Je ne suis pas fan d'habitude du cinéma de Cédric Kahn, excepté deux ou trois films, mais là il y a quelque chose de nouveau et d'intéressant...Deux films en un, le drame social d'une usine en licenciement et le making of...J'y suis allé avant tout pour Denis Podalydès, sans lui j'aurais hésité....Cet acteur est toujours juste et pertinent dans ses films....En plus j'ai eu l'agréable surpris de découvrir Jonathan Cohen, excellent dans son rôle et d'autres rôles plus secondaires interprétés par Emmanuelle Bercot, ou Xavier Beauvois, ou Valérie Donzelli ( l'épouse) ....La première heure hélas est assez longuette, manque de recul sur le making of, et parle plutôt lutte sociale...La frontière est trop ténues avec le making of, c'est mon humble opinion....la seconde heure est plus touchante. le scénario et la mise en scène ne laisseront pas un souvenir impérissable non plus ......In fine, le film laisse un intérêt et une émotion, plutôt originales, mais peu prégnantes. à vous de voir…..
Une comédie sociale plus sociale que comédie, un film sur les dessous d'un tournage mouvementée et une jolie mise en abîme lorsque l'équipe technique commence à rencontrer les mêmes obstacles que les ouvriers du film qu'ils tournent. Ça sent un peu l'entre-soi mais là où c'est tout de même assez fort, c'est qu'ils parviennent à rendre crédible et le film et le film dans le film.
Changement de ton pour Cédric Kahn qui, quelques mois après le film de procès, nous revient avec ce film sur le cinéma.
Débutant un peu à la manière d'un épisode de «Extras» (Ricky Gervais) ambiance Ken Loach, Kahn nous plonge durant près de 2h dans les coulisses d'un tournage chaotique, mené par un réalisateur anxieux et dépassé (campé par un très bon Denis Podalydès) qui va devoir se battre pour clôturer le film tel qu'il l'a toujours imaginé.
Entre humour et tensions, le film nous dépeint avec une certaine justesse tous les rebondissements et les incertitudes qui peuvent peser sur un tournage tant que le clap final n'a pas résonné : les producteurs qui veulent une comédie sociale et non une tragédie sociale, l’ego de la star principale qui prend un peu trop de place (et interprété par un Jonathan Cohen qui fait du Jonathan Cohen, mais pas que) et l'équipe technique elle-même, qui va se disloquer quand elle apprend qu'elle ne sera plus payée pour finir le tournage.
Vu notamment à travers le regard d'un figurant-apprenti cinéaste, engagé par le réalisateur pour filmer une sorte de "journal de bord", le film fait constamment se confondre la fiction et le réel, et en dresse un parallèle assez futé sur la différence entre les idéaux et les actes, ce pourquoi on se bat et le prix à payer qui va parfois avec.
Même s'il n'atteint pas la force et la maîtrise de son précédent «Procès Goldman», Kahn nous propose tout de même un film assez réfléchi et pertinent sur les coulisses du 7e Art, nous dépeignant les solitudes qui parfois peuvent émerger à l'intérieur d'un collectif, mais qui vont tout faire pour tenir ensemble et finaliser le film qu'ils veulent raconter et défendre.
Une sorte de «Nuit Américaine» plus terre-à-terre et moins enchanteresse, mais avec toujours un peu de passion et d'espoir en fin de compte. 6,5/10.
Le principe du film dans le film est plutôt séduisant, d'autant plus si l'on ajoute un making of autour. Ce dernier aspect n'apporte d'ailleurs rien, entre autres digressions parallèles, apportant un côté brouillon à l'ensemble. Dans le fond, que cherche t-on vraiment à raconter au spectateur? La passion que suscite le cinéma peut-être, mais trop peu approfondie. En tout cas, l'ennui s'invite souvent.
On va voir d'abord ce film atypique par curiosité - et parce qu'il fait froid dehors - et on découvre au bout du compte un petit bijou d'humour, sorte d'autoportrait du cinéma français par un de ses représentants reconnus. Le scénario est un prétexte à nous montrer les rapports de classe entre les vedettes du tournage et les " petites mains ", voire les figurants soumis au mépris général et à la condescendance des premiers. Il pénètre aussi dans les arcanes du financement du cinéma, les petits chantages et les mauvaises manières. Enfin, la jolie romance entre une jeune comédienne et un jeune homme passionné par le "7ème art" donnent au spectateur une bouffée d'air frais, un billet pour un avenir optimiste, loin des petits calculs des financiers, du cabotinage de la vedette et des mensonges des tireurs de ficelles. Podalydes, Cohen et Bercot magnifiques au milieu d'un casting de grande qualité. Montage nerveux. On ne s'ennuie jamais !
Un film qui se laisse regarder sans déplaisir mais sans passion également, les émotions n'ont pas été présentes et le scénario ne m'a pas foncièrement captivé, malgré d'excellents acteurs. Pourquoi pas!?
La passion est au cœur de Making of. Passion pour le cinéma, pour les acteurs, au sein du couple, pour la lutte, … C’est aussi une compilation d’antagonisme. Antagonisme entre comédie et drame sociale, cinéma et dure réalité, un couple qui naît et un qui s’éteint, un réalisateur qui éclot pendant qu’un autre fane, moral et recherche du profit. Tout cela fonctionne plutôt bien mais peine un peu à susciter l’émotion.
Ayant joué dans un film en tant que figurant, il y a quelques années, j'ai pu analyser et interpréter mon vécu avec les coulisses d'un film que nous propose "Making of". Un film dans le film, tout simplement. Et tout est exacte, c'est criant de vérité: le stress sur le plateau, les engueulades entre acteurs et figurants, les changements de dernières minutes (que je n'ai pas connus en tant que simple figurant), jusqu'aux repas partagés sous la tente, tente pour les figurants et La tente pour les acteurs....L'égo souligné de certains, brillamment retranscrit à l’écran. Puis une belle subtilité arrive dans ce film qui tourne à la catastrophe puisque son déroulement finit par se calquer sur le scénario du film proprement dit.. Brillante idée! Les acteurs (les vrais !) sont très bon, belle dynamique, j'ai beaucoup aimé cette "vérité" cachée des tournages.
En mode faux making-of ; Cédric Khan nous plonge dans ce qui pourrait être les coulisses du tournage d’un long métrage. Il essaie de montrer un maximum de choses sur le ton de la comédie : la difficulté de financer un film, d’imposer son scénario aux producteurs, de revoir son plan de travail en fonction du budget, gérer la technique et les égos des comédiens,… On perçoit donc très bien les limites du 7ème art, contraint par les finances et devant faire cohabiter des intermittents artisans/techniciens avec des stars de la comédie. C’est bien enlevé, assez drôle ; mais Cédric Khan reste politiquement correct avec le milieu donc son film est ni politique ni une franche comédie. Le cul entre deux chaises ; une indécision qui créé pas mal de trou d’air dans son projet. Et le comble de son film est qu’il dénonce les plans inutiles que l’on pourrait couper si le budget ne permettait pas de les maintenir dans le projet ; et son film est malgré tout boursoufflé par endroit de séquences futiles. Il dénonce aussi les happy ends imposés par des producteurs guidés par l’appât du gain et non la cohérence de l’œuvre et il tombe lui aussi dans le piège d’une fin mièvre. On prend plaisir à voir les comédiens cabotinés dans cette mise en abyme du cinéma mais c’est cependant aussi vite vu qu’oublié. TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
Cédric Kahn signe là une comédie qui fait honneur au cinéma français, par son côté décalé, où chaque scène prône l'inattendu. Porté par un Jonathan Cohen à l'inébranlable énergie, le spectateur se prend d'affection pour un Denis Podalydès à l'immanquable justesse. L'écriture, originale et rafraichissante, ne manque pas d'incohérences, mais l'ensemble respire la joie et la bonne humeur.
En réalisant un film sur le tournage d'un film, le scénario fort bien écrit a le mérite de nous parler de 2 mondes bine distincts, le monde du cinéma mais aussi le monde des ouvriers. Deux films en un en quelque sorte. C'est parfois drôle même si le fond va s'avérer plus profond qu'il n'en parait. C'est du coup également bine joué, Denis Podalydès de nouveau attachant en mec en plein doute et surtout, révélation du film, un épatant Stefan Crépon dans le rôle du jeune stagiaire qui y croit à fond. Un film fort différent des films précédents de Cédric Kahn qui devrait peut-être confirmer dans la comédie sociale, un style qui lui va bien.
Le "film dans le film" qui est une critique, ou plutôt, une observation de l'industrie du cinéma au niveau du tournage et de ses protagonistes. Simon est un réalisateur en attente de son premier grand succès. Avec ce scénario d'ouvriers qui souhaitent prendre le pouvoir de leur usine, il sait qu'il tient la critique sociale anti-capitaliste qui fera parler de lui. Seulement, d'aléas en aléas, Simon voit son navire partir à la dérive. Si le ton est donné dès les premières secondes - on entre directement dans le vif du sujet -, l'histoire lutte tout de même à prendre son envol et à montrer sa personnalité. Ne vous attendez pas à un "Fiasco" (série avec Pierre Niney) rempli de situations comiques. Ici, le parallèle entre l'histoire des ouvriers et l'histoire du tournage prend le dessus et installe "Making Of" comme une critique sociale. Mention spéciale au scénario qui évite la vision manichéenne des productions contre les "artistes" et intermittents.
Une comédie incroyablement mordante et sans concession qui porte un regard critique acerbe (mais bienveillant) sur le monde du cinéma français. Entre producteur déconnecté, réalisateur à la ramasse et acteur à l'ego démesuré, tous les ingrédients sont présents pour qu'un tournage tourne au chaos. Que ce soit en termes d'écriture ou de jeu, tous les personnages sont véritablement brillants, porté par un casting au sommet. Seul bémol d'écriture, l'ajout d'une romance superficielle et totalement dispensable vient alourdir l'histoire et jette un flou sur la caractérisation des personnages. En termes de mise en scène, Cedric Kahn réussit le pari du film dans le film, en adaptant sa réalisation pour un réalisme toujours plus poussé. En bref, Making of est une comédie hilarante, émouvante, et riche en cinéma. Une réussite
J'adore il faut dire que la présence de Denis Podalydès ni est pas étrangère ,histoire sympa originale ,Cédric Khan est un bon metteur en scène apliqué bref un bon moment de cinéma sans temps morts
Imbrication habile et amusante (par moments) d’un tournage relatant l’occupation d’une usine par des ouvriers en colère. Une colère qui s’inscrira assez rapidement dans l’équipe du tournage. Et le lien est créé : la colère filmée est aussi la colère de ceux qui filment. Les revendications sociales et financières filmées sont celles de l’équipe technique qui participent à la construction du film. Intéressant car il ne s’agit pas d’assister à un tournage genre « La nuit américaine », Cédric Kahn, le réalisateur, parle d’hommes et de femmes salariés dans un tournage mis à mal par un producteur Marquez (Xavier Beauvois) lâché par des financiers qui voulaient imposer leur director’s cut laissant dans l’embarras son réalisateur Simon sous les traits toujours impeccables de Denis Podalydès ! Alors se pose la question aux salariés du film : qui veut mener le film à son terme sans être payés ?! A vous de le découvrir si vous voulez…