Rarement un film aura mis, par sa mise en scène, autant à l’honneur la gastronomie française. Il y manque l’odorat et le goût mais les scènes de cuisine mettent l’eau à la bouche. Dommage que Tran Anh Hung reste toujours si peu intéressé par la narration.
Fresque culinaire, intimiste et sensorielle d'une grande beauté avec un couple à l'affiche qui est vraiment touchant de justesse. J'ai été captivée de bout en bout par ce film si doux à visionner, poétique et d'une grande finesse, où l'on pourrait presque humer les multiples saveurs de la cuisine de Dodin et Eugénie. La photographie est très soignée et délicate, magnifiée par des teintes chaudes et une lumière subtile. Une belle surprise que cet ôde à toute une époque, à l'amour, à la vie.
Le film de Tran Anh Hung s'inspire du livre ''La Vie et la passion de Dodin-Bouffant'' de Marcel Rouff, publié en 1924.
C'est un bel hommage à la gastronomie, et à leurs précurseurs comme Antonin Carême, mais les dialogues sont parfois un peu ''neuneu'', souvent récités plus qu'interprétés, et cela manque cruellement de naturel et de spontanéité. Ce sont souvent les deux plus jeunes comédiennes, Violette (Galatéa Bellugi) et Pauline (Bonnie Chagneau-Ravoire) qui sont les plus crédibles dans leur jeu et leur rôle respectif .
J'ai du mal à comprendre pourquoi la mise en scène de ce film a été primée à Cannes parce que, honnêtement, ''peut mieux faire'' !!! :)
La Passion de Dodin Bouffant est connu, entre autres, pour avoir été préféré à Anatomie d'une chute pour représenter la France aux Oscars. Une décision lourde à porter pour ce film, qui a été dénigré face au long métrage de Justine Triet, qui était un excellent film et aurait sans doute davantage mérité de porter les couleurs de notre pays, il est vrai... D'ailleurs, c'est finalement Justine Triet qui a remporté un Oscar, dans la catégorie scénario.
Toutefois, il serait dommage de bouder le film de Trần Anh Hùng, qui est tout de même une vraie réussite. Comme beaucoup, je craignais un film peu digeste, qui survende la gastronomie française, à grands renforts de clichés pontifiants et passéistes. Or Trần Anh Hùng était peut-être la meilleure personne pour réaliser un tel film. En se concentrant sur l'art de la cuisine et sur les sentiments des personnages, il livre un bel hommage à la gastronomie française, et une histoire d'amour subtile et touchante.
Bien sûr, le réalisateur franco-vietnamien n'évite pas tous les clichés. Mais sa réalisation dynamique, au plus près des gestes et des aliments, rappelle combien il est maître dans l'art de filmer la cuisine et les discussions qui se nouent autour de la préparation ou de la dégustation d'un repas, comme dans ses films ayant pour sujet le Vietnam : L'Odeur de la papaye verte et A la verticale de l'été. Il a une façon de filmer que l'on pourrait qualifier d'asiatique, dans cette attention aux détails, aux consistances des aliments, à leur parfum, à leur texture, au bruit que l'on fait en préparant la cuisine ou en mangeant. Avec également cette représentation conviviale (souvent familiale) des repas, le tout à l'image d'un Hirokazu Kore-Eda.
A cela s'ajoute un beau portrait d'un homme et d'une femme, joués par les excellents Benoît Magimel et Juliette Binoche, épris l'un de l'autre et de l'art culinaire, qu'ils subliment tous deux par leur talent. Trần Anh Hùng dessine une belle histoire d'amour, à l'automne de la vie de ces deux protagonistes, comme ils le disent eux-mêmes.
La Passion de Dodin Bouffant est donc un film plus surprenant qu'on pourrait le penser, d'une beauté et d'une délicatesse très appréciables. Je pensais lui attribuer une note moins élevée, mais si je suis honnête avec moi-même, j'ai tellement passé un bon moment en regardant ce film, et je ne peux que reconnaître ses grandes qualités, il m'est donc impossible de lui mettre une note plus basse. C'est un film sous-estimé, pas parfait certes, mais magnifique et généreux, que je recommande volontiers.
C’est long, comme la cuisson d’un agneau de 8 heures. Photographie somptueuse mais l’absence de musique et pire de trame narrative voire d’histoire nous laisse sur notre faim, malgré l’abondance de plats tous plus roborratifs les uns que les autres
Ca donne faim… mais assez déçu de ce film. La forme est assez soignée avec une caméra très souvent en mouvement, mention spéciale au dernier plan qui est assez génial, et la direction artistique de par les couleurs, les décors et les costumes. Sur le fond, je n’ai rien trouvé de très élaboré. Trop de superficialité dans les relations entre les personnages, leur développement et le côté drama. C’est trop long pour rien et assez ennuyeux malgré les beaux discours de Benoît Magimel. Le thème de la passion culinaire est très intéressant mais c’est pour moi un concept inachevé, quel dommage.
Octobre 2024 - Des images sublimes, un décor étudié et qui nous plonge dans un univers très charmant. Des effets sonores très bien faits. Juliette Binoche au top. On a l'eau à la bouche.... 5 minutes. Parce qu'après c'est trop. Ce n'est pas un film, c'est un documentaire. Mais sans histoire. J'ai rarement autant regardé à côté de mon écran pendant un film. Autant de beautés pour rien, quel dommage.
Présenté à Cannes la même année qu’Anatomie du chute, le film n’a pas gagné le grand prix, ni beaucoup de Césars. Néanmoins il a été sélectionné pour représenter la France aux Oscars. J’aimerai vraiment savoir ce qui a motivé ce choix. Même si le film est esthétique, les gestes en cuisine orchestrés à la manière d’une chorégraphie, le film est très long, beaucoup trop long. Les derniers plats cuisinés m’ont vraiment donné la nausée et l’indigestion.
C'est un film très écrit et très mis en scène. Les scènes de cuisine sont longues et très peu dialoguées, mais on ne voit étonnamment pas le temps passer. Un bouquet garni qui infuse dans un bouillon, une crème qui nappe une viande, un jus filtré au chinois. Dans les dialogues, la belle langue française décrit la gastronomie et le sentiment amoureux avec un style ciselé et élégant. Un très bon moment de raffinement et d'élégance, hors du temps, comme lors d'un très bon repas.
Un film qui serait esthétiquement plus proche d'un film Japonais... Doté d'une lenteur d'après-midi d'été, comme il n'en existe plus depuis l'invention de la technologie moderne. Certainement pas du goût de tout le monde, il nous demande de ralentir et de savourer, de nous immerger... J'ai beaucoup aimé, c'étai treafraichissant
Trần Anh Hùng, réalisateur pourtant talentueux, livre avec "La Passion de Dodin Bouffant" une adaptation décevante et insipide du roman de Marcel Rouff. Loin d'égaler le charme et la saveur du téléfilm de 1975, cette nouvelle version se révèle être un plat mal assaisonné, manquant cruellement d'âme et d'originalité.
Une esthétique soignée mais vide
Visuellement, le film est certes soigné. Les plans sont beaux, les couleurs chatoyantes, mais cette esthétique léchée ne parvient pas à masquer le vide sous-jacent. Tout semble figé, artificiel, comme une carte postale d'une cuisine qui aurait oublié le goût de la vie.
Des personnages en carton-pâte
Les personnages, pourtant incarnés par des acteurs talentueux comme Juliette Binoche et Benoît Magimel, sont réduits à des archétypes sans profondeur. Eugénie et Dodin, les deux protagonistes, semblent plus des marionnettes aux mains du réalisateur que des êtres de chair et de sang. On peine à s'attacher à eux, à ressentir leurs émotions.
Une comparaison impitoyable
Comparé au téléfilm de 1975, "La Passion de Dodin Bouffant" s'effondre lamentablement. La version de 1975, plus modeste techniquement, parvenait pourtant à saisir l'essence du roman, à créer une atmosphère intimiste et à nous émouvoir. La nouvelle version, au contraire, se perd dans des digressions inutiles et une mise en scène pompeuse.
En conclusion, "La Passion de Dodin Bouffant" est une déception. Un film qui aurait pu être une ode à la gastronomie et à l'amour se transforme en une pâle copie sans saveur. Les amateurs du roman de Marcel Rouff seront certainement déçus, tout comme ceux qui attendaient une adaptation à la hauteur de l'œuvre originale.
Les points faibles du film :
Une esthétique vide Des personnages en carton-pâte Une comparaison défavorable avec la version de 1975 Un manque d'émotion et d'authenticité
J'ai lu il y a longtemps le magnifique livre de Marcel Rouff : "La passion de Dodin Bouffant" dont "s'inspire" le film; j'avais hâte de voir ce film; Déçue, ce film n'est qu'une très pâle copie du livre, contrairement au livre : pas d'humour (ha le casting des cuisinières dans le livre: un grand moment..), la fin du livre tragi-comique n'a rien à voir avec ce scénario beaucoup plus convenu; Le réalisateur a préféré faire preuve d'un esthétisme assez éloigné du livre, pareillement pour la relation entre la cuisinière et son patron; Avant ce que l'on sait.., je pensais que le rôle de Dodin Bouffant était fait à 100 % pour Depardieu; Ce film est pourtant bien interprété, Magimet et Binoche toujours au top mais trop jeunes trop éloignés du livre, très bien filmé, mais en résumé: son titre ne devrait pas être le même que celui du livre,..