Father
Note moyenne
3,8
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Fabien M.
Fabien M.

2 abonnés 6 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 avril 2026
Au cœur du long-métrage, l’interprétation principale est un véritable tour de force. Le protagoniste habite l'écran avec une vulnérabilité désarmante, incarnant un père tiraillé entre ses erreurs passées et un désir désespéré de connexion. C'est cette authenticité qui rend le film si déchirant : on ne regarde pas des acteurs, on observe des âmes en quête de lumière.
Coric Bernard

463 abonnés 865 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 avril 2026
Tiré d’un fait divers tragique et réel, cette réalisatrice slovaque a très bien adapté ce drame familial atroce. Sa manière de filmer ce père qui a tué involontairement et par omission, est très efficace. Elle a su traduire avec un fort réalisme l’enfer psychologique qu’a subi ce père avec de longs plans séquences judicieux. Pour cela, elle a été bien aidée par l’interprète du rôle du père qui joue remarquablement. On suit avec passion et intérêt ce drame.

Bernard CORIC

(Film visionné en projection de presse le 21/04/2026 au Club Marbeuf à PARIS )
Cinememories

604 abonnés 1 677 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 avril 2026
"Un matin de canicule, un père oublie son enfant dans une voiture. De ce drame silencieux, Tereza Nvotová tire, avec Father, non pas un récit de faute, mais une question qui nous traverse tous : jusqu’où sommes-nous à l’abri de nous-mêmes ? [...] C’est donc une cinéaste aguerrie, à l’œil acéré et à la sensibilité éprouvée, qui s’attaque avec Father à l’un des sujets les plus délicats qui soit : le syndrome du bébé oublié. Le point de départ est un fait réel, celui d’un ami du coscénariste Dušan Budzak, et c’est cette proximité charnelle avec le drame qui donne au film sa texture particulière — jamais clinique, jamais voyeuriste. Mais Nvotová ne se contente pas d’un traitement sobre du sujet : elle radicalise la forme en tournant l’intégralité du film en plans-séquences, dispositif casse-gueule s’il en est, qu’elle assume avec une maîtrise remarquable."

"L’immersion est immédiate. Ce recul apparent brise toute intimité suspecte avec le personnage, mais refuse également tout filtre interprétatif : on découvre Michal tel qu’il est, dans son énergie, son amour pour sa famille, son stress professionnel, ses petites impatiences. Un père présent, un mari attentif, un cadre sous pression — où chaque interaction avec autrui sonne parfois comme une intrusion dans une routine déjà surchargée. Nvotová filme la distraction du quotidien avec une crédibilité et un timing quasi irréprochable : le spectateur est rapidement emporté dans le flux des enjeux que Michal empile un à un, jusqu’à une saturation qui se devine inévitable et irréversible."

"Tout part d’un détail en apparence anodin — Michal qui rentre d’un footing. À l’image de cette activité très mécanique, le film décortique son environnement familial et professionnel dans ses moindres détails — la radio qui tourne pendant la douche, la voiture, les gens qui s’agitent autour de lui pour réclamer attention ou affection — afin de construire une proximité empathique solide avant que tout ne s’effondre. Le travail sonore est essentiel à cette expérience sensorielle. La musique de Pjoni amplifie la douleur, la solitude, l’angoisse et la confusion, créant des instants suspendus que le retour brutal du réel vient chaque fois interrompre. Le dispositif souffre néanmoins d’une légère entorse à sa propre fluidité : une séquence où Michal regarde au bureau une vidéo de vacances en famille arrive chargée d’une signification trop explicite."

"En épousant le seul point de vue de Michal sans jamais s’en détacher, le dispositif empêche tout contrechamp émotionnel, toute respiration dans un autre regard. Là où Victoria tirait sa force du mouvement, de la fuite en avant, de l’adrénaline collective d’une nuit berlinoise, Father s’impose une contrainte plus ingrate — la reconstitution d’une journée ordinaire, dont l’ordinaire précisément résiste à l’emphase formelle, surtout dans la seconde moitié du récit. On voit également peu de conflits ouverts face aux jugements des proches ou des inconnus : cette pression extérieure — la honte entretenue par les médias, l’ostracisme social — reste ici à la périphérie du récit, à peine effleurée."

"Malgré tout, Father est un film qui tient ses promesses les plus exigeantes — et c’est précisément ce qui rend ses renoncements sensibles. Le plan-séquence y est moins un exploit technique qu’une éthique du regard : cette manière de ne jamais quitter Michal des yeux sans pour autant le juger, d’être au plus près sans s’insinuer, de filmer la catastrophe depuis l’intérieur d’une conscience ordinaire. Nvotová signe là son œuvre la plus maîtrisée formellement, et l’une des plus courageuses dans ses choix — quand bien même ce courage a un prix, celui d’un récit enfermé dans un seul axe de regard, privé des contrechamps qui l’auraient ouvert sur l’autre. Car ce que le film touche, en creux, dépasse l’accident et le fait divers : la terreur sourde de se découvrir capable de trahir ce qu’on aime le plus, la culpabilité comme vertige universel — celle de tout être qui a un jour senti, l’espace d’un instant, ses valeurs lui échapper. On sort du film avec une image tenace : non pas celle de la faute, mais celle d’un homme mis à nu, dans toute sa faillibilité — et c’est déjà, en soi, un geste rare."

Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
Isa Colantonio
Isa Colantonio

3 abonnés 5 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mars 2026
Un sujet de société, bouleversant et très bien amené . Vu dans le cadre des rencontres cinématographiques à Salon de Provence.
Saltabanque22
Saltabanque22

29 abonnés 129 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 janvier 2026
Avec Father, Teresa Nvotová livre un film poignant qui s’attaque frontalement à un sujet brûlant. La réalisatrice installe une atmosphère lourde et oppressante, qui accompagne le spectateur tout au long du récit et renforce la portée émotionnelle de l’histoire. La mise en scène, volontairement sobre et tendue, plonge dans une ambiance pesante où chaque silence et chaque regard comptent. Father est un film éprouvant mais nécessaire, qui marque par sa force, sa gravité et son engagement.
FaRem

10 613 abonnés 11 744 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 décembre 2025
Peut-on vivre avec le sentiment d'avoir commis le pire ? Sous une chaleur écrasante, Michal commence sa journée comme n'importe quelle autre, mais elle va prendre une tournure sinistre à la suite d'un événement traumatisant. De longs plans jusqu'à cette terrible prise de conscience qui fait basculer sa vie à jamais. Ce moment aussi glaçant qu'effroyable est le point culminant du film et comme pour Michal, on se demande comment Tereza Nvotová peut continuer après ça. Ce n'est pas tant le fait de continuer l'histoire, mais surtout sous quel angle, car le sujet est très délicat. La réalisatrice s'en sort bien avec un traitement nuancé qui ne l'accable pas, et il n'a besoin de personne pour cela, mais qui ne le dédouane pas non plus. Si l'affaire devient publique et que tout le monde devient juge, c'est avant tout une histoire personnelle et complexe sur le plan émotionnel et relationnel. C'est la grande réussite de Tereza Nvotová qui livre un film puissant et humain sur cet impossible deuil et sur le sentiment de culpabilité et de honte.
traversay1

4 518 abonnés 5 436 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 mars 2026
Cela se passe à Nitra, à l'ouest de la Slovaquie, mais la même chose a déjà eu lieu, en d'autres circonstances, dans bien des endroits du monde. Le fait divers que raconte Father est de ceux qui sont relatés dans les journaux, suscitant l'effroi et la sidération, au minimum, en réaction à ce qui peut être qualifié de crime ou d'accident, selon sa propre sensibilité. Pour son récit, rempli de tensions et de sentiments mélangés, Tereza Nvotová, dont les deux premiers longs métrages ne méritaient pas de passer inaperçus, notamment Sans jamais le dire, a opté pour de longs plans-séquences, qui montrent la pression du quotidien d'un couple dans une vie partagée entre famille et travail, avant de scruter avec acuité l'intime, après le basculement dans un cauchemar qui n'a rien de climatisé. Notons au passage que le synopsis du film révèle beaucoup trop de l'intrigue, alors que le choc est bien plus fort quand on ne sait rien de son sujet. Ce qui est admirable, c'est la manière dont la cinéaste nous attache à son personnage principal et à ses failles, trouvant une empathie à son égard, alors qu'il aurait été plus simple de le condamner sans aucune autre forme de procès. Cela ne le dédouane pas de son acte, mais participe à un jugement qui n'est pas lapidaire. Milan Ondrik, qui est de la plupart des plans, réussit la prouesse de ne jamais surjouer, en particulier dans l'émotion, et contribue à rendre passionnante et viscérale cette descente aux enfers personnelle.
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