La passeuse d’âme
C’est le 1er film d’Alice Vial. Et elle a fait le choix du mélange des genres. On a un peu de tout durant ces 98 minutes tout à fait sympathiques. Comédie dramatique, romance et même une touche de fantastique. Elsa, 40 ans, célibataire, a renoncé aux histoires d’amour. Un don un peu spécial la garde à distance des autres : elle peut voir et parler aux morts. Pourtant un soir elle rencontre Oscar, un homme drôle et charmant, qui lui fait espérer à nouveau que tout est possible. Mais au moment où elle commence enfin à tomber amoureuse, Elsa réalise que leur histoire n’est pas aussi réelle que ce qu’elle pensait… C’est l’histoire d’un amour impossible basée sur un concept sans doute difficile à accepter, mais qui, si on veut bien oublier un instant le tissu d’invraisemblances qui nous est proposé, nous propose un beau moment, avec un très joli casting.
Le scénario est inspiré d’une medium qui travaillait dans une unité de soins palliatifs en tant qu’infirmière. Respectée par les autres soignants en raison de sa médiumnité, elle avait besoin d’un petit temps avec chaque mort de manière à apaiser l’âme du défunt avant qu’il ne s’en aille. Cette rom-com nous montre la « lumière au bout du tunnel » et, je le répète, si le concept de départ est fou, il est néanmoins parfaitement maîtrisé. Bien sûr, on pense à des classiques comme Ghost ou Sixième sens, dont le film s’inspire, mais il parvient à trouver sa propre identité. Un film lumineux dont la photo parvient même à rendre belle la ville du Havre. Original, drôle et touchant, ce très joli film vaut le détour, d’autant qu’il est arrivé sur nos écrans le même jour que le raz-de-marée Avatar 3. Un lourd handicap tout de même.
Jonathan Cohen, coproducteur de ce film, crève l’écran dans un rôle où sa fantaisie fait merveille mais où on découvre également une fibre dramatique qu’on ne lui connaissait pas. Mais que dire de la canadienne Magalie Lépine Blondeau, vedette du formidable Simple comme Sylvain, qui pour son 1er film en France, crève littéralement l’écran ? Autour de ce couple apparaissent Florence Janas, Jean-Christophe Folly et la magnifique Anne Benoit. Elle s’appelle Alice Vial : un nom qui vaut d’être suivi.