Quand il entame, le tournage du « Meilleur » de Barry Levinson en 1984, Robert Redford est parvenu à un tournant de sa carrière. Sa collaboration avec Sydney Pollack, déjà pleine de cinq films, ayant déjà donné ses meilleurs fruits, il s’est décidé en 1980 à entamer une carrière parallèle de réalisateur avec « Des gens comme les autres » qui lui a valu sa première et unique récompense aux Oscars en 1981. Ses grands films étant désormais derrière lui, sa carrière d’acteur va lentement décliner, l’acteur n’acceptant pas facilement d’endosser les rôles de son âge. « Le meilleur », film typiquement ancré dans l’âme américaine car consacré à la grande geste du base-ball, sport roi aux Etats-Unis fournit justement à Redford l’archétype des rôles de beau gosse vieillissant qui de « Out of Africa » de Sydney Pollack, « Proposition indécente » d’Adrian Lyne et « Personnel et confidentiel » de Jon Avnet, jusqu’à « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux » en 1998 où il se dirige lui-même complaisamment face à Kristin Scott-Thomas, le verront tout doucement s’acheminer vers une caricature de lui-même. Barry Levinson encore débutant doit bien sûr se plier à l’exercice qui consiste à mettre en valeur la plastique encore parfaitement opérante de celui qui avec la complicité des producteurs semble s’être figé dans le rôle de « Gatsby le magnifique » (Jack Clayton en 1974). Puisant dans toute la mythologie du base-ball où les héros pullulent, le scénario inspiré du roman éponyme de Bernard Malamud, tire habilement (un peu trop sans doute) toutes les ficelles du mélodrame lacrymal qui voit le sportif surdoué, fauché (Barbara Hershey sublime en archange de la mort) avant même d’avoir pu connaître la gloire, renaître de ses cendres vingt ans plus tard pour mener une équipe de seconde zone vers les sommets du classement national. Le tout parsemé de rebondissements destinés à embellir toujours un peu plus l’image du héros revenu de tout mais trouvant à chaque fois l’énergie pour rebondir et enfin trouver l’amour. On a sans aucun doute connu scénario plus subtil mais la qualité de la photographie de Caleb Deschanel ajoutée au casting de choix qui entoure Redford au sein duquel on détachera tout particulièrement Wilford Brimley campant un entraîneur bougon mais rempli d’humanité et Robert Prosky en Président de club corrompu jusqu’à l‘os, contribuent à rendre le film touchant par la naïveté champêtre qu’il dégage par instant. Les spectateurs américains y ont été sensibles qui se sont rendus en grand nombre dans les salles. En Europe, le film n’a pas connu le même succès.
Récit très classique dans son évolution, cette ode au sport national américain et à son potentiel épique (en ne lésinant ni sur les effets de mise en scène symbolique ni sur les tirs invraisemblables ni sur l'accumulation d'obstacles) suit la renaissance athlétique d'un homme brisé (un Robert Redford trop âgé pour le rôle) mais s'attache aussi à dénoncer les manipulations, corruptions et enjeux financiers à l'oeuvre en coulisse. Hymne aux valeurs traditionnelles qui s'incarnent de façon antithétique dans des personnages assez manichéens, cette histoire (qui transforme un fait divers terrible en rêve optimiste) de seconde chance se pare de romances désabusées empruntant soit à la comédie dramatique soit au film noir. Passable, dispensable.
Le baseball, ce sport étrange, présenté ici sans perdre le néophyte dans des termes techniques, et c'est heureux ! Le sport est le prétexte à parler de transmission entre générations, à la paternité, à l'influence des femmes sur les hommes, celles qui les subliment et celles qui les détruisent, du travail. Ainsi Roy Hobbs (Robert Redford) a entendu enfant son père lui dire : "Tu as un don naturel et il faut le cultiver. Tu dois constamment t'améliorer. Si tu tables trop sur tes dons naturels, tu n'arriveras à rien." On pouvait s'attendre à un long développement sur ce sujet. Au contraire, une rencontre dans un train, d'une femme aux motivations inexpliquées, fait prendre un autre chemin au héros. Les scènes de match sont remarquables par les efforts pour reconstituer l'ambiance des années 1930 dans les stades. Dans la version française que j'ai vue, bizarrement plusieurs répliques ne sont pas doublées, ce qui est assez étrange. Notons deux rôles féminins de poids avec Kim Basinger qui ressemble à Marylin Monroe et Glenn Close pour une fois du côté des gentils. Au final, beaucoup de bonnes choses, mais certains points surprenants qui déroutent le spectateur.
Fan de baseball et de Redford, il l'était difficile de passer à coté plus longtemps. Énième volet d'une success-story à l'Américaine, le réalisateur n'évite pas toutes les grosses ficelles du genre. L'histoire ne nous transporte pas complètement malgré l'immense talent de tous les acteurs.
Un film méconnu de Redford qui mérite pourtant son pesant de moment forts. L'époque originale et un sport peu vu au cinéma nous donnent le moyen de nous plonger dans un monde inconnu pour la plupart des spectateurs. L'histoire de ce sportif génial mais malheureux qui tente son come-back improbable dans le monde sans pitié de la jeunesse et de la corruption. Un grand film humain et familial.
A part certains films de boxe il y a peu de bon film sur le sport mais celui ci fait partie de lot, d'assez bonne qualité. Succes-story à l'américaine, Levinson n'arrive pas a évité les grosses ficelles du genre mais le scénario est pas mal et le casting, ainsi que l'interprétation générale convaincante.
Barry Levinson, c'est un peu le spécialiste des films ressemblant plus à de pauvres téléfilms tant son ressenti cinématographique est proche du néant, et il le prouve encore une fois avec The Natural. L'histoire de ce joueur de baseball aurait difficilement pu être plus mal racontée, il n'y a absolument aucune cohérence dans la narration, les scènes s'enchainent de façon complètement hachée, sans aucune cohésion, sans ligne directrice claire, et pour ne rien arranger, certains points du récit sont vraiment très difficiles à saisir, que ce soit par exemple la carrière du joueur qui reprend le baseball 18 ans après avoir arrêté, ou son niveau de jeu fluctuant en fonction de sa situation amoureuse. De plus, le film est affreusement plat à l'image des personnages sans dimension ou des scènes de match sans émotions, sans ambitions, agrémentées de ralentis quelque peu ridicules et d'une musique grandiloquente bien dispensable. Bref The Natural est bien typique du réalisateur américain, un film d'un niveau au ras des pâquerettes, qu'on se fera une joie d'oublier aussitôt terminé.
Ayant pour aube un horrible drame, on commence par suivre ce merveilleux biopic d'un champion sur les rangs avec enthousiasme et puis nous nous déconnectons assez facilement - peut-être aggressés par le potentiel? - d'une oeuvre quelque peu lassante pour ses mimics & ses signes répétitifs d'un sport typiquement américain. Vraiment pour amateurs.
Pour moi, Le Meilleur, c'est sans aucun doute le plus chouette des films sportifs ! J'ai du le voir 10 fois, et à chaque fois, je me régale. C'est peut-être totalement irréaliste, m'en fous pas mal, parce que quand même, quel pied quand la balle se déchire, quand l'horloge explose ou quand le feu d'artifice final éclate dans une pluie de lumière tombant sur les épaules de notre beau champion. Robert Redford est parfait, et donne une furieuse envie de taper dans la balle avec la Wonderboy ! Super film je vous dis !
Un film... à moitié raté/réussi. Deux pièges, essentiellement, que Barry Levinson n'a pas su éviter. Le premier était de tenter d'adoucir la lourdeur scénaristique d'une adaptation trop directe d'un roman, somme toute, assez médiocre, l'idée de départ était pourtant excellente mais les péripéties s'enchainent tristement sans surprise. Le second, on l'imagine pour avoir Redford et Close un maximum à l'écran, est de leur faire jouer leur personnage respectif à l'age de 20 ans ; alors que les acteurs avaient déjà allègrement franchi la quarantaine (voir 50 ans pour Redford) à l'époque du tournage. Même bien conservés, ils restent difficilement crédibles dans la peau de post-adolescents. En définitive, "le meilleur" du film réside dans deux ou trois séquences oniriques comme la scène de l'horloge explosée, accompagnées par la musique, proprement sublime, de Randy Newmann. Partition qui aurait merveilleusement illustré une œuvre de John Ford tant sa dimension émotionnelle et son style grandiose évoque l'age d'or du Hollywood des grands espaces.
Le début semble proposer une intrigue intéressante et pendant une bonne partie du film des petits éléments semblent se mettre en place pour un final surprenant. Hélas s'était trop beau et on a droit au bout du compte à un dénouement basique sans grand relief. Malgré tout le film reste agréable à suivre avec une partie sportive pas trop envahissante et bien sûr un excellent casting qui aurait pu être mieux exploité je pense en particulier à Glenn Close.
1984 marque le retour de Robert Redford devant la caméra après avoir réalisé en 1980 "Des gens pas comme les autres", un long métrage couronné de succès, obtenant ainsi l'Oscar du meilleur film et de la meilleure réalisation. C'était donc, une première de le voir enfin sur grand écran ! Bercée par "Nos plus belles Années, Propriété Interdite, La poursuite Impitoyable, L'Arnaque, Les trois du jours du Condor ou encore Jeremiah Johnson, "Le Meilleur" réalisé par Barry Levinson, ramène l'acteur au cœur de l'action, et non pour nous déplaire ! Le Base Ball en fil rouge, le jeune Roy Hobbs promis à un avenir prometteur, réussira-t-il à trouver le chemin de la gloire dans cette Amérique des années 30 ? Une distribution de choix ! A voir sans modération !
Evidemment, il ne faut pas attendre beaucoup de nuances d'un tel film. Car le but est tout autre : susciter le rêve. Le rêve d'être le meilleur champion de tous les temps d'une discipline sportive. Roy Hobbs est un peu le Thomas Muster ou le Marco Pantani du base-ball. Il revient de nulle part après un accident qui aurait dû le priver de sport à tout jamais et gagne tout. Pour incarner ce champion au talent d'origine presque divine, Robert Redford a sans conteste la carrure et porte ce film à côté d'un Robert Duvall comme on l'aime. Bref, un film de genre qui fait rêver ou auquel on n'accroche pas du tout. Moi, il m'a fait rêver...