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Sylvere
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4,0
Publiée le 28 juillet 2026
C'est la canicule, il fait 37° en Slovaquie. Cette histoire est tirée d'un véritable fait divers, mais la même chose a déjà eu lieu dans bien des endroits du monde. Relaté dans les journaux et faisant les gros titres, suscitant l'effroi et l'incompréhension, Il s'agit du syndromes du bébé oublié. Michal, jeune papa commence sa journée comme n'importe quelle autre, mais elle va prendre une tournure sinistre à la suite de cet événement traumatisant. Le TSPT conduit ce père ravagé dans un parcours de reconstruction, mais ....... Un très beau film plein d'émotions.
Film slovaque très bien réalisé et avec un thème original. Ça fait réfléchir sur nos habitudes qui peuvent nous jouer de mauvais tours et sur notre jugement de l'autre... J'en dis pas plus... Mais c'est un film qui impacte et fait réfléchir....
"«Glauque» J’avoue ne pas comprendre pourquoi je me suis infligé ce film slovaque, de qualité, mais sur un sujet (que je ne connaissais pas) glauquissime spoiler: d’un père qui oublie son enfant de 2 ans dans sa voiture par 40 degrés. On imagine la suite et les conséquences terribles pour lui, son couple, son entourage. spoiler: Je spoile, désolé, mais si je peux vous éviter cette situation horrible je le fais. Ma note concerne le sujet et non la qualité du film qui est plutôt bien fait comme le montre la note des spectateurs (3,9)"
Michal et Zuzka forment avec leur fille Dominika une sorte de famille parfaite. Tout semble leur sourire : réussite professionnelle, économique. Mais un jour de canicule, tout bascule. Un drame vient plonger la famille dans une crise profonde. C’est assez fort, aidé par une réalisation efficace avec plusieurs plans séquences.
Film terrifiant sur la solitude et la détresse d'un couple affrontant la pire des douleurs ; juste, sombre et bien fait, on en ressort ébranlé par tant de réalisme tragique.
En Slovaquie un drame va faire imploser un couple. Le film est une prouesse technique il s’articule autour de longs plans-séquences asphyxiants. Un côté volontairement immersif qui ne m’a absolument pas touché. Je n’ai pas ressenti la moindre empathie pour les personnages. Je dois être un monstre.
Father est un bon film, traitant d'un double sujet rarement montré au cinéma : spoiler: les souvenirs fictifs et l'oubli d'un enfant dans une voiture en pleine canicule . La bande-annonce laisse penser que le film opèrera un focus sur le moment exact du drame, cherchant à comprendre comment cela a pu arriver. Mais non, la chronologie spoiler: est plus conventionnelle : l'avant-drame, le drame, et ses longues conséquences . C'est donc avec une certaine surprise et déception que je me suis vu traverser ce drame sans trop d'encombres. spoiler: Les larmes coulent à flots ensuite, ce qui n'est pas très intéressant. Les dernières séquences, spoiler: à savoir le procès (avec ses explications pertinentes) et le pardon, sont davantage réussies.
L'ensemble du récit est fondé sur une mise en scène très sophistiquée, non seulement par ses longs plans séquences, mais aussi par ses mouvements de caméra très complexes. Le but est de nous plonger dans la psychè des personnages, de dramatiser la scène, de suggérer des métaphores à la situation. C'est relativement réussi, mais parfois surfait. La cinéaste prétend avoir choisi un quidam pour construire ce drame, mais l'homme n'est pas si banal que cela, si l'on considère son exceptionnel villa de luxe. On est d'ailleurs surpris qu'il roule dans des voitures aussi désuètes, surtout si l'on considère l'importance de la voiture dans ce film... Bref, un bon film, mais pas renversant, en cette année où rien de très convaincant ne sort. Le cinéma chinois semble avoir disparu, et les Européens ne sont pas très inspirés. Reste juste un film nigérian vraiment beau : Un jour avec mon père. Dommage.
Ai vu « Father » de la réalisatrice slovaque Tereza Nvotova. Ce qui marque de suite, c’est la mise en scène des 9 longs et très beaux plans séquences, très chorégraphiés, qui sont souvent surprenants et entrecoupés d’inserts noirs. La caméra est au plus près (trop) des visages des comédiens et toujours en mouvement. Ce qui flanche immédiatement c’est un scénario trop explicite et qui ne fait jamais confiance au spectateur, en cela les scènes d’expositions sont pénibles car tout est sur-ligné pour annoncer la catastrophe, la scène au tribunal n’est pas très crédible et bâclée et la fin en queue de poisson est d’une facilité désarmante. Le tout dégage très peu d’émotion. Mais je dois quand même avouer que j’ai été captivé par les explications du « syndrome du bébé oublié » et que c’est avant tout son traitement cinématographique qui a souvent retenu mon attention. Michal est très beau (Milan Ondrik), il est PDG d’une entreprise et avec sa femme Zuzska (Dominika Maravkova) ils ont une adorable petite fille qu’ils élèvent dans une superbe maison. Un jour de canicule, Michal oublie de déposer sa fille à la crèche et celle-ci va rester toute une journée en plein soleil dans la voiture. Ce n’est pas l’évènement dramatique qui est le centre du film. Le principal sujet est comment le couple va-t-il sur-vivre avec le poids des médias, de la famille et de l’entourage amical, à cet accident… La caméra est amoureuse de Milan Ondrik, c’est indéniable. Son charisme, sa subtilité de jeu, ses ambivalences captivent le spectateur pendant les 90 minutes. La bande sonore est toute aussi travaillée que l’image et amène de l’étrange à cette histoire moins banale qu’on ne le croit. J’aurais aimé plus de subtilité dans l’écriture et un éventail émotionnel plus large pour vraiment me laisser surprendre par l’histoire tragique de cet homme qui se débat entre la culpabilité, l’incompréhension, la sidération et la douleur. La réalisatrice extrêmement douée ne prend pas assez de recul avec sont sujet et est souvent à la mauvaise distance avec sa caméra. Scénaristiquement trop distancié et mal fichu et cinématographiquement trop proche de ses personnages mais très élaboré.
Un film extrêmement émouvant qui interroge subtilement le spectateur sur sa propre attitude face à un tel drame. Après les scènes d’exposition, le drame qui frappe cette famille fait démarrer effectivement le film et plonge dans le désarroi intime de ces parents frappés dans leur chair, dans les conséquences en chaîne et dans les mécanismes de culpabilité. Le procès qui s’ensuit donne une tournure au film qui désarme en grande partie les tensions exacerbées du début du film qui, dès lors, perd en partie son intérêt. Excellente interprétation.
La cinéaste évoque un phénomène dont je n' avais jamais entendu parler celui du " syndrome de l'enfant oublié ".
On est ici dans un trou de souris. Le parent maltraitant en raison d'une déconnexion soudaine de son cerveau qui provoque par effet de domino, la mort de son enfant.
J' aurais beaucoup de critiques très sévères à émettre à l'égard d'un script qui à mes yeux n'est ni fait, ni à faire.
La démonstration me semble problématique : elle se contente de nous dire " voilà, le syndrome de l'enfant oublié ça existe, c'est documenté ".
On oublie sa montre, on oublie son enfant de deux ans pendant plusieurs heures dans sa voiture par temps de canicule, au point de provoquer sa mort : selon les dialogues - c'est la même chose au plan neurologique ! ( C'est bien dit dans le film ! ) et c'est un sacré mais alors un sacré raccourci.
La vérité judiciaire ( autrement dit ici l'absence de condamnation à une peine de prison ), puis le fait que l'épouse souhaite un autre enfant avec ce père, ça doit aussi en conclusion boucler la boucle auprès du spectateur, suffire à transmettre le message et le convaincre.
Quant à la mère qui veut de nouveau avoir un enfant avec cet homme, la aussi il y a un thème à traiter, mais pas du tout abordé.
Réalisé de façon banale, mais intéressant en ce qu'il met en avant un phénomène neurologique rare, suscite la réflexion et...des recherches complémentaires sur le sujet.
Je ne sais pas si c'est la canicule ou le film, mais je n'ai pas dormi de la nuit après avoir vu FATHER. C'est un film qui pose la question que nous craignons toutes dans nos pires cauchemars. Le fait que la réalisatrice soit une femme m'a étrangement rassurée. Des plans-séquences d'une tension extrême. Un film de l'Est filmé à l'américaine. Je valide.
Avec Father, Tereza Nvotová aborde le syndrome du bébé oublié à travers une mise en scène immersive fondée sur de longs plans-séquences et un travail sonore minutieux qui plongent le spectateur dans la culpabilité d’un père brisé. Refusant autant le jugement moral que le mélodrame, le film privilégie l’intime et suit le lent effondrement psychologique d’un homme en quête impossible de pardon, porté par l’interprétation tout en retenue de Milan Ondrík. Une œuvre austère mais puissante, qui interroge avec intelligence la responsabilité, la mémoire et la complexité du traumatisme.
Des plans séquences de toute beauté nous plonge dans un drame familial à l'atmosphère suffocante. L'acteur principal est bluffant d'intensité mais un petit conseil avant d'y aller: attention à ne pas lire la presse pour ne pas vous faire spoiler un moment charnière du film auquel je ne m'attendais pas du tout! Pour moi une future grande réalisatrice.
Certains spectateurs tiennent à aller voir un film sans en rien savoir. A ceux-là tout particulièrement je déconseille la lecture de ma critique qui évoquera l’événement dramatique qui survient au bout de la première demi-heure : la mort dramatique de Dominika, l’enfant de deux ans à peine de Michal et de Zuzka, que son père n’a pas, comme il en est pourtant persuadé, laissé à la crèche sur le chemin de son travail, mais oublié sur le parking du journal qu’il dirige et où elle s’est déshydratée et a trouvé la mort.
"Father" est un film slovaque, qui se déroule dans une ville du centre du pays, Nitra, et qui raconte un drame effroyable. Comment peut-on oublier son enfant sur le siège arrière de sa voiture ? Une désinvolture aussi criminelle, aussi inhumaine, choque le sens commun. La psychologie a analysé cette situation et a forgé le concept déculpabilisant de « syndrome du bébé oublié ». Notre cerveau, confronté à une multiplicité de tâches concurrentes, hallucine parfois et s’imagine avoir réalisé des tâches qu’il effectue automatiquement. Ainsi de Michal, particulièrement stressé ce matin-là par une succession d’appels téléphoniques, qui croit avoir déposé sa fille à la crèche alors qu’il n’en a rien fait.
La mise en scène d’une telle affabulation pose un problème délicat au cinéma. Car la caméra montre. Elle nous montre par exemple des flashbacks du personnage du roman et du film d’Emmanuel Carrère, "La Moustache", persuadé d’avoir rasé sa moustache. Dans "Father", la caméra suit Michal à chaque instant de ce trajet fatidique. S’est-il ou non arrêté à la crèche ? Il en est persuadé. La réalité hélas démontre le contraire. Se pose au réalisateur un défi dont, je trouve, il se sort mal dans ce film : que montrer ?
Le film aurait pu se focaliser sur la mort de Dominka. Il aurait pu, à la "Rashomon", prendre en charge plusieurs points de vue, pour en révéler l’atroce simplicité. Mais tel n’est pas le choix de la réalisatrice Tereza Nvotová, venue à Paris le mois dernier présenter son film en avant-première. La mort de Dominika est le sujet de la première partie du film. Ses répercussions sur Michal, foudroyé de chagrin, sur Zuzka, tout aussi effondrée, et sur leur couple sont le sujet de la seconde. Cette partie-là est moins convaincante que la précédente. Car son enjeu est moindre : quelle réaction deux parents peuvent-ils avoir à une mort aussi idiote et aussi affreuse sinon la culpabilisation et l’effondrement ?
Le film essaie sans succès de retrouver de l’intérêt à sa toute fin avec le procès de Michal, poursuivi pour homicide involontaire. Mais là encore, l’enjeu est mince : Michal ayant déjà reçu la plus cruelle des peines avec la mort de sa fille et la culpabilité qui ne le quittera jamais, la question de son éventuel emprisonnement constitue un enjeu bien futile.
Outre cette construction bancale, "Father" souffre d’un autre défaut. Sa réalisatrice y fait montre d’une ébouriffante dextérité en racontant l’histoire avec des plans-séquences d’une incroyable complexité. La première scène, depuis le footing matinal de Michal jusqu’à la découverte du cadavre de Dominika sur le siège arrière de son 4×4 est filmée en un seul plan. Cette qualité devient un défaut si elle ne se met pas au service de l’histoire. Le recours au plan-séquence aurait été plus convaincant si le sujet s’était focalisé sur la mort de Dominika. Il l’est moins lorsque l’histoire se prolonge quelques semaines, quelques mois plus tard jusqu’au procès de Michal.
Présenté comme l’un des drames européens les plus marquants de ces derniers mois, Father de Tereza Nvotová impressionne autant par sa maîtrise formelle que par sa violence émotionnelle contenue. Le film s’attaque à un sujet extrêmement sensible, celui d’un drame familial capable de pulvériser en quelques secondes une existence entière. Pourtant, la réalisatrice refuse constamment le sensationnalisme. Elle préfère observer les conséquences invisibles, celles qui rongent lentement les êtres humains bien après le choc initial.
Michal (Milan Ondrík) et Zuzka (Dominika Morávková) apparaissent d’abord comme un couple ordinaire, avec ses habitudes, ses automatismes et son équilibre fragile. Puis le récit bascule progressivement dans une forme de vertige psychologique. Tereza Nvotová construit alors une expérience profondément immersive où le spectateur est enfermé dans la perception du personnage principal. Les longs plans-séquences participent énormément à cette sensation d’étouffement. La caméra semble respirer avec les personnages, suivre leurs hésitations, leurs silences et leurs moments de rupture intérieure sans leur laisser le moindre espace de fuite.
L’une des grandes forces de Father réside dans sa manière de traiter la culpabilité. Le film ne cherche ni à manipuler l’émotion, ni à imposer un jugement moral simpliste. Il montre plutôt comment une conscience humaine peut devenir un espace de destruction permanente. Les sons du quotidien, les objets les plus ordinaires, les trajets habituels prennent peu à peu une dimension anxiogène. Le travail sonore devient alors essentiel dans la construction du malaise. Chaque respiration, chaque bruit mécanique ou silence prolongé participe à cette impression de fracture mentale progressive. Milan Ondrík livre une performance particulièrement impressionnante par sa retenue. L’acteur évite les débordements démonstratifs pour privilégier quelque chose de plus intérieur, presque dissocié. Face à lui, Dominika Morávková apporte une douleur différente, plus silencieuse, mais tout aussi écrasante. Le film observe ainsi un couple qui tente encore d’exister malgré un traumatisme qui contamine désormais chaque interaction.
Au-delà de son sujet, Father interroge surtout la fragilité du cerveau humain et la manière dont un événement peut modifier définitivement notre rapport au réel. Sans jamais tomber dans le voyeurisme, Tereza Nvotová signe une œuvre lourde, oppressante et profondément humaine, qui laisse derrière elle un malaise durable bien après la projection.