"Bien installée dans mon petit fauteuil rouge préféré, le film commença. Je jetai un regard complice à mon copain, que j'ai réussi à traîner dans ce ciné, pour découvrir avec moi ce nouveau chef d'oeuvre, présenté au festival de Cannes cette année".
Dès les premiers instants, je croyais me plonger dans un film de Jacques Demy : costumes élégants et colorés, ambiance chaleureuse, douce mélodie, décors et lumières artistiques. Toutes les caractéristiques sont présentes pour se plonger dans une atmosphère idyllique où la romance règne. Filmer à l'argentique, sans pour autant changer l'époque de l'histoire est un choix plus qu'ingénieux pour donner cette impression de plonger dans un monde à part entière : le spectateur s'introduit dans l'univers de Grégoire et Blanche, une bulle hors du temps, où la passion amoureuse domine et déborde sur les frontières.
Mais Valérie Donzelli expose ici une romance dramatique, d'une épouse où son âme est sous emprise et détenue par son propre époux. Mais alors, que fais-t-on lorsque notre vie ne nous appartient plus ? Comment fais-t-on pour survivre avec un monstre sans avoir le courage d'agir ? Préparez-vous à vivre le combat d'une vie, le combat d'une femme contre l'amour et la manipulation.
Les dialogues, les jeux d'acteurs, les lumières, les décors vont permettre de s'introduire dans un quotidien sinistre. Il y a face à nous : souffrance, tristesse, emprise, manipulation, agression. Alors oui, j'ai été à plusieurs reprises mal à l'aise face à des scènes débordantes de violences. Mais il est si important de faire face aux quotidiens et aux histoires, vécu par de nombreuses femmes en France, victimes de leurs conjoints.
Prenez place dans cette histoire de 2h, et découvrez un film poignant qui vous laissera sans voix.