Anna Novion a réalisé ce film en oubliant les conseils de Flaubert et Stendhal: coupez, châtrez, amaigrissez la copie. Bon c’est dit. L’idée scenaristique est bonne, on vibre et on croit à cette jeune mathématicienne qui galère. Hélas la seconde partie est un peu assommante de formules de maths à rallonge. Et on voit venir le dénouement de très loin. Daroussin qui est à la ville le compagnon de Novion a du se retenir de la conseiller. Dommage on aurait gagné en vivacité.
Immersion dans les mathématiques (de haut niveau !) avec une étudiante quelque peu coincée (spoiler: ça s’arrangera un peu au fil du scénario) étudiant la conjoncture de Goldbach : tout nombre entier pair supérieur à 3 peut s’écrire comme la somme de deux nombres premiers. Le spectateur lambda n’aura sans doute jamais entendu parler de ça ! Ne rien y comprendre n’empêche pas de suivre et de partager les affres de l’héroïne éponyme du titre. Et comme si ce premier thème empreint de mystère algorithmique ne suffisait pas, il y en a un deuxième : le Mah-Jong, un jeu chinois « comme le poker mais avec moins de hasard » nous dit un dialogue. Moins de hasard, c’est davantage de mathématiques. Notre étudiante chercheuse va donc y exceller. Après documentation, ce jeu est plus proche du rami que du poker. Toujours est-il que, comme le poker, on nous laisse entendre qu’il se pratique comme jeu d’argent dans les arrières boutiques du quartier chinois à Paris. Idéal pour notre jeune adulte, sans trop le sou, pour payer le loyer de la colocation. Si on ne pige rien à ce qui sert de trame ou de fil conducteur, peu importe. Suivre Marguerite à la quête de son théorème mais aussi peut-être d'une autre vie que les mathématiques obsessionnelles chez elle n’est pas inintéressant. Et ce n’est sans doute pas demain la veille qu’on aura un autre film sur la conjoncture de Goldbach ni le Mah-jong, avec idéalement davantage d'explications grand public à l’appui cette fois.
Eh bien voilà que le cinéma commence à s'intéresser aux mathématiques, à y voir une certaine poésie et une source de dramaturgie. Il y a 3 mois, sortait "La voie royale" film sur une brillante élève se frottant aux difficultés présentées par la filière maths sup, maths spé. Aujourd'hui sortie de "Le théorème de Marguerite" sur une élève de Normale Sup préparant une thèse de mathématiques sur un sujet particulièrement ardu, la démonstration de la conjecture de Goldbach, assertion mathématique formulée en 1742 par le mathématicien allemand Christian Goldbach, et toujours pas démontrée depuis. Dans les 2 films, à rebours de la stupide croyance qui voudrait que les filles ne sont pas bonnes en mathématiques, le "fort en maths" est une matheuse. Dans la première partie du film, on a même l'impression que Marguerite n'est pas autre chose qu'une matheuse, avec un comportement proche de l'autisme qui la voit se balader en chaussons dans les couloirs de l'Ecole Normale Supérieure qu'elle considère comme étant sa maison. Des évènements vont progressivement faire d'elle une autre jeune femme, toujours mathématicienne de haut niveau mais beaucoup plus adaptée à une vie sociale et affective. Tout d'abord, ce qu'elle ressent comme une humiliation lorsque, dans une présentation de son travail à un public de spécialistes, sa démonstration est mise à mal par un étudiant, lui aussi très brillant. Se considérant lâchée par son directeur de thèse suite à ce couac, elle démissionne de Normale Sup. Sa rencontre avec Noa, une passionnée de danse dont elle va devenir la colocatrice, va lui montrer qu'il peut y avoir autre chose que les maths dans la vie. Enfin, un rapport sexuel réalisé uniquement pour le plaisir va lui faire prendre conscience que rester en permanence en position de dominée n'est pas souhaitable et qu'on peut trouver son compte en passant en position de dominante. La franco-suédoise Anna Novion est une réalisatrice rare, mais talentueuse. Seulement 2 longs métrages de cinéma avant "Le théorème de Marguerite" : l'excellent "Les grandes personnes" en 2008, l'excellent "Rendez-vous à Kiruna" en 2013. En fait, tout en étant un très bon film, "Le théorème de Marguerite" est peut-être un peu moins excellent que les 2 précédents : la faute à un petit coup de mou dans la période entre la démission de Marguerite et le moment où elle reprend du poil de la bête après son aventure sexuelle. Peut-être aussi parce que, à tort ou à raison, les équations mathématiques carrément "jetées" sur les murs peints en noir de l'appartement occupé par Marguerite et Noa donnent vraiment l'impression d'être quelque peu folkloriques et, surtout, sans véritable rapport les unes avec les autres. Présent en tête d'affiche dans les deux premiers films d'Anna Novion, Jean-Pierre Darroussin interprète ici un rôle moins important, celui du professeur et chercheur Laurent Werner, le directeur de thèse très ambigu de Marguerite. La comédienne franco-suisse Ella Rumpf est magistrale dans le rôle de Marguerite (Hoffman). Le comédien belge Julien Frison, pensionnaire de la Comédie Française, est excellent dans le rôle de Lucas Savelli, l'autre étudiant très brillant. Quant à Sonia Bonny, l'interprète de Noa, elle est une magnifique découverte pour ce qui est sa première apparition dans un long métrage de cinéma.
Très bon film d'Anna Novion où il est intéressant de suivre le parcours évolutif de Marguerite , qu'interprète à la perfection Ella Rumpf , malgré son caractère obsessionnelle pour les mathématique et avec un comportement à la limite de l'autisme !
Marguerite est chercheuse à l’ENS. Mais une erreur dans un de ses raisonnements mathématique la pousse à jeter l’éponge après plusieurs années de sacrifices. Elle décide de changer de vie radicalement en découvrant une passion pour le Mah Jong. En parallèle, elle décide malgré de poursuivre ses recherches pour démontrer un théorème jamais résolu. Elle va alors compter sur le soutien d’un jeune confrère ambitieux… C’est passionnant, joli, et le casting est génial. Mention spéciale à Julien Frison.
Chapeau bas pour la réalisatrice Anna Novion qui signe un film admirable et jubilatoire sur un thème peu accessible: la recherche en mathématiques. Les acteurs principaux sont vraiment exceptionnels car ils parviennent à nous faire ressentir les excitations incroyables qu’ils peuvent éprouver lors de leurs recherches si complexes, mais aussi les profondes angoisses liées aux éventuels échecs des hypothèses qu’ils émettent. Sans parler de l’humour entourant ces cerveaux hors-norme : excellent !
une fille coincée, lunette, cheveux gras, fan de math va découvrir qu'elle a besoin d'un mec pour que sa vie sois complète. on est pas dans un sketch mais bien dans un film qui se prend aux sérieux. bourrées à rebord de clichés, ridicule dans sa réalisation, personnage extrêmement creux, inintéressant et impossible à aimer, extrêmement prévisible. à part quelques vannes qui sauve un nauffrage totale, tout le film est un clichés embulant d'un gros ennuie. bon pour finir dur m6 à coter des telefilm et de comédie romantiques
Un très beau film, touchant, avec une belle mise en scène, une qualité d'image dingue et une touche de feminisme sans excès. Les plans avec les formules mathématiques aux murs sont incroyablement esthétiques. Tous les acteurs sont d'une grande justesse et notamment Ella Rumpf qui crève l'écran.
Un peu perdue de vue ces dernières années, après des débuts prometteurs, Anna Novion revient avec un feel good movie dont le sujet risque de rebuter le grand public, et ce serait dommage, à savoir la quête obsessionnelle de son héroïne pour prouver la fameuse conjecture de Goldbach. Ce n'est pas qu'il soit nécessaire d'avoir fait Maths Sup pour apprécier Le théorème de Marguerite mais s'intéresser à une jeune femme qui vit, mange et dort dans la recherche mathématique n'est pas en soi un sujet éminemment sexy. Et pourtant, grâce à une interprète étonnante, Ella Rumpf, le film nous attache à son caractère presque autiste, comme en sont dotés certains HPI. Les esprits chagrins diront que tout est cousu de fil blanc dans la progression dramatique et que cette boss des maths finira bien à un moment ou à un autre par s'ouvrir un tant soit peu au monde extérieur et à l'amour, comme de bien entendu, pour un succédané de comédie romantique. Tant pis pour eux, ils n'auront pas vibré devant la folie de ce personnage, si éloigné du commun des mortels, que cela soit dans l'exécution d'équations à vitesse supersonique (ce sont les effets spéciaux du film, en quelque sorte) ou dans des parties de Mah-jong qui remplacent de manière très efficace les habituels poker ou échecs. Il n'existe aucune formule certaine au cinéma pour assurer du succès d'un film mais il serait dommage de se priver du plaisir de gourmet de savourer celui-ci, sous prétexte qu'il traite de mathématiques, matière qui en a traumatisé plus d'un à l'école (votre serviteur en fait partie).