Un jeune soldat arrive à l'école d'officier, dès les premières minutes on constate deux choses. La première est qu'on s'interroge sur la véracité de l'admission où comment un jeune de 18 ans peut entrer en école d'officier sans bagage au lieu d'être plus logiquement soldat du rang ?! La seconde est que la visite médicale est étrange, une première humilitiation ou est-ce une véritable méthode médicale ?! Le début du film est assez classique mais on remarque très vite les humiliations, les instructeurs qui savourent leur statut de "petits chefs", les codes plus ou moins officiels en vigueur au sein de l'institution... etc... Souvent dans les films il s'agit d'un abus de pouvoir d'un homme ou deux alors que le film suppose et suggère que cet apprentissage agressif serait en fait systémique. Le pamphlet est évident sur une institution gangrénée par des méthodes institutionnalisées qui semblent reposer sur une multitude de bizutages. On a bien du mal à y croire car pourquoi et comment y voir une utilité ou un bénéfice sur la formation et le mental des futurs officiers ?! Etrange... Mais finalement le plus intéressant reste la mise en scène, une mise en scène sèche et austère tout en mêlant les songes et cauchemars du personnages, qui matérialisent ses peurs et ses doutes sous le regard silencieux et mystique d'une sculpture de dieu aztèque. Site : Selenie.fr
Un film assez éprouvant finalement, fait de brimades, d'injures, de violence dans l'armée, qui doit former des gens très endurcis donc rendus esclaves par leurs supérieurs...C'est filmé avec brio, avec une "musique" de fond, qui ressemble à un perpétuel bourdonnement, finissant par angoisser ses témoins, nous les spectateurs....Le site de l'armée est magnifique, un ancien temple aztèque niché dans les collines...Cela donne parfois de réelles émotions...Qu'on oublie aussitôt pour se retrouver emprisonner moralement par cette discipline de fer, presque absurde, car on se demande, in fine, quelle est sa finalité ? Protéger la nation ? J'en retiens que le Mexique est un pays en souffrance, et que l'armée dans tout cela est l'arbre qui cache la forêt....Tout cela je me répète est assez éprouvant, une femme a crié lors d'une scène.....Je conseille sans insister, cela reste du bon cinéma mexicain....Hors des sentiers battus......
Violent et macabre, le film de David ZOZANA reste tout de même assez particulier, dans son rythme, et dans sa logique d'acheminer le glauque au sein de l'armée mexicaine, mais tétanise par une maîtrise de la mise en scène et de l'ambiance, qui fascine
Pour subvenir aux besoins médicaux de sa mère un jeune garçon intègre un collège militaire dans un ancien site aztèque. Lui et les nouveaux arrivants sont surnommés les « poulains » et soumis au bizutage viriliste et cruel des anciens élèves. L’héroïsme ce n’est pas celui des valeurs transmises ni celui des instructeurs qui reproduisent bêtement ce qu’ils ont subi quelques années auparavant. Mais plutôt celui d’un fils prêt à accepter toutes les humiliations dans le seul but de soigner sa mère.
Voici le second film de David Zonana après un premier essai très remarqué par la critique mais sorti confidentiellement à l’été 2020, crise sanitaire oblige, intitulé « Mano de Obra ». Le cinéaste est un compatriote et un collaborateur récurrent de l’un des plus grands cinéastes mexicains en activité et probablement le plus excitant à l’heure actuelle si on accroche à son style clivant. On lui doit pas mal de pépites telles que le magistral « Despues de Lucia », l’excellent « Sundown », la claque « New Order » (inédit en France) ou, plus récemment, le plus apaisé et émouvant « Memory » son premier film en langue anglaise avec Jessica Chastain. Il s’agit de Michel Franco. Et c’est souvent Zonana qui produit ses films alors Franco lui rend la pareille en produisant les siens. Sauf que si le style du poulain/collègue ressemble (voire copie) celui du maître/collègue, il ne lui arrive pas à la cheville. Comme si Zonana reprenait l’art de Franco mais avec un résultat low-cost, sans âme et sans brio. Franco façonne son art toujours à la frontière entre la maestria et l’esbrouffe et s’il se positionne quasiment toujours dans la première catégorie, son copycat -si on peut l’appeler ainsi - va plutôt se loger dans la seconde malheureusement avec ce « Heroico » qui ennuie plutôt qu’il n’envoûte ou marque les esprits.
Dans un style encore plus sec, il nous immerge au sein de l’armée mexicaine avec ce long-métrage qui aurait fait trembler le gouvernement mexicain comme le scande l’affiche de manière racoleuse. Forcément, vu la peinture sombre, malsaine et décadente qu’il en fait, c’est évident que l’armée n’a pas dû apprécier. D’ailleurs on se demande souvent s’il ne force pas le trait avec ces séquences montrant des gradés effectuant les pires humiliations et bêtises sur les jeunes recrues. On sait que les films dans l’armée ou au sein de prisons, quand les hommes se retrouvent entre eux dans un cadre dévoué à l’ordre et punitif, c’est un peu la panacée que de montrer des rapports de force, de domination et de soumission. Mais ici, c’est presque poussif voire idiot et gratuitement malaisant. On sent que Zonana veut choquer pour choquer contrairement aux films de Franco qui sont écrits avec finesse, que ce soit au niveau des personnages aux enjeux. Ici, pas vraiment d’intrigue, des personnages semblables à des ombres désincarnées et une succession de séquences chocs de cet acabit qui n’atteignent pas leur but. On a même du mal à voir un quelconque propos ou un début de morale. Quant aux séquences oniriques, elles n’apportent rien à « Heroico » et le rende encore plus vain. On retiendra une mise en scène travaillée mais là, encore, elle n’a rien non plus de sensationnel tout juste perçoit-on la déshumanisation dans ce type de microcosme où de jeunes hommes vont pour gagner un peu d’argent et une couverture sociale. Alors on s’ennuie quelque peu devant cet ersatz latino de « Full Metal Jacket » ou « Dog Pound » sauce minimaliste, crue et sans âme.
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Ce film mexicain violent est un véritable pamphlet contre l’armée de ce pays. Il raconte l’histoire de ce jeune qui intègre une école militaire pour réussir dans sa vie. Le réalisateur démontre dans son film les pratiques très violentes de cette académie militaire où ce jeune mexicain va finir par s’affirmer tragiquement et héroïquement.
Tout juste entré au collège militaire du Mexique, Luis expérimente la vie d'un bizut dans cette grande institution qui forme les futurs officiers de l'armée mexicaine. Très vite apprécié par ses supérieurs, il est associé à des combines pas très nettes et ressent un fort sentiment d'être coupé en deux entre son envie de justice pour ses camarades et son besoin de ne pas faire de vagues pour profiter de la mutuelle pour sa mère. En salle le 17 avril.
spoiler: "Heroico" s'inscrit dans la dénonciation assez récente et partout dans le monde des pratiques de bizutage existant dans les écoles militaires. Le film est intéressant car démarre avec une image très classique et factuelle du quotidien des jeunes hommes, avant de prendre un parti plus original mixant rêve et réalité au fur et à mesure de l'impact psychologique sur Luis, faisant douter le spectateur sur la scène finale : a-t-elle vraiment lieu ? Dommage que la psychologie du sergent ne soit pas plus explorée, il reste un salaud jusqu'à la fin du film sans nous donner d'indice sur les raisons d'un tel comportement.
La version mexicaine de Full Metal Jacket mais version psychologique beaucoup plus dur. Dans une école d'officier militaire du Mexique. Nous sommes avec une jeune recrue. Qui va être sans le vouloir dans un couleur de l'enfer avec ses supérieurs. Énorme pression psychologique. Des supérieurs sadique. Lui qui pensait sortir de la misère avec un bon emploi. Sa morale sera remis vite en question au fil de l'histoire du film. Il y des scènes qui marque.
Je ne connaissais pas du tout le réalisateur de ce film mexicain (David Zonana), mais je crois que c'est quelqu'un à suivre.
Avec cette histoire de formation de jeunes militaires, on prend une sacrée claque. Ils subissent un entraînement rigoureux, mais surtout spoiler: des brimades de plus en plus dégueulasses de la part d'une bande de sous-officiers, les plus odieux de la caserne.
Trois amis se sont engagés en même temps. Pour eux, l'armée est synonyme d'avenir stable (sur le plan professionnel) et d'espoir, en rejoignant une organisation qui lutte contre le Mal (la délinquance et les narco-trafiquants). Le trio est inégal : l'un est plutôt réfléchi, passe-muraille, hyper prudent. Le second a un fort caractère. C'est le plus costaud (au plan physique), mais le plus rebelle. Le troisième, Luis, semble plus fragile sur le plan physique, mais aussi très déterminé sur le plan moral : il a besoin de ce qui est pour lui un boulot.
Une relation ambiguë s'instaure entre l'un des gradés et cette recrue. Le réalisateur nous maintient volontairement dans un entre-deux, créant un certain suspens, jusqu'à la séquence finale, très forte.
Drame social mexicain. Un jeune homme de 18 ans entre au Collège militaire mexicain, afin d'acheter des médicaments pour sa mère malade et étudier. Les nouvelles recrues y subissent brimades, humiliations, violences verbales et physiques, parfois juste suggérées. Dominations des supérieurs avec une certaine jouissance, corruption et meurtres.
Filmé dans un superbe décor ! Une tension permanente, un film violent jusqu'au dégoût. Fin nauséeuse.
Somptueux Heroico Heroico est un film bouleversant de David Zonana, réalisateur mexicain de trente-quatre ans. De ceux qu’on n’oublie pas, à l’instar de Midnight Express. Le corps sec, les yeux en amande, le regard toujours triste, Santiago Sandoval Carbajal interprète magnifiquement Luis, jeune recrue aux racines indigènes à qui sa hiérarchie a promis le salut par le fer. Sa paye de militaire permet de soigner la Mama gravement diabétique. Dans un effort de tous les instants, Luis se donne donc le courage de supporter l’insupportable. Le jeu trouble de son supérieur hiérarchique fera-t-il basculer le film ? David Zonana a eu l’audace de faire parler la grande muette. Au Mexique, une telle ambition a séduit. Cinq-cent-mille Mexicains se sont précipités dans les salles. Carton plein. #heroico #davidzonana #santiagosandovalcarbajal Plus de critiques sur www.ericdugelay.com
Sii l'engagement dans l'armée dans une intention d'ascension sociale n'a rien de nouveau, ce héros la manque singulièrement de motivation et erre dans un scénario improbable et sous une réalisation mollassonne.
"Heroico" plonge le spectateur dans un univers militaire brutal et oppressif à travers les yeux du jeune Luis, dont le désir de sauver sa mère le conduit à s'engager dans l'armée. Le film expose de manière percutante les abus de pouvoir, la violence et les humiliations qui règnent au sein de l'institution militaire. Situé au Mexique, l'un des pays les plus violents d'Amérique centrale, le récit soulève des questions troublantes sur les origines et la propagation de la violence, laissant planer une atmosphère sombre et inquiétante. L'acteur principal offre une performance remarquable, tandis que les magnifiques paysages de l'académie militaire, située sur un ancien site aztèque, ajoutent une dimension visuelle saisissante. En somme, "Heroico" est un film puissant et poignant qui explore les côtés sombres de la nature humaine et de la société mexicaine contemporaine.