Le Nid familial
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Cadreum
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59 abonnés 776 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 janvier 2026
Qui est le film ?
Le Nid familial est le premier long métrage de Béla Tarr, réalisé en 1979, au cœur d’une Hongrie socialiste fatiguée par l'inaccessibilité de ses promesses. On l’a longtemps regardé comme un film de jeunesse, un objet encore maladroit, surtout à l’aune du Tarr tardif, celui des plans séquences dilatés et de son pessimisme légendaire. Pourtant, Le Nid familial mérite d’être pris au sérieux pour ce qu’il est vraiment :

Par quels moyens ?
D’abord par l’espace, où l’appartement apparaît comme une structure de contrainte, un organisme saturé qui étouffe ceux qui l’habitent. L’absence d’intimité transforme la moindre interaction en épreuve. Quant à la famille, elle est conçue comme un dispositif de domination : les rapports y sont hiérarchiques, figés, traversés de surveillance et de ressentiment. Chacun y occupe une place assignée, sans possibilité d’échappée. Tarr montre ainsi comment la violence sociale se rejoue à l’échelle domestique, faisant de la famille le relais le plus efficace de l’oppression.

La mise en scène adopte un réalisme brutal. Caméra à l’épaule, cadres serrés, montage sec. Rien n’adoucit le regard. Ce réalisme n’a rien de naturaliste au sens empathique. Il expose juste. Cette frontalité produit une forme de malaise car il nous place face à des comportements mesquins, violents, humiliants, sans offrir de distance protectrice.

Le temps, déjà, est un problème central. Le Nid familial est un film hystérique par moments mais il donne paradoxalement le sentiment d’une stagnation absolue. Les scènes se répètent, les conflits reviennent sous des formes à peine modifiées. Il n’y a pas de progression dramatique classique. Ce que Tarr installe, c’est l’idée d’un présent perpétuel, usant, sans débouché. L’absence d’horizon est peut-être le moteur le plus tragique du film. Les personnages parlent parfois d’avenir, de départ, de solution. Mais aucun hors champ ne semble crédible. Politiquement, le film ne montre ni dirigeants ni institutions. Il montre le manque de logement, la dépendance économique, l’attente qui deviennent des forces invisibles mais omniprésentes.

Quelle lecture en tirer ?
Un film âpre, inconfortable, parfois rude à regarder, mais essentiel pour comprendre d’où vient le cinéma de Béla Tarr.
Pascal
Pascal

253 abonnés 2 400 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 mai 2022
La ressortie en salles, de trois films de la première partie de la carrière du cinéaste Hongrois Bela Tarr, tous réalisés avant la chute du camp socialiste en Europe de l'Est, est captivante pour tous les aficionados du réalisateur et pour ceux qui veulent découvrir la naissance d'un talent précoce et hors norme.

"Le nid familial" son premier opus, se rattache au cinéma de vérité sociale à cheval entre la fiction et le documentaire.

Au travers de conversations quasi ininterrompues entre ses personnages, Tarr nous montre la vérité intime de la société Hongroise de l'époque.

Très intéressant et profond en ce que "le nid familial" dévoile au scalpel, au travers des aleas familiaux vécus par une famille, les hypocrisies d'un système et d'une société où comme écrivait le philosophe Alain, dans ses réflexions générales sur la nature humaine :" n'écoutez pas ce qu'ils disent, regardez ce qu'ils font."

Filmé en noir et blanc, en plan serré, parfaitement interprété, bluffant de réalisme ( Pialat aurait, je pense, apprécié " le nid familial "), c'est une oeuvre vraiment réussie.

Si l'on cherche des comparaisons ( j'ai lu que certains critiques professionnels citaient les premiers films de Fassbinder, d'autres Cassavetes ( ces comparaisons sont pertinentes ), mais je proposerai pour ma part, plutôt les premiers films de Kenneth Loach et notamment "family life", dont les points de convergences avec " le nid familial " sont nombreux.

Si lors de la réalisation de ce film, le regard du cinéaste se portait avant tout en direction de la Hongrie, plus tard dans sa carrière, alors qu'il avait voyagé dans le monde entier, son point de vue ( ses constatations ?) qu'il exprimait dans ce premier opus s'était élargi au monde entier. :" Finalement la vie est la même partout" dira t il parfois.

Il ne faut pas en déduire que pour Bela Tarr la vie est une abdication. Non. Son œuvre conte la persévérance de l'être, quitte pour cela à ce qu'il attende la parousie ou à s'épuiser dans des croyances illusoires.

"Le nid familial " était déjà la première illustration formidable de la philosophie existentielle du talentueux réalisateur.
stebbins

563 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 janvier 2008
Une claque ! Le Nid Familial est le premier film d'un génie du cinéma : Bela Tarr. Alors âgé de 22 ans, le réalisateur hongrois tourne ce petit chef d'oeuvre en quatre jours seulement. Il en résulte un film qui semble avoir été fabriqué dans l'urgence, mais qui respire la vie d'un bout à l'autre. On pense à John Cassavetes et à son Faces ( nombreux gros plans épousant sans fioritures les visages des personnages, situations intimistes qui ne sombrent jamais dans la psychologie de bazar... ) et l'on ressent déjà l'amour que porte Bela Tarr pour le 7eme Art. Le Nid Familial est avant tout un film social qui traite des difficultés de la cohabitation entre les membres d'une même famille. Il parle également du comportement vénal de l'être humain ( à travers le personnage du beau-père ) qui considère l'argent comme une finalité pour son existence. La musique du Nid Familial est à l'image du film : vivante et entraînante, elle offre l'une des plus belles séquences du film ( celle de la fête foraine, moment de poésie pure dans lequel le couple semble trouver un exutoire, le temps d'un après-midi... ). Un excellent premier essai, à la fois sombre et mélancolique, mais jamais emphatique. Bela Tarr est un dieu vivant !
Iloonoyeil
Iloonoyeil

87 abonnés 367 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 octobre 2024
Bonjour tout le monde,

Béla Tarr est un cinéaste étonnant et fort brillant dans la mise en place des plans séquences , intenses et étalés dans le temps.
Ici , le format presque carré de ' l'image accentue la sensation d'étouffement dans un appartement trop peuplé.

Notons la science de Béla Tarr pour filmer , de très près, les visages des protagonistes qui souffrent et se suspectent..............

Le petit format de l'image, additionné à des plans séquences des visages filmés de très prêt, fait jaillir un regard authentiquement social et humaniste. Nous avons la sensation du documentaire dans ce film de fiction ! Chapeau à l' artiste!

Bela Tarr est , en somme, le maître du temps au fil de son premier long métrage où fleurissent les fameux plans séquences qui font sa renommée et son originalité.

Bien à vous.

Gérard Michel
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 mai 2012
Pour son premier long métrage Béla Tarr frappe fort. Caméra portée, noir et blanc blafard, gros plans sur des visages fatigués, point de vue proche du documentaire, sujet social et difficile... On est encore loin du style qu'il adoptera avec «Damnation» (longs plans-séquences, noir et blanc contrasté, étirement du temps, etc.), mais on remarque déjà son sens du cadre, sa façon sincère de filmer les acteurs sans sombrer dans le misérabilisme ou le voyeurisme. D'autant plus qu'il se risque à aborder les travers du communisme hongrois en dépeignant la situation d'alors, dans un soucis d'objectivité louable : difficile de trouver une meilleure façon que la sienne pour montrer à tous le cruel échec de la « politique sociale » soviétique sans pour autant tomber dans la caricature. Un film humain et poignant, remarquable pour un premier coup d'essai! [2/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
GabbaGabbaHey
GabbaGabbaHey

241 abonnés 1 583 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 avril 2012
Un tres bon film de Bella Tarr, annonciateur d'une grande carrière. Certes, "Le Nid Familial" est tres loin du niveau des chefs d'oeuvre a venir de ce réalisateur, mais il reste un drame d'une intensité mémorable, plongeant le spectateur au coeur de l'intimité d'une famille rongée par la précarité du début a la fin. Un tres beau film, extrêmement prenant.
Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 735 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mars 2026
Je découvre le cinéma de Béla Tarr par son premier long métrage : Le Nid Familial

Dès le départ, j'ai su que j'allais passer un très bon moment. Le film nous plonge dans l'intimité de cette famille auquel s'ajoute des problèmes sociétaux, familiaux de la vie de tous les jours. (Un prémisse au cinéma des frères Dardenne)

Mais la force de ce film, c'est sa mise en scène qui l'accompagne : Bela Tarr laisse la caméra respirer : Une seule coupe ; plan fixe puis zoom etc... En faisant cela, il sublime l'émotion de ses personnages.

À la fin, on a l'impression de vivre un documentaire tellement cela se dégage à travers l'écran

Une excellente découverte
Aleks K.
Aleks K.

2 abonnés 3 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 12 avril 2022
Mais qu'est-ce que je me suis ennuyé !! J'ai dû lutter tout le film contre l'endormissement. Que c'est bavard ! Que de dialogues ou de monologues, peu intéressants. Une grosse déception. Je ne dois pas être BélaTarr-ophile.
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