Film d'épouvante-horreur espagnol, réalisé par Carlos Alonso-Ojea, Le Book Club Mortel est un long-métrage convenable. L'histoire nous fait suivre huit amis fans de littérature horrifiques appartenant à un club de lecture, qui vont se retrouver être la proie d'un mystérieux clown tueur les éliminant un à un en jouant de ses victimes en chapitrant ses mises à mort. Ce scénario nous plonge, pendant une heure et demie, dans une intrigue sans surprise mais tout de même satisfaisante. Celle-ci débute par une présentation simple, rapide, mais efficace de ses protagonistes, puis expose son contexte pendant quelques minutes avant de réellement décoller. La suite nous offre une série d'exécutions assez gentillettes et peu créatives à l'image du récit conventionnel respectant les codes du genre tout de même bien assimilés et savamment retranscrits. En effet, le métrage est fortement influencé par Scream et les slashers de cette époque mais transpose tout ces éléments dans son époque moderne ultra connectée avec laquelle il joue bien. L'ensemble est assez prévisible mais sa subtilité réside dans son aspect littéraire intéressant et bien exploité. Cependant, l'ambiance n'est pas très palpable à cause d'un manque de tension global malgré la chasse à l'homme mortelle. Les personnages tentant d'échapper à ce tueur déguisé au masque à l'aspect réussi sont plutôt appréciables et interprétés par une jeune distribution convaincante comportant Veki G. Velilla, Álvaro Mel, Ane Rot, Iván Pellicer, Priscilla Delgado, Carlos Alcaide, María Carezuela et Hamza Zaidi, sans compter leur professeur de littérature ayant un rôle important joué par Daniel Grao. Tous ces individus sont bien caractérisés afin d'être reconnus au premier coup d'œil malgré leur nombre. Leurs relations basées sur la méfiance et la suspicion fonctionnent bien et sont soutenus par des dialogues corrects. Si le fond est assez attendu, le film se démarque légèrement sur sa forme à la faveur d'une esthétique soignée. La réalisation s'avère de bonne facture et nous gratifie de quelques transitions bien trouvées. De plus, les jeux de lumières sont travaillés afin de créer une atmosphère visuelle singulière. Celle-ci est accompagnée par une b.o. aux compositions osées comportant des sonorités électro mêlées à des musiques d'ambiances plus habituelles dans ce genre de production. Ce livre sanglant s'achève sur une révélation et des motivations recevables, avant de se conclure sur une fin laissant dans l'expectative. En conclusion, Le Book Club Mortel est un film sympathique, même s'il ne fait que singer ses modèles, chose qu'il fait tout de même assez bien.