R.M.N.
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Vassili A.
Vassili A.

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3,5
Publiée le 24 novembre 2023
Un village au coeur de la Transylvanie.
C'est bien le pays du comte Dracula. Une contrée habitée des monstres qui paraissent irréels mais dont on sent la présence. Une présence constante qui vaut son pesant des siècles écoulés, remplis de haines et de vengeances. Une présence toute proche, à la portée d'un coup de fusil ou d'un regard.Une présence qui glace le sang.
Si plus personne ne veut travailler pour un salaire minimum, la boulangerie industrielle fait venir les ouvriers sri-lankais, si différents des enfants du pays. Cette terre, pourrait-elle rompre un jour avec sa tradition de repli sur sa communauté, pour le meilleur et pour le pire et jusqu'à la fin des temps ?
Les habitants de ce pays disent avec la même franchise qu'ils n'ont rien contre ces gens-là à condition qu'ils restent chez eux, comme ils disent à leur fils de ne jamais approcher un animal sauvage sans être armé.
Ils ont à peine réussi à se débarrasser des gitans et il y a d'autres envahisseurs qui arrivent.
Que les Français s'occupent d'intégrer leurs noirs et leurs arabes, dans les Carpates on n'a jamais eu de passé colonial et on ne veut pas être envahi.
Et si on n'a pas le droit de le dire c'est comme si on retournait à l'époque de dictature de Ceausescu.
La scène de la réunion des villageois avec les élus et le concentré de la crise actuelle du vieux continent enlisé dans ses problèmes identitaires.
Une lueur espoir, nous réveillera-t-elle à l'aube en nous disant que les monstres sont partis...
que ce ne sont que des masques de carnaval qu'on a vus dans un mauvais rêve et qui disparaîtront le matin...
R.M.N. comme Roumanie; F.R. comme la France; E.U.R. comme Europe.
TUTUR29
TUTUR29

54 abonnés 1 377 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 mai 2023
R.M.N est un film qui me laisse un peu circonspect, d'un côté je n'ai pas accroché du tout aux personnages qui sont très antipathiques, mais de l'autre le propos politique du film est passionnant. Le point de vue des Roumains n'est jamais abordé dans le cinéma actuel et dans la représentation de l'UE, on sent ici que leur colère est légitime malgré un racisme ambiant qui s'installe et qui est accepté unanimement par la communauté. Tout ce propos atteint son apogée lors d'un plan séquence dans l'église qui est juste bluffant en terme de direction d'acteur vu le nombre de personnes à l'écran. RMN représente en plus bien le racisme qui s'installe dans tous les pays car comme relevé par l'un des personnages, la France est au final dans une situation similaire que la Roumanie, juste pas avec les mêmes personnes. Bref, j'avoue ne pas avoir plus accroché car une bonne partie de l'intrigue sur les personnages ne m'intéressait pas, mais pour la force de son point de vue, R.M.N vaut le détour.
christophe D10
christophe D10

35 abonnés 1 064 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 mai 2023
Un film intéressant mais un peu bancal.
Côté positif, il est vraiment étonnant et instructif de voir que finalement dans un petit village au fin fond de la Roumanie, on se pose quasiment les mêmes questions qu’en france, sur divers sujets tels que l’immigration, le travail mal payé, les aides sociales, l’union européenne etc etc….
Côté négatif une première demi heure assez lente, avec un film qui peine au début a trouver son rythme, et une fin abrupte et assez spéciale, qui surprend et déçoit.
Au final pas mal, mais pas au niveau des critiques un peu trop positives sur allo cine..
FaRem

10 653 abonnés 11 922 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 mai 2023
Dans son nouveau film, Cristian Mungiu étudie la peur de l'inconnu au sein d'un petit village de Transylvanie. La peur de l'inconnu ou plutôt de l'étranger, car c'est principalement sur la venue de travailleurs sri-lankais que le réalisateur va se focaliser. Après des semaines à poster des annonces un peu partout pour pourvoir des postes dans la boulangerie industrielle locale, la directrice s'est résignée à aller chercher de la main d'œuvre ailleurs pour pouvoir avoir droit aux subventions européennes. Si leur village est multiethnique, l'arrivée de ces gens "différents" d'eux va exacerber les tensions entre les habitants. Une contradiction pour des gens qui vont eux-mêmes travailler à l'étranger et qui reprochent un racisme qu'ils font eux-mêmes subir à leur tour... "R.M.N." est un film provocant et intéressant qui est surtout parfaitement mis en scène. Ces longs plans-séquences sont remarquables, je pense notamment à cette réunion dans l'église où les langues se délient. J'ai vraiment bien aimé, mais j'ai été déçu par la fin et je ne parle pas simplement des dernières secondes qui ont perdu la plupart des gens, mais plutôt de l'amorce finale qui m'a laissé sur ma faim.
Jorik V

1 370 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 mai 2023
Le dernier film du réalisateur roumain palmé Cristian Mungiu a fait forte impression au dernier Festival de Cannes où il était présenté en compétition. Pourtant, « R.M.N. » (qui est l’acronyme d’IRM en roumain) n’est pas aussi implacable et magistral qu’ont pu l’être « 4 mois, 3 semaines, 2 jours » et « Baccalauréat ». Le cinéaste continue de prendre le pouls de la société roumaine et la dissèque inlassablement à la manière de l’examen médical qui lui donne son titre. Cette fois il nous parle des relents xénophobes d’un petit village rural ainsi que des ravages du libéralisme et du capitalisme sauvage dans l’économie et la société de son pays. Une certaine Europe, le libre-échange des biens et des personnes et la peur de l’autre sont au centre du long-métrage et il les présente de manière frontale, radicale et réaliste, rendant ces sujets très contemporains totalement passionnants et sujets à débat.

Cependant, pour se fondre dans ce récit de plus de deux heures, il faut se farcir une première heure bien trop longue en guise d’introduction. « R.M.N. » n’avait pas besoin d’autant pour présenter ses enjeux et ses personnages. Mungiu tend le bâton pour se faire battre et condense durant cette partie tout ce qui fait la caricature d’un certain cinéma roumain (heureusement on n’est pas dans le purgatoire que fut le chemin de croix « Bad luck banging or loony porn »!). C’est donc plutôt long à se mettre en route tout comme à présenter les relations entre les différents protagonistes et les problèmes en place dont il souhaite débattre par l’entremise de son film. De plus, la forme certes austère mais néanmoins adaptée au fond, n’est pas pour aider à appréhender un tel cinéma. Enfin, la dernière séquence, sibylline et à la lisière du fantastique, est ratée. Trop nébuleuse et venant totalement couper le réalisme jusque-là avéré du long-métrage, elle en devient son talon d’Achille et nous fait revoir la maestria du second acte à la baisse.

Mungiu reste pourtant un observateur aguerri des bouleversements sociaux de son pays. Et ce qui se présente comme la cerise sur le gâteau et synthétise son cinéma, un plan fixe de près de vingt minutes sur une sorte de tribunal populaire, ne déçoit pas. Cette séquence phare de « R.M.N. » cristallise tous les maux d’une Europe malade, en proie à des directives européennes aberrantes ou encore faisant face à des relents racistes d’un autre âge. Le réalisateur se fait alors l’observateur d’une société malade et ne juge pas. Ce qui pourrait être vu comme un défaut est en fait une qualité car les arguments présentés par chacun des figurants alterne le bon sens et le ridicule et certains aspects nous rappellent à un obscurantisme d’un autre âge. C’est ensuite à nous de juger. L’analyse au scalpel éprouvée par le film fait froid dans le dos et le constat est sans appel. Du cinéma loin du divertissement, qui demande l’investissement du spectateur et sollicite son intelligence. En sortant de la salle, nous sommes poussés à la réflexion mais il aurait fallu éviter de s’étendre pour rien et de couler ce récit éminemment politique dans une forme si clinique et distanciée de la sorte, empêchant parfois l’adhésion du public, en plus d’une fin si étrange et inadaptée.

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riverainpsy
riverainpsy

47 abonnés 433 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 mai 2023
Dense , sans scènes inutiles , le film culmine dans le long plan séquence de la réunion de village , morceau de bravoure qui , loin du wokisme ambiant, porte un regard lucide sur l'extrême difficulté du vivre ensemble . Un constat universel et européen , même dans ce contexte très roumain ( qui peut demander , peut-être , quelques notions sur les vieux communautarismes à l'oeuvre en Transylvanie , entre Roumains , Hongrois, Roms , Allemands ; catholiques, protestants ou orthodoxes ) où une région à forte émigration européenne , se voit pourtant toute bouleversée par l'arrivée d'immigrés sri lankais et agacée de surcroît par les bons sentiments d'un représentant français d'une ONG , mêle tout et donneur de leçon comme il se doit . Un film profondément intelligent où le réalisateur , convaincu d'un humanisme individualiste et généreux , ne prend cependant pas ses vessies pour des lanternes et mesure, hélas, tout l'écart entre le meilleur des individus et la force atavique irrépressible des communautés.
brunocinoche
brunocinoche

142 abonnés 1 260 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 février 2023
Le cinéaste roumain évoque dans ce film le problème des travailleurs immigrés, du racisme et de la tolérance. Constat désolant qui montre que ce problème et ses discours stériles résident dans tous les pays. Le fond est suffisamment fort pour ne pas évoquer le fond, et pourtant l'efficacité du film réside dans le choix de mise en scène faits exclusivement de plans séquences plus ou moins longs et toujours justes et efficaces. Peut-être est il difficile d'éprouver de l'empathie pour les personnages même les plus humains du lot tant le débat évoqué ici n'est malheureusement pas nouveau. Finalement, habitué à un film somme toute classique dans la forme, la fin vraiment inattendu surprend et nous entraine soudainement dans la parabole, dommage que le film s'arrête à ce moment mais le cinéaste a su faire passer son message.
Loïck G.

397 abonnés 1 845 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 février 2023
Je ne suis pas le seul apparemment à n’avoir pas saisi le final de ce film par ailleurs essentiel pour le cinéma roumain . Une fois encore il dépasse le cadre de ses frontières pour donner à voir le sentiment populaire sur des questions aussi éminentes que la migration en Europe. Limitons nous à cet espace dans lequel un ouvrier roumain, Matthias revient d’Allemagne pour reprendre sa vie d’avant dans son petit village natal de Transylvanie. Un lieu presque clos où la cohabitation ethnique demeure fragile . On imagine Matthias peser sur la gouvernance de son village et tempérer ses habitants qui se déchaînent au moindre frémissement d’une « invasion étrangère » . On rappelle celle des Huns qui fut la plus terrible dit un habitant inquiet de voir trois sri-lankais fabriquer le pain au village. C’est tout un dérèglement social et populaire qui s’opère dans l’amalgame d’une situation politique complètement malmenée par les infoxes et les rumeurs complotistes. Une vision hallucinante, mais tellement dans l’esprit populaire de gens agrippés à une histoire dans laquelle ils ne veulent plus avancer. Mungiu tente à sa façon de réveiller un peut tout le monde , de les sortir de leur léthargie. Et sa démarche arrive jusqu’à nous …AVIS BONUS Le réalisateur revient avec les acteurs sur quelques points importants du récit .
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Jean-luc G
Jean-luc G

92 abonnés 915 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 mai 2023
Attente pas déçue de voir enfin un film de Mungiu pour la première fois. L'ambiance présente des similarités avec Le serment de Pamfir, des zones rurales, du centre de l'Europe, aux confins de plusieurs civilisations, multiculturelles, frappées par le grand écart entre L'union européenne et l'ex empire soviétique.
Le portrait est violent, sans concession, parfois trop manichéen, mais la variété des sujets et le temps que prends Mungiu à nous dévoiler progressivement les personnages n'est pas innocent.
N'est-on pas toujours l'immigré de quelqu'un? Le roumain qui va bosser en Allemagne ou le même qui voit arriver des Srilankais faire son pain dans son village? Décidément le sketch de Fernand Reynaud écrit il y a 50 ans reste d'actualité!
Ou bien n'est-on pas l'opprimé de quelqu'un? Le gamin qui doit traverser seul la forêt pour aller à l'école? Les femmes libérées qui ont réussi en affaires, roulent en Mercédès (comme le curé!) mais n'arrivent pas à fonder une famille?
La Transylvanie, terre de croyances, de loups dans les bois (dont vient compter le nombre, l'innocent petit français financé par l'UE!), terre froide en hiver, abrite des rudes habitants qui se disent remparts des invasions passées et justifient ainsi leur racisme ordinaire.
On ressort secoué de cette radiographie incisive, qui ne ménage ni les locaux, ni les bonnes intentions occidentales.
Mungiu maitrise les scènes intimes, familiales, chorales et communautaires avec la même précision, et possède la patience de laisser à chaque personnage l'occasion de s'exprimer, quelque soit la violence des mots (avant l'étape suivante qui déjà pointe le nez…).
La mélopée lancinante de In the mood for love, jouée au violoncelle par la directrice de l'usine boulangère complète cette atmosphère étrange, si loin de nous, et pourtant nous sommes toujours en Europe.
Les multiples langages qui coexistent localement sont un témoignage parallèle sur ce qui se trame à coté en Ukraine depuis le déclenchement de la guerre.
cinéma -janvier 2023
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

147 abonnés 2 088 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 janvier 2023
Situant son récit dans une intrigante bourgade de Transylvanie où se côtoient avec plus ou moins de bonheur Roumains, Hongrois et Allemands, R.M.N dépeint avec une acuité évidente des populations européennes victimes d’un fort sentiment de déclassement, qui voient les gens du pays s’expatrier en masse vers l’ouest et qui sont contraints d’accueillir une main d’œuvre étrangère (ici, des Sri-Lankais) pour faire tourner leurs usines, les gens du cru n’acceptant plus de travailler pour des salaires aussi bas. C’est alors que les tentations populistes et xénophobes vont émerger dans les discours puis dans des actes de plus en plus violents. Cet impressionnant portrait d’une communauté en voie de déliquescence morale est fort intéressant, avec pour seul bémol un Cristian Mungiu qui ne sait pas comment finir son film.
Bernard D.
Bernard D.

131 abonnés 613 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 janvier 2023
Grâce au 25ème Festival Cinéma Télérama, j’ai découvert « R.M.N. » de Cristian Mungiu (2022) dont j’avais apprécié les films « Baccalauréat » (2016) et « 4 mois, 3 semaines, 2 jours » (2007) qui avait décroché une palme d’Or. Matthias (Marin Grigore) travaille en Allemagne dans un abattoir mais traité de « Gitan », il frappe son contremaître et revient dans son village de Transylvanie, pour retrouver son fils Rudi qui ne parle pas, sa femme Ana et son ancienne maîtresse Csilla (Judith State). Celle-ci aux côtés de sa patronne gère une boulangerie industrielle et pour une expansion via des fonds européens, cette usine cherche de la main-d’œuvre à bas prix. En l’absence de candidats locaux, elles font appel à 3 Sri-lankais dont la venue va déclencher la révolte et le racisme parmi ces villageois où coexistent des Roumains, des Hongrois et des germanophones tous unis par une haine à l'égard des Tsiganes. Un film bien foutu sur le plan filmique mais « laborieux » dans son propos, montrant si besoin en était la fragilité de l’Europe et ses dérives populistes.
ChatCat
ChatCat

9 abonnés 11 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 janvier 2023
Les sous-titres sont de couleurs différentes selon les langues parlées et c'est très appréciable pour la compréhension des enjeux politiques de ce film magistral
Jipéhel
Jipéhel

103 abonnés 679 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 janvier 2023
La gangrène

Le titre R.M.N. signifie Rezonanta Magnetica Nucleara, soit l’IRM en français. Cristian Mungiu reste le grand réalisateur roumain du moment. Il enchaîne les pépites plus vite qu’un chercheur d’or. Après, Baccalauréat, Au-delà des collines, 4 mois 3 semaines 2 jours, il nous fait l’offrande de ce drame de 127 minutes qu’on ne voit pas passer, tant la tesion est palpable et la mise en scène virtuose. Quelques jours avant Noël, Matthias est de retour dans son village natal, multiethnique, de Transylvanie, après avoir quitté son emploi en Allemagne. Il s’inquiète pour son fils, Rudi, qui grandit sans lui, pour son père, Otto, resté seul et il souhaite revoir Csilla, son ex-petite amie. Il tente de s'impliquer davantage dans l'éducation du garçon qui est resté trop longtemps à la charge de sa mère, Ana, et veut l’aider à surpasser ses angoisses irrationnelles. Quand l’usine que Csilla dirige décide de recruter des employés étrangers, la paix de la petite communauté est troublée, les angoisses gagnent aussi les adultes. Les frustrations, les conflits et les passions refont surface, brisant le semblant de paix dans la communauté. Quand on pense que ce chef d’œuvre nommé 7 fois à Cannes est reparti bredouille ???
Un petit village multi-ethnique, des non-dits qui s’accumulent, des tensions savamment mises sous cloche, des personnages au raisonnement plus que binaire… et le tour est joué. Avec autant d’ethnies, la Transylvanie est devenue le terrain de jeu favori des mouvements populistes ou nationalistes de toutes sortes. Mais ne vous méprenez pas : le film ne traite pas d’une situation spécifique à la Transylvanie, ni même du fait que Roumains, Hongrois et Allemands partagent le même territoire. l parle aussi des Russes et des Ukrainiens, des Blancs et des Noirs, des Sunnites et des Chiites, des riches et des pauvres, voire des grands et des petits… Dès qu’apparaît un autre individu, il est tout de suite perçu comme appartenant à un autre clan et donc comme un ennemi potentiel. Mungiu affirme que le rythme ne vient pas du montage, mais qu’il est inhérent à la scène. Aussi a-t-il tourné chaque scène en plan séquence, quelle que soit sa longueur ou sa complexité. Entre autre la scène hallucinante de la réunion publique qui dure 17 minutes avec 26 personnages qui prennent la parole. Ce drame de la haine banalisée prouve, s’il en est encore besoin que le politiquement correct n’est pas un processus formateur et il n’a pas changé les opinions en profondeur ; il fait juste en sorte que les gens expriment moins ce qu’ils pensent. Mais les choses finissent par s’accumuler et, à un moment donné, elles débordent. Une chronique implacable de la bêtine humaine.
Le casting est parfait – comme toujours chez Mungiu -, avec Marin Grigore, Judith State, Macrina Bardaleanu, Orsoya Moldovan, qui donnent corps à ce conte organique, étouffant et quasi halluciné. Violence d’aujourd’hui, peurs anciennes servent de moteur à un film glaçant qui met en scène les frustrations et les ressentiments qui se muent lentement en flambée xénophobe, pour un des grands films de l’année 2022. Dense, complexe, un film qui utilise la caméra comme un scanner pour photographier de l’intérieur les tumeurs qui rongent nos sociétés. Quel choc !
Angelo M.
Angelo M.

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3,5
Publiée le 23 janvier 2023
La mise en scène, toute en plans séquences dont l’un est impressionnant car long de plus d’un quart d’heure et faisant intervenir près d’une trentaine d’acteurs, est au service d’une sourde violence, dans une Transylvanie encore sensible aux rivalités entre Roumains et minorité hongroise, où le départ des hommes vers l’Ouest pour y travailler nécessite de recourir à des Srilankais pour travailler à la boulangerie locale. Chaque séquence montre des êtres manquant de repères, dont la plupart ne savent s’exprimer que dans l’agressivité et le rejet de la différence.
Ducerceau
Ducerceau

21 abonnés 693 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 22 janvier 2023
Un drôle de film. Ça commence comme un documentaire sur un joli village au pied des montagnes de Transylvanie qui semble tourner en conte de Noël. Et puis en fait ça devient une exposition assez objective des problèmes de migration.
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