Father
Note moyenne
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FaRem

10 588 abonnés 11 607 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 décembre 2025
Peut-on vivre avec le sentiment d'avoir commis le pire ? Sous une chaleur écrasante, Michal commence sa journée comme n'importe quelle autre, mais elle va prendre une tournure sinistre à la suite d'un événement traumatisant. De longs plans jusqu'à cette terrible prise de conscience qui fait basculer sa vie à jamais. Ce moment aussi glaçant qu'effroyable est le point culminant du film et comme pour Michal, on se demande comment Tereza Nvotová peut continuer après ça. Ce n'est pas tant le fait de continuer l'histoire, mais surtout sous quel angle, car le sujet est très délicat. La réalisatrice s'en sort bien avec un traitement nuancé qui ne l'accable pas, et il n'a besoin de personne pour cela, mais qui ne le dédouane pas non plus. Si l'affaire devient publique et que tout le monde devient juge, c'est avant tout une histoire personnelle et complexe sur le plan émotionnel et relationnel. C'est la grande réussite de Tereza Nvotová qui livre un film puissant et humain sur cet impossible deuil et sur le sentiment de culpabilité et de honte.
traversay1

4 498 abonnés 5 397 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 mars 2026
Cela se passe à Nitra, à l'ouest de la Slovaquie, mais la même chose a déjà eu lieu, en d'autres circonstances, dans bien des endroits du monde. Le fait divers que raconte Father est de ceux qui sont relatés dans les journaux, suscitant l'effroi et la sidération, au minimum, en réaction à ce qui peut être qualifié de crime ou d'accident, selon sa propre sensibilité. Pour son récit, rempli de tensions et de sentiments mélangés, Tereza Nvotová, dont les deux premiers longs métrages ne méritaient pas de passer inaperçus, notamment Sans jamais le dire, a opté pour de longs plans-séquences, qui montrent la pression du quotidien d'un couple dans une vie partagée entre famille et travail, avant de scruter avec acuité l'intime, après le basculement dans un cauchemar qui n'a rien de climatisé. Notons au passage que le synopsis du film révèle beaucoup trop de l'intrigue, alors que le choc est bien plus fort quand on ne sait rien de son sujet. Ce qui est admirable, c'est la manière dont la cinéaste nous attache à son personnage principal et à ses failles, trouvant une empathie à son égard, alors qu'il aurait été plus simple de le condamner sans aucune autre forme de procès. Cela ne le dédouane pas de son acte, mais participe à un jugement qui n'est pas lapidaire. Milan Ondrik, qui est de la plupart des plans, réussit la prouesse de ne jamais surjouer, en particulier dans l'émotion, et contribue à rendre passionnante et viscérale cette descente aux enfers personnelle.
Cinememories

595 abonnés 1 673 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 avril 2026
"Un matin de canicule, un père oublie son enfant dans une voiture. De ce drame silencieux, Tereza Nvotová tire, avec Father, non pas un récit de faute, mais une question qui nous traverse tous : jusqu’où sommes-nous à l’abri de nous-mêmes ? [...] C’est donc une cinéaste aguerrie, à l’œil acéré et à la sensibilité éprouvée, qui s’attaque avec Father à l’un des sujets les plus délicats qui soit : le syndrome du bébé oublié. Le point de départ est un fait réel, celui d’un ami du coscénariste Dušan Budzak, et c’est cette proximité charnelle avec le drame qui donne au film sa texture particulière — jamais clinique, jamais voyeuriste. Mais Nvotová ne se contente pas d’un traitement sobre du sujet : elle radicalise la forme en tournant l’intégralité du film en plans-séquences, dispositif casse-gueule s’il en est, qu’elle assume avec une maîtrise remarquable."

"L’immersion est immédiate. Ce recul apparent brise toute intimité suspecte avec le personnage, mais refuse également tout filtre interprétatif : on découvre Michal tel qu’il est, dans son énergie, son amour pour sa famille, son stress professionnel, ses petites impatiences. Un père présent, un mari attentif, un cadre sous pression — où chaque interaction avec autrui sonne parfois comme une intrusion dans une routine déjà surchargée. Nvotová filme la distraction du quotidien avec une crédibilité et un timing quasi irréprochable : le spectateur est rapidement emporté dans le flux des enjeux que Michal empile un à un, jusqu’à une saturation qui se devine inévitable et irréversible."

"Tout part d’un détail en apparence anodin — Michal qui rentre d’un footing. À l’image de cette activité très mécanique, le film décortique son environnement familial et professionnel dans ses moindres détails — la radio qui tourne pendant la douche, la voiture, les gens qui s’agitent autour de lui pour réclamer attention ou affection — afin de construire une proximité empathique solide avant que tout ne s’effondre. Le travail sonore est essentiel à cette expérience sensorielle. La musique de Pjoni amplifie la douleur, la solitude, l’angoisse et la confusion, créant des instants suspendus que le retour brutal du réel vient chaque fois interrompre. Le dispositif souffre néanmoins d’une légère entorse à sa propre fluidité : une séquence où Michal regarde au bureau une vidéo de vacances en famille arrive chargée d’une signification trop explicite."

"En épousant le seul point de vue de Michal sans jamais s’en détacher, le dispositif empêche tout contrechamp émotionnel, toute respiration dans un autre regard. Là où Victoria tirait sa force du mouvement, de la fuite en avant, de l’adrénaline collective d’une nuit berlinoise, Father s’impose une contrainte plus ingrate — la reconstitution d’une journée ordinaire, dont l’ordinaire précisément résiste à l’emphase formelle, surtout dans la seconde moitié du récit. On voit également peu de conflits ouverts face aux jugements des proches ou des inconnus : cette pression extérieure — la honte entretenue par les médias, l’ostracisme social — reste ici à la périphérie du récit, à peine effleurée."

"Malgré tout, Father est un film qui tient ses promesses les plus exigeantes — et c’est précisément ce qui rend ses renoncements sensibles. Le plan-séquence y est moins un exploit technique qu’une éthique du regard : cette manière de ne jamais quitter Michal des yeux sans pour autant le juger, d’être au plus près sans s’insinuer, de filmer la catastrophe depuis l’intérieur d’une conscience ordinaire. Nvotová signe là son œuvre la plus maîtrisée formellement, et l’une des plus courageuses dans ses choix — quand bien même ce courage a un prix, celui d’un récit enfermé dans un seul axe de regard, privé des contrechamps qui l’auraient ouvert sur l’autre. Car ce que le film touche, en creux, dépasse l’accident et le fait divers : la terreur sourde de se découvrir capable de trahir ce qu’on aime le plus, la culpabilité comme vertige universel — celle de tout être qui a un jour senti, l’espace d’un instant, ses valeurs lui échapper. On sort du film avec une image tenace : non pas celle de la faute, mais celle d’un homme mis à nu, dans toute sa faillibilité — et c’est déjà, en soi, un geste rare."

Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 582 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 juin 2026
Father est un bon film, traitant d'un double sujet rarement montré au cinéma : spoiler: les souvenirs fictifs et l'oubli d'un enfant dans une voiture en pleine canicule
. La bande-annonce laisse penser que le film opèrera un focus sur le moment exact du drame, cherchant à comprendre comment cela a pu arriver. Mais non, la chronologie spoiler: est plus conventionnelle : l'avant-drame, le drame, et ses longues conséquences
. C'est donc avec une certaine surprise et déception que je me suis vu traverser ce drame sans trop d'encombres. spoiler: Les larmes coulent à flots ensuite, ce qui n'est pas très intéressant.
Les dernières séquences, spoiler: à savoir le procès (avec ses explications pertinentes) et le pardon, sont davantage réussies.

L'ensemble du récit est fondé sur une mise en scène très sophistiquée, non seulement par ses longs plans séquences, mais aussi par ses mouvements de caméra très complexes. Le but est de nous plonger dans la psychè des personnages, de dramatiser la scène, de suggérer des métaphores à la situation. C'est relativement réussi, mais parfois surfait. La cinéaste prétend avoir choisi un quidam pour construire ce drame, mais l'homme n'est pas si banal que cela, si l'on considère son exceptionnel villa de luxe. On est d'ailleurs surpris qu'il roule dans des voitures aussi désuètes, surtout si l'on considère l'importance de la voiture dans ce film...
Bref, un bon film, mais pas renversant, en cette année où rien de très convaincant ne sort. Le cinéma chinois semble avoir disparu, et les Européens ne sont pas très inspirés. Reste juste un film nigérian vraiment beau : Un jour avec mon père. Dommage.
Pascal
Pascal

256 abonnés 2 469 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 juin 2026
La cinéaste évoque un phénomène dont je n' avais jamais entendu parler celui du " syndrome de l'enfant oublié ".

On est ici dans un trou de souris. Le parent maltraitant en raison d'une déconnexion soudaine de son cerveau qui provoque par effet de domino, la mort de son enfant.

J' aurais beaucoup de critiques très sévères à émettre à l'égard d'un script qui à mes yeux n'est ni fait, ni à faire.

La démonstration me semble problématique : elle se contente de nous dire " voilà, le syndrome de l'enfant oublié ça existe, c'est documenté ".

On oublie sa montre, on oublie son enfant de deux ans pendant plusieurs heures dans sa voiture par temps de canicule, au point de provoquer sa mort : selon les dialogues - c'est la même chose au plan neurologique ! ( C'est bien dit dans le film ! ) et c'est un sacré mais alors un sacré raccourci.

La vérité judiciaire ( autrement dit ici l'absence de condamnation à une peine de prison ), puis le fait que l'épouse souhaite un autre enfant avec ce père, ça doit aussi en conclusion boucler la boucle auprès du spectateur, suffire à transmettre le message et le convaincre.

Quant à la mère qui veut de nouveau avoir un enfant avec cet homme, la aussi il y a un thème à traiter, mais pas du tout abordé.

Réalisé de façon banale, mais intéressant en ce qu'il met en avant un phénomène neurologique rare, suscite la réflexion et...des recherches complémentaires sur le sujet.

Vu au Trois Luxembourg
Jerome
Jerome

50 abonnés 198 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 juin 2026
Film terrifiant sur la solitude et la détresse d'un couple affrontant la pire des douleurs ; juste, sombre et bien fait, on en ressort ébranlé par tant de réalisme tragique.
Arthur Brondy

301 abonnés 1 490 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 juin 2026
Michal et Zuzka forment avec leur fille Dominika une sorte de famille parfaite. Tout semble leur sourire : réussite professionnelle, économique. Mais un jour de canicule, tout bascule. Un drame vient plonger la famille dans une crise profonde. C’est assez fort, aidé par une réalisation efficace avec plusieurs plans séquences.
Saltabanque22
Saltabanque22

27 abonnés 122 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 janvier 2026
Avec Father, Teresa Nvotová livre un film poignant qui s’attaque frontalement à un sujet brûlant. La réalisatrice installe une atmosphère lourde et oppressante, qui accompagne le spectateur tout au long du récit et renforce la portée émotionnelle de l’histoire. La mise en scène, volontairement sobre et tendue, plonge dans une ambiance pesante où chaque silence et chaque regard comptent. Father est un film éprouvant mais nécessaire, qui marque par sa force, sa gravité et son engagement.
Richard...
Richard...

4 abonnés 96 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juillet 2026
Film slovaque très bien réalisé et avec un thème original. Ça fait réfléchir sur nos habitudes qui peuvent nous jouer de mauvais tours et sur notre jugement de l'autre... J'en dis pas plus... Mais c'est un film qui impacte et fait réfléchir....
Isa Colantonio
Isa Colantonio

3 abonnés 5 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mars 2026
Un sujet de société, bouleversant et très bien amené . Vu dans le cadre des rencontres cinématographiques à Salon de Provence.
Sylvere
Sylvere

4 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 juillet 2026
C'est la canicule, il fait 37° en Slovaquie. Cette histoire est tirée d'un véritable fait divers, mais la même chose a déjà eu lieu dans bien des endroits du monde. Relaté dans les journaux et faisant les gros titres, suscitant l'effroi et l'incompréhension, Il s'agit du syndromes du bébé oublié. Michal, jeune papa commence sa journée comme n'importe quelle autre, mais elle va prendre une tournure sinistre à la suite de cet événement traumatisant.
Le TSPT conduit ce père ravagé dans un parcours de reconstruction, mais .......
Un très beau film plein d'émotions.
Yves G.

1 853 abonnés 4 056 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 mai 2026
Certains spectateurs tiennent à aller voir un film sans en rien savoir. A ceux-là tout particulièrement je déconseille la lecture de ma critique qui évoquera l’événement dramatique qui survient au bout de la première demi-heure : la mort dramatique de Dominika, l’enfant de deux ans à peine de Michal et de Zuzka, que son père n’a pas, comme il en est pourtant persuadé, laissé à la crèche sur le chemin de son travail, mais oublié sur le parking du journal qu’il dirige et où elle s’est déshydratée et a trouvé la mort.

"Father" est un film slovaque, qui se déroule dans une ville du centre du pays, Nitra, et qui raconte un drame effroyable. Comment peut-on oublier son enfant sur le siège arrière de sa voiture ? Une désinvolture aussi criminelle, aussi inhumaine, choque le sens commun. La psychologie a analysé cette situation et a forgé le concept déculpabilisant de « syndrome du bébé oublié ». Notre cerveau, confronté à une multiplicité de tâches concurrentes, hallucine parfois et s’imagine avoir réalisé des tâches qu’il effectue automatiquement. Ainsi de Michal, particulièrement stressé ce matin-là par une succession d’appels téléphoniques, qui croit avoir déposé sa fille à la crèche alors qu’il n’en a rien fait.

La mise en scène d’une telle affabulation pose un problème délicat au cinéma. Car la caméra montre. Elle nous montre par exemple des flashbacks du personnage du roman et du film d’Emmanuel Carrère, "La Moustache", persuadé d’avoir rasé sa moustache. Dans "Father", la caméra suit Michal à chaque instant de ce trajet fatidique. S’est-il ou non arrêté à la crèche ? Il en est persuadé. La réalité hélas démontre le contraire. Se pose au réalisateur un défi dont, je trouve, il se sort mal dans ce film : que montrer ?

Le film aurait pu se focaliser sur la mort de Dominka. Il aurait pu, à la "Rashomon", prendre en charge plusieurs points de vue, pour en révéler l’atroce simplicité. Mais tel n’est pas le choix de la réalisatrice Tereza Nvotová, venue à Paris le mois dernier présenter son film en avant-première. La mort de Dominika est le sujet de la première partie du film. Ses répercussions sur Michal, foudroyé de chagrin, sur Zuzka, tout aussi effondrée, et sur leur couple sont le sujet de la seconde. Cette partie-là est moins convaincante que la précédente. Car son enjeu est moindre : quelle réaction deux parents peuvent-ils avoir à une mort aussi idiote et aussi affreuse sinon la culpabilisation et l’effondrement ?

Le film essaie sans succès de retrouver de l’intérêt à sa toute fin avec le procès de Michal, poursuivi pour homicide involontaire. Mais là encore, l’enjeu est mince : Michal ayant déjà reçu la plus cruelle des peines avec la mort de sa fille et la culpabilité qui ne le quittera jamais, la question de son éventuel emprisonnement constitue un enjeu bien futile.

Outre cette construction bancale, "Father" souffre d’un autre défaut. Sa réalisatrice y fait montre d’une ébouriffante dextérité en racontant l’histoire avec des plans-séquences d’une incroyable complexité. La première scène, depuis le footing matinal de Michal jusqu’à la découverte du cadavre de Dominika sur le siège arrière de son 4×4 est filmée en un seul plan. Cette qualité devient un défaut si elle ne se met pas au service de l’histoire. Le recours au plan-séquence aurait été plus convaincant si le sujet s’était focalisé sur la mort de Dominika. Il l’est moins lorsque l’histoire se prolonge quelques semaines, quelques mois plus tard jusqu’au procès de Michal.
Coric Bernard

460 abonnés 852 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 avril 2026
Tiré d’un fait divers tragique et réel, cette réalisatrice slovaque a très bien adapté ce drame familial atroce. Sa manière de filmer ce père qui a tué involontairement et par omission, est très efficace. Elle a su traduire avec un fort réalisme l’enfer psychologique qu’a subi ce père avec de longs plans séquences judicieux. Pour cela, elle a été bien aidée par l’interprète du rôle du père qui joue remarquablement. On suit avec passion et intérêt ce drame.

Bernard CORIC

(Film visionné en projection de presse le 21/04/2026 au Club Marbeuf à PARIS )
vidalger

378 abonnés 1 314 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 mai 2026
Un film extrêmement émouvant qui interroge subtilement le spectateur sur sa propre attitude face à un tel drame. Après les scènes d’exposition, le drame qui frappe cette famille fait démarrer effectivement le film et plonge dans le désarroi intime de ces parents frappés dans leur chair, dans les conséquences en chaîne et dans les mécanismes de culpabilité.
Le procès qui s’ensuit donne une tournure au film qui désarme en grande partie les tensions exacerbées du début du film qui, dès lors, perd en partie son intérêt. Excellente interprétation.
Direct-actu.fr

387 abonnés 515 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 mai 2026
Présenté comme l’un des drames européens les plus marquants de ces derniers mois, Father de Tereza Nvotová impressionne autant par sa maîtrise formelle que par sa violence émotionnelle contenue. Le film s’attaque à un sujet extrêmement sensible, celui d’un drame familial capable de pulvériser en quelques secondes une existence entière. Pourtant, la réalisatrice refuse constamment le sensationnalisme. Elle préfère observer les conséquences invisibles, celles qui rongent lentement les êtres humains bien après le choc initial.

Michal (Milan Ondrík) et Zuzka (Dominika Morávková) apparaissent d’abord comme un couple ordinaire, avec ses habitudes, ses automatismes et son équilibre fragile. Puis le récit bascule progressivement dans une forme de vertige psychologique. Tereza Nvotová construit alors une expérience profondément immersive où le spectateur est enfermé dans la perception du personnage principal. Les longs plans-séquences participent énormément à cette sensation d’étouffement. La caméra semble respirer avec les personnages, suivre leurs hésitations, leurs silences et leurs moments de rupture intérieure sans leur laisser le moindre espace de fuite.

L’une des grandes forces de Father réside dans sa manière de traiter la culpabilité. Le film ne cherche ni à manipuler l’émotion, ni à imposer un jugement moral simpliste. Il montre plutôt comment une conscience humaine peut devenir un espace de destruction permanente. Les sons du quotidien, les objets les plus ordinaires, les trajets habituels prennent peu à peu une dimension anxiogène. Le travail sonore devient alors essentiel dans la construction du malaise. Chaque respiration, chaque bruit mécanique ou silence prolongé participe à cette impression de fracture mentale progressive.
Milan Ondrík livre une performance particulièrement impressionnante par sa retenue. L’acteur évite les débordements démonstratifs pour privilégier quelque chose de plus intérieur, presque dissocié. Face à lui, Dominika Morávková apporte une douleur différente, plus silencieuse, mais tout aussi écrasante. Le film observe ainsi un couple qui tente encore d’exister malgré un traumatisme qui contamine désormais chaque interaction.

Au-delà de son sujet, Father interroge surtout la fragilité du cerveau humain et la manière dont un événement peut modifier définitivement notre rapport au réel. Sans jamais tomber dans le voyeurisme, Tereza Nvotová signe une œuvre lourde, oppressante et profondément humaine, qui laisse derrière elle un malaise durable bien après la projection.
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