Les Belles Créatures
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traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 décembre 2022
Guðmundur Arnar Guðmundsson : le nom du réalisateur de Beautiful Beings (un titre très ironique) n'est pas facile à mémoriser mais il mérite de prendre place parmi les cinéastes islandais contemporains à suivre de près, après des débuts prometteurs avec Heartstone (2016). A première vue, Beautiful Beings s'inscrit dans une longue lignée de films d'apprentissage, avec pour protagonistes 4 garçons âgés de 14 ans, dans l'Islande de la fin du siècle dernier, ce qui correspond à peu près à l'époque de l'adolescence de Guðmundsson. A seconde vue, l'histoire est plus dense que ce qu'elle semble annoncer, avec une peinture sociale à l'eau-forte, pour des jeunes gens dont les parents sont absents ou irresponsables, les conduisant à une marginalité inéluctable et à des expérimentation dangereuses. Le film ne plonge cependant pas dans le sordide tête baissée, malgré quelques scènes à la limite du soutenable, avec des portraits très fouillés de l'ensemble de ses personnages et en introduisant un aspect surnaturel plutôt inattendu, qui permet de sortir des sentiers battus et de s'attacher à ce récit imprévisible. Au-delà de son âpreté, Beautiful Beings n'exclut pas une forme de lumière, à travers les épreuves et les souffrances, et une part de tendresse malgré la toxicité même de la relation entre les 4 adolescents. Parfois, l'amitié surgit de nulle part et peut même pousser sur des terres a priori stériles.
Ak F
Ak F

10 abonnés 39 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 novembre 2024
Guomundsson est tout simplement magistral dans l’écriture de ses personnages dont il révèle la vulnérabilité grâce à une mise en scène splendide et une finesse à couper le souffle.
Addi m’a particulièrement touché, c’est tellement une bonne personne : cette abnégation au profit de sa loyauté envers ses potes, cette générosité qui l’amène à tendre la main pour redonner une dignité à ceux qui ont perdu espoir, cette grandeur d’âme qui lui permet de porter le poids des secrets des autres sans jamais rien exiger en retour, sans jamais se défiler. Vraiment un beautiful being. 
FaRem

10 571 abonnés 11 451 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 avril 2023
Pour son deuxième long-métrage, Guðmundur Arnar Guðmundsson s'intéresse une nouvelle fois à la jeunesse islandaise dans un film bien différent de son premier "Heartstone". Ce dernier était un coming age movie sur l'éveil sexuel d'adolescents, un film délicat se déroulant dans de beaux décors naturels. On dit que l'on ne naît pas tous égaux et l'on s'en rend compte ici si l'on fait la comparaison entre les deux groupes d'adolescents. Les préoccupations de ceux-là sont bien différentes des autres. Livrés à eux-mêmes dans des familles dysfonctionnelles avec des parents absents, qui ont la tête ailleurs ou qui sont abusifs, ces enfants sont confrontés à la violence et à ce qu'il y a de pire dans ce monde. Isolés chez eux, Addi, Konni, Siggi et le dernier arrivé Balli forment une bande qui leur permet d'être forts ensemble. Le début n'est flatteur pour personne, mais on apprend petit à petit à découvrir ces jeunes, et sans jamais tout excuser, à s'attacher à eux. "Beautiful Beings" est très violent avec des moments de tendresse que ces jeunes vulnérables se témoignent à leur façon, mais aussi des éléments psychédéliques qui ne font pas tache dans le récit. En somme, un film coup de poing, sombre et dérangeant, un récit de passage à l'âge adulte brutal et captivant porté par d'excellents jeunes acteurs.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 septembre 2024
Peut on raisonnablement avoir la prétention de bien connaître les ados qui nous entourent, même celles et ceux qui, éventuellement, sont très proches de nous ? Et puis, « nos » ados sont-ils ou ne sont-ils pas différents de ceux d’autres pays, l’Islande, par exemple. C’est le genre de questions que de nombreux spectateurs ne manqueront pas de se poser à la sortie de "Les belles créatures", le film islandais de Gudmundur Arnar Gudmundsson. Bien qu’aucune indication ne soit donnée sur la période durant laquelle se déroule l’action de ce film, le fait que les adolescents qu’on y rencontre n’utilisent pas de téléphones portables nous amène vers la fin du siècle précédant et confirme l’hypothèse qui vient très vite à l’esprit : le réalisateur, né en 1982, avait l’âge des protagonistes de son film en 1996, une époque où on arrivait encore à exister sans téléphone portable, et ce dont il nous parle, il a dû le vivre, peut-être personnellement, peut-être au travers de ce que pouvaient lui raconter certains de ses condisciples. Suite de la critique sur https://www.critique-film.fr/critique-les-belles-creatures/
Patrick Braganti
Patrick Braganti

101 abonnés 425 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 octobre 2024
Fondé sur des études montrant que la violence régit de plus en plus les rapports entre les jeunes islandais, Les Belles Créatures met en scène un quatuor de jeunes subissant maltraitances familiales, démission des parents souvent séparés ou encore harcèlement scolaire. La barque est donc chargée et les premiers instants du récit n'ont pas l'air de vouloir nous épargner les agissements des quatre garçons pour lesquels il est d'abord difficile d'éprouver une quelconque compassion.
Heureusement le cinéaste sait construire son film, y adjoindre une dimension fantastique et onirique qui cadre assez bien avec le décor et étoffer au moins trois des personnages. Les jeunes comédiens tous amateurs sont impeccablement dirigés et apportent un côté charnel, presque sexuel, aussi inattendu.
Quoique imparfait par endroits, sans doute un peu trop long, multipliant trop les scènes de bagarre ou de défonce, Les Belles Créatures finit par trouver son rythme de croisière et ainsi nous embarquer.
Gustave Aurèle
Gustave Aurèle

184 abonnés 2 626 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 mars 2024
Petit aperçu de la jeunesse islandaise des bas quartiers. C'est violent mais non dénué d'espoir. Les acteurs sont excellents.
Corinne76100
Corinne76100

86 abonnés 635 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 octobre 2024
Un film très violent (tant physiquement que psychologiquement) que l'onirisme des images atténue quelque peu. Très belles interprétations des ados livrés à eux-même.
Marc L.
Marc L.

68 abonnés 1 828 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 janvier 2024
Il ne faut pas se fier aux clichés véhiculés par le cinéma : ainsi, l’Islande, si on en croit les films qui y sont tournés, est peuplée de gens qui vivent au milieu de nulle part et y élèvent des moutons. Or, c’est de toute évidence faux : ils ont aussi des villes (enfin, au moins une) comme chez nous dans laquelle vivent des kassos…et aussi des enfants kassos. Le cadre islandais apportant une singularité plus importante qu’on pourrait le croire, ‘Beautiful beings’ retrace l’été de quatre ados, Addi, Konni, Balli et Siggi, désoeuvrés, destructeurs et toujours à l'affût d’un mauvais coup. A priori, ces quatre là n’ont rien pour s’entendre : Balli est la tête de turc de toute l’école et semble un peu retardé, Siggi est bizarre, moqueur et fourbe tandis que Konni est sujet à des accès de violence incontrôlables mais chacun cherche dans les autres l’attention, la compréhension et le soutien qu’ils ne peuvent obtenir nulle part ailleurs, et tentent de se construire comme ils peuvent une identité masculine de bric et de broc, les modèles disponibles étant absents ou lamentables. Malgré les apparences et l’âpreté du quotidien, on n’est pas dans les bas-fonds de Sheffield ou de Birmingham mais bien à Reykjavik, petite capitale tranquille d’un des pays les plus riches du monde. A l’instar de beaucoup d’autres, cette chronique adolescente reste volontairement décousue, survolant quelques semaines de drogues et d’alcool récréatif - avec quelques belles scènes hallucinatoires à la clé - , de glande et de bagarre, de coups de foudre silencieux et de décisions radicales. Cette génération perdue semble définitivement prisonnière de ses pulsions autodestructrices alors qu’en quelques images, le réalisateur parvient à faire passer l’idée qu’elle est, comme toutes celles qui l’ont précédée, capable de générosité désintéressée et en quête d’idéal et d’absolu.
Jerome
Jerome

50 abonnés 197 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 octobre 2024
Dans l'enfer d'un univers déboussolé, des adolescents livrés aux mauvaises passions, mais la qualité spirituelle d'un seul peut sauver le monde. Du glauque avec un diamant, remarquablement filmé et interprété.
Minute papillon 🦋
Minute papillon 🦋

23 abonnés 134 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 janvier 2024
Baldur a le look que les enfants maltraités ont souvent, surtout les plus doux. Totalement renfermé sur lui-même, chien pendu, effrayé de regarder qui que ce soit dans les yeux. Essayer de rétrécir, essayer de devenir invisible. Nous ne sommes pas surpris de le voir harcelé : son comportement est tellement craintif face à l'attaque qu'il l'invite.Le film est magnifiquement tourné, ce qui contraste avec le comportement laid de ses personnages. La musique est aussi parfois belle. Beaucoup pourraient trouver ses personnages repoussants, et c'était difficile pour moi d'y consacrer beaucoup de temps, mais au moment où nous rencontrons le beau-père de Baldur et réalisons le lien que partagent Baldur et Addi, nous comprenons pourquoi ils sont comme ils sont, et nous comprenons parfaitement pourquoi ils estiment que leur histoire doit prendre la tournure violente qu'elle prend.
Simon Bernard
Simon Bernard

206 abonnés 689 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 septembre 2024
Addi est un adolescent différent des autres, vivant quasiment seul dans une maison délabrée et sale, avec une présence minimale et questionnaire d'adultes. Alors qu'il subit un harcèlement scolaire spectaculaire de violence, il rencontre une bande de jeunes hommes avec qui, contre toute attente, il sympathise. C'est à ce moment qu'il a des visions oniriques. En salle le 25 septembre.

spoiler: "Les belles créatures" est une oeuvre appartenant à plusieurs genres, à mi-chemin entre social et fantastique. On suit une bande de jeunes islandais dans leur quotidien à travers de la violence, de l'onirisme et la naissance d'une amitié. Le film est prenant et touchant, avec de l'attachement aux personnages. J'ai particulièrement apprécié la transformation d'Addi et de l'image qu'il renvoie à ses nouveaux amis, avec qui il partage de manière invisible un passé de violence émanant des autres. Addi est une victime visible de violence, mais ce n'est que la partie visible de l'iceberg. La violence prend d'autres formes pour les autres adolescents.
Lemagducine
Lemagducine

35 abonnés 53 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 juillet 2024
Le réalisateur islandais Gudmundur Arnar Gudmundsson, caméra braquée sur l’âge adolescent, nous livre un deuxième long-métrage traversé de bruit et de fureur, mais aussi d’une immense tendresse cachée.
De courts-métrages (Le Fjord des Baleines, 2013, Ártún, 2014) en longs-métrages (Heartstone – Un Eté islandais, 2017), Gudmundur Arnar Gudmundsson (25 février 1982, Reykyavik – ) n’a de cesse de revenir vers l’enfance et d’explorer, plus précisément, le délicat tournant que celle-ci doit négocier avec l’adolescence. Le réalisateur et scénariste islandais, ici également coproducteur exécutif, ne craint pas d’aborder des sujets âpres, comme dans son premier court-métrage qui affrontait le thème de la tentation du suicide, ou encore dans ce deuxième long-métrage, Les Belles Créatures(2022), dont il n’est toutefois pas assuré que le titre soit si antiphrastique qu’on pourrait le croire au premier abord.

La thématique et le traitement ne sont pas sans évoquer le réalisme hypersensible de certains films allemands, qu’il s’agisse de Le Temps des rêves (2015), d’Andreas Dresen, qui suivait, mais sur un laps de temps plus long, une petite troupe d’amis, ou, plus encore, de Nous sommes jeunes. Nous sommes forts (2015), de Burhan Qurbani, qui illustrait la chute dans la violence raciste d’un groupe de très jeunes gens dont aucun, pris isolément, ne tenait d’un monstre. Les Belles Créatures, tout en suivant le destin d’un groupe et des quatre membres qui le composent, examine également la complexité, la subtilité, mais aussi la réversibilité toujours possible de sa cohésion : comment l’un, Balli (Áskell Einar Pálmason), pourra passer du statut de victime harcelée à celui de membre, voire, à son tour, de harceleur ; comment le supposé chef, Konni (Viktor Benóny Benediktsson), sera travaillé et fragilisé par les lézardes qui le fissurent ; comment l’un, plus doux, mesuré et réfléchi, Addi (Birgir Dagur Bjarkason), pourra passer du rôle de témoin un peu passif, si ce n’est complice, à celui d’acteur tentant d’infléchir le cours des choses ; comment l’autre, enfin, Siggi (Snorri Rafn Frímannsson), plus en retrait, pourra explorer les positions de victime, de harceleur, de complice, tantôt actif, tantôt réfractaire. Jusqu’à l’éclatement final.

https://www.lemagducine.fr/cinema/critiques-films/les-belles-creatures-sortie-25-septembre-2024-de-gudmundur-arnar-gudmundsson-avis-10070162/
antistress
antistress

3 abonnés 77 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 octobre 2024
On chemine deux heures durant avec une (petite) bande d'adolescents qui se débattent dans un monde aux règles qu'ils n'ont pas choisi, en proie avec la violence (celle des autres, de la société, la leur), soudés par un bel élan fraternel (chacun prenant soin des autres et veillant sur les autres -- faute d'adultes à la hauteur, souvent).
Des images superbes, des acteurs magnifiques, du souffle. Aucun sujet difficile n'est évité, et, au final, le sentiment d'une grande douceur.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 22 septembre 2025
Évidemment il faut s’attendre à ce que le titre annonce l’inverse de ce qu’il dit.
On a l’impression d’être dans une banlieue anglaise où la jeunesse désœuvrée passe son temps à se bagarrer et à fumer.
C’est assez pathétique comme portrait. Est-ce la réalité actuelle ou bien la marge de la société islandaise ? Pas glorieux pour deux sous.
Hotinhere

790 abonnés 5 464 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 décembre 2025
Plongée crue et d’une grande noirceur dans le quotidien d’un groupe d’ado en manque de repères, avec la violence comme moyen d’expression face à un monde adulte défaillant. 3,25
Les meilleurs films de tous les temps