Avec "Une année difficile", le duo Toledano/Nakache s'attaque à des thèmes d'une brûlante actualité : le surendettement, la surconsommation et le militantisme écologiste. Si l'intention est louable et le résultat assez drôle, le film laisse une impression en demi-teinte, peinant à trouver le juste équilibre entre la légèreté de la comédie et la gravité de son sujet.
La grande force du film réside, comme souvent avec les réalisateurs, dans sa capacité à mêler comédie et drame social. Porté par un trio d'acteurs impeccable, le film est drôle par moment. L'alchimie entre Pio Marmaï et Jonathan Cohen, en losers magnifiques dépassés par les événements, fonctionne à merveille et offre des moments de comédie savoureux. Leurs dialogues font mouche, et le film parvient à faire rire de situations pourtant tragiques, sans jamais tomber dans la méchanceté.
Pourtant, malgré ces qualités, le film peine à convaincre totalement. En voulant aborder de front des sujets aussi complexes, le scénario reste malheureusement trop en surface, manquant de mordant et de profondeur. La critique de la société de consommation est bien présente, mais elle est si gentillette qu'elle en perd de son impact. De plus, l'intrigue suit un chemin très convenu et prévisible, où l'on devine sans peine les rebondissements à venir, ce qui affaiblit la portée du propos.
Cette impression est renforcée par un ton qui semble hésiter constamment entre la farce, la chronique sociale et la romance. Ce manque d'équilibre crée un rythme inégal, où certaines scènes plus faibles peinent à maintenir l'énergie insufflée par les moments de pure comédie. Au final, "Une année difficile" se regarde sans déplaisir, mais laisse le sentiment d'un film sympathique qui n'est pas à la hauteur de ses ambitions, ni de ses thématiques puissantes.