R.M.N.
Note moyenne
3,8
908 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

98 critiques spectateurs

5
10 critiques
4
34 critiques
3
33 critiques
2
16 critiques
1
4 critiques
0
1 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 juin 2026
Après "4 mois, 3 semaines, 2 jours", Cristian Mungiu s'attaque avec "." au racisme ordinaire, à la peur de l'étranger et au rejet de l'autre. L'action se déroule dans un village de Transylvanie où le retour d'un ouvrier expatrié coïncide avec l'arrivée de travailleurs étrangers dans une boulangerie industrielle. Ce qui pourrait sembler anodin fait rapidement apparaître des préjugés et des frustrations au sein de la communauté. Le réalisateur roumain refuse les caricatures et montre comment le racisme peut s'installer à travers des discours apparemment raisonnables, des peurs économiques ou des réflexes identitaires. Personne n'est totalement innocent, personne n'est totalement monstrueux. C'est précisément cette nuance qui rend le film aussi dérangeant. Les longs plans fixes et les dialogues très écrits laissent toute la place aux personnages et aux tensions qui les traversent. spoiler: La séquence de réunion publique constitue à elle seule une démonstration où les paroles deviennent progressivement plus violentes tandis que chacun croit défendre une position légitime
. Le film fonctionne également comme un véritable thriller social. Même lorsqu'il ne se passe presque rien, on sent constamment que quelque chose menace d'exploser. Cette tension permanente donne au récit une puissance rare. On peut néanmoins regretter certains arcs narratifs qui semblent abandonnés ou insuffisamment développés. Le coup de tête porté à son supérieur au début du film, qui déclenche pourtant le retour du personnage principal au village, paraît finalement avoir peu de conséquences dans le déroulement du récit.
jcfandeux@gmail.com
jcfandeux@gmail.com

8 abonnés 115 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 août 2025
Une bonne description des difficultés d accepter les différences dans un village où tout semble figer et où tout changement perturbe le calme apparent
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 juin 2025
Dans un cadre et sur un sujet intéressants, le film revêt deux dimensions, la première individuelle, avec l’itinéraire affectif chaotique de Matthias, le personnage central, la seconde sociale et sociétale, avec la description des réactions primaires xénophobes et racistes de la population du village. Mais la psychologie de Matthias est insuffisamment fouillée pour que l’on puisse comprendre l’ensemble de ses comportements. Quant à l’aspect collectif du film, pour lequel il faut créditer le cinéaste d’une louable intention, il oscille entre la caricature des propos et actes racistes et la fine observation (en particulier lors de la grande scène de la réunion) de la complexité des relations avec ce que les habitants appellent l’occident, l’Europe. Ces IRM personnelles et sociales (traduction du titre ambitieux .) sont finalement insuffisamment précises et nuancées.
Les incursions d’éléments relevant du fantastique apparaissent, même si l’on est en Transylvanie, plaquées artificiellement sur le cœur du film. Comme la fin bien énigmatique, ils donnent l’impression d’être là pour donner au film une dimension qu’il n’a pas.
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 778 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 mars 2025
Avec R.M.N., Cristian Mungiu poursuit son exploration des structures de domination et des névroses collectives en plongeant au cœur d’un village reculé de Transylvanie. À travers la xénophobie à l’égard d’ouvriers sri-lankais embauchés dans une boulangerie locale, le cinéaste capte une Europe rongée par la peur du déclassement et le fantasme de l’identité menacée.

Le film s’ouvre sur le retour de Matthias, ouvrier taciturne et brutal, dans son village natal. Parti en Allemagne pour le travail, il revient habité par un ressentiment égal à ce que les ouvriers sri-lankais vont vivre très rapidement.

Leur arrivées dans la boulangerie locale déclenche une réaction en chaîne : d’abord murmure inquiet, puis clameur indignée, enfin rejet viscéral. En quelques scènes, Mungiu expose un processus universel, où la peur se cristallise autour d’un corps étranger, où la précarité engendre l’hostilité et où la communauté cherche à expulser l’élément perçu comme un intrus.

Ici, l’immigré n’est pas seulement un concurrent économique, il est un spectre qui hante l’imaginaire collectif, un symbole de l’effondrement d’un monde. Le discours identitaire n’est qu’un vernis : ce qui est en jeu, c’est la peur de disparaître, de devenir étranger chez soi.

Mungiu adopte une mise en scène sèche. Loin des effets de manche ou des emballements dramatiques, il privilégie les plans-séquences étirés. La caméra, souvent fixe, capte les visages, la crispation, la violence contenue. Cette approche atteint son paroxysme dans la scène du conseil municipal : un long plan-séquence où les habitants, en état de transe collective, vomissent leur peur et leur ressentiment dans un crescendo sidérant. Cette séquence, magistrale, évoque une assemblée médiévale jugeant une menace invisible, une conjuration où chacun cherche à se convaincre de la nécessité du rejet.

Le cadre joue un rôle essentiel dans cette impression d’étouffement. Le village, coincé entre montagnes et forêts, semble un territoire en vase clos, un microcosme refermé sur lui-même. La nature, omniprésente, n’a rien de bucolique : elle est menaçante, lourde, prête à engloutir les personnages. Les forêts transylvaniennes deviennent une métaphore du refoulé, un espace archaïque où ressurgissent les pulsions primitives d’un monde que la modernité n’a pas pacifié.

Mungiu pose aussi la question du rêve européen. La Roumanie, intégrée à l’Union européenne, oscille entre aspiration et désillusion. L’ouverture des frontières n’a pas apporté la prospérité attendue, et le modèle économique basé sur l’immigration de main-d’œuvre bon marché ne fait qu’exacerber les tensions. L’hostilité envers les Sri-Lankais devient un symptôme d’une fracture plus large, où le sentiment d’appartenance se délite face à la logique du marché.

Le personnage de Csilla, qui dirige la boulangerie et tente de défendre les travailleurs immigrés, incarne cette ambivalence. Son combat, d’abord animé par une volonté humaniste, se teinte progressivement d’un désir plus personnel d’émancipation. Son attachement aux valeurs progressistes semble aussi motivé par une envie d’échapper à la pesanteur du village, à ses traditions figées, à ses règles implicites. Là encore, Mungiu ne juge pas, il observe : la solidarité n’est jamais totalement désintéressée, et la peur n’épargne aucun camp.

En refusant la conclusion rassurante, R.M.N. ne cherche ni à absoudre ni à accuser, mais à exposer les failles d’un monde en mutation.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 avril 2024
R.M.N. scanne différents organes perçus à différentes échelles, depuis ses personnages jusqu’aux pays dont ils sont originaires et qu’ils représentent parfois, en passant par la communauté villageoise et européenne, pour mieux révéler le cancer qui les gangrène progressivement. Le choix d’un village de Transylvanie où la population est pluriethnique et pourtant antieuropéenne constitue un choix pertinent puisqu’il se situe à la frontière de différents pays environnants qui font de lui une terre de passage, entendue comme un espace d’émigration (on le quitte pour aller travailler ailleurs, là où les salaires sont meilleurs) et d’immigration (on l’investit pour trouver du travail dans des conditions meilleures que celles offertes par son propre pays). Le premier segment du long métrage suit ainsi le retour de Matthias qui fuit l’Allemagne après des insultes racistes et tente de se réinsérer dans un microcosme qui a entretemps évolué : son écartèlement entre deux femmes, comprenons la mère de son fils d’une part, nommée Ana, et son amante Csilla d’autre part, construit un dilemme qui rejoue sur le plan des sentiments le dilemme politique et moral face à l’arrivée de trois ouvriers sri-lankais. Le déchaînement de propos xénophobes résonne avec la montée récente des partis d’extrême-droite en Europe, et se heurte à la réalité d’un pays lui-même concerné par les déplacements massifs de population – mais à son avantage !
Christian Mungiu confond habilement les enjeux et les points de vue, s’emparant de celui de Matthias comme d’un vecteur issu de l’étranger et dirigé vers le village : sous ses yeux s’envenime une situation à laquelle il finit par prendre part, ce qui l’amène à perdre l’apanage de la focalisation qui revient aussitôt aux femmes, d’abord l’épouse, ensuite l’amante. Ce duo de femmes, habituel dans le cinéma de Mungiu, sert à blâmer tout à la fois le patriarcat viriliste, puisque le père entend reprendre en main l’éducation de son fils par ses balades armées en forêt, et la xénophobie ambiante. La séquence de tribunal populaire, d’une belle intensité dramatique, cristallise les conflits internes et externes du village et de l’Europe tout entière, incarnée par un journaliste français venu donner des leçons de protection de la nature en comptant les ours. Le film prend alors des allures de conte en glissant du réalisme quasi documentaire au fantastique.
Un magnifique contrepoint est alors trouvé en trois corps souvent silencieux mais profondément humains – dimension explicitée par l’appel passé à table avec leur famille –, les Sri-Lankais refusant de répondre aux attaques verbales et physiques, opposant à l’inertie d’un nationalisme hypocrite la discrétion et le souci du travail bien fait.
isa
isa

3 abonnés 79 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 avril 2024
Alors concernant le titre le réalisateur explique que c'est un titre qui ne veut rien dire et qui permet de ne pas en savoir trop sur le film avant de l'avoir vu. Donc ne cherchez pas d'explication il n'y en a pas, hormis c'est une radiographie d'un moment précis, une façon de sonder ce qu'on a dans nos têtes.
Une introspection une radiographie de la nature humaine

Voilà ça c'est fait.
Pour le reste : je garderai le souvenir d'un scénario assez tendu et prometteur. J'ai passé en vitesse accélérée sur quelques scènes sans grand intérêt comme la messe 
Par contre très déçue de la fin du film qui n'explique rien qui ne ressemble à rien et qui ne conclut rien
Stéphane R
Stéphane R

28 abonnés 482 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 avril 2024
Mungiu ne travaille pas à l'office de tourisme roumain. A la suite de sa palme d'or et de Baccalauréat notamment, il scrute les mœurs de son pays avec acidité. Le racisme est bien présent, avec ce petit écho subtil sur l'image de la France dans les pays de l'est. C'est assez gris mais l'histoire et l'interprétation sont flamboyantes
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 mars 2024
La fin du film, trouble, abrupte et imagée, gâche un peu l'ensemble, comme une queue de poisson. On devine bien tout au long du film que la mise en scène de Mungiu n'est pas sans symbolique et qu'il entretient à travers ses personnages une parabole sur l'état de la Roumanie actuelle.
De retour d'Allemagne où il travaillait depuis deux ans, Matthias retrouve son village perdu de Transylvanie. Sur les pas de Matthias, une brute assez épaisse, Mungiu fait le tour du village, frigorifié par l'hiver, dont il donne une reflet réaliste de la vie, de la ruralité et des habitants. C'est en cela que le film séduit d'abord. C'est aussi le marasme familial de son personnage principal que décrit le cinéaste, spoiler: son enfant qui ne parle plus, l'épouse qui le rejette, le père moribond,
chacun symbolisant peut-être des considérations sur la Roumanie.
C'est un premier niveau de lecture; le second étant la radiographie (RMN signifiant IRM en roumain) d'une société encline à se refermer sur elle-même, de plus en plus hostile à l'Union Européenne, dont le tropisme xénophobe -sans doute pas réductible à la Roumanie...- est la manifestation la plus visible.
Les personnages sont vrais, graves, et sont pour certains (ainsi le curé du village, pas épargné) les incarnations d'un mal qui se développe et qui ronge la société roumaine, la société occidentale par extension.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 février 2024
Le film est en fait une réflexion sur l’immigration. La longue scène dans la salle des fêtes est justement l’élément central qui justifie ce titre, cet IRM de la société.
Là on est en Roumanie, mais c’est pareil partout dans le monde.
J’ai essayé de comprendre pourquoi il avait repris la musique de Wong Kar Wai…….
Est-ce pour le besoin d’amour des peuples?
Et cette fin avec les ours ? Elle est étrange et ne donne pas vraiment de réponse.
Comme je le disais au début, on est sur une réflexion, un constat.
Hotinhere

790 abonnés 5 464 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 juillet 2023
Radiographie contemporaine sombre et glaciale d'un village de Transylvanie s’abandonnant au racisme et au nationalisme, en écho aux démons qui gangrènent les démocraties européennes.
Jean-Pierre Legros
Jean-Pierre Legros

26 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 8 juin 2023
Excellente montée en puissance sur le problème de l'ostracisme communautaire. Mais film gâché par:
1) Le personnage principal trop passif, qui ne fait pas le liant nécessaire à l'histoire.
2) La fin tellement métaphorique qu'elle en reste incompréhensible, arrivant comme un cheveu sur la soupe dans ce film ultra-réaliste.
mazou31
mazou31

130 abonnés 1 361 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 juin 2023
Magistrale radiographie (RMN est l’acronyme d’IRM en roumain) d’un petit village de Transylvanie que l’on peut voir comme le concentré de notre société européenne actuelle. Le rejet (et même la haine) de l’autre est ici décortiqué remarquablement avec toutes ses composantes sociale, économique, culturelle et intime. Le sujet est rébarbatif et pourtant le film, de 2 heures, vous accroche sans être pesant ni moralisateur. Contrairement à un discours politique de droite ou de gauche, il décortique sans juger ou du moins le tait, comme le petit garçon mutique parce qu’effrayé. L’incroyable plan-séquence de la réunion municipale est un exemple de grand cinéma et l’ensemble du film se déroule sans temps mort, que ce soit dans les histoires personnelles ou dans la trame générale. L’interprétation reste sobre et la mise en scène est bien réussie, très noire forcément, sombre comme le sujet, avec des éclats de farce burlesque ou de brutalité comme dans la vie. La fin tourne au western tragique, incompréhensible, je l’avoue.
cinono1

365 abonnés 2 276 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mai 2023
Christian Mungiu dresse le portrait d'un petit village Roumain, ou roumains et hongrois cohabitent, avec le grand frère Allemand et l'union européenne dont l'influence se fait de plus en plus sentir. On se sent vraiment à l'intérieur du village Des gens ordinaires coincés dans leur conditions et dont l'organisation va être exacerbé par l'arrivée de travailleurs Skri lankais dans l'industrie locale. C'est criant de vérité, des préjugés qui empêchent de penser et de s'écouter. Un monde dur, ou la pitié la sensibilité est vue comme une faiblesse, ou on cherche uniquement à être le plus fort dans ce bas monde . C'est seulement gâché par un final métaphorique et loupé, mais c'est un grand film
Claude DL
Claude DL

122 abonnés 1 914 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 27 mai 2023
J’ai voulu voir ce film réalisé par une ancienne palme d’or de Cannes. Déception : un message raciste primaire, une communauté roumaine, un mélange de Roumains, Hongrois et Allemands s’entendant bien depuis des lustres mais ne supportant pas l’arrivée d’ouvriers boulangers Sri-lankais dans leur village, alors qu’aucun des autochtones n’avait postulé malgré les recherches de l’entreprise. J’ignore s’il y a de la vérité dans le propos, comme une montée de l’intolérance et de l’extrême droite en Roumanie, mais en tout cas cette description m’a parue malsaine, notamment cette très longue scène à la salle des fêtes vraiment insupportable. Dommage, car la vie au village est retranscrite de manière authentique.
Vassili A.
Vassili A.

33 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 novembre 2023
Un village au coeur de la Transylvanie.
C'est bien le pays du comte Dracula. Une contrée habitée des monstres qui paraissent irréels mais dont on sent la présence. Une présence constante qui vaut son pesant des siècles écoulés, remplis de haines et de vengeances. Une présence toute proche, à la portée d'un coup de fusil ou d'un regard.Une présence qui glace le sang.
Si plus personne ne veut travailler pour un salaire minimum, la boulangerie industrielle fait venir les ouvriers sri-lankais, si différents des enfants du pays. Cette terre, pourrait-elle rompre un jour avec sa tradition de repli sur sa communauté, pour le meilleur et pour le pire et jusqu'à la fin des temps ?
Les habitants de ce pays disent avec la même franchise qu'ils n'ont rien contre ces gens-là à condition qu'ils restent chez eux, comme ils disent à leur fils de ne jamais approcher un animal sauvage sans être armé.
Ils ont à peine réussi à se débarrasser des gitans et il y a d'autres envahisseurs qui arrivent.
Que les Français s'occupent d'intégrer leurs noirs et leurs arabes, dans les Carpates on n'a jamais eu de passé colonial et on ne veut pas être envahi.
Et si on n'a pas le droit de le dire c'est comme si on retournait à l'époque de dictature de Ceausescu.
La scène de la réunion des villageois avec les élus et le concentré de la crise actuelle du vieux continent enlisé dans ses problèmes identitaires.
Une lueur espoir, nous réveillera-t-elle à l'aube en nous disant que les monstres sont partis...
que ce ne sont que des masques de carnaval qu'on a vus dans un mauvais rêve et qui disparaîtront le matin...
R.M.N. comme Roumanie; F.R. comme la France; E.U.R. comme Europe.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse