Rezonanta Magnetica Nucleara ou la radiographie de la vie d'un village, d'un pays ou peut-être même du monde d'aujourd'hui. Un IRM qui voit derrière les "paraitres", qui montrera le mal, l'abcès. Bref c'est sombre très sombre ... Peu reluisant pour l'humanité : le rejet des différences, la peur des autres ... dans cette société de là-bas, d'ailleurs, ou d' ici, qui se précarise où les inégalités sont omniprésentes et engendre les violences. Rien que pour la scène du long plan séquence de 17 minutes dans la salle des fêtes, tellement réaliste, je pense que ce film mérite notre attention . Mais serait dommage de s'arrêter au seul aspect aride de cette histoire. Les personnages dans leur complexité sont touchants et vulnérables et cette fragilité peut les rendre sauvages . Pour être honnête à sa sortie même si j'étais décontenancée et interrogative, j'étais très positive : belle qualité de la photo et cette histoire qui alterne réalité , quotidien fantasme et imaginaire. Cependant avec le recul il me reste trop d' impressions confuses et je suis incapable de le raconter et encore moins de l'expliquer. L'allégorie de la fin reste très obscure et interroge... n'est ce pas la scène de trop ?
Christian Mungiu signe ici une chronique du racisme quotidien dans un village multiethnique de Transylvanie où cohabitent roumains et hongrois. Le film est assez neutre avant l'arrivée de trois travailleurs Sri-Lankais qui va mettre le feu au village. La première partie se contente de suivre un revenant, Matthias, parti chercher l'el Dorado à l'étranger comme beaucoup de travailleurs du village, mais contraint de rentrer face à une femme et un enfant distants. Constatant amèrement la situation dans son pays, le cinéaste n'hésite pas à critiquer ses habitants ainsi que l'Eglise qui cautionne la haine de l'étranger. Seule résistante dans ce marasme, Judith State (Csilla) signe une prestation remarquée dans ce film sombre qui accouche d'une fin ratée à mon goût, que je n'ai pas compris!
Ce film, c'est le sketch de Fernand RAYNAUD, le douanier, à la puissance mille ! Il décrit merveilleusement les mécanismes qui amènent encore aujourd'hui, des gens "qui ne sont pas des imbéciles puisqu'ils sont..." à se comporter comme de parfaits incultes. La difficulté de la vie dans les pays d'Europe issus de l'ex-empire soviétique y est relatée de manière glaçante et nous rappelle combien la différence avec l'Europe de l'Ouest est immense. Cet écart pourra-t-il être réduit un jour ? Le déroulé du film tend à laisser penser que non, en tout cas pas dans le sens ouest-est...
Un film sympa sur l identité et l humanité Ça se passe en fin fond de la Roumanie Au fond des forêts .qui gagnera en terme de puissance?les ours de la région Et aussi ces mêmes ours en apprendront ils aux hommes pour se protéger du racisme,du nationalisme,de la croyance en lieu et place de la raison Allez y vous faire votre opinion
Le film qui aurait pu être très intéressant est fait n'importe comment, j'ai fini par partir avant la fin, tellement c'est ch.... Je regrette d'avoir été au cinéma pour regarder un film aussi mal construit
1h30 de mise en exposition, c'est long, on se demande où le scénario veut nous emmener. Les base sont posé, les enjeux daignent se montrer et c'est pas mal du tout, la scène à la mairie est glaçante., C'est plutôt bien joué et la fin est comme je les aime, abrupte.
Un film qui traite du sujet du racisme et de la xénophobie dans un petit village de Transylvanie très pittoresque et reculé, où on découvre qu'en Roumanie il y a des ethnies hongroises, allemandes, etc, etc...On est immergé dans la vie quotidienne des habitants, les coutumes, l'usine de pain tenue par des "hongrois" qui peinent à recruter car beaucoup ont immigré pour travailler pour de meilleurs salaires. Le dernier recours sont des Sri Lankais. Commencent les ennuis. C'est bien filmé, très belles photos. Le prologue est un peu poussif. Le film aurait gagné à se focaliser sur le personnage féminin car finalement l'histoire de Mathias et de son père Otto parasitent le propos, le brouillent et le rallongent trop sans réel lien avec la problématique.
Désolé, mais ce n'est vraiment pas un grand film. Au bout de plus de 2 heures, il n'est pas évident de cerner les personnages principaux, à peine ébauchés : qui sont-ils, d'où viennent-ils ? J'ai un peu connu l'histoire de la Transylvanie, mais un minimum de contextualisation aurait permis à des non-Roumains d'entrer un peu mieux dans l'intrigue. L'action se déroule par à coups, comme ces subites ruées de moto pas trop justifiées et ces palabres un peu trop convenues et prévisibles. L'interminable plan séquence de la salle des fêtes, faisant suite aux déjà longues interpellations dans l'église, n'apporte rien d'original : l'ordinaire bêtise humaine dont profitent (et ont toujours profités) les populistes des deux bords. Je n'ai pas compris la fin, comme de très nombreux spectateurs. Elle n'est pas ouverte, quoiqu'en disent certains intello. Pourquoi Csilla, terrorisée, demande-t-elle pardon et de quoi ? Mathias tire-t-il sur elle ? Les "fantômes" des ours sont un peu risibles et font chuter bêtement la tension de la fin du film. Et pourquoi le metteur en scène refuse-t-il de commenter les dernières scènes ? Peut-être ne savait-il pas trop lui-même comment conclure ...
Matthias quitte son travail en Allemagne et rentre dans son village en Transylvanie retrouver femme, enfant et maîtresse. La boulangerie industrielle recrute des ouvriers sri-lankais ce qui entraîne des réactions de rejet de la plupart des villageois. Le réalisateur roumain, primé à Cannes en 2007, réussit de nouveau un très grand film qui garde l'équilibre entre les relations individuelles des personnages et la vision des dérives du monde occidental. Problèmes de chômage, fantasmes racistes, ouvriers sous-payés, tutelle de l'U.E., écologie, montée du nationalisme. Un IRM (c'est le sens du titre) qui fait peur et qui pourrait être transposé à n'importe quel pays d'Europe, France comprise.
Un film universel sur l âme humaine, sur la peur de l'autre, sur le respect, sur l amour et sur une société dans laquelle l homme est devenu un prédateur plus dangereux qu'un Ours à l état sauvage.
Un film sans intérêt avec un début vide sans fil rouge. Ensuite, l'oeuvre se perd et part dans tous les sens en faisant intervenir en même temps sans direction les sujets de l'immigration, des problèmes familiaux ou encore la différence entre europe de l'est et de l'ouest. Tout se fini en fourre-tout bordélique.
Cristian Mungiu dresse dans "R.M.N." un portrait quelque peu hypertrophié du racisme dans un petit village roumain. La diversité des langues du film souligne dès lors la situation de cosmopolitisme, mal acceptée par les locaux, alors même que la diglossie hongrois-roumain s'efface peu à peu au profit d'une autre se rapprochant de plus en plus du bilinguisme. Les hongrois et les roumains, eux-mêmes employés en Europe, ne peuvent supporter quelques sri lankais et gitans dans leur village et leur église. Le long-métrage rappelle alors que chacun est l'immigré de quelqu'un d'autre. Mais c'est aussi un beau portrait d'une piètre dévotion, au sens marivaudien du terme, que le réalisateur parvient à entreprendre au sein du film. Ceux se répandant en prières et assistant à tous les serments dominicaux ne savent que rejeter et jamais accueillir. Le prêtre, représentant de ce petit monde hypocrite, devient l'archétype même de cette religion du paraître. Cependant, Cristian Mungiu force sans doute un peu trop la main au sein de son film en opposant sans grande finesse provinciaux racistes et gentils patrons généreux. La nuance ne vient qu'à partir du plan fixe d'une vingtaine de minutes de la dernière partie du film, soit un peu tard. Bien au contraire, le long-métrage met du temps à démarrer en s'attardant sur le personnage de Matthias et sur son éducation complètement détachée du présent. "R.M.N." n'en reste pas moins un bon film, pertinent dans son traitement du thème comme dans sa mise en scène.
Évidemment, comme chez les frères Dardenne, le cinéaste roumain ne va pas choisir la forme la plus joyeuse pour évoquer son pays, préférant une vision la plus froide et la plus réaliste possible. Nous voilà donc plongés au cœur d’un petit village de Transylvanie, au cœur de l’hiver, au moment où trois boulangers sri-lankais sont recrutés par une usine du coin désertée par la main-d’œuvre locale qui préfère aller travailler à l’étranger pour gagner un peu plus. Résultat, on fait appel aux immigrés, ce qui ne plaît pas aux autochtones qui voient dans ces trois sympathiques et inoffensifs sri-lankais des envahisseurs potentiels. Petit à petit, la tension va monter au sein de cette communauté où le racisme, l’intolérance, la peur de l’étranger, les fake news et autres fantasmes vont nourrir la vindicte populaire, et notamment dans une très longue scène en plan fixe, sur la fin, véritable point d'orgue du film, qui permet de comprendre toute la complexité des enjeux liés à la mondialisation et au capitalisme moderne.
C’est peut-être le film le plus accessible, mais aussi le plus explicite et le plus politique de Cristian Mungiu à ce jour. Dans un style qui rappellera les frères Dardenne ou Ken Loach dans sa manière assez démonstrative de dénoncer l’extrémisme, le nationalisme et le capitalisme dans ce qu’il a de plus cynique et ravageur.
Ce qu’il gagne discours théorique, il le perd peut-être en intensité filmique, avec un scénario qui ne dégage pas forcément la puissance et la force de ses précédents opus (Au-delà des collines, Quatre mois, trois semaines, deux jours et baccalauréat), avec en plus un final ainsi confus et un peu frustrant.
Sensible aux dérives de la société roumaine, Cristian Mungiu s'est cette fois attaqué au racisme galopant. L'intelligence de son scénario tient aux choix du lieu et du fait déclencheur. Le lieu c'est un village où, à l'instar de l'ensemble de la Roumanie, cohabitent des communautés culturelles et linguistiques hongroises, allemandes et serbes. Ces descendants de l'immigration sont aujourd'hui vent debout contre l'arrivée de migrants sri lankais sur leur territoire. Paradoxe. Le fait ce sont ces travailleurs asiatiques perçus comme une menace alors qu'ils occupent des emplois qu'aucun Roumain n'accepte. Tout est fantasmatique. Le racisme ne repose sur aucune réalité économique, judiciaire ou sanitaire. Le racisme est une peur qui se cache dans le cerveau humain comme un ours dans une forêt ou un pendu dans une famille. La portée de ce film est d'autant plus importante que ce phénomène touche l'ensemble du monde. Italie, Suède, France, tous les bastions démocratiques semblent fléchir. Quel dommage que ce film confidentiel ne touchera qu'un public convaincu.