Pearl
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Cadreum
Cadreum

91 abonnés 853 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 juin 2025
Qui est le film ?
Pearl est le deuxième volet de la trilogie amorcée par X (2022), œuvre rétro-slasher où l’Amérique puritaine rencontrait l’industrie naissante du cinéma porno. Ici, Ti West revient à la source : à Pearl, l’antagoniste âgée de X, pour en raconter la genèse. Loin de simplement combler les blancs, Pearl redessine tout le spectre du monstre en en faisant une héroïne tragique.

Le film se situe en 1918, dans une Amérique confinée, cernée par la grippe espagnole et les échos d’une guerre lointaine. Pearl vit dans une ferme claquemurée, aux côtés d’un père paralysé, d’une mère autoritaire, et de fantasmes trop grands pour sa vie. Elle rêve d’évasion, de lumière, d’un destin de star. Sur le papier, Pearl se présente comme un conte horrifique narrant la naissance d’un monstre. Mais ce qui est promis, c’est moins la peur que la zone instable où le rêve tourne lentement au délire.

Que cherche-t-il à dire ?
Pearl est un film sur l’irréconciliable : entre le dedans et le dehors, le rêve et la condition, le désir d’image et l’exclusion sociale. Ce n’est pas tant un film sur la folie que sur le besoin d’être reconnue, reconnue non comme marginale, mais comme sujet digne de figurer dans le récit collectif. Pearl ne tue pas par cruauté, mais par abandon. Ce qu’elle ne supporte pas, c’est d’être de trop, hors-champ, surnuméraire.

Le projet du film est clair : il cherche à déployer une tragédie du regard. Pearl veut être regardée, non seulement vue, mais désirée dans ce qu’elle projette d’elle-même. Le cinéma, ici, n’est pas simple toile de fond. Il est promesse brisée, trou noir où les aspirations échouent. Le monstre que devient Pearl est le symptôme d’un monde qui n’a pas de place pour elle, et qui refuse de la lui faire.

Par quels moyens ?
Dès les premiers plans, Ti West adopte la grammaire formelle des mélodrames des années 1950 : musique lyrique, palette saturée, panoramiques soyeux, générique sur fond rouge. Cette esthétique "trop belle" produit un effet de surenchère presque toxique. Le cadre promet une fable enchantée, mais c’est une illusion. La tension du film repose précisément sur cette dissonance : plus l’image est éclatante, plus le récit s’enfonce dans l’obscurité morale. Le style devient piège : ce n’est pas un film lumineux, mais un film surexposé.

S'en suit, l'audition dans la petite église locale, préparée comme un sommet du film, est en réalité un échec doux, irréconciliable. Pearl danse, elle croit y être. Elle entend des applaudissements dans sa tête. Mais le jury lui dit non. Un non impersonnel, administratif, presque poli. Ce moment, traité sans effet d’emphase, est l’effondrement du film : Pearl ne sera pas choisie, pas parce qu’elle est mauvaise, mais parce qu’elle est inadéquate. Parce qu’il fallait "une fille blonde". L'horreur sociale passe par là.

A partir de là, la violence de Pearl n’est jamais décorative. Elle surgit dans l’économie interne du récit, comme réponse à un trop-plein ou à une limite infranchissable. Chaque meurtre est une manière de rétablir un équilibre fictif, de reprendre le contrôle sur une vie minuscule. Quand elle tue sa mère dans la cuisine, c’est la loi du foyer qu’elle abolit. Quand elle tue Mitzy, c’est la préférence sociale qui explose. Mais cette violence ne délivre rien. Elle laisse Pearl plus seule encore, plus proche de sa propre image délirante.

Le plan de fin, inoubliable, tient sur un seul mouvement : Pearl regarde la caméra, fige son visage en un sourire maladroit, forcé, et le maintient pendant un temps interminable. Ce n’est pas un clin d’œil au spectateur. C’est une tentative désespérée d’apparaître comme on l’a toujours rêvé : radieuse, digne, vue. Mais ce sourire se tord, vacille, tremble. Il devient grimace, puis masque. La caméra continue de tourner, mais la vérité fuit. C’est un plan de cauchemar, parce qu’il ne coupe jamais.

Où me situer ?
Je suis sorti de Pearl avec la sensation d’avoir vu un film plus cruel que sanglant, plus tragique que terrifiant. Ce qui m’a touché, c’est la manière dont Ti West prend au sérieux une figure de cinéma que l’on aurait pu laisser à la caricature : la vieille tueuse de X devient ici une enfant abîmée par le manque d’amour, par le non-accès à l’image.

Quelle lecture en tirer ?
Pearl est un film sur le désajustement radical entre l’intériorité d’un être et le monde dans lequel il tente de se projeter. C’est une tragédie du regard, où le monstre n’est pas l’Autre, mais le moi impossible à reconnaître. Pearl veut être dans le film, être l’image, être celle qu’on choisit, qu’on aime, qu’on regarde. Elle finit hors de tout, seule, enfermée dans le cadre qu’elle a rêvé et que personne ne lui a jamais offert.

Ti West signe ici un mélodrame horrifique qui n’accuse personne, qui n’excuse pas non plus. Il montre une société qui produit ses monstres par saturation de normes, par refus des dissemblances. C’est un film sur la solitude des âmes déviantes, sur l’enfer des rêves mal logés, sur la violence douce d’un monde qui sourit au mauvais visage.
CloakBack
CloakBack

15 abonnés 479 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 juin 2025
Une fille, une ferme, une soif de gloire sanglante : l’horreur en Technicolor.

Pearl, c’est X sans le slasher, mais avec l’âme en plus.
Pas de meurtres chorégraphiés, juste une jeune femme coincée dans une ferme, qui rêve de cinéma… et qui glisse lentement vers l’irréversible.

Pearl rêve de briller. Son rêve est naïf, enfantin, et totalement déconnecté du réel. Et c’est justement ce rêve impossible qui la ronge.
Le film montre que l’idéal hollywoodien "si tu veux, tu peux" peut devenir un piège cruel pour ceux qui n’ont ni les moyens, ni l’équilibre pour y parvenir.

Pearl n’est pas seulement instable : elle est isolée, frustrée, mal aimée. Sa mère la contrôle, son père est muet, son mari est à la guerre. Et elle étouffe dans cette ferme comme dans un cercueil à ciel ouvert.
Elle regarde le monde de la danse avec des étoiles dans les yeux… mais ce monde la refuse. Alors elle bascule.

Tout repose, un peu trop peut-être, sur Mia Goth. Elle incarne Pearl comme une enfant coincée dans un corps d’adulte, le sourire figé, la colère au bord des lèvres.
Son long monologue final n’est pas un simple aveu : c’est un cri étouffé, un moment suspendu, glaçant.

Ti West filme avec soin : couleurs saturées, décors vintage, musique de mélodrame… presque trop léché parfois. On aime ou on n’aime pas, mais ça donne une vraie signature esthétique au film.
Le rythme est lent. L’horreur tarde à venir. Ce n’est pas un slasher, mais un drame psychologique. Le malaise vient de l’intérieur, pas des effets.
Les amateurs de frissons classiques risquent d’être frustrés.

Mais Pearl a une vraie voix. C’est le portrait d’un monstre en devenir. On ne s’y attache pas vraiment, mais on comprend ce qui l’a menée là.
C’est un film psychologique, baroque, troublant. Il parle de la folie, mais surtout de ce qui la fabrique : les rêves brisés, l’absence d’amour, la violence du silence.

C’est une tragédie intime déguisée en conte sanglant.
Non pas l’histoire d’une étoile qui brille… mais celle d’une étoile qui brûle. Lentement. Jusqu’à tout embraser.
Marc Taton (Belgique)
Marc Taton (Belgique)

44 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 juin 2025
Ce film bien que préquelle de "X", se démarque par son ton très différent. Il évoque le début du Magicien d' Oz avec son décor, un épouvantail, et surtout l'actrice principale, Mia Goth, qui incarne une version complètement déjantée de Dorothy. Sa performance est fabuleuse, et la réalisation du film est vraiment originale et soignée.
Raph
Raph

9 abonnés 163 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 avril 2025
"Pearl à rebours !"

Avant "X", son excellent hommage à "Massacre à la Tronçonneuse" de Tobe Hooper, le réalisateur Ti West ("The House of the Devil", "The Innkeepers") avait su garder au frais, une préquelle intitulée "Pearl". Pour l'occasion, Mia Goth ("Infinity Pool"), l'actrice principale de "X" remontait le temps jusqu'en 1918. En reprenant le rôle de Pearl (la vieille fermière meurtrière et libidineuse), avec cette fois-ci un rajeunissement de 60 ans, Ti west nous fait enter dans l'esprit malade de la jeune fille, au moment où Howard son mari est sur le front en France. Condamnée à s'occuper de son père infirme et sous le joug d'une mère tyrannique, Pearl s'invente une vie de danseuse star, mais sous les oripeaux d'une Julie Garland (le long-métrage ose d'ailleurs une pure référence au film "Le Magicien d'Oz" de 1939), se cache une folie meurtrière entretenue par une éducation stricte et une frustration perpétuelle. D'ailleurs, la jeune femme n'hésite pas à nourrir un énorme alligator (que l'on reverra dans "X"), avec certains animaux de la ferme. Les terres du Texas - qui une fois n'est pas coutume - sont parsemées de couleurs chatoyantes et saturées comme dans un monde idéalisé par l'héroïne principale dans lequel elle parle aux bétails - seront à nouveau le berceau d'un massacre en devenir. Sadique, bourré d'humour noir, déroutant et nauséabond, "Pearl" nous étonne et Ti West nous étonne tout autant en continuant d'explorer avec talent, les tréfonds de l'âme humaine avec dans sa besace, un certain cinéma de genre qui prend corps dans les années 70 et 80.
GyzmoCA

316 abonnés 2 733 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 mars 2025
Ty West nous propose avec Pearl un prequel intriguant et décalé du film X, qui avait déjà marqué les esprits par son audace gore. Ce volet revient sur le personnage éponyme, Pearl, cette vieille dame excentrique qui, dans le premier film, laissait déjà présager une folie indomptable. Le réalisateur choisit de mettre en lumière sa muse, qui avait incarné Maxime dans le premier volet, et on comprend rapidement pourquoi : elle a co-écrit le rôle et offre une performance d’actrice stupéfiante.

D’une part, son visage enfantin, presque juvénile, nous surprend par sa capacité à évoquer l’innocence, comme une adolescente gambadant dans les herbes, tandis que d’autre part, lorsqu’elle se met en colère, son regard se fait terrifiant et glaçant. Ces contrastes saisissants confèrent au personnage une profondeur psychologique qui n’est pas sans rappeler une introspection douloureuse et fascinante. Le décor, fidèle à celui du premier film, est superbement mis en valeur, renforçant l’atmosphère inquiétante qui imprègne toute la réalisation.

Si Pearl s’inscrit dans la lignée des films d’horreur actuels, souvent uniformément produits, il se démarque par une vision personnelle et un style affirmé. Même si quelques passages laissent à désirer par leur rythme ou leur manque d’innovation narrative, le film parvient globalement à se positionner en tête de peloton dans son genre.

Pour les amateurs d’horreur et de films qui osent marier esthétique, performance d’acteur et une touche de bizarrerie subtile, cette trilogie de Ty West mérite amplement le détour. Je me réjouis d’ailleurs déjà à l’idée de découvrir le troisième et dernier volet.
chrischambers86

16 250 abonnés 13 234 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 février 2025
Reconnaissons la maitrise d'un Ti West ètonnamment douè, qui, en l'espace d'une sèquence d'anthologie, se hisse visuellement à la hauteur des cinèastes de demain! Que l'on aime Mia Goth de film en film sans doute parce qu'elle prend un malin plaisir à ne jamais se laisser enfermer dans un rôle! Surprenante, fascinante, hallucinante, bouleversante, sa performance donne ici tout son sens à "Pearl" (2022), second volet d'une trilogie qui n'en finit pas de dètonner! L'actrice n'a pas son pareil pour exprimer le pathètique et la folie, spoiler: stimulant parfois tous ses sens avec un èpouvantail!
C'est même l'une des raisons pour lesquelles son interprètation est aussi marquante, spoiler: plus particulièrement dans la scène de l'audition ou dans son très long monologue avec Emma Jenkins-Purro!
On n'a en tête la « Dorothy Gale » de Oz qui plonge dans une sorte de folie destructrice! Et on se demande où Ti West va nous emmener avec "MaXXXine" (2024)...
Emywood
Emywood

3 abonnés 190 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 février 2025
Superbe film, belle réalisation, actrice principale sensationnelle ...
Pearl est tout de même en dessous de X et au dessus de Maxxxine.
A voir après X si possible, pour avoir toutes les données ;)
Simon Assal
Simon Assal

3 abonnés 10 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 février 2025
Mais c'est génial !! Après avoir eu de la peine pour cette fille, le film installe un ton macabre, glauque et dérangeant. Tout est bien réalisé, défois un peu cliché mais ça donne un certain charme un peu naîf qui est appréciable. Une fille qui voulait briller mais spoiler: qui, finalement, va tout charcuter
. Bon j'ai eu à peine quelques frissons. Mais le sourire de l'anti héroïne, à la fin, m'a glacé le sang, et le film est divertissant. spoiler: On prend presque notre pied à voir que sa vengeance marche tout en sachant l'impact dévastateur que cela inclus.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 30 janvier 2025
Je n’accroche réellement pas avec cette « série » de film de type « série B » de la part de ce réalisateur.
X était stupide et lent. Celui-là et juste stupide mais un poil moins chiant même si j’arrive pas à cerner. Quelques messages intéressants mais ça en ait agaçant. Cependant Mia Goth nous délivre une prestation très intéressante avec diverses scènes remarquables.
DreamyFramesSeeker
DreamyFramesSeeker

23 abonnés 138 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 janvier 2025
"Pearl" souffre d'un rythme déséquilibré, marqué par un démarrage interminable qui épuise rapidement l'intérêt du spectateur avant d'atteindre son climax. Bien que l'esthétique soit soignée et que Mia Goth livre une performance remarquable, le film aurait gagné en intensité et en impact en adoptant le format d'un court-métrage. La première heure, inutilement étirée, affaiblit fatalement l'ensemble. Cependant, le film propose une réflexion intéressante sur les représentations de la féminité et la quête d'émancipation, ce qui peut résonner particulièrement auprès du public féminin.
moubemou
moubemou

2 abonnés 34 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 janvier 2025
Film d’horreur qui suit Pearl, jeune femme tourmentée dans une ferme bien propre, entre une mère dévote extrêmement dure et un père totalement infirme. Ambiance malsaine, saillies gores mais surtout une interprétation démente de Mia Goth, magistrale en sociopathe névrosée , terrifiante dans sa robe rouge. Le final pendant le générique de fin est glaçant.
Le pirate 70
Le pirate 70

7 abonnés 113 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 janvier 2025
Agréablement surpris, film original très bien réalisé et très bien joué un peu à la hitckock rien à dire chapeau... Hate de voir les 2 autres 4 sur 5 mérité
Gustave Aurèle
Gustave Aurèle

189 abonnés 2 678 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 30 décembre 2024
L'histoire avance laborieusement au rythme du rêve de son héroïne. La photographie est joliment colorée.
ganache subite
ganache subite

8 abonnés 4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 décembre 2024
Pearl est le deuxième film de la trilogie d'horreur de Ti west. Selon moi c'est d'ailleurs de loin le mieux réussi. En effet même si l'œuvre globale est très bien pensée, ce film d'horreur psychologique se démarque. Il dérange et c'est parfaitement réussi. Gros big up à Mia Goth l'actrice principale qui est parfaite dans ce rôle
Mickaël P
Mickaël P

1 abonné 6 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 28 octobre 2024
Mouais, film ennuyant avec des longueurs... Bon point pour l'actrice principale qui joue très bien. Pour le côté angoissant on repassera, un peu de gore par ci par là... pour frissonner il faudra allez voir ailleurs.
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