R.M.N.
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Hotinhere

790 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 juillet 2023
Radiographie contemporaine sombre et glaciale d'un village de Transylvanie s’abandonnant au racisme et au nationalisme, en écho aux démons qui gangrènent les démocraties européennes.
ConFucAmuS

650 abonnés 1 039 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 octobre 2022
Cristian Mungiu aime bien la jouer franc jeu d'entrée de jeu. Pas la première séquence, plutôt énigmatique quoique hautement symbolique. Le titre. Il prend toujours la forme d'un coup de poing à l'estomac, de ceux qui vous remuent longtemps après l'impact. 4 mois, 3 semaines, 2 jours renvoyait à une sorte compte à rebours pour faire valoir son droit à avorter dans un pays où on veut l'interdire. R.M.N est à prendre dans un sens plus métaphorique, attendu que la spectrographie RMN est un dérivé de l'IRM, à savoir un scanner permettant de révéler organes, muscles et tissus pour y déceler d'éventuelles anomalies. À partir de là, tout devient limpide. Mungiu va sonder le corps social d'un petit village transylvanien, caractérisé par une population multiethnique et précaire.

L'aspect rédhibitoire que peut engendrer un tel résumé est compréhensible. Et pour tout dire, la première heure du film n'est pas la plus adroite. Les principaux éléments sont certes disposés sans trop attendre, on peut par contre se demander s'il fallait une heure pour les amener à un tournant dramatique. Ce que la structure va confirmer avec une narration chorale un peu chaotique. Une fois que les fauves sont lâchés, R.M.N sort des fourrés et procède à un carnage. Si je peux concevoir qu'un spectateur lambda n'a pas envie d'affronter une œuvre politique aussi frontale et féroce, Mungiu le fait avec une telle force qu'il est très difficile de ne pas y voir une portée universelle. Donc nécessaire. Son morceau de bravoure est un débat en un seul long-plan de 15 minutes. Et c'est fascinant, parce que tout est dit là. L'hypocrisie d'une nation cosmopolite pourtant unie contre les "autres", la xénophobie ordinaire comme seule réponse à un problème social, le besoin naturel de trouver un bouc émissaire pour se rassurer (en vain),...Ça vous parle ?

Voir la chose abordée de manière aussi naturaliste a le mérite de remettre les pendules à l'heure. Une froideur partagée majoritairement par la sècheresse du ton (très peu de musique) ou sa photographie blafarde, uniquement contrebalancée le temps d'un repas où la musique rapproche les gens. Dans ses moments, Mungiu n'a plus qu'à laisser l'humanité rentrer par le biais de ses interprètes (Judith State, magnifique). C'est beau et ça fait mal. Nombre essayent, peu y arrivent et ce long-métrage roumain se glissent parmi les heureux vainqueurs. Quand bien même la victoire artistique s'accompagne d'une tristesse à voir un tel film passer sous les radars d'une partie du public, parmi lequel trouve t-on des individus toujours prompts à se moquer des œuvres étrangères en raillant leur manque d'intérêt ou de vision sans même avoir pris le temps de les regarder. Le diagnostic est préoccupant, mais après tout ne dit-on pas que le temps fait son œuvre ? Partant de là, l'existence même de R.M.N pourrait être le symptôme d'un espoir.
Cinévore24

446 abonnés 940 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 octobre 2022
Le réalisateur de «4 mois, 3 semaines et 2 jours» nous plonge dans le quotidien enneigé d'un village multiethnique en Transylvanie, et s'interroge sur la peur et le rejet de l'autre.

Après une longue partie introductive faisant parfois un peu de surplace dans sa narration, le film prend vraiment son essor dans sa seconde moitié, en particulier lors d'un débat public où les voix s'élèvent mais ne s'écoutent pas.

Entre traditions et divisions, l'examen d'un racisme qui ne veut pas dire son nom, et qui pourtant est bien là, ancré dans ce village comme les autres.
cinono1

365 abonnés 2 276 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mai 2023
Christian Mungiu dresse le portrait d'un petit village Roumain, ou roumains et hongrois cohabitent, avec le grand frère Allemand et l'union européenne dont l'influence se fait de plus en plus sentir. On se sent vraiment à l'intérieur du village Des gens ordinaires coincés dans leur conditions et dont l'organisation va être exacerbé par l'arrivée de travailleurs Skri lankais dans l'industrie locale. C'est criant de vérité, des préjugés qui empêchent de penser et de s'écouter. Un monde dur, ou la pitié la sensibilité est vue comme une faiblesse, ou on cherche uniquement à être le plus fort dans ce bas monde . C'est seulement gâché par un final métaphorique et loupé, mais c'est un grand film
brunocinoche
brunocinoche

137 abonnés 1 226 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 février 2023
Le cinéaste roumain évoque dans ce film le problème des travailleurs immigrés, du racisme et de la tolérance. Constat désolant qui montre que ce problème et ses discours stériles résident dans tous les pays. Le fond est suffisamment fort pour ne pas évoquer le fond, et pourtant l'efficacité du film réside dans le choix de mise en scène faits exclusivement de plans séquences plus ou moins longs et toujours justes et efficaces. Peut-être est il difficile d'éprouver de l'empathie pour les personnages même les plus humains du lot tant le débat évoqué ici n'est malheureusement pas nouveau. Finalement, habitué à un film somme toute classique dans la forme, la fin vraiment inattendu surprend et nous entraine soudainement dans la parabole, dommage que le film s'arrête à ce moment mais le cinéaste a su faire passer son message.
mazou31
mazou31

130 abonnés 1 361 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 juin 2023
Magistrale radiographie (RMN est l’acronyme d’IRM en roumain) d’un petit village de Transylvanie que l’on peut voir comme le concentré de notre société européenne actuelle. Le rejet (et même la haine) de l’autre est ici décortiqué remarquablement avec toutes ses composantes sociale, économique, culturelle et intime. Le sujet est rébarbatif et pourtant le film, de 2 heures, vous accroche sans être pesant ni moralisateur. Contrairement à un discours politique de droite ou de gauche, il décortique sans juger ou du moins le tait, comme le petit garçon mutique parce qu’effrayé. L’incroyable plan-séquence de la réunion municipale est un exemple de grand cinéma et l’ensemble du film se déroule sans temps mort, que ce soit dans les histoires personnelles ou dans la trame générale. L’interprétation reste sobre et la mise en scène est bien réussie, très noire forcément, sombre comme le sujet, avec des éclats de farce burlesque ou de brutalité comme dans la vie. La fin tourne au western tragique, incompréhensible, je l’avoue.
Arthus27
Arthus27

126 abonnés 642 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 novembre 2022
Bien que formellement réussi, R.M.N traite d'un sujet qui pourra mettre mal à l'aise bon nombre de spectateurs.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 895 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 mai 2023
Attente pas déçue de voir enfin un film de Mungiu pour la première fois. L'ambiance présente des similarités avec Le serment de Pamfir, des zones rurales, du centre de l'Europe, aux confins de plusieurs civilisations, multiculturelles, frappées par le grand écart entre L'union européenne et l'ex empire soviétique.
Le portrait est violent, sans concession, parfois trop manichéen, mais la variété des sujets et le temps que prends Mungiu à nous dévoiler progressivement les personnages n'est pas innocent.
N'est-on pas toujours l'immigré de quelqu'un? Le roumain qui va bosser en Allemagne ou le même qui voit arriver des Srilankais faire son pain dans son village? Décidément le sketch de Fernand Reynaud écrit il y a 50 ans reste d'actualité!
Ou bien n'est-on pas l'opprimé de quelqu'un? Le gamin qui doit traverser seul la forêt pour aller à l'école? Les femmes libérées qui ont réussi en affaires, roulent en Mercédès (comme le curé!) mais n'arrivent pas à fonder une famille?
La Transylvanie, terre de croyances, de loups dans les bois (dont vient compter le nombre, l'innocent petit français financé par l'UE!), terre froide en hiver, abrite des rudes habitants qui se disent remparts des invasions passées et justifient ainsi leur racisme ordinaire.
On ressort secoué de cette radiographie incisive, qui ne ménage ni les locaux, ni les bonnes intentions occidentales.
Mungiu maitrise les scènes intimes, familiales, chorales et communautaires avec la même précision, et possède la patience de laisser à chaque personnage l'occasion de s'exprimer, quelque soit la violence des mots (avant l'étape suivante qui déjà pointe le nez…).
La mélopée lancinante de In the mood for love, jouée au violoncelle par la directrice de l'usine boulangère complète cette atmosphère étrange, si loin de nous, et pourtant nous sommes toujours en Europe.
Les multiples langages qui coexistent localement sont un témoignage parallèle sur ce qui se trame à coté en Ukraine depuis le déclenchement de la guerre.
cinéma -janvier 2023
riverainpsy
riverainpsy

44 abonnés 433 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 mai 2023
Dense , sans scènes inutiles , le film culmine dans le long plan séquence de la réunion de village , morceau de bravoure qui , loin du wokisme ambiant, porte un regard lucide sur l'extrême difficulté du vivre ensemble . Un constat universel et européen , même dans ce contexte très roumain ( qui peut demander , peut-être , quelques notions sur les vieux communautarismes à l'oeuvre en Transylvanie , entre Roumains , Hongrois, Roms , Allemands ; catholiques, protestants ou orthodoxes ) où une région à forte émigration européenne , se voit pourtant toute bouleversée par l'arrivée d'immigrés sri lankais et agacée de surcroît par les bons sentiments d'un représentant français d'une ONG , mêle tout et donneur de leçon comme il se doit . Un film profondément intelligent où le réalisateur , convaincu d'un humanisme individualiste et généreux , ne prend cependant pas ses vessies pour des lanternes et mesure, hélas, tout l'écart entre le meilleur des individus et la force atavique irrépressible des communautés.
didbail
didbail

40 abonnés 539 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 novembre 2022
Matthias quitte son travail en Allemagne et rentre dans son village en Transylvanie retrouver femme, enfant et maîtresse. La boulangerie industrielle recrute des ouvriers sri-lankais ce qui entraîne des réactions de rejet de la plupart des villageois.
Le réalisateur roumain, primé à Cannes en 2007, réussit de nouveau un très grand film qui garde l'équilibre entre les relations individuelles des personnages et la vision des dérives du monde occidental. Problèmes de chômage, fantasmes racistes, ouvriers sous-payés, tutelle de l'U.E., écologie, montée du nationalisme. Un IRM (c'est le sens du titre) qui fait peur et qui pourrait être transposé à n'importe quel pays d'Europe, France comprise.
mat niro

462 abonnés 2 157 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 novembre 2022
Christian Mungiu signe ici une chronique du racisme quotidien dans un village multiethnique de Transylvanie où cohabitent roumains et hongrois. Le film est assez neutre avant l'arrivée de trois travailleurs Sri-Lankais qui va mettre le feu au village. La première partie se contente de suivre un revenant, Matthias, parti chercher l'el Dorado à l'étranger comme beaucoup de travailleurs du village, mais contraint de rentrer face à une femme et un enfant distants. Constatant amèrement la situation dans son pays, le cinéaste n'hésite pas à critiquer ses habitants ainsi que l'Eglise qui cautionne la haine de l'étranger. Seule résistante dans ce marasme, Judith State (Csilla) signe une prestation remarquée dans ce film sombre qui accouche d'une fin ratée à mon goût, que je n'ai pas compris!
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 février 2023
Je ne suis pas le seul apparemment à n’avoir pas saisi le final de ce film par ailleurs essentiel pour le cinéma roumain . Une fois encore il dépasse le cadre de ses frontières pour donner à voir le sentiment populaire sur des questions aussi éminentes que la migration en Europe. Limitons nous à cet espace dans lequel un ouvrier roumain, Matthias revient d’Allemagne pour reprendre sa vie d’avant dans son petit village natal de Transylvanie. Un lieu presque clos où la cohabitation ethnique demeure fragile . On imagine Matthias peser sur la gouvernance de son village et tempérer ses habitants qui se déchaînent au moindre frémissement d’une « invasion étrangère » . On rappelle celle des Huns qui fut la plus terrible dit un habitant inquiet de voir trois sri-lankais fabriquer le pain au village. C’est tout un dérèglement social et populaire qui s’opère dans l’amalgame d’une situation politique complètement malmenée par les infoxes et les rumeurs complotistes. Une vision hallucinante, mais tellement dans l’esprit populaire de gens agrippés à une histoire dans laquelle ils ne veulent plus avancer. Mungiu tente à sa façon de réveiller un peut tout le monde , de les sortir de leur léthargie. Et sa démarche arrive jusqu’à nous …AVIS BONUS Le réalisateur revient avec les acteurs sur quelques points importants du récit .
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 janvier 2023
Situant son récit dans une intrigante bourgade de Transylvanie où se côtoient avec plus ou moins de bonheur Roumains, Hongrois et Allemands, R.M.N dépeint avec une acuité évidente des populations européennes victimes d’un fort sentiment de déclassement, qui voient les gens du pays s’expatrier en masse vers l’ouest et qui sont contraints d’accueillir une main d’œuvre étrangère (ici, des Sri-Lankais) pour faire tourner leurs usines, les gens du cru n’acceptant plus de travailler pour des salaires aussi bas. C’est alors que les tentations populistes et xénophobes vont émerger dans les discours puis dans des actes de plus en plus violents. Cet impressionnant portrait d’une communauté en voie de déliquescence morale est fort intéressant, avec pour seul bémol un Cristian Mungiu qui ne sait pas comment finir son film.
rvrichou
rvrichou

118 abonnés 584 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 novembre 2022
Un film universel sur l âme humaine, sur la peur de l'autre, sur le respect, sur l amour et sur une société dans laquelle l homme est devenu un prédateur plus dangereux qu'un Ours à l état sauvage.
ANDRÉ T.
ANDRÉ T.

94 abonnés 485 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 octobre 2022
Ou radiographie du racisme ordinaire ? « On est toujours l’étranger de quelqu’un »
Le réalisateur nous montre que la Roumanie n’y échappe pas……
De nombreux roumains sont partis travailler à l’ouest
mais après la « détestation » des Roms, ce sont les allemands, les hongrois
et voilà que les sri-lankais pourraient fabriquer leur pain quotidien ….
C’est TROP !
Et côté racisme, la communauté chrétienne, n’est pas en reste...

Matthias lui, s’est fait traité de « gitan » en Allemagne puis, de retour
en Roumanie, n’est plus tout à fait, comme chez lui….
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