L'intégralité du film est marqué par une certaine lenteur, certaines répétitions, superflues ou d'un style old school, et le tout baigne dans une atmosphère agathacristienne très, trop traditionnelle, mais en même temps sans réelle saveur. Il ne faut s'attendre à aucun renouvellement du genre, hormis des libertés d'effets de prise de vue, qui visent à rendre l'espace oppressif, à le marquer par la folie, ceci en déformant les lignes droites en lignes courbes, par l'usage de l'ultra grand angle ou le cadre en plongée.
La musique est excessivement présente au long de ce thriller assez bon enfant ce qui, paradoxalement, nuit à l'attention requise pour saisir la complexité des échanges oraux.
En matière de jeu, Keneth Branagh offre une bonne prestation, usant très justement de l'anglais marqué par l'accent français mais son rythme accuse la plupart du temps une lenteur pesante. Kelly Reilly joue médiocrement, pour ne pas dire assez mal. Michelle Yeoh s'avère impressionnante de magnétisme
mais son personnage est de courte durée.
Le petit Jude Hill incarne un enfant-adulte crédible, sans non plus épater. Le personnage de Camille Cottin est là pour faire diversion. Jamie Dornan est lui assez convainquant dans un rôle plutôt difficile et Kyle Allen joue juste le beau gosse, Maxime Gerard.
La notation négative du film tient à trois aspects : d'une part, une mise en scène et un montage décevants, de médiocre qualité, accompagnés d'effets (visuels et sonores) appuyés jusqu'à l'overdose, d'autre part l'existence de dialogues vieillots, le tout déployés sur un rythme lancinant, peu réaliste, enfin l'exposé de l'intrigue lui-même, qui fait trop rappeler un bouquin, qui n'est pas assez cinématographique ; en effet, j'ai personnellement deviné, dès la première demi-heure, qui était le meurtrier de la fille. Par la suite, l'histoire tend à brouiller les pistes, par des anecdotes et des attitudes déroutantes, mais finalement c'était bien ça. Donc... Bon... C'est un film à petit effet, intéressant pour son décor, le cadre vénétien et certains jeux de personnages. On dirait un film covidien (très huit-clos, avec des enfants) financé pour relancer le tourisme à Venise. En gros, le film est poussif, vite oubliable.