Les petites créatures bleues créées en 1958 par l'auteur belge Peyo ont déjà eu droit à plusieurs adaptations cinématographiques et séries télévisées. Les trois derniers volets sortis en salles entre 2011 et 2017 ont fait venir près de 7 millions de spectateurs dans les salles françaises. Côté box-office mondial, Les Schtroumpfs (2011) a rapporté 564 millions de dollars, Les Schtroumpfs 2 (2013) 350 millions et Les Schtroumpfs et le Village perdu 198 millions, pour des budgets compris entre 60 et 110 millions de dollars.
Rihanna prête sa voix à la Schtroumpfette, et succède ainsi à Katy Perry (Les Schtroumpfs et Les Schtroumpfs 2) et Demi Lovato (Les Schtroumpfs et le village perdu). Côté VF, Laëtitia Milot avait succédé à Béatrice Martin et Marie-Eugénie Maréchal et a ainsi déjà œuvré sur le troisième opus.
Rihanna a expliqué qu’elle a "cueilli un petit quelque chose de chaque femme importante" de sa vie pour composer le personnage. Elle s’est inspirée de leurs tons, attitudes et tempéraments pour créer une Schtroumpfette à la fois forte, indépendante, pleine de cœur, mais aussi drôle et sensuelle. En grandissant à la Barbade, la Schtroumpfette était pour elle une figure d’identification : "Esthéticienne, leader, audacieuse, pleine de compassion… Je me voyais en elle".
Le film élargit radicalement le monde des Schtroumpfs. Pour sauver Papa Schtroumpf, Smurfette et ses amis quittent leur village sécurisé et voyagent jusqu’à Paris, Munich, l’Outback australien, mais aussi dans des dimensions alternatives, inconnues jusque-là dans la franchise.
Chris Miller et son équipe ont voulu respecter l’esthétique des bandes dessinées originales. L’équipe a intégré les lignes caractéristiques des dessins de Peyo directement sur les personnages 3D (par exemple, des “gribouillis de vitesse” typiques de la BD apparaissent dans les effets visuels). Ce mariage entre 2D et 3D offre un effet visuel unique — une sorte de collage animé hybride entre réalité, animation et nostalgie.
Une séquence marquante du film montre Mama Poot et les Schtroumpfs embarqués dans une voiture déglinguée pour une course musicale infernale dans le désert. Le véhicule, inspiré d’un vieux modèle Holden, a été entièrement modélisé en 3D mais conçu pour imiter un véhicule live-action, avec des textures de rouille et des effets de lumière réalistes. Un vrai défi technique pour qu’il “colle” aux environnements réels.
Le film propose 14 chansons originales, parmi lesquelles des titres de DJ Khaled, Cardi B, Subhi, Natania, DESI TRILL… et un titre inédit de Rihanna, “Friend of Mine”, écrit spécialement pour le film. La bande originale oscille entre pop, hip-hop, reggae, afrobeats et ballades, reflétant les influences musicales de la Schtroumpfette elle-même. Le score est signé Henry Jackman, qui intègre des influences wagnériennes et symphoniques aux côtés de moments plus légers et funky dans le village.
Le célèbre DJ Marshmello prête sa voix à Turtle, une tortue mélomane prise par erreur dans l’aventure. Pour créer sa voix, Marshmello s’est inspiré… du grognement triste de son bouledogue qu’il imite souvent pour faire rire ses amis.
Moxie Smurf est une militante clandestine vivant dans les égouts de Paris. Inspirée des BD francophones, elle dirige un réseau secret de Schtroumpfs activistes. Sandra Oh, qui a grandi au Canada en lisant les Schtroumpfs en français, a déclaré : "J’étais une vraie fan. J’ai même joué un Schtroumpf dans une pièce à l’école !" Sa performance renforce la dimension féministe et engagée du récit.
Personnage inventé pour ce film, No Name (doublé par James Corden) est le seul Schtroumpf sans compétence ni fonction définie. Cela en fait un miroir pour les spectateurs qui doutent de leur place. Son amitié avec la Schtroumpfette (qui a elle-même dû trouver sa voie) est l’axe émotionnel central du film. Corden avoue avoir été intimidé de chanter en studio avec Rihanna, mais leur duo est devenu un moment phare du film.