Plongée crue et d’une grande noirceur dans le quotidien d’un groupe d’ado en manque de repères, avec la violence comme moyen d’expression face à un monde adulte défaillant. 3,25
Évidemment il faut s’attendre à ce que le titre annonce l’inverse de ce qu’il dit. On a l’impression d’être dans une banlieue anglaise où la jeunesse désœuvrée passe son temps à se bagarrer et à fumer. C’est assez pathétique comme portrait. Est-ce la réalité actuelle ou bien la marge de la société islandaise ? Pas glorieux pour deux sous.
J’ai dû me faire violence (super jeu de mots !!) pour rester devant le visionnage de ce film. Ce ne sont que bagarres, boissons, cigarettes. Pauvre réalisateur qui n’a rien d’autre à dire. Heureusement la fin est un peu mieux que tout le reste.
Brut sans fioriture sur une jeunesse islandaise qui peut être aussi paumée que la notre quand la cellule familiale n'existe pas ou si peu. Sont évoqués les rapports de force, l'appartenance a un groupe, l'amitié.
Dans l'enfer d'un univers déboussolé, des adolescents livrés aux mauvaises passions, mais la qualité spirituelle d'un seul peut sauver le monde. Du glauque avec un diamant, remarquablement filmé et interprété.
Un film très violent (tant physiquement que psychologiquement) que l'onirisme des images atténue quelque peu. Très belles interprétations des ados livrés à eux-même.
Il y a trop peu de films qui nous viennent d'Islande, et plus généralement trop peu de films de cette qualité : la mise en scène, l'interprétation, et cette violence idiote qui parcourt le film entier, tout captive dans ce film maîtrisé de bout en bout sans qu'on y étouffe.
L’Islande est éloignée de tout mais sa jeunesse désargentée connaît les mêmes problèmes que celle du reste du monde : les familles dysfonctionnelles, le harcèlement scolaire et l’ultra-violence. Même si ici les rêves, quand ils arrivent à percer le ciel gris, se vivent sous des aurores boréales. Peu de films islandais sont distribués en France mais quand ils parviennent jusqu’à nous ils ont toujours un petit truc en plus. Sans Artus.
On chemine deux heures durant avec une (petite) bande d'adolescents qui se débattent dans un monde aux règles qu'ils n'ont pas choisi, en proie avec la violence (celle des autres, de la société, la leur), soudés par un bel élan fraternel (chacun prenant soin des autres et veillant sur les autres -- faute d'adultes à la hauteur, souvent). Des images superbes, des acteurs magnifiques, du souffle. Aucun sujet difficile n'est évité, et, au final, le sentiment d'une grande douceur.
Servi par des jeunes acteurs éblouissants c'est là un excellent film , fort et sans concession de Gudmundur Arnar Gudmundsson qui réalise là un grand film doux sur la grande violence comme le harcèlement scolaire par le prisme du fantastique , avec un résultat beau et brutal à la fois pour ces Êtres en devenir !
Dans la banlieue de Reykjavík, une bande d’adolescents affirment leur besoin d’exister au moyen de la violence, dernier refuge à leur mal de vivre. L’un d’eux a un don de voyance, et sait que quelque chose va très mal se passer. Paradoxalement la part de fantastique s’invitant au cœur d’un réalisme brut apporte de la crédibilité au film. Cette histoire sombre tournée dans la lumière poisseuse et déprimante des pays nordiques dévoile une sensible histoire d’amitié de garçons partageant la même misère morale et sociale d’une société familiale islandaise en décomposition. À noter la belle interprétation des jeunes comédiens.
Superbe film ! C’est à la fois très dur et d’une beauté extrême ! Et les jeunes acteurs sont merveilleux ! Justesse et émotion ! Quel talent ! Bravo mille fois !
Fondé sur des études montrant que la violence régit de plus en plus les rapports entre les jeunes islandais, Les Belles Créatures met en scène un quatuor de jeunes subissant maltraitances familiales, démission des parents souvent séparés ou encore harcèlement scolaire. La barque est donc chargée et les premiers instants du récit n'ont pas l'air de vouloir nous épargner les agissements des quatre garçons pour lesquels il est d'abord difficile d'éprouver une quelconque compassion. Heureusement le cinéaste sait construire son film, y adjoindre une dimension fantastique et onirique qui cadre assez bien avec le décor et étoffer au moins trois des personnages. Les jeunes comédiens tous amateurs sont impeccablement dirigés et apportent un côté charnel, presque sexuel, aussi inattendu. Quoique imparfait par endroits, sans doute un peu trop long, multipliant trop les scènes de bagarre ou de défonce, Les Belles Créatures finit par trouver son rythme de croisière et ainsi nous embarquer.
Peut on raisonnablement avoir la prétention de bien connaître les ados qui nous entourent, même celles et ceux qui, éventuellement, sont très proches de nous ? Et puis, « nos » ados sont-ils ou ne sont-ils pas différents de ceux d’autres pays, l’Islande, par exemple. C’est le genre de questions que de nombreux spectateurs ne manqueront pas de se poser à la sortie de "Les belles créatures", le film islandais de Gudmundur Arnar Gudmundsson. Bien qu’aucune indication ne soit donnée sur la période durant laquelle se déroule l’action de ce film, le fait que les adolescents qu’on y rencontre n’utilisent pas de téléphones portables nous amène vers la fin du siècle précédant et confirme l’hypothèse qui vient très vite à l’esprit : le réalisateur, né en 1982, avait l’âge des protagonistes de son film en 1996, une époque où on arrivait encore à exister sans téléphone portable, et ce dont il nous parle, il a dû le vivre, peut-être personnellement, peut-être au travers de ce que pouvaient lui raconter certains de ses condisciples. Suite de la critique sur https://www.critique-film.fr/critique-les-belles-creatures/