Un film qui divise depuis sa sortie, entre ceux qui crient au génie et les autres au grotesque.
Il faut déjà ne pas s'arrêter à cette affiche, hideuse en tous points, et qui rappelle davantage la jaquette d'un mauvais jeu vidéo que l'affiche du nouveau film du réalisateur du très beau Call me by your name, notamment.
Côté mise en scène, Luca Guadagnino ne fait pas dans la dentelle non plus. Cela peut agacer, mais l'excès et le maniérisme sont tellement assumés que le résultat est très jubilatoire. Musique électronique à outrance, zooms, ralentis, caméra embarquée... le réalisateur use de tous les effets possibles pour rythmer un scénario un peu léger, il faut l'avouer, pour tenir les 2h11 du film. Fan de tennis, j'avoue avoir été conquis par la façon totalement originale dont ce sport est mis en scène au cinéma.
La construction narrative peut dérouter avec ces allers-retours entre le présent et différents moments clés du passé qui se renvoient constamment la balle, mais chacun d'entre eux permet de révéler un peu plus la complexité des relations entre ces personnages.
En effet, le film propose en permanence une double lecture : le teen movie assez creux et superficiel en apparence, mais également une réflexion beaucoup plus profonde qu'il n'y paraît sur le désir et les rapports de pouvoir, à travers ce triangle amoureux plein d'ambiguïté.
Sans aucune scène explicite, Luca Guadagnino réussit la prouesse de générer une tension sexuelle constante. Peaux perlées par les gouttes de sueur, muscles galbés, shorts échancrés... le regard que pose sa caméra sur ces trois acteurs leur apporte un magnétisme érotique assez incroyable, et dépasse largement les accusations de sexualisation qui lui sont faites. Entre désirs refoulés ou assouvis, le film transpose le célèbre mythe du triangle amoureux, à la Jules et Jim, dans notre époque, en l'adaptant à des problématiques plus contemporaines.
Non dénué de défauts (trop long et pas toujours très conséquent), le film se suit néanmoins avec intérêt et incarne la définition même du plaisir coupable.
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