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Pierre Phdb
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4,5
Publiée le 3 novembre 2022
Matthias un émigré roumain en Allemagne se trouve forcé de rentrez chez lui en Roumanie car traité de "gitan" terme raciste car lui il est roumain pas gitan doit rentrer chez lui en Roumanie, y retrouve son village, son fils, la mère de son fils. Le village est peuplé de roumains, mais il y a les roumains pure souche, les roumains d'origine hongroise chacun parlant sa langue d'origine, et une minorité résiduelle de roumains d'origine allemande. Ces trois communautés vivant en équilibre et ayant entre autre forgé leur unité sur le rejet des roms... La crise économique fait que les hommes du village a l'image de Matthias sont nombreux a avoir immigrés. L'usine locale pour toucher des subventions de l'union européenne doit augmenter son personnel et doit faire appel a de la main d’œuvre étrangère sri-lankaise.
Tout est en place pour que se réveille les conflits, les rejets. Le rejet de l'autre émigré, le rejet de l'autre d'une une autre communauté, le rejets de l'autre occidental, le rejet des institutions étrangères. Le film situé en Roumanie permet de traiter tous ces conflits la Roumanie ayant vu ses frontières a la fin des deux derniers conflits mondiaux donc a l'échelle de l'histoire un passé récent. Chacun peut en prendre pour son compte les réflexes nationalistes ne sont pas l'apanage des pays de l'est.
Un film très intéressant qui donne un éclairage sur notre monde.
Véritable chef d'oeuvre selon moi. La scène de l'église, en plan continue je crois, est à la fois à mourir de rire et d'angoisse et d'anthologie. Un film subtil, avec un style, des acteurs excellents . L'utilisation des couleurs pour les langues dans les sous-titres est extra. Cela me donne envie de voir tous les films précédents de ce réalisateur. Du très grand cinéma social et d'action et drôle, du très grand cinéma
Malheureusement, ce film promet plus qu'il ne donne. Certes, toujours l'empreinte d'un grand cinéaste et de bons acteurs sur un thème original (la mutation de villageois roumains en citoyens européens) mais sans doute par manque de rythme du scénario, on s'ennuit un peu et c'est dommage pour une œuvre de qualité.
Un film intéressant mais un peu bancal. Côté positif, il est vraiment étonnant et instructif de voir que finalement dans un petit village au fin fond de la Roumanie, on se pose quasiment les mêmes questions qu’en france, sur divers sujets tels que l’immigration, le travail mal payé, les aides sociales, l’union européenne etc etc…. Côté négatif une première demi heure assez lente, avec un film qui peine au début a trouver son rythme, et une fin abrupte et assez spéciale, qui surprend et déçoit. Au final pas mal, mais pas au niveau des critiques un peu trop positives sur allo cine..
Le scénario est magistralement tricoté, la mise en scène éblouissante, la direction d'acteurs assurée. Ce film sur l'incapacité de converser avec les autres (même lorsqu'il s'agit d'exprimer les sentiments les plus tendres) est prenant de bout en bout, jusqu'au final qui semble signifier que ceux dont on devrait se méfier le plus, ce sont nos voisins qui sont nos semblables.
Vraiment un très bon film : la Roumanie passée au scanner (ou à l IRM pour traduire le titre du film). On y dépeint un pays d Europe de l Est pauvre économiquement qui s en prend aux étrangers non européens qui exercent les emplois les plus durs et les moins bien payés (ces emplois dont les roumains ne veulent pas), mais aussi à sa dépendance économique vis au vis de l UE et des pays occidentaux. A noter aussi une scène d environ 15 minutes sans aucune coupure dans la salle des fêtes où tout le malaise de la société roumaine s exprime (haine, jalousie, ...) : cette scène est une vraie prouesse dans le domaine cinématographique. Chapeau au réalisateur.
RMN nous montre une photographie de la vie dans un village de montagne en Roumanie peuplé par des communautés de plusieurs origines. Le film est assez prenant, il sonne juste et ne pointe pas bêtement les gentils et les méchants. Par contre, que dire des 5 dernières minutes que je n'ai pas compris.
un film inégal... le film devient intéressant quand il peint une société roumaine complexe et paradoxale qui entre en résonance avec ce qui peut se passer en France... La scéne du débat public dans la salle des fètes est superbe.
J’ai voulu voir ce film réalisé par une ancienne palme d’or de Cannes. Déception : un message raciste primaire, une communauté roumaine, un mélange de Roumains, Hongrois et Allemands s’entendant bien depuis des lustres mais ne supportant pas l’arrivée d’ouvriers boulangers Sri-lankais dans leur village, alors qu’aucun des autochtones n’avait postulé malgré les recherches de l’entreprise. J’ignore s’il y a de la vérité dans le propos, comme une montée de l’intolérance et de l’extrême droite en Roumanie, mais en tout cas cette description m’a parue malsaine, notamment cette très longue scène à la salle des fêtes vraiment insupportable. Dommage, car la vie au village est retranscrite de manière authentique.
Après Baccalureat et surtout l'extraordinaire Quatre semaines, on attendait beaucoup de R.M.N précédé d'une critique élogieuse. Pour moi, ce film est extrêmement décevant. On retrouve la patte cinématographique de Christian Mungu avec de magnifiques plans d'intérieurs et aussi de paysages. Le fameux plan séquence de 17 minutes est très surfait. Ce qui ne va pas, c'est l'écriture du scénario ou "qui trop embrasse mal étreint". Les histoires individuelles polluent le récit (et aboutit à une fin incompréhensible). Le coeur du sujet, les différentes formes de racisme, l'autre, qu'il vienne de très loin ou voisine (les Hongrois) depuis des siècles, est un intrus qu'on voudrait faire disparaitre. Mais la démonstration manque de ressorts et de puissance. Elle n'apparaît d'ailleurs de façon inopinée (le refus de l'accès à église) que plus d'une heure après le début. Une thématique, certes passionnante, mais mal maîtrisée. Bref, déception à la mesure de l'attente.
Excellent film sur les réactions paradoxales des habitants d'un village de Roumanie face à des immigrés. Des films de Mongiu, on en redemande: féroces, mais toujours avec une pointe d'humour. Seule la fin du film est un peu obscure.
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3,0
Publiée le 15 mai 2023
Dans son nouveau film, Cristian Mungiu étudie la peur de l'inconnu au sein d'un petit village de Transylvanie. La peur de l'inconnu ou plutôt de l'étranger, car c'est principalement sur la venue de travailleurs sri-lankais que le réalisateur va se focaliser. Après des semaines à poster des annonces un peu partout pour pourvoir des postes dans la boulangerie industrielle locale, la directrice s'est résignée à aller chercher de la main d'œuvre ailleurs pour pouvoir avoir droit aux subventions européennes. Si leur village est multiethnique, l'arrivée de ces gens "différents" d'eux va exacerber les tensions entre les habitants. Une contradiction pour des gens qui vont eux-mêmes travailler à l'étranger et qui reprochent un racisme qu'ils font eux-mêmes subir à leur tour... "R.M.N." est un film provocant et intéressant qui est surtout parfaitement mis en scène. Ces longs plans-séquences sont remarquables, je pense notamment à cette réunion dans l'église où les langues se délient. J'ai vraiment bien aimé, mais j'ai été déçu par la fin et je ne parle pas simplement des dernières secondes qui ont perdu la plupart des gens, mais plutôt de l'amorce finale qui m'a laissé sur ma faim.
Après "4 mois, 3 semaines, 2 jours", Cristian Mungiu s'attaque avec "." au racisme ordinaire, à la peur de l'étranger et au rejet de l'autre. L'action se déroule dans un village de Transylvanie où le retour d'un ouvrier expatrié coïncide avec l'arrivée de travailleurs étrangers dans une boulangerie industrielle. Ce qui pourrait sembler anodin fait rapidement apparaître des préjugés et des frustrations au sein de la communauté. Le réalisateur roumain refuse les caricatures et montre comment le racisme peut s'installer à travers des discours apparemment raisonnables, des peurs économiques ou des réflexes identitaires. Personne n'est totalement innocent, personne n'est totalement monstrueux. C'est précisément cette nuance qui rend le film aussi dérangeant. Les longs plans fixes et les dialogues très écrits laissent toute la place aux personnages et aux tensions qui les traversent. spoiler: La séquence de réunion publique constitue à elle seule une démonstration où les paroles deviennent progressivement plus violentes tandis que chacun croit défendre une position légitime . Le film fonctionne également comme un véritable thriller social. Même lorsqu'il ne se passe presque rien, on sent constamment que quelque chose menace d'exploser. Cette tension permanente donne au récit une puissance rare. On peut néanmoins regretter certains arcs narratifs qui semblent abandonnés ou insuffisamment développés. Le coup de tête porté à son supérieur au début du film, qui déclenche pourtant le retour du personnage principal au village, paraît finalement avoir peu de conséquences dans le déroulement du récit.
Le film est en fait une réflexion sur l’immigration. La longue scène dans la salle des fêtes est justement l’élément central qui justifie ce titre, cet IRM de la société. Là on est en Roumanie, mais c’est pareil partout dans le monde. J’ai essayé de comprendre pourquoi il avait repris la musique de Wong Kar Wai……. Est-ce pour le besoin d’amour des peuples? Et cette fin avec les ours ? Elle est étrange et ne donne pas vraiment de réponse. Comme je le disais au début, on est sur une réflexion, un constat.
Le dernier film du réalisateur roumain palmé Cristian Mungiu a fait forte impression au dernier Festival de Cannes où il était présenté en compétition. Pourtant, « R.M.N. » (qui est l’acronyme d’IRM en roumain) n’est pas aussi implacable et magistral qu’ont pu l’être « 4 mois, 3 semaines, 2 jours » et « Baccalauréat ». Le cinéaste continue de prendre le pouls de la société roumaine et la dissèque inlassablement à la manière de l’examen médical qui lui donne son titre. Cette fois il nous parle des relents xénophobes d’un petit village rural ainsi que des ravages du libéralisme et du capitalisme sauvage dans l’économie et la société de son pays. Une certaine Europe, le libre-échange des biens et des personnes et la peur de l’autre sont au centre du long-métrage et il les présente de manière frontale, radicale et réaliste, rendant ces sujets très contemporains totalement passionnants et sujets à débat.
Cependant, pour se fondre dans ce récit de plus de deux heures, il faut se farcir une première heure bien trop longue en guise d’introduction. « R.M.N. » n’avait pas besoin d’autant pour présenter ses enjeux et ses personnages. Mungiu tend le bâton pour se faire battre et condense durant cette partie tout ce qui fait la caricature d’un certain cinéma roumain (heureusement on n’est pas dans le purgatoire que fut le chemin de croix « Bad luck banging or loony porn »!). C’est donc plutôt long à se mettre en route tout comme à présenter les relations entre les différents protagonistes et les problèmes en place dont il souhaite débattre par l’entremise de son film. De plus, la forme certes austère mais néanmoins adaptée au fond, n’est pas pour aider à appréhender un tel cinéma. Enfin, la dernière séquence, sibylline et à la lisière du fantastique, est ratée. Trop nébuleuse et venant totalement couper le réalisme jusque-là avéré du long-métrage, elle en devient son talon d’Achille et nous fait revoir la maestria du second acte à la baisse.
Mungiu reste pourtant un observateur aguerri des bouleversements sociaux de son pays. Et ce qui se présente comme la cerise sur le gâteau et synthétise son cinéma, un plan fixe de près de vingt minutes sur une sorte de tribunal populaire, ne déçoit pas. Cette séquence phare de « R.M.N. » cristallise tous les maux d’une Europe malade, en proie à des directives européennes aberrantes ou encore faisant face à des relents racistes d’un autre âge. Le réalisateur se fait alors l’observateur d’une société malade et ne juge pas. Ce qui pourrait être vu comme un défaut est en fait une qualité car les arguments présentés par chacun des figurants alterne le bon sens et le ridicule et certains aspects nous rappellent à un obscurantisme d’un autre âge. C’est ensuite à nous de juger. L’analyse au scalpel éprouvée par le film fait froid dans le dos et le constat est sans appel. Du cinéma loin du divertissement, qui demande l’investissement du spectateur et sollicite son intelligence. En sortant de la salle, nous sommes poussés à la réflexion mais il aurait fallu éviter de s’étendre pour rien et de couler ce récit éminemment politique dans une forme si clinique et distanciée de la sorte, empêchant parfois l’adhésion du public, en plus d’une fin si étrange et inadaptée.
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