Father
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FaRem

10 567 abonnés 11 409 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 décembre 2025
Peut-on vivre avec le sentiment d'avoir commis le pire ? Sous une chaleur écrasante, Michal commence sa journée comme n'importe quelle autre, mais elle va prendre une tournure sinistre à la suite d'un événement traumatisant. De longs plans jusqu'à cette terrible prise de conscience qui fait basculer sa vie à jamais. Ce moment aussi glaçant qu'effroyable est le point culminant du film et comme pour Michal, on se demande comment Tereza Nvotová peut continuer après ça. Ce n'est pas tant le fait de continuer l'histoire, mais surtout sous quel angle, car le sujet est très délicat. La réalisatrice s'en sort bien avec un traitement nuancé qui ne l'accable pas, et il n'a besoin de personne pour cela, mais qui ne le dédouane pas non plus. Si l'affaire devient publique et que tout le monde devient juge, c'est avant tout une histoire personnelle et complexe sur le plan émotionnel et relationnel. C'est la grande réussite de Tereza Nvotová qui livre un film puissant et humain sur cet impossible deuil et sur le sentiment de culpabilité et de honte.
traversay1

4 474 abonnés 5 347 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 mars 2026
Cela se passe à Nitra, à l'ouest de la Slovaquie, mais la même chose a déjà eu lieu, en d'autres circonstances, dans bien des endroits du monde. Le fait divers que raconte Father est de ceux qui sont relatés dans les journaux, suscitant l'effroi et la sidération, au minimum, en réaction à ce qui peut être qualifié de crime ou d'accident, selon sa propre sensibilité. Pour son récit, rempli de tensions et de sentiments mélangés, Tereza Nvotová, dont les deux premiers longs métrages ne méritaient pas de passer inaperçus, notamment Sans jamais le dire, a opté pour de longs plans-séquences, qui montrent la pression du quotidien d'un couple dans une vie partagée entre famille et travail, avant de scruter avec acuité l'intime, après le basculement dans un cauchemar qui n'a rien de climatisé. Notons au passage que le synopsis du film révèle beaucoup trop de l'intrigue, alors que le choc est bien plus fort quand on ne sait rien de son sujet. Ce qui est admirable, c'est la manière dont la cinéaste nous attache à son personnage principal et à ses failles, trouvant une empathie à son égard, alors qu'il aurait été plus simple de le condamner sans aucune autre forme de procès. Cela ne le dédouane pas de son acte, mais participe à un jugement qui n'est pas lapidaire. Milan Ondrik, qui est de la plupart des plans, réussit la prouesse de ne jamais surjouer, en particulier dans l'émotion, et contribue à rendre passionnante et viscérale cette descente aux enfers personnelle.
Cinememories

582 abonnés 1 661 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 avril 2026
"Un matin de canicule, un père oublie son enfant dans une voiture. De ce drame silencieux, Tereza Nvotová tire, avec Father, non pas un récit de faute, mais une question qui nous traverse tous : jusqu’où sommes-nous à l’abri de nous-mêmes ? [...] C’est donc une cinéaste aguerrie, à l’œil acéré et à la sensibilité éprouvée, qui s’attaque avec Father à l’un des sujets les plus délicats qui soit : le syndrome du bébé oublié. Le point de départ est un fait réel, celui d’un ami du coscénariste Dušan Budzak, et c’est cette proximité charnelle avec le drame qui donne au film sa texture particulière — jamais clinique, jamais voyeuriste. Mais Nvotová ne se contente pas d’un traitement sobre du sujet : elle radicalise la forme en tournant l’intégralité du film en plans-séquences, dispositif casse-gueule s’il en est, qu’elle assume avec une maîtrise remarquable."

"L’immersion est immédiate. Ce recul apparent brise toute intimité suspecte avec le personnage, mais refuse également tout filtre interprétatif : on découvre Michal tel qu’il est, dans son énergie, son amour pour sa famille, son stress professionnel, ses petites impatiences. Un père présent, un mari attentif, un cadre sous pression — où chaque interaction avec autrui sonne parfois comme une intrusion dans une routine déjà surchargée. Nvotová filme la distraction du quotidien avec une crédibilité et un timing quasi irréprochable : le spectateur est rapidement emporté dans le flux des enjeux que Michal empile un à un, jusqu’à une saturation qui se devine inévitable et irréversible."

"Tout part d’un détail en apparence anodin — Michal qui rentre d’un footing. À l’image de cette activité très mécanique, le film décortique son environnement familial et professionnel dans ses moindres détails — la radio qui tourne pendant la douche, la voiture, les gens qui s’agitent autour de lui pour réclamer attention ou affection — afin de construire une proximité empathique solide avant que tout ne s’effondre. Le travail sonore est essentiel à cette expérience sensorielle. La musique de Pjoni amplifie la douleur, la solitude, l’angoisse et la confusion, créant des instants suspendus que le retour brutal du réel vient chaque fois interrompre. Le dispositif souffre néanmoins d’une légère entorse à sa propre fluidité : une séquence où Michal regarde au bureau une vidéo de vacances en famille arrive chargée d’une signification trop explicite."

"En épousant le seul point de vue de Michal sans jamais s’en détacher, le dispositif empêche tout contrechamp émotionnel, toute respiration dans un autre regard. Là où Victoria tirait sa force du mouvement, de la fuite en avant, de l’adrénaline collective d’une nuit berlinoise, Father s’impose une contrainte plus ingrate — la reconstitution d’une journée ordinaire, dont l’ordinaire précisément résiste à l’emphase formelle, surtout dans la seconde moitié du récit. On voit également peu de conflits ouverts face aux jugements des proches ou des inconnus : cette pression extérieure — la honte entretenue par les médias, l’ostracisme social — reste ici à la périphérie du récit, à peine effleurée."

"Malgré tout, Father est un film qui tient ses promesses les plus exigeantes — et c’est précisément ce qui rend ses renoncements sensibles. Le plan-séquence y est moins un exploit technique qu’une éthique du regard : cette manière de ne jamais quitter Michal des yeux sans pour autant le juger, d’être au plus près sans s’insinuer, de filmer la catastrophe depuis l’intérieur d’une conscience ordinaire. Nvotová signe là son œuvre la plus maîtrisée formellement, et l’une des plus courageuses dans ses choix — quand bien même ce courage a un prix, celui d’un récit enfermé dans un seul axe de regard, privé des contrechamps qui l’auraient ouvert sur l’autre. Car ce que le film touche, en creux, dépasse l’accident et le fait divers : la terreur sourde de se découvrir capable de trahir ce qu’on aime le plus, la culpabilité comme vertige universel — celle de tout être qui a un jour senti, l’espace d’un instant, ses valeurs lui échapper. On sort du film avec une image tenace : non pas celle de la faute, mais celle d’un homme mis à nu, dans toute sa faillibilité — et c’est déjà, en soi, un geste rare."

Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 578 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 juin 2026
Father est un bon film, traitant d'un double sujet rarement montré au cinéma : spoiler: les souvenirs fictifs et l'oubli d'un enfant dans une voiture en pleine canicule
. La bande-annonce laisse penser que le film opèrera un focus sur le moment exact du drame, cherchant à comprendre comment cela a pu arriver. Mais non, la chronologie spoiler: est plus conventionnelle : l'avant-drame, le drame, et ses longues conséquences
. C'est donc avec une certaine surprise et déception que je me suis vu traverser ce drame sans trop d'encombres. spoiler: Les larmes coulent à flots ensuite, ce qui n'est pas très intéressant.
Les dernières séquences, spoiler: à savoir le procès (avec ses explications pertinentes) et le pardon, sont davantage réussies.

L'ensemble du récit est fondé sur une mise en scène très sophistiquée, non seulement par ses longs plans séquences, mais aussi par ses mouvements de caméra très complexes. Le but est de nous plonger dans la psychè des personnages, de dramatiser la scène, de suggérer des métaphores à la situation. C'est relativement réussi, mais parfois surfait. La cinéaste prétend avoir choisi un quidam pour construire ce drame, mais l'homme n'est pas si banal que cela, si l'on considère son exceptionnel villa de luxe. On est d'ailleurs surpris qu'il roule dans des voitures aussi désuètes, surtout si l'on considère l'importance de la voiture dans ce film...
Bref, un bon film, mais pas renversant, en cette année où rien de très convaincant ne sort. Le cinéma chinois semble avoir disparu, et les Européens ne sont pas très inspirés. Reste juste un film nigérian vraiment beau : Un jour avec mon père. Dommage.
Pascal
Pascal

253 abonnés 2 390 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 juin 2026
La cinéaste évoque un phénomène dont je n' avais jamais entendu parler celui du " syndrome de l'enfant oublié ".

On est ici dans un trou de souris. Le parent maltraitant en raison d'une déconnexion soudaine de son cerveau qui provoque par effet de domino, la mort de son enfant.

J' aurais beaucoup de critiques très sévères à émettre à l'égard d'un script qui à mes yeux n'est ni fait, ni à faire.

La démonstration me semble problématique : elle se contente de nous dire " voilà, le syndrome de l'enfant oublié ça existe, c'est documenté ".

On oublie sa montre, on oublie son enfant de deux ans pendant plusieurs heures dans sa voiture par temps de canicule, au point de provoquer sa mort : selon les dialogues - c'est la même chose au plan neurologique ! ( C'est bien dit dans le film ! ) et c'est un sacré mais alors un sacré raccourci.

La vérité judiciaire ( autrement dit ici l'absence de condamnation à une peine de prison ), puis le fait que l'épouse souhaite un autre enfant avec ce père, ça doit aussi en conclusion boucler la boucle auprès du spectateur, suffire à transmettre le message et le convaincre.

Quant à la mère qui veut de nouveau avoir un enfant avec cet homme, la aussi il y a un thème à traiter, mais pas du tout abordé.

Réalisé de façon banale, mais intéressant en ce qu'il met en avant un phénomène neurologique rare, suscite la réflexion et...des recherches complémentaires sur le sujet.

Vu au Trois Luxembourg
Saltabanque22
Saltabanque22

26 abonnés 118 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 janvier 2026
Avec Father, Teresa Nvotová livre un film poignant qui s’attaque frontalement à un sujet brûlant. La réalisatrice installe une atmosphère lourde et oppressante, qui accompagne le spectateur tout au long du récit et renforce la portée émotionnelle de l’histoire. La mise en scène, volontairement sobre et tendue, plonge dans une ambiance pesante où chaque silence et chaque regard comptent. Father est un film éprouvant mais nécessaire, qui marque par sa force, sa gravité et son engagement.
Isa Colantonio
Isa Colantonio

3 abonnés 5 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mars 2026
Un sujet de société, bouleversant et très bien amené . Vu dans le cadre des rencontres cinématographiques à Salon de Provence.
Yves G.

1 843 abonnés 4 004 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 mai 2026
Certains spectateurs tiennent à aller voir un film sans en rien savoir. A ceux-là tout particulièrement je déconseille la lecture de ma critique qui évoquera l’événement dramatique qui survient au bout de la première demi-heure : la mort dramatique de Dominika, l’enfant de deux ans à peine de Michal et de Zuzka, que son père n’a pas, comme il en est pourtant persuadé, laissé à la crèche sur le chemin de son travail, mais oublié sur le parking du journal qu’il dirige et où elle s’est déshydratée et a trouvé la mort.

"Father" est un film slovaque, qui se déroule dans une ville du centre du pays, Nitra, et qui raconte un drame effroyable. Comment peut-on oublier son enfant sur le siège arrière de sa voiture ? Une désinvolture aussi criminelle, aussi inhumaine, choque le sens commun. La psychologie a analysé cette situation et a forgé le concept déculpabilisant de « syndrome du bébé oublié ». Notre cerveau, confronté à une multiplicité de tâches concurrentes, hallucine parfois et s’imagine avoir réalisé des tâches qu’il effectue automatiquement. Ainsi de Michal, particulièrement stressé ce matin-là par une succession d’appels téléphoniques, qui croit avoir déposé sa fille à la crèche alors qu’il n’en a rien fait.

La mise en scène d’une telle affabulation pose un problème délicat au cinéma. Car la caméra montre. Elle nous montre par exemple des flashbacks du personnage du roman et du film d’Emmanuel Carrère, "La Moustache", persuadé d’avoir rasé sa moustache. Dans "Father", la caméra suit Michal à chaque instant de ce trajet fatidique. S’est-il ou non arrêté à la crèche ? Il en est persuadé. La réalité hélas démontre le contraire. Se pose au réalisateur un défi dont, je trouve, il se sort mal dans ce film : que montrer ?

Le film aurait pu se focaliser sur la mort de Dominka. Il aurait pu, à la "Rashomon", prendre en charge plusieurs points de vue, pour en révéler l’atroce simplicité. Mais tel n’est pas le choix de la réalisatrice Tereza Nvotová, venue à Paris le mois dernier présenter son film en avant-première. La mort de Dominika est le sujet de la première partie du film. Ses répercussions sur Michal, foudroyé de chagrin, sur Zuzka, tout aussi effondrée, et sur leur couple sont le sujet de la seconde. Cette partie-là est moins convaincante que la précédente. Car son enjeu est moindre : quelle réaction deux parents peuvent-ils avoir à une mort aussi idiote et aussi affreuse sinon la culpabilisation et l’effondrement ?

Le film essaie sans succès de retrouver de l’intérêt à sa toute fin avec le procès de Michal, poursuivi pour homicide involontaire. Mais là encore, l’enjeu est mince : Michal ayant déjà reçu la plus cruelle des peines avec la mort de sa fille et la culpabilité qui ne le quittera jamais, la question de son éventuel emprisonnement constitue un enjeu bien futile.

Outre cette construction bancale, "Father" souffre d’un autre défaut. Sa réalisatrice y fait montre d’une ébouriffante dextérité en racontant l’histoire avec des plans-séquences d’une incroyable complexité. La première scène, depuis le footing matinal de Michal jusqu’à la découverte du cadavre de Dominika sur le siège arrière de son 4×4 est filmée en un seul plan. Cette qualité devient un défaut si elle ne se met pas au service de l’histoire. Le recours au plan-séquence aurait été plus convaincant si le sujet s’était focalisé sur la mort de Dominika. Il l’est moins lorsque l’histoire se prolonge quelques semaines, quelques mois plus tard jusqu’au procès de Michal.
Coric Bernard

455 abonnés 838 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 avril 2026
Tiré d’un fait divers tragique et réel, cette réalisatrice slovaque a très bien adapté ce drame familial atroce. Sa manière de filmer ce père qui a tué involontairement et par omission, est très efficace. Elle a su traduire avec un fort réalisme l’enfer psychologique qu’a subi ce père avec de longs plans séquences judicieux. Pour cela, elle a été bien aidée par l’interprète du rôle du père qui joue remarquablement. On suit avec passion et intérêt ce drame.

Bernard CORIC

(Film visionné en projection de presse le 21/04/2026 au Club Marbeuf à PARIS )
vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 mai 2026
Un film extrêmement émouvant qui interroge subtilement le spectateur sur sa propre attitude face à un tel drame. Après les scènes d’exposition, le drame qui frappe cette famille fait démarrer effectivement le film et plonge dans le désarroi intime de ces parents frappés dans leur chair, dans les conséquences en chaîne et dans les mécanismes de culpabilité.
Le procès qui s’ensuit donne une tournure au film qui désarme en grande partie les tensions exacerbées du début du film qui, dès lors, perd en partie son intérêt. Excellente interprétation.
Direct-actu.fr
Direct-actu.fr

369 abonnés 468 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 mai 2026
Présenté comme l’un des drames européens les plus marquants de ces derniers mois, Father de Tereza Nvotová impressionne autant par sa maîtrise formelle que par sa violence émotionnelle contenue. Le film s’attaque à un sujet extrêmement sensible, celui d’un drame familial capable de pulvériser en quelques secondes une existence entière. Pourtant, la réalisatrice refuse constamment le sensationnalisme. Elle préfère observer les conséquences invisibles, celles qui rongent lentement les êtres humains bien après le choc initial.

Michal (Milan Ondrík) et Zuzka (Dominika Morávková) apparaissent d’abord comme un couple ordinaire, avec ses habitudes, ses automatismes et son équilibre fragile. Puis le récit bascule progressivement dans une forme de vertige psychologique. Tereza Nvotová construit alors une expérience profondément immersive où le spectateur est enfermé dans la perception du personnage principal. Les longs plans-séquences participent énormément à cette sensation d’étouffement. La caméra semble respirer avec les personnages, suivre leurs hésitations, leurs silences et leurs moments de rupture intérieure sans leur laisser le moindre espace de fuite.

L’une des grandes forces de Father réside dans sa manière de traiter la culpabilité. Le film ne cherche ni à manipuler l’émotion, ni à imposer un jugement moral simpliste. Il montre plutôt comment une conscience humaine peut devenir un espace de destruction permanente. Les sons du quotidien, les objets les plus ordinaires, les trajets habituels prennent peu à peu une dimension anxiogène. Le travail sonore devient alors essentiel dans la construction du malaise. Chaque respiration, chaque bruit mécanique ou silence prolongé participe à cette impression de fracture mentale progressive.
Milan Ondrík livre une performance particulièrement impressionnante par sa retenue. L’acteur évite les débordements démonstratifs pour privilégier quelque chose de plus intérieur, presque dissocié. Face à lui, Dominika Morávková apporte une douleur différente, plus silencieuse, mais tout aussi écrasante. Le film observe ainsi un couple qui tente encore d’exister malgré un traumatisme qui contamine désormais chaque interaction.

Au-delà de son sujet, Father interroge surtout la fragilité du cerveau humain et la manière dont un événement peut modifier définitivement notre rapport au réel. Sans jamais tomber dans le voyeurisme, Tereza Nvotová signe une œuvre lourde, oppressante et profondément humaine, qui laisse derrière elle un malaise durable bien après la projection.
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

175 abonnés 560 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 juin 2026
Ai vu « Father » de la réalisatrice slovaque Tereza Nvotova. Ce qui marque de suite, c’est la mise en scène des 9 longs et très beaux plans séquences, très chorégraphiés, qui sont souvent surprenants et entrecoupés d’inserts noirs. La caméra est au plus près (trop) des visages des comédiens et toujours en mouvement. Ce qui flanche immédiatement c’est un scénario trop explicite et qui ne fait jamais confiance au spectateur, en cela les scènes d’expositions sont pénibles car tout est sur-ligné pour annoncer la catastrophe, la scène au tribunal n’est pas très crédible et bâclée et la fin en queue de poisson est d’une facilité désarmante. Le tout dégage très peu d’émotion. Mais je dois quand même avouer que j’ai été captivé par les explications du « syndrome du bébé oublié » et que c’est avant tout son traitement cinématographique qui a souvent retenu mon attention. Michal est très beau (Milan Ondrik), il est PDG d’une entreprise et avec sa femme Zuzska (Dominika Maravkova) ils ont une adorable petite fille qu’ils élèvent dans une superbe maison. Un jour de canicule, Michal oublie de déposer sa fille à la crèche et celle-ci va rester toute une journée en plein soleil dans la voiture. Ce n’est pas l’évènement dramatique qui est le centre du film. Le principal sujet est comment le couple va-t-il sur-vivre avec le poids des médias, de la famille et de l’entourage amical, à cet accident… La caméra est amoureuse de Milan Ondrik, c’est indéniable. Son charisme, sa subtilité de jeu, ses ambivalences captivent le spectateur pendant les 90 minutes. La bande sonore est toute aussi travaillée que l’image et amène de l’étrange à cette histoire moins banale qu’on ne le croit. J’aurais aimé plus de subtilité dans l’écriture et un éventail émotionnel plus large pour vraiment me laisser surprendre par l’histoire tragique de cet homme qui se débat entre la culpabilité, l’incompréhension, la sidération et la douleur. La réalisatrice extrêmement douée ne prend pas assez de recul avec sont sujet et est souvent à la mauvaise distance avec sa caméra. Scénaristiquement trop distancié et mal fichu et cinématographiquement trop proche de ses personnages mais très élaboré.
Agathe Zeblues
Agathe Zeblues

2 abonnés 34 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 mai 2026
Je ne sais pas si c'est la canicule ou le film, mais je n'ai pas dormi de la nuit après avoir vu FATHER. C'est un film qui pose la question que nous craignons toutes dans nos pires cauchemars. Le fait que la réalisatrice soit une femme m'a étrangement rassurée. Des plans-séquences d'une tension extrême. Un film de l'Est filmé à l'américaine. Je valide.
Fabien M.
Fabien M.

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5,0
Publiée le 29 avril 2026
Au cœur du long-métrage, l’interprétation principale est un véritable tour de force. Le protagoniste habite l'écran avec une vulnérabilité désarmante, incarnant un père tiraillé entre ses erreurs passées et un désir désespéré de connexion. C'est cette authenticité qui rend le film si déchirant : on ne regarde pas des acteurs, on observe des âmes en quête de lumière.
PetrosB
PetrosB

1 abonné 10 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 mai 2026
Des plans séquences de toute beauté nous plonge dans un drame familial à l'atmosphère suffocante. L'acteur principal est bluffant d'intensité mais un petit conseil avant d'y aller: attention à ne pas lire la presse pour ne pas vous faire spoiler un moment charnière du film auquel je ne m'attendais pas du tout! Pour moi une future grande réalisatrice.
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