R.M.N.
Note moyenne
3,8
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98 critiques spectateurs

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Yves G.

1 845 abonnés 4 017 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 octobre 2022
Après avoir frappé son contremaître dans la boucherie industrielle qui l'employait en Allemagne, Matthias rentre rapidement chez lui en Roumanie. Il y retrouve sa femme, dont il était sur le point de divorcer, son fils, qui s'est muré dans le silence depuis un événement traumatisant qui lui est arrivé sur le chemin de l'école, son vieux père, dont la santé s'affaiblit, et sa maîtresse. Le village de Matthias en Transylvanie est peuplé de roumanophones, de magyarophones et de germanophones unis par une haine commune à l'égard des Tziganes. Ce racisme va à nouveau s'exprimer quand la boulangerie industrielle située sur le territoire de la commune, après avoir sans succès diffusé une offre d'emplois, recrute trois Sri-Lankais.

Cristian Mungiu est peut-être le plus grand réalisateur roumain contemporain. La Palme d'or décernée en 2007 à 4 mois, 3 semaines, 2 jours a permis à de nombreux réalisateurs roumains talentueux de lui emboîter le pas et de se faire connaître à l'étranger : Cristi Puiu, Radu Jude, Radu Muntean, Corneliu Porumboiu, Marius Olteanu... Chacun des films de Mungiu est un événement. Son avant-dernier, Baccalaureat, aurait amplement mérité la quatrième étoile que, trop chiche, je lui ai refusée en 2016 à sa sortie .... mais il a obtenu pour se consoler le Prix du scénario et un double prix d'interprétation pour ses deux actrices à Cannes cette année-là.

Cristian Mungiu explore la même veine dans son dernier film dont le titre, ambitieux, annonce le programme. RMN est l'acronyme roumain d'IRM, cet examen radiologique prescrit au père de Matthias et auquel Mungiu soumet la Roumanie d'aujourd'hui pour en dénoncer les tares. Tout part d'un questionnement simple et d'un paradoxe intenable : pourquoi les Roumains qui, lorsqu'ils vont travailler en Europe de l'Ouest, sont en butte à un racisme ordinaire, ne se montrent-ils pas plus bienveillants à l'égard des étrangers qui s'installent dans leur pays ? À ce premier questionnement s'en greffe un second : pourquoi en particulier un petit village composé de plusieurs minorités qui ont appris à vivre ensemble ne se montre-t-il pas plus hospitalier que le reste de la Roumanie ethniquement plus homogène ?

Les films de Mungiu prennent le temps d'exposer leur sujet. Au-delà des collines et Baccalaureat dépassaient les deux heures. C'est aussi le cas de R.M.N. ; mais on ne s'y ennuie pas une seconde grâce à un scénario brillamment ficelé qui multiplie les points de vue et les rebondissements. Son point culminant est un long plan fixe de dix sept minutes filmé dans la salle des fêtes du village où tous les habitants sont rassemblés pour décider de l'expulsion des Sri-Lankais. Tour à tour, toutes les opinions s'expriment, la plupart manifestant une xénophobie aussi primaire que détestable ("les étrangers vont empoisonner notre pain, voler nos biens et violer nos femmes...").

spoiler: Je lance un appel au secours. R.M.N. se termine par une scène déroutante à laquelle je n'ai rien compris. Je lis dans Télérama que "dans une ultime pirouette, Cristian Mungiu réfute le pessimisme, en montrant ce que la nuit recèle aussi de profondeur énigmatique" ce qui ne m'a guère éclairé.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 405 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 19 octobre 2022
Cineaste Roumain réputé, Cris Mungiu obtint notamment la palme d'or à Cannes pour " quatre mois, trois semaines..." et présentait en 2022 " R.M.N" en compétition officielle à Cannes ou son film est reparti les mains vides.


Sur fond du recrutement de trois salariés Sri Lankais dans une fabrique de pains situé dans un bourg du fin fond de la Roumanie dans une communauté recroquevillée sur elle-même, Mungiu propose une réflexion sur l'immigration en Europe et sur les interrogations multiples qu'elle soulève.

Visiblement soutenu par la critique professionnelle, "R.M.N" est pour ma part le film le moins abouti de son réalisateur qu'il m'ait été donné à voir ( On est très loin du degré d'accomplissement de " quatre mois.." ou de " Baccalauréat " par exemple).

Certes, la patte du realisateur est bien présente et au plan technique on voit bien qu'on n'a pas affaire au premier cinéaste venu.

Le casting, l'interprétation, la construction des plans, la photo sont toutes réussies et pourtant, à mes yeux, le film ne fonctionne pas et s'avère surtout trop souvent ennuyeux.

Le scénario est mal agencé, les personnages esquissés de trop loin, insuffisamment écrits.

Tout cela produit un manque de rythme tres dommageable, d'autant qu'il traverse presque tout le film.

L' introduction est abusivement trop longue ( au bout d'une heure de projection on se demande encore ou veut en venir le réalisateur) et aurait gagnée a être sérieusement élaguée.

Au milieu de cette déception surnage une scène ( celle du débat public qui se tient dans la salle des fêtes) qui finalement dit en dix minutes ce que "R.M.N" bégaie le reste du temps.

Ce n'est en rien un mauvais film, mais un opus inaccompli voire même un peu raté sur un sujet brûlant, d'un réalisateur de talent qui m'avait habitué à beaucoup mieux .
Sylvain P

387 abonnés 1 429 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 octobre 2022
Mungiu pose une pierre de plus au panthéon du cinéma du réel. R.M.N. nous confronte à un village reculé de Roumanie, peuplé de réactionnaires tranquilles de différentes ethnies (roumaines, hongroises et allemandes) qui préfèrent ne plus manger de pains plutôt que d'accueillir trois travailleurs sri-lankais. Construits grâce à de multiples plan-séquences, dont un fabuleux de plus d'un quart d'heure montrant une réunion de tout ce que le village compte d'arriérés, le film est d'un réalisme époustouflant tout en ennuyant pas une seconde. Si l'on reste réservé sur le final "poétique", on ne peut qu'adhérer à l'humanisme défendu par le personnage principal, une responsable RH qui voit en chaque travailleur un humain. Les arguments des villageois qui veulent retrouver un entre-soi pourtant délétère sont exactement ceux que nous fournissent à grande échelle les populistes des deux bords, comme si la bêtise collective n'avait pas de frontière. A l'heure où l'extrémisme gagne une grande partie du Vieux Continent, ces rappels sont toujours salutaires.
norman06

425 abonnés 1 821 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 juin 2022
Cristian Mungiu réalise une vision terrifiante de la montée de l'extrême droite xénophobe en Europe de l'Est. Ce film semi-choral confirme la virtuosité de son réalisateur et la vitalité du cinéma roumain.
Juan 75
Juan 75

78 abonnés 488 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 octobre 2022
Si la réalisation est brillante, les acteurs très bons et la direction artistique impeccable, le scénario et les dialogues sont assez banals et la fin reste obscure. Le film aurait gagné à avoir une ossature narrative plutôt que la chronique d'un village qui part en vrille, métaphore de notre monde. Je ne me suis pas vraiment ennuyé mais je suis resté sur ma faim. Déception.
traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 juillet 2022
On retrouve dans R.M.N. (IRM en Français) l'art consommé de Cristian Mungiu pour faire maturer son (ses) intrigue(s) avec une patience qui ne suscite aucune langueur monotone, à la manière d'un Zviaguintsev, en moins virtuose tout de même. Le lieu choisi en Roumanie occupe une place essentielle : la Transylvanie, territoire multiethnique où Roumains, Hongrois et Allemands cohabitent (non sans en avoir chassé les Tsiganes). Dans un petit village forestier, déserté par de nombreux travailleurs partis à l'ouest, l'arrivée de boulangers sri-lankais, embauchée par l'usine locale, va mettre le feu aux poudres et réveiller une xénophobie latente. Au passage, l'absurde politique européenne est aussi stigmatisée par la majorité de la population locale. R.M.N., qui est basé sur des faits authentiques marque l'extrême inquiétude du cinéaste devant cette montée inexorable de l'intolérance violente, phénomène illustré notamment par des réunions de groupe où la mise en scène prend toute son ampleur. Tout juste peut-on argumenter que Mungiu a un peu tendance à mettre les points sur les "i" avec une certaine outrance, comme Loach parfois (cela lui arrive) quand il troque la subtilité pour une certaine lourdeur démonstrative. Dans l'affaire, le film perd d'ailleurs de vue celui qui semblait être le personnage central, lequel, d'ailleurs, est sans doute joué un peu trop en dedans par son interprète. Au-delà des bémols que l'on est en droit d'énoncer, le film reste cependant une œuvre de grande qualité et maîtrisée, au caractère affirmé, une IRM sociale anxieuse et profonde, qui peut-être élargie à un grand nombre de pays européens.
Napoléon
Napoléon

181 abonnés 1 628 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 8 novembre 2022
Un film sans intérêt avec un début vide sans fil rouge. Ensuite, l'oeuvre se perd et part dans tous les sens en faisant intervenir en même temps sans direction les sujets de l'immigration, des problèmes familiaux ou encore la différence entre europe de l'est et de l'ouest. Tout se fini en fourre-tout bordélique.
Raoul
Raoul

1 abonné 1 critique Suivre son activité

1,0
Publiée le 22 octobre 2022
Lenteurs et morosité pour n'avoir au final qu'une scénette à peu près correcte ds la salle des fêtes.
Je ne comprends pas le reste. Des questions restées sans réponses, des évènements qu'on ne comprend pas, des personnages qui déboulent ou qui disparaissent sans qu'on ne sache trop ni pourquoi ni comment.
Et pour finir un Matthias finalement sans trop de consistance qu'on ne sait pas très bien catégoriser.
Bref, moment assez pénible et lugubre. Sans grand intérêt.
islander29

1 028 abonnés 2 662 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 octobre 2022
Quel rapport avec le titre ? R.M.N signifie "résonance nucléaire magnétique" c'est peut être symbolique sur la situation de la Roumanie face à un danger : L'Immigration....Tous les hommes politiques (s'ils ont une minute) doivent à mon avis voir ce film, .....Pour en revenir au film, il est dans la droite ligne du cinéma turc au niveau formel ( Du copier-coller de Bilge Ceylan), que ce soit dans l'image, le scénario, la musique, la lumière, le découpage du film, etc.....UN village roumain, est en colère contre l'arrivée d'immigrants dans une petite usine. spoiler: Le film a la subtilité d 'en faire une histoire dans l'Histoire, entre les romances d'un homme, entre sa maitresse et sa femme, et les ennuis que procurent les immigrants...C'est savamment orchestré, deux mondes s'affrontent, la vie privée et la vie publique, jusqu'à l'apothéose dans la salle des fêtes, la clé du film...Là débat public comme dans les amphis, tout le monde en prend pour son grade, Les femmes, La France, l'Europe, avec des arguments qui ne peuvent être qu'entendus , tellement ils sont concrets voire évidents dans leur simplicité...C'est donc cela la Roumanie, à l'opposé de la France et de ses tolérances, un pays qui se sent moqué de l'Europe, abandonné même et qui voit dans l'Ouest une caricature de démocratie engloutie par les immigrants.
Cela fait froid dans le dos....Mais le discours est là sous nos yeux, servi par un film splendide dont on se demande à la fin, qui sont les ours qui nous menacent ? ceux qui auront la chance de voir le film seront, quelques soient leurs opinions, abasourdis...Dans un monde qui change vite, un film à ne pas rater...
Arthur Brondy
Arthur Brondy

300 abonnés 1 440 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 octobre 2022
RMN raconte notre époque. Celle de la montée de l’extrême droite. Ce phénomène touche de nombreux pays. Dans ce film, il s’agit de la Roumanie où dans un petit village reculé, la misère sociale entraîne repli sur soit et rejet des autres. Dialogues à couper le souffle. Fort.
Ufuk K

617 abonnés 1 718 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 octobre 2022
"R.M.N." bien noté par la critique, en compétition cette année au festival de Cannes est un drame roumain plutôt décevant. En effet il est vrai que le réalisateur aborde des thématiques fortes (xénophobie, l'immigration, l'Europe, la place de la religion et des hommes dans la société roumaine), il y a des passages intéressant cependant l'ensemble met beaucoup de temps à décoller, trop austère à mon gout et le dénouement est trop abrupt selon moi, dommage.
Hervé L
Hervé L

92 abonnés 717 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 27 octobre 2022
Un film pénible tout le monde s'ennuie les personnages les acteurs et bien sûr les spectateurs. Le débat sterile entre les victimes du capitalisme qui partent à l'étranger pour de meilleurs salaires et sont remplacés chez eux par des immigrés qu'ils rejettent n'en finit pas...
Manuel L.
Manuel L.

3 abonnés 76 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 22 octobre 2022
Déçu. Le meilleure scène est celle de la salle des fêtes où chacun vide son sac. Le reste m'a semblé être du remplissage car la question soulevée n'est pas traitée à proprement parlé.
PLR
PLR

556 abonnés 1 768 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 octobre 2022
Ce genre de film qu’on qualifiera somme toute d’auteur (ennemi du grand public !) est souvent l’occasion de découvrir les difficultés ainsi que les affres et travers des populations d’une contrée pas trop connue. La Roumanie très profonde ici, s’agissant de la Transylvanie. Un coin où chacun est finalement l’étranger de l’autre. Ce qui se passe bien ou pas, s’apaise parfois – pas toujours – quand l’intégration se fait peu à peu, même si c’est à marche forcée, dans un ensemble plus vaste par nature lui-aussi multinational et donc multiethnique. Vous avez reconnu l'Europe ? Celle qui restera qualifiée ici comme étant seulement celle de l'Ouest.

On a là la base de départ de ce scénario. Mais que c’est long ! 2 heures et 5 minutes, voilà qui signe le film d’auteur.

Il faut finalement du courage pour le spectateur d’ici qui va devoir se glisser dans un film en version originale – trois langues – sous-titrées version française... avec des couleurs différentes pour se repérer, ce qui sera d’ailleurs totalement vain ! Un peu de français aussi pour quelques dialogues grâce à la présence d’un envoyé de l’Union Européenne pour compter les ours (sic). Occasion de petites piques à ce sujet avec pour fond que l’Union Européenne qui calibre la taille des cornichons (sic encore) ne répond pas aux espérances des populations locales les plus frustres. On connait ça ailleurs aussi avec les relents de nationalisme que ça amène.

Malgré un contenu de départ, tout cela finira pas être lassant. Entendu d’un spectateur à la sortie de la salle : « Je n’ai pas compris la fin ». Euh, moi non plus. Enfin si à la réflexion : une allégorie en lien avec le sujet profond.

A propos de sujet, en général le titre met sur la voie. R.M.N. – en roumain dans le texte – c’est en fait l’examen médical I.R.M. que tout un chacun connait. Il y aura bien une scène de R.M.N. / I.R.M. Mais peu nombreux seront sans doute les spectateurs à voir que l’image de cet examen radiologique n’est pas normale. Aucune explication à ce sujet. Débrouillez-vous ! Du film d’auteur, je vous dis. Grâce à Télérama, on saura néanmoins que ce scénario passe au scanner la xénophobie ordinaire. Ah oui. Eh bien oui. Ben, voilà vous avez le titre et cette scène qui sinon aurait pu paraitre très accessoire voire même hors sujet.
Sloughi
Sloughi

17 abonnés 77 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 octobre 2022
Un film coup de poing, haletant et prenant.
Cristian Mungiu délivre une proposition de cinéma magistrale portée par une mise en scène au plus près des personnages. A travers le quotidien d'un village roumain, le film nous tend un miroir sur notre rapport aux autres et vient questionner notre peur du changement.
Du grand cinéma qui émeut, réveille, interroge.
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