GRAND CIEL - Akihiro Hata | ⭐ 6/10
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Dès ses premières minutes, le film affiche une volonté claire : distiller du mystère, faire naître une inquiétude sourde, dans une réalité brute. Sur le papier, le projet est séduisant : mêler l’ultra-réalisme du quotidien d’ouvriers travaillant de nuit sur un chantier à une dimension fantastique. Mais dans les faits, l’attente se révèle trop longue. Le film tarde à introduire son élément perturbateur, en ne le distillant que par petites touches, au point de laisser s’installer une frustration persistante.
Pourtant, tout n’est pas à jeter, loin de là. L’atmosphère rend avec justesse la pénibilité, l’isolement et la dureté de ces conditions de travail. Le travail sonore, très soigné, joue un rôle central : bruits métalliques, grondements sourds, nappes musicales sombres et hypnotiques participent à créer une tension croissante.
Mais cette promesse ne se concrétise jamais vraiment. La montée en puissance arrive tardivement et reste trop évasive pour marquer durablement. On a souvent l’impression que le film n’ose pas aller au bout de ses intuitions, par manque d’ambition ou de moyens.
Les scènes ancrées dans le réel restent les plus convaincantes : le réalisateur filme avec un vrai talent cette France laide, grise et triste, peuplée de femmes et d’hommes qui luttent chaque jour pour garder la tête hors de l’eau. Damien Bonnard, comme souvent, est irréprochable, tout en retenue.
Frustrant et imparfait, Grand ciel n’en demeure pas moins un premier film prometteur, dont l’ambition de mêler les genres et de porter un regard critique sur notre société mérite d’être saluée, même si le résultat reste en deçà de ses promesses.
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