Premier long-métrage de Gabriel Martins en solo, Marte Um débute par l'annonce de l'élection de Bolsonaro à la tête du Brésil. Si le film est politique, il l'est indirectement, et c'est en montrant le quotidien d'une famille noire d'une ville au nord de Rio, avec les rêves de chacun et une manière de concevoir l'existence, à l'opposé de l'idéologie d'un président qui a failli être réélu en 2022. Marte Um est une tendre chronique, dont l'esprit choral s'exprime avec fluidité entre des parents qui luttent contre leurs propres démons, tout en essayant d'offrir le meilleur à leurs deux enfants, qui ne suivront pas nécessairement le chemin qu'ils souhaiteraient les voir suivre. Le film est universel dans son traitement de la famille mais on ne peut plus brésilien avec des ingrédients qui ne sont pas conçus comme des clichés : le football, le racisme social, l'homosexualité, la superstition ... En dépit d'un certain nombre d'événements contraires et de petits drames, Marte Um professe un optimisme qui peut sembler quelque peu candide mais qui fait chaud au cœur, dans un récit parfaitement dosé et avec une interprétation de grande qualité. Comme si le Brésil restait un pays riche en opportunités, malgré les inégalités, et dont l'esprit de tolérance de ses habitants restait son premier atout, quel que soit le président en place.