la proximité sensorielle avec les personnages, amenant le spectateur à ressentir le décalage du réel.
Pour renforcer la dynamique de groupe et de créer une véritable famille entre les acteurs principaux, l'équipe a organisé une retraite dans le sud de la France. Ce choix n'était pas anodin, car c'est là que le personnage de Nino prend ses racines. En louant un Airbnb et en passant plusieurs jours ensemble, les acteurs ont pu former des liens profonds bien avant le début du tournage. Ils ont parlé de leurs personnages, de leurs rêves et des enjeux sociaux qui traversent le film.
La musique tient une place essentielle dans l'identité de Nino dans la nuit. C'est BFRND qui a été choisi pour composer la bande originale, apportant une texture sonore à la fois "tendre et brutale, électronique et orchestrale". L'univers musical de BFRND, déjà connu pour son travail avec la marque Balenciaga, résonnait parfaitement avec les thèmes du film.
Pour son premier rôle principal, Oscar Högström a apporté une dimension touchante et complexe au personnage de Nino. Son "regard à la fois humide et sombre" et sa capacité à incarner "la contradiction entre la violence et la tendresse" ont été essentiels pour le film. Le réalisateur a dû parfois "protéger" cet acteur passionné de sa propre intensité. Grâce à cette dynamique, Högström a pu explorer en profondeur les dimensions délicates et extrêmes de son personnage, ricochant constamment entre rage et douceur.