Un condensé de superficialité et de lieux communs. On aurait cru une longue publicité d’1h30 sponsorisée par l’équipe de football féminine dont les joueuses, nous l’avons bien compris puisque ça a été lourdement répété, n’ont pas le statut de « joueur professionnel » contrairement aux hommes.
Je croyais que Marinette allait faire face à plusieurs obstacles l’empêchant de réaliser son rêve étant une femme dans un milieu masculin, comme au sexisme et à la mysoginie. Mais non ! Sa mère la soutient, ne cesse d’avoir les larmes aux yeux en la voyant remporter des trophées, les garçons avec lesquels elle joue la respecte puisqu’elle est plus forte qu’eux et ses entraîneurs ne cessent de l’encourager pour la faire monter toujours plus haut.
Elle fait toutefois face à son père qui est violent, exécrable avec elle (quand elle lui explique qu’elle a remporté un match, il lui rétorque : « Dégage, qu’est-ce que tu veux que ça me fasse ? ») et pervers et monstrueux au plus haut point
ayant agressé sexuellement la pauvre grand-mère grabataire (sa belle-mère dont on n'entendra d'ailleurs jamais la voix, la voyant seulement à deux reprises, allongée sur son lit, dans l'obscurité)
. Mais même ce thème de la violence conjugal et du mari alcoolique et violent n’est traité que superficiellement. On voit qu’elle en souffre, qu’elle en pleure, mais encore une fois, que des images et pas de paroles ! Elle n’évoque jamais le sujet de son père avec un de ses camarades, avec sa mère ou son entraîneur.
Il en est de même pour l’homosexualité ! Après avoir quitté sa première copine qui s’est trouvé être, comme son père, quelqu’un de très violent, vers la fin du film, on la voit embrasser une fille, que l’on n’avait jamais vu jusque là, en lui disant : « Tu es l’amour de ma vie ! ». Mais d’où sort-elle ? Comment se sont-elles rencontrées ? Aucune idée. Tout est bâclé. Elle est tombée comme un cheveu sur la soupe. Nous n’allons pas même entendre le son de sa voix, mais apprendre (par le texte final résumant la fin de son parcours) qu’elle est devenue sa femme et qu’elle a eu un enfant par PMA avec elle.
Par ailleurs, jamais elle n’évoquera vraiment son homosexualité, que ce soit avec sa mère de vive voix en lui faisant son « coming out » ou en lui présentant une de ses copines. Cela semble aller de soi !
Bref, ce film n’est qu’images, n’est que visuel, mais si vous cherchez un brin de psychologie, de compréhension des caractères des personnages, de profondeurs, fuyez !