Probablement le meilleur biopic de 2025. Evitant les lourdeurs du récit chronologique et le risque de caricature, Agnieszka Holland fragmente son récit pour lui donner un aspect labyrinthique qui colle parfaitement à l'obsession artistique de Kafka. Faire coller le fond avec la forme n'est pas si facile et la réalisatrice expérimentée franchit l'obstacle avec brio. Décors et costumes sont parfaitement ajustés à l'époque et Idan Weiss enfile parfaitement les vêtements de l'écrivain.
Très agréablement surpris, je ne savais pas à quoi m'attendre, je savais seulement que le sujet m'intéressait. La réalisation est nerveuse, créative, c'est parfois un peu brouillon mais c'est intéressant pour un sujet si "ancien". C'est un peu long quand même...
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1,5
Publiée le 29 janvier 2026
Avec "Franz", Agnieszka Holland s'attaque à un gros morceau et elle ne choisit pas la facilité parce qu'elle tente de s'éloigner du biopic traditionnel au récit linéaire. Elle choisit un récit fragmenté qui essaie à la fois de revenir sur la vie de l'écrivain, son œuvre et son impact. Le tout à travers une narration qui fait également écho au contexte d'une époque qui change avec les années. Un choix pas forcément payant puisque ça ressemble surtout à une représentation théâtrale exagérée et caricaturale. C'est peut-être le but ou c'est peut-être faux, mais c'est mon ressenti. La réalisatrice raconte et montre, mais tout reste en surface. Pourtant, Kafka est beaucoup de choses à la fois. Un homme à la fois tourmenté et fantasque qui est tiraillé entre les attentes familiales et sa soif de reconnaissance, mais rien n'est fait pour le rendre intéressant. Entre la superficialité du récit, les nombreuses ellipses et la nudité inutile, j'ai trouvé l'expérience aussi désagréable qu'ennuyeuse.
Cette vie de Kafka est une plongée radicale dans les méandres obsessionnels de la vie du grand auteur. Le parti pris de la réalisatrice est de mêler biographie et éléments contemporains de la renommée de Kafka : je n’en ai pas perçu la pertinence et regrette que ces inserts alourdissent la narration. Reste la performance d’acteur, exceptionnelle.
J’ai beaucoup lu Kafka lorsque j’ai eu entre 21 et 23 ans ( le cite Le Procès, la muraille de Chine, Le château ; l’Amérique, la colonie pénitentiaire, le journal, conversations avec Janouch, la métamorphose, lettres à Milena, entre autres) donc je suis allé voir le film avec une certaine assurance, croyant connaître le sujet….J’avoue avoir été plutôt surpris car le film s’attarde très peu sur l’œuvre de Kafka, mais s’attache en fait à la personnalité du génie, depuis son enfance , jusqu’au sanatorium, en passant par certaines frasques amoureuses…..Hélas, le film est assez confus, quoique interprété avec brio par Idan Weiss ( quelle ressemblance physique au demeurant avec Kafka)….J’avoue avoir vécu une petite déception donc devant le classicisme de la réalisation, de la mise en scène, une certaine répétition des dialogues, la personnalité du père, mais j’avoue aussi que la dernière demie heure est sublime et rachète un peu tout cela….Je suis sorti ému….Pour conclure, je dirais qu’il vaut mieux ne pas avoir lu Kafka, pour profiter davantage de ce film…..à vous de voir…..
Un livre doit être la hache qui fend la mer gelée en nous ; voilà ce que je crois
En quelques mots, la pensée profonde de Franz Kafka auquel la réalisatrice polonaise Agnieszka Holland, a consacré un biopic. Un kaléidoscope – avec un grand K comme Kafka – de 127 minutes assez assommant car à a limite du compréhensible. De son enfance à Prague jusqu’à sa disparition à Vienne, le film retrace le parcours de Franz Kafka, un homme déchiré entre son aspiration à une existence banale et son besoin irrépressible d’écrire, marqué par des relations amoureuses tourmentées. Sensations subtiles, moments de lucidité et vertiges dérangeants se succèdent de manière – semble-t-il aléatoire – à l’écran. C’est très beau mais tellement vain que l’ennui gagne rapidement. Un beau sujet gâché par un parti pris scénaristique plus que discutable : le « kafkaléidoscope ». Le tournage s’est déroulé entre Berlin et Prague et nous réserve des images somptueuses. Soderberg s’était déjà intéressé en 1991 à ce personnage troublant et… troublé. Ici, on sent la grande admiration de la réalisatrice pour son personnage. Ella avait d’ailleurs déjà réalisé une adaptation de son roman culte, Le Procès pour la télévision polonaise, au début des années 1980. Systématiquement entre fiction et documentaire, on sent également dans ce biopic l’influence du peintre Edvard Munch. En mélangeant allègrement les époques et les thèmes… on a droit à l’enfant, le fonctionnaire, l’écrivain, l’épistolier, l’amoureux… la cinéaste nous noie sous un maelström d’images – certes toutes très soignées -, qui a pour conséquence de perdre totalement le spectateur lambda – dont je fais modestement partie -, qui ne serait pas bardé de références sur la personnalité pour le moins complexe du romancier et son imaginaire cauchemardesque. L’acteur tchèque Idan Weiss, à la ressemblance troublante avec son modèle, est pratiquement de tous les plans et se révèle plus que convaincant. A ses côtés Peter Kurth, Carol Schuler, Sebastian Schwarz, entre autres, font le boulot et donnent même parfois l’impression de s’y retrouver dans ce dédale. Certains parlent volontiers – attention on s’accroche – de schizophrénie paranoïde !!! – j’avais prévenu -. C’est vous dire la complexité du machin. Beau mais profondément ennuyeux.
J’ai chroniqué hier, avec plus d’un an de retard, "Kafka, le dernier été". Je parlerai aujourd’hui d’un autre biopic consacré à l’auteur pragois de "La Métamorphose" et qui, lui, est en salles, depuis une semaine à peine.
La comparaison entre les deux films est éclairante. Autant le premier est plat et académique, autant le second est original et stimulant. Celui-ci est l’œuvre d’Agnieszka Holland, une réalisatrice polonaise septuagénaire à l’imposante filmographie, dont rien ne laissait penser qu’elle fut encore capable de signer un geste aussi audacieux.
Car "Franz K." n’est pas un biopic ordinaire qui se borne à énumérer les passages attendus de la vie de Kafka : un père tyrannique, l’encombrante judéité, le travail abrutissant de rond-de-cuir dans une société d’assurances, la libération par l’écriture, les amours contrariées avec Felice, qu’il n’aime pas et refuse d’épouser, puis avec Milena avec laquelle il entretiendra une relation torride, l’amitié de Max Brod, la santé fragile, etc.
"Franz K." présente deux caractères originaux. D’une part, ses acteurs, brisant le quatrième mur, se tournent parfois face caméra pour livrer aux spectateurs leurs opinions du héros. D’autre part, le film s’autorise quelques images contemporaines, filmées dans les rues de Prague où le tourisme et le capitalisme se sont emparés de la figure de Kafka pour en faire un produit de consommation. Ainsi par exemple de l’étonnante statue pivotante de 24 tonnes érigée par David Černý à Prague en 2014 qui a inspiré l’affiche du film.
Ses deux procédés sont originaux et stimulants. Mais on regrette presque qu’ils n’aient pas été utilisés plus systématiquement. Ils interviennent comme des ornements qui s’ajoutent à la narration très classique de la vie de Kafka alors qu’ils auraient pu, le second tout particulièrement, constituer l’un des axes du film : pourquoi Kafka, un siècle après sa mort (en 1923), fascine-t-il toujours autant ? comment sa mémoire est-elle devenue l’objet d’une telle marchandisation ?
J’ai vu Franz K, le film d’Agnieszka Holland, et j’en suis ressorti déçu. Certes, l’œuvre restitue la fragilité psychologique de Kafka, l’atmosphère familiale oppressante et la noirceur de son époque, mais elle se perd dans un scénario inutilement touffu.
Le moins que l’on puisse dire c’est que l’écriture, les aspirations, et les rêves de Kafka sont tourmentés. Et Agnieska Holland tente de percer le mystère. Elle utilise une écriture foutraque pour coller sans doute au cerveau de l’écrivain, qui nous balade de son enfance tchécoslovaque aux Kafka-tour que les touristes font désormais dans les ruelles praguoises. Et ce côté débridé plutôt que de nous mettre dans la peau de Kafka nous étouffe par son manque de cohérence et de maîtrise et finit par rendre le film désagréable.
ENTRE CAUCHEMARS ET AMOURS Kafka vivait dans son imaginaire. Un imaginaire traversé de cloportes et d’instruments de torture. Autant de cauchemars qu’’il traduisit en romans intriguant par leur étrangeté. Cet univers est parfaitement mis en scène par la réalisatrice polonaise Agnieska Holland. Très marquée par le cinéma tchèque des années 70, celle-ci bénéficie de la présence d’un acteur – Idan Weiss – très investi dans son rôle et qui manie un sourire énigmatique tout au long du film. L’enchaînement des séquences apparaît quelque fois brouillon. Mais c’est le cerveau de Franz que l’est… excepté pendant les rares moments où il s’ouvre à l’amour qu’il n’arrive pas toutefois à perpétuer. Polonaise mais ayant vécu pendant sa jeunesse estudiantine à Prague, Agnieska Holland restitue avec talent les villes de Prague et Vienne à l’époque de Kafka et du nazisme montant. Plus de deux heures éprouvantes si l'on reçoit « Franz K. » sans un regard distancié.
Film intéressant sur la vie de Franz Kafka, écrivain de "La Métamorphose" notamment, mort à 40 ans de la tuberculose. Ce film donne un éclairage sur la relation un peu spéciale qu'il avait avec son père ainsi que sa peur de l'engagement avec les femmes. La réalisatrice expérimente des effets de mise en scène originaux avec un parallèle avec le musée Kafka de Prague.
Bon film, un peu long mais intelligemment filmé avec plusieurs flashback sur la vie de K. La description de la machine de torture de la colonie pénitentiaire est absolument merveilleuse, bien que la séance de torture m'es parue un peu courte. Quel talent d'ingénierie ce K. !
On en connaît qu'il faudrait payer pour aller voir ce film. Deux heures kafkaiennes - c'est l'occasion d'utiliser cet adjectif que tout le monde connaît, sans avoir lu Kafka... Le réalisateur n'était pas obligé de faire un film kafkaien. Il (elle) aurait pu en rester à une biographie tranquille - ça aurait été le comble pour un personnage aussi agité, mais ça en aurait jeté... et attiré davantage (notez qu'il y a moins de critiques de spectateurs pour ce film que de critiques de presse, ça donne une idée de son succès, indépendamment de ses notes).
Ce n'était bien sûr pas imaginable de traiter de façon logique, linéaire, éclairante, un tel personnage qui n'est ni bon ni méchant, qui n'est ni social ni asocial (bien qu'obsédé par la communication, en terme de qualité comme de quantité), qui "comprend ce qu'il imagine mais pas ce qui l'entoure" (y compris quand il est avec sa copine). Un réalisateur ne peut sans doute pas résister à l'envie de faire son Kafka pour parler de Kafka (notamment "comprendre d'où l'on vient pour comprendre où l'on va", pensée centrale de Kafka, et tactique du film du début à la fin).
Il y a quand même des choses exceptionnelles dans ce film (mais qui dérouteront certains) : l'image hyper soignée de la mise en scène (les intérieurs comme les extérieurs) ; l'acteur Idan Weiss dans ce rôle (après le brillant Jeremy Irons dans le Kafka de Soderbergh en 1991) ; le montage qui fait totalement fi du temps et de l'espace (à ce niveau, on ne peut plus parler de flashbacks ou flashforwards). Toutes ces choses relèvent d'un expressionnisme voulu et convainquant. Les portraits, les scènes, les scènes imaginaires, la marchandisation du mec un siècle après, tout est violemment expressionniste, voire violent tout court (parfois terrifiant).
C'est donc malgré tout un film original. Explique-t-il l'homme ou l'œuvre ? On ne sait pas, on doute. Il faut sûrement aller voir ce film quand on a une idée précise de l'œuvre. De la première minute à la dernière, des scènes évoquent l'œuvre, depuis ses balbutiements, jusqu'à, surtout, son œuvre posthume. Le père de Kafka joue un rôle central dans ces évocations, mais était-il ce pitre colérique auquel ne manque qu'un casque à pointe prussien, et pourtant capable de bienveillance ? Peu importe, il est ce qu'il est dans le film, il explique des choses à lui tout seul - il est d'ailleurs très bien joué (Peter Kurth). Franz K. est un film, ne l'oublions pas.
spoiler: Kafka l'homme, avait-il autant d'humour - à une femme impatiente au lit, il explique que "le but est de chercher Dieu, pas de le trouver". Imaginez-vous un mec qui entre dans une fureur inouïe contre un SDF, au nom de la toute puissante "valeur des mots" ?! - le SDF demandait une couronne, Kafka lui donne deux couronnes, mais attend la monnaie (2-1=1). C'est de cette façon que le réalisateur nous montre son héros.