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thibaut188
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5,0
Publiée le 27 mars 2023
Rarement déçu des films de Jeanne Herry, un sujet vraiment méconnu. On est vite plongé dans le film, on passe par toutes les émotions, de l'humour, des larmes. Les acteurs sont incroyables, d'une grande justesse. Merci pour ce beau moment de cinéma.
« La justice restaurative, c’est un sport de combat. »
Si les films « de procès » ne sont pas une spécificité française, le documentaire fictif l’est et Je Verrai Toujours vos Visages n’échappe pas à la règle du genre qui exige de la sobriété dans la réalisation, l’interprétation (souvent laissée ailleurs à des amateur·trices) et la narration.
La caméra de Jeanne Herry (fille de Miou-Miou et Julien Clerc) dessine proprement les contours de sa narration, sans fioriture mais en sachant capter avec intensité à la fois les dialogues et monologues de ses personnages mais également leurs silences et leur non-dits. A la distribution, chorale, on retrouve quelques noms affirmés du cinéma français, tels que Miou-Miou, extraordinairement touchante, Jean-Pierre Darroussin, Elodie Bouchez, Gilles Lellouche, prodigieux comme souvent, ou Denis Podalydès dans un petit rôle, mais également quelques valeurs montantes comme la décidément impressionnante Adèle Exarchopoulos, Birane Ba et Dali Benssalah, sans oublier Suliane Brahim, plus connue au théâtre (Comédie-Française).
Dans une ambiance terriblement bienveillante, de temps à autre il est vrai jusqu’à la caricature (les rares scènes où l’on découvre les intervenant·es du projet dans leur quotidien sont par exemple complètement inutiles), malgré un montage parfois déroutant voire chaotique (des micro-scènes qui semblent venir d’ailleurs, découpées brutalement) et au-delà des trois piliers cités précédemment (réalisation, interprétation, narration), c’est surtout la qualité du texte, des dialogues, essentiellement des victimes et des coupables, qui porte l’histoire, à la fois ciselés et concrets. Ainsi, pour avoir été moi-même victime de trois braquages à main armée, je dois reconnaître que le monologue porté par Leïla Bekhti est criant de vérité.
Aborder la réalité complexe d'actes criminels, en permettant aux victimes de comprendre pour mieux sortir de leur enfermement psychique, c'est sans doute, sans intention de le faire, ce que réussit aussi ce film a priori sans prétention mais percutant par les aventures humaines qu’il raconte, à travers une qualité de texte rare et une interprétation plus que juste.
J'ai été très déçu en voyant le film, je m'attendait à un film émouvant qui nous plonge dans les sentiments et les émotions de ces personnages mais le film ne réussit pas cela. J'ai trouvé le film moyen, long et il n'arrive pas à faire prendre corps à ses personnages mais aussi à ses sujets. Son happy end enlève les derniers points positifs du film ( notamment l'histoire de Chloé joué par Adèle qui est très bien développé tout le long du film ) Finalement, je ne vois pas la plus value de faire un film comme cela pour raconter cette histoire; un podcast audio aurait suffit, l'image n'apporte pas grand chose
C'est à une série de réunions du plus grand sérieux que nous convie Jeanne Herry dans son nouveau film sur le thème de la "justice restaurative", sorte de thérapie collective offrant à des auteurs de crimes ou délits et à des victimes d'échanger, pour éviter la récidive pour ceux-là et pour dépasser leur traumatisme pour ceux-ci. Le résultat est davantage théâtral que cinématographique même si la réalisatrice a parfois jugé bon de faire quelques gros-plans sur des larmes qui coulent et des travellings appuyés sur les différents personnages réunis pour une série de confrontations. Il reste quelques scènes fulgurantes - on a surtout apprécié les échanges se rapportant aux rencontres entre le personnage d'Adèle Exarchopoulos et celui d'Élodie Bouchez - et une interprétation jamais prise en défaut par des interprètes humbles qui semblent mesurer l'enjeu de leur engagement dans ce film-témoignage.
impossible de rester indifférent lors de cette immersion au coeur de la justice restauration. Magnifié par un cadrage serré sur les acteurs pour capter leurs reactions, des dialogues au cordeau, un casting impeccable , ce film de cinéma est une ode a notre humanité, d'une empathie folle et d'une intelligence profonde qui va bien au delà des clichés du prêt-à-penser servis dans les medias. Une énorme claque emotionnelle que je n'avais pas prise depuis longtemps.
Je ne m’attendais pas à un tel bouleversement, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. Les acteurs sont exceptionnels de justesse. Les scénario est tellement bien écrit et fait réfléchir sur beaucoup de choses. J’avais envie de le voir mais sans plus, et ce film m’a vraiment bluffé, interloqué et bouleversé.
Le film est absolument bouleversant dans tous les sens du terme, il est émouvant et renverse les idées reçues. Le scénario est d'une rare intelligence, les acteurs remarquables et les dialogues d'une justesse absolue, sans parler de la réalisation absolument impeccable. Un film social et humain, du suspense, du drame et parfois du rire. Bref film total, un véritable chef-d'œuvre d'intelligence et d'émotion. Jeanne Herry prouve encore après Pupille qu'elle est une grande cinéaste et une directrice d'acteurs hors paire.
Mis en place en 2014, la justice restorative permet aux victimes et aux auteurs d’infractions de pouvoir échanger de manière sécurisée et encadrée par des professionnels et bénévoles. Essayer d’aller mieux, de tourner la page , de surmonter ses angoisses , via les échanges. Film choc, poignant, émouvant , le casting xxl est d’une efficacité aussi vrai que nature , le cinéma français à son meilleur, la claque française de 2023.
Passer par des montagnes russes émotionnelles, avoir la gorge serrée, sentir les larmes monter, la colère bouillir, la rage même, et se voir parfois secoué de rires libérateurs… la justice restaurative est un sport de combat, un sport violent, mais parfois efficace. Ce film est aux antipodes de la « mièvrerie » ou de « l’épais sirop feel good » qu’évoque stupidement Libération et que dénoncent tous ceux qui croient au tout répressif, à l’inutilité foncière de la parole qui libère. La fachosphère ou les adeptes de la culpabilisation toujours à la recherche de monstres, d’exemples à faire et de prisons à remplir vont le détester. L’un des médiateurs le dit bien : « on fait ce que toute la société déteste ». Et pourtant, le film n’a rien de woke et ne tombe jamais dans le délayage verbeux. Le suspense reste constant, on ne voit pas de crime, mais la tension psychologique, la violence des mots est à la limite de l’insoutenable, les traumas qui gâchent les vies ressortent partout et étreignent victimes comme parfois certains délinquants au cuir pourtant endurci. On sort de ces 1 :58 lessivé, mais convaincu que l’écoute ou tout simplement un reste indéracinable d’empathie peuvent parfois faire des miracles. Bien sûr, il y aura toujours des Fourniret ou des Dutroux, mais ça n’est pas une raison de toujours désespérer de l’humanité. Ce film choral éblouissant reste toujours digne. Quelle leçon de cinéma et de scénario ! Les dialogues sont ciselés, la mise en scène et le montage d’une efficacité chirurgicale, mais jamais dans le pathos. Plusieurs intrigues s’entremêlent, se complètent et s’enrichissent. Celle que porte Adèle Exarchopoulos, toute déglinguée, mais tellement digne, est bouleversante. Quelques flash-back évoquent pudiquement des détails qui l’ont traumatisée. J’en reste tout tourneboulé, comme d’ailleurs par le portrait de son frère incestueux qui prend ici la leçon de sa vie, bien pire que ses trois ans de taule. Le casting est sidérant de justesse. Il n’y a jamais de cabotinage. Tout est en place et émouvant. Leïla Bekhti, Gilles Lellouche et Miou-Miou restituent leurs traumatismes respectifs avec des tonalités différentes et toujours poignantes, les médiatrices (teurs) sont sensationnelles et les délinquants ne sont jamais caricaturaux, avec des portraits criants de vérité, parfois complexes comme avec Dali Bensalah et franchement émouvants avec Fred Testot qui porte toute une vie d’addiction, ou même drôles avec Birane Ba, la petite frappe qui tente maladroitement de consoler. Cet opus de Jeanne Herry reste pour moi le meilleur film de l’année. Je n'oublierai jamais Miou-Miou recousant un bouton de la chemise d’un condamné ni Lellouche offrant d’aider un autre à rédiger son CV. Une vraie claque de bienveillance, obtenue de haute lutte.
Un sujet plutôt bien traité, mais c'est tout. Le point de vue adopté par la réalisatrice avec un axe documentaire se justifie peu, c'est à dire qu'on trouve le même genre de choses sur france 5 en vrai docu.. Alors le jeu des acteurs se révèle très juste et met bien en exergue les sentiments de tous. Un dramatisme grave qui devient pesant, puis déborde pour devenir lourd et agaçant, mal balancé par les quelques séquences d'humour trop banales. La fin mielleuse donne envie d'en sortir, dommage.
Une œuvre aboutie par sa puissance, son enrichissement et le bon moment qu’elle m’a procuré. Tout est excellent ; le sujet, sa conception, son intelligence dans le scénario et les dialogues. Très bon choix des acteurs qui par leurs talents ont donné tant de vie et d’émotions au sujet.
Ensemble de dialogues entre "victimes" d'actes délictueux ou criminels et leurs auteurs, réalisé par Jeanne Herry, au rythme de la réflexion, de la compréhension ( partielle au moins ) et peut être de la réhabilitation... Les personnages caractérisent des comportements et attitudes réalistes, particulièrement Chloé ( Adèle Exarchopoulose ), Nawelle (Leïla Bekti ), Grégoire ( Gilles Lellouche), Sabine ( Miou-Miou ) ainsi que des remarquables organisatrices : Judith ( Elodie Bouchez ) ou Fanny ( Suliane Brahim ) ne comptant pas leur temps pour tenter d'aboutir après des heures de préparation et d'écoute, et dans les cas favorable seulement, à une éventuelle réparation.....Dans les échanges, certaines paroles symbolisent à elles seules, toute la difficulté d'une société à surmonter les dérives aux effets dévastateurs de certains individus. Un travail incroyable pour des résultats inégaux. De très bons acteurs, une mise en scène austère et minimaliste, mais de réelles émotions et un océan de sensibilité autour de ces vies abîmées.. Touchant..!!**..
Je ne connaissais pas la "justice restaurative" avant de découvrir ce film et je suis maintenant persuadé de son utilité publique. Un endroit où les victimes et les bourreaux se rencontrent, où la parole peut soigner les plaies des uns et faire avancer les autres. Tout dans ce film est parfait, les situations, les mots, les gestes, les non-dits, les silences. Jeanne Herry s'est inspirée de l'excellente série "En Thérapie" et privilégie la puissance de la parole à la simple illustration et mise sur l'intelligence du spectateur pour mettre des images sur des mots et des maux, s'il en a envie. La distribution et la direction d'acteur est phénoménale, depuis "Polisse" de Maiwen je n'avais pas vu un film français aussi bien joué et aussi puissant. Certains œuvres divertissent, et c'est très bien comme ça, d'autres peuvent changer des vies, et c'est le cas de celle-ci, je suis persuadé qu'une victime de vol a l'arraché ou autre agression qui le verra en sortira apaisée sinon guérie. En espérant qu'il trouve sur sa route tout le public et les Césars qu'il mérite.
Une grande réussite, dans les mêmes veines que l’excellent « Pupille », la réalisatrice frappe fort encore une fois. Des prestations à couper le souffle. Des histoires malheureusement trop communes de nos jours, c’est très bien retranscrit dans le film. On en apprend forcément beaucoup plus sur la Justice Restaurative. J’ai beaucoup aimé découvrir ce secteur là.