Dans les environs de Thionville, Vincent décroche un emploi précaire sur le chantier d'un grand complexe immobilier. Un jour, un ouvrier disparait brutalement. Vincent est bien content de prendre sa place, mais lui et son équipe se posent des questions. La direction aurait-elle masqué un décès sur le chantier ? Puis d'autres disparaissent tout aussi mystérieusement... En voilà une production singulière. Film franco-luxembourgeois, tourné par un Japonais (!). Mêlant drame social à la Ken Loach... et thriller fantastique ! En effet, Akihiro Hata dresse le sombre portrait de l'industrie du bâtiment. Où les grandes constructions s'érigent sur le dos d'immigrés bosseurs, parfois sans papier, vivant dans des conditions difficiles. Sécurité précaire, absence de syndicat, pression de la hiérarchie... A ce niveau, le portrait du protagoniste est intéressant. Il parvient à s'élever... tout en étant conscient qu'il le fait sur le dos de ses camarades. L'équilibre sera tendue entre ses équipiers grande gueule et ses chefs implacables. Et puis il y a cet aspect ostensiblement fantastique, avec ces disparitions. Un mélange osé, que j'ai trouvé bien vu. Tant dans l'ambiance claustrophobe et nocturne des fonds de bâtiment, que dans le propos : le travail et le système phagocytent littéralement leurs esclaves ! Néanmoins, tout le monde n'y trouvera pas son compte. Les scènes de chantiers sont un peu répétitives, et ne parleront peut-être pas trop à ceux qui ne connaissent pas cet univers. Surtout, Akihiro Hata fait le choix culotté de ne pas vraiment apporter de résolution... ce qui peut-être très frustrant.
Sur le registre du thriller avec comme le veut la loi du genre une intrigue mystérieuse à résoudre, à charge pour le spectateur de retenir ses hypothèses et de les assembler au fur et à mesure façon puzzle. La mise en scène vaut surtout par l’ambiance, l’oppression des sous-sols en béton de cette tour en construction dans laquelle s’affairent des ouvriers – chefs, subalternes, immigrés, avec ou sans papiers, syndicalistes ou salariés résignés -. Avec en arrière-plan la main invisible du marché, enfin du capital et les pressions économiques en cascade. Dans les dialogues : « Si ce n’est pas nous, c’est une autre entreprise qui finira la construction », ou d’autres intérimaires. Cela dit, je crois avoir raté la conclusion. Quelque chose aura dû m’échapper. Irrattrapable sauf à être plus vigilant et attentif en revoyant le film une deuxième fois. Ça arrive pour les thrillers. Le spectateur, s’il n’est pas déjà rompu au sujet, découvrira la « maladie du béton » (c’est celle du matériau et de la technique de construction, mais il n’est pas dit que spoiler: ça n’ait pas aussi des incidences sur la santé au travail des ouvriers, émanations toxiques obligent – oups, il ne faut pas le dire sinon vous ne passerez plus aussi tranquille aux abords d’un chantier de construction !).
Dès ses premières minutes, le film affiche une volonté claire : distiller du mystère, faire naître une inquiétude sourde, dans une réalité brute. Sur le papier, le projet est séduisant : mêler l’ultra-réalisme du quotidien d’ouvriers travaillant de nuit sur un chantier à une dimension fantastique. Mais dans les faits, l’attente se révèle trop longue. Le film tarde à introduire son élément perturbateur, en ne le distillant que par petites touches, au point de laisser s’installer une frustration persistante.
Pourtant, tout n’est pas à jeter, loin de là. L’atmosphère rend avec justesse la pénibilité, l’isolement et la dureté de ces conditions de travail. Le travail sonore, très soigné, joue un rôle central : bruits métalliques, grondements sourds, nappes musicales sombres et hypnotiques participent à créer une tension croissante.
Mais cette promesse ne se concrétise jamais vraiment. La montée en puissance arrive tardivement et reste trop évasive pour marquer durablement. On a souvent l’impression que le film n’ose pas aller au bout de ses intuitions, par manque d’ambition ou de moyens.
Les scènes ancrées dans le réel restent les plus convaincantes : le réalisateur filme avec un vrai talent cette France laide, grise et triste, peuplée de femmes et d’hommes qui luttent chaque jour pour garder la tête hors de l’eau. Damien Bonnard, comme souvent, est irréprochable, tout en retenue.
Frustrant et imparfait, Grand ciel n’en demeure pas moins un premier film prometteur, dont l’ambition de mêler les genres et de porter un regard critique sur notre société mérite d’être saluée, même si le résultat reste en deçà de ses promesses.
C'est un film de Science fiction qui se passe dans le BTP, dans des conditions particulières : le travail de Nuit. Les conditions de travail sur le chantier, sont pas trop mal filmés ( Contrairement à la scène de "Flashdance" ( 1983) avec Jennifer Beals qui soude à l'arc, comme on fait du tricot..) Les conditions de vie, des ouvriers du BTP sont bien rendues. Avec les tensions dues au travail, à la hiérarchie et aux exigences de Maitre d'oeuvre. Par contre la fin du film interroge..
A quoi va ressembler la ville du futur? Dans le Nord de la France la question est trancheé et elle commence à sortir de terre. Et emporte avec son édification des ouvriers qui la construisent. Film très particulier et original qui mélange thriller social, et la réalité souvent occultée des disparus du BTP, et une ambiance fantastique et brumeuse. Qui colle parfaitement au climat anxiogène et sordide de ce coin de l’hexagone.
C’est certain, « Grand ciel » n’est pas une œuvre que l’on voit tous les jours. De par son décor, son traitement ou encore son ambiance, ce premier long-métrage interpelle. Le film se déroule sur un énorme chantier de construction et prend pour personnages des ouvriers du BTP dont la plupart sont des immigrés ou des sans-papiers. Quand l’un d’eux va disparaître puis un autre, les autres vont commencer à se poser des questions. On va alors alterner l’œuvre à portée sociale sur le sort des étrangers exploités dans ce type de métier sans vergogne et un suspense pour comprendre ce qui se passe vraiment sur ce chantier. Il faut avouer que le mélange des deux ne prend pas toujours. Les deux versants du film nous happent mais très sporadiquement. Si le côté mystère parvient à nous captiver par intermittences et que l’on veut savoir ce qui se trame, le côté thriller peine à se mettre véritablement en route. Pour ce qui est de l’immersion dans le monde des immenses chantiers, elle est très réaliste et bien mise en scène mais demeure bien trop en surface pour être vraiment passionnante. Et jamais ces deux aspects se marient totalement entre eux, rendant « Grand ciel » un tantinet bicéphale bien que l’intrigue fût prometteuse et que l’ensemble s’avère être audacieux. Il y a donc ici un long-métrage étonnant mais inabouti qui laisse un goût amer et frustrant.
On sent sur bien des aspects les origines japonaises du réalisateur installé en France depuis vingt ans quand il infuse une pointe de surnaturel dans le traitement de son sujet. Néanmoins, ces petites touches d’inspiration nippones ne fonctionnent pas vraiment et rajoute un ingrédient de plus dans une sauce qui ne prend pas. On pense surtout à cette fin abrupte qui n’est vraiment pas convaincante. L’ambiance anxiogène lorsque les ouvriers descendent dans les abysses du chantier est très réussie que ce soit formellement ou grâce à la bande sonore. Encore un peu et on penserait à ces films sur les mineurs comme « Germinal » où la métaphore de la bête est incarnée par la mine, tandis qu’ici ce serait les sous-sols de Grand Ciel. C’est très réussi et les petites marques ancrées dans cette atmosphère étrange qui épousent le surnaturel passent bien. C’est claustrophobique et angoissant mais l’épilogue fonce trop dedans et va droit dans le mur nous laissant un goût mitigé. En outre, « Grand ciel » adopte un rythme très monotone et un schéma narratif redondant alternant de manière trop mécanique, les scènes de la vie privée du personnage de Damien Bonnard (dans un jeu toute en intériorité) et celles sur le chantier. On notera que les atermoiements du personnage principal entre son humanité et sa solidarité s’opposant à son envie de grimper dans la hiérarchie sont bien retranscrites. Il n’en demeure pas moins que c’est une œuvre peu commune et courageuse mais pas totalement réussie et pertinente dans l’ensemble.
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Un film français réalisé par un japonais cela peut parfois raté ( le récent remake de "la voix du serpent" qui a raté sa cible). Ici l'histoire fonctionne même avec ce petit je ne sais quoi de fantastique qui s'installe au fur et à mesure que disparaisse des ouvriers sur ce chantier d'un éco quartier dans une Moselle touché par la crise.
Damien Bonnard et Samir Guesmi sont impeccables et l'ensemble fonctionne comme film social fantastique.
Je fais partie de ceux qui ont BEAUCOUP aimé la dimension légèrement fantastique de ce merveilleux premier film. J’ai vraiment eu l’impression que le béton est vivant, même si cela reste une simple surface grise. Le film est angoissant, mais il décrit aussi l'humanité des personnages avec beaucoup de subtilité. Et je suis d’accord avec un autre commentaire que j’ai lu ici : ce film m’a aussi plu parce qu’il se démarque clairement des autres films français bobo-bourgeois qui se ressemblent tous. Une étoile en bonus car c'est un premier film.
Peu de cas des ouvriers qui construisent des immeubles modernes Problème des revenus , pas d'alerte possible car peur de perdre l'emploi .Rappel des statiques : deux morts quotidiennement ! dans le monde ouvrier
Sur une idée intéressante car finalement assez peu traitée, la vie ingrate d'ouvriers de chantier, ce film tente d'installer un climat de peur au sein d'une tour aussi gigantesque que sont les risques encourus pour la construire. Malheureusement si la disparition d'un ouvrier vient enrayer le système, l'enquête trop brouillonne, les facilités de scénario (le chef français est froid, les ouvriers étrangers sont courageux) et l'exagération des plans intérieurs viennent gâcher l'oeuvre. Bref, avec plus d'effets, plus de compréhension de la fin et avec une heure de moins ça aurait pu faire un court métrage épatant, mais là on s'ennuie ferme
Dans grand ciel in suit le quotidien et le travail de nuits de travailleurs du btp. La tension monte avec la disparition d'un ouvrier puis d'un second. Les scènes du quotidien s enchaînent sans grand intérêt et on reste malheureusement sur sa fin
J'ai trouvé ce film très original et très juste. Ce n'est pas un film fantastique à proprement-dit et c'est ça qui m'a beaucoup plu. En tant qu'une amatrice de film japonais, je ressens la culture d'origine du réalisateur.
Le film maintient une tension tout au long du récit. Cela m’a évoqué le style de Kiyoshi Kurosawa, très sophistiqué et mystérieux. Les images sont magnifiques, et le jeu de tous les acteurs est incroyablement juste.