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Elsa W.
6 critiques
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3,0
Publiée le 5 janvier 2024
Le propos est intéressant et les dialogues très bien écrits, cette période est passionnante , mais je n'ai pas apprécié la direction d'acteurs. Cela m'a empêchée d'entrer dans le film.
J'ai vu le film de Cédric Kahn, "Le procès Goldman" en Octobre. Je viens de terminer la lecture du livre très particulier de Pierre Goldman, " Souvenirs obscurs d'un juif polonais né en France" (1975). C'est un beau titre qui correspond à la personnalité sombre, douloureuse, exaltée de son auteur. Condamné à perpétuité pour un double meurtre, Pierre Goldman écrit ce récit à la prison de Fresnes. Il sera acquitté en 1976 et assassiné en 1979. Le livre est divisé en trois parties dont la première s'oppose complètement par le style aux deux suivantes. Elle est fascinante car on entre dans le cerveau d'un être torturé, brillant, cultivé, traumatisé par sa naissance, son identité juive. Profondément admirateur de ses parents résistants, il ne se reconnaîtra pas dans les luttes de mai 68 et obsédé par la mort, décidera en quelque sorte de rater sa vie afin qu'elle n'ait aucun sens. Toute cette première partie sur son enfance, ses angoisses, sa déchéance, est remarquable. D'une lucidité noire. Le style est éclatant. La deuxième partie est la reconstitution de L'affaire Richard-Lenoir, terriblement disséquée, analysée, seconde après seconde, témoin après témoin. C'est très intelligent mais il faut s'accrocher pour ne pas se perdre. La dernière partie qui est le récit du procès, retrouve par instants fulgurants, la véhémence et l'intensité accusatoire de la première partie. Je ne sais pas si Goldman était innocent mais je pense qu'il était un grand écrivain.
Un film d’une belle intensité, précis, ramassé, concentré sur son sujet sans volonté d’esbrouffe. Un film intègre par la radicalité de sa mise en scène, qui fait écho à celle de son personnage principal, que le cinéaste nous laisse le droit de ne pas apprécier. Pas d’effet de manche, ni des plaideurs ni de la caméra. Pas d’échappatoire : on est coincé dans le prétoire , le plus souvent en plan fixe Et sur le fond, si le spectateur peut y voir des similitudes entre la dénonciation d’une police raciste dans les années 70 et les polémiques actuelles, c’est son droit mais aucun discours didactique ou militant ne l’y conduit. Et si ce film est un modèle de film de prétoire c’es aussi et surtout grâce à son extraordinaire interprétation. Il faudrait tous les citer , j’y renonce mais je rêverais d’un César exceptionnel pour l’ensemble de ce casting inspiré, engagé et qui force le respect.
Père et mère juifs polonais résistants. Sa mère communiste passionnée retourne en Pologne qd il a 3 ans mais son père l enlève. Révolté, attiré par les révolutions Amérique latine. À son retour en France il braque et se retrouve coupable idéal après la mort de 2 pharmaciennes fin 75. Son alibi et ses amis antillais ne résistent aux menaces de la police convaincue de sa culpabilité. Condamné lors du premier procès, mais non en cassation il sera assassiné 3 ans plus tard. (les assassins se revendiquent l'honneur de la police mais se révèlent de l'extrême droite)
C'est une plongée dans les années 70 que nous propose le procès Goldman, au travers de ce thriller judiciaire dont l'action se déroule quasi exclusivement dans la salle de tribunal. Intense, bien écrit, et finalement très contemporain dans ses enjeux, il est sublimé par le jeu d'acteur fantastique de plusieurs de ses interprètes. Le spectateur se retrouve ainsi balloté d'un côté à l'autre devant les dénégations convaincantes de l'accusé, les exagérations évidentes de certains témoins, la solidité indéniable du dossier d'accusation... A ne pas manquer pour les amateurs du genre !
Très bon film. Toutefois je n'ai pas compris l'intérêt des premiers plans flous, tantôt sur le coin d'une feuille de papier ou l'oreille d'un figurant qui mange le quart de l'écran comme une tâche rose diffuse, ce que nos yeux ne voient jamais ; cela ne nous donne pas du tout l'impression d'être dans la salle du tribunal, si toutefois c'était l'intention du cadreur. Par ailleurs les effets spéciaux de miroir qui nous donne l'impression que les gens ont changé de place sont dérangeants.
Film génial sur l'intime conviction, et la défense peut, lorsqu'elle est habile, fragiliser les témoignages, instiller le doute. Le procès Goldman est un grand film sur la puissance des mots !
Un film historique sur le procès de Pierre Goldman (demi-frère de JJ) juif et d'extrême gauche qui est accusé du meurtre de deux pharmaciennes Tout le film ou presque se passe dans la salle d' audience et on est captivé par les échanges entre les parties civiles, les avocats de la défense...( c' est un bon moyen de comprendre en partie le fonctionnement d' un procès). Comme dans tous les procès ou presque je crois le verdict nous laisse à réfléchir si il est juste
jeux de comédiens de théâtre, excellents même, de bons passages qui nous emportent sans discuter jusqu'à la fin du film sans ennuie, mais...je n ai pas vu de "cinéma ". Le sentiment d'avoir assisté à une excellente pièce filmée, mais pas vraiment à un film...cependant allez y, les "comediens", l'intrigue, en font un bon moment instructif, pédagogique, et divertissant.
Le procès Goldman...quoi en dire...après avoir été juré 2 fois en C.B. Dans des affaires d'accusations de tentatives de meurtre ... Ce qui saute aux yeux ...sont les différences entre le système français et dit britannique que ce soit ici, aux USA etc...la présomption d'innocence bien qu'invoquer en France ..n'est pas le même poids que chez nous, aussi le fait que ce soit 2 contre un ...le procureur général pour l'état, la partie civile pour la victime et la défense pour l'accusée, aussi on le sait les français aiment les joutes verbales...et leurs avocats ajoutent souvent des parties de textes classiques ou y font référence ...dans notre système ...il n'aurait jamais été condamné en première instance avec que de mauvaise preuves circonstancielles ...C'est un film pour un publique ciblé, car on y suit le procès en 2e instance, intéressant oui , tordu oui, long non.
Cédric Kahn, avec "Le Procès Goldman", livre une exploration délicate et intelligente d'une affaire qui a captivé la France des années 70. Le film, qui s'ouvre à la Quinzaine des cinéastes du festival de Cannes 2023, est une reconstitution minutieuse du second procès de Pierre Goldman, avec un mélange de vérité historique et d'éléments de fiction.
Arieh Worthalter incarne avec brio Pierre Goldman, apportant une profondeur remarquable à son personnage complexe. La tension du procès est palpable à travers sa performance, qui capture l'essence d'un homme en lutte contre une société qu'il juge injuste. Le casting, comprenant Arthur Harari en Georges Kiejman et Nicolas Briançon en Henri-René Garaud, contribue à cette atmosphère avec des prestations tout aussi convaincantes.
La direction de Kahn est précise et sans fioritures, optant pour un éclairage naturel et un cadre qui favorise l'authenticité. Le choix d'un tournage chronologique et l'utilisation de la technique de la triple caméra permettent d'offrir une vision dynamique et multicouche du procès. La décision audacieuse de Kahn d'éviter toute musique d'accompagnement confère au film un réalisme cru et met en valeur les performances, en particulier lors de moments de silence profondément éloquents.
Cependant, le film n'est pas exempt de critiques. La veuve de Pierre Goldman, Christiane Succab-Goldman, a exprimé son désaccord avec la représentation de certains événements et personnages, questionnant l'ajout de certaines scènes fictives. Ces éléments, bien que créatifs, peuvent troubler la frontière entre le fait historique et la liberté artistique, et laissent certains spectateurs en quête de véracité sur leur faim.
La mise en scène, tout en étant admirable, peut parfois sembler un peu trop sobre, et les choix narratifs de Kahn peuvent laisser les spectateurs désireux d'un peu plus de passion et de dramatisation dans un film de procès. Malgré ces petites réserves, "Le Procès Goldman" reste un film juridique captivant, qui traite avec respect d'un cas juridique complexe et polarisant.
"Le Procès Goldman" réussit à équilibrer adroitement le documentaire et la fiction, offrant une fenêtre sur le passé tout en posant des questions pertinentes sur le pouvoir, la justice et la vérité. Le film s'affirme comme une œuvre solide et réfléchie, faisant honneur à son sujet tout en restant fidèle à la vision artistique de Kahn.
Un procès comme si on y était. Pendant toute la durée du film, on est juré dans cette affaire qui va cristalliser toutes les tensions sociales et politiques des années 70. Porté par des acteurs bluffant et un scénario qui tient la route, ce film est intelligent par le fond et par la forme.