White Courage n'est que le deuxième long métrage du cinéaste polonais Martin Koszalka, quelque 9 ans après le passionnant Red Spider. Un passage du rouge au blanc pour une nouvelle fresque historique qui nous transporte dans les montagnes enneigées des Tatras, où vit un peuple fier de ses traditions, avant et pendant la seconde guerre mondiale. White Courage est l'histoire dramatique de deux frères qui s'opposent, avant que l'occupation allemande ne rebatte les cartes. Des polémiques sont nées en Pologne, quand le film est sorti, car il sort de l'oubli des comportements pas forcément très glorieux à l'époque. Les curseurs du romanesque et de la tragédie sont poussés à l'extrême dans un film où, avant même le scénario, un peu tortueux, l'on retiendra d'abord les somptueuses images, également signées par Martin Koszalka. Mais l'aspect historique n'est évidemment pas à négliger avec, en particulier, cette obsession de la race supérieure chez les envahisseurs germains, sans cesse à la recherche de peuples répondant à des caractéristiques "parfaites." Et il n'est jamais mauvais, non plus, de montrer que l'héroïsme n'a pas toujours été dominant dans les pays occupés par les puissances de l'Axe et que ces zones grises, qu'elles soient flamandes, croates, slovaques, françaises, finlandaises ou polonaises, entre autres, ne méritent pas qu'on les maintienne sous silence.
Vu en avant-première à Arras, ville qui ressemble beaucoup à Cracovie d'après le cinéaste Marcin Koszalka, "White Courage" se découpe en deux parties. La première où deux frères se disputent les faveurs de la même femme, puis ensuite la Seconde Guerre mondiale qui arrive. Dans ce village polonais, la tension va grimper d'un coup quand l'alpiniste chevronné, Jedrek Zawrat, va collaborer avec les nazis au grand dam de son frère. Cette période méconnue de l'histoire de la Pologne est très instructive mais pêche par ses rebondissements incessants, au point où l'on ne sait plus qui défend quel camp! Par contre, les scènes d'escalade dans ces paysages enneigés valent à elles seules le détour.