Le film partait avec des bons atouts, un budget conséquent, des paysages magnifiques et cerise sur le gâteau, la musique envoutante de Guiseppe Verdi. Et puis il faut parler de ce trio d'acteurs, un excellent Depardieu malgré ses tendances emphatiques, un Montant criant de vérité et un Auteuil littéralement habité par ce rôle de semi simplet. L'histoire est simple pour ne pas dire simpliste, mais le film parvient à la transcender. On notera quelques idées gentiment farfelues faisant sortir le film des sentiers convenus (l'élevage des lapins) Un bon film mais ce n'est pas non plus le monument cinématographique que certains voudrait y voir car il possède ses défauts, mineurs sans doute, mais réels : les seconds rôles sont tout juste moyens, les dialogues sont parfois étranges (on ne se coupe jamais la parole en Provence ?) Et puis où sont les femmes, je veux dire les femmes du coin qui sont pourtant des figures essentielles de la mentalité rurale ? Un film à voir parce qu'il est beau, parce qu'on s'ennuie pas, mais qui n'arrive pas à la cheville d'autres films sur ce milieu (je pense à Goupi mains rouges, par exemple)
j'ai plus de 25 ans et je vien de voir ce film il a un peut vieilli mais vraiment c'est un chef d'oeuvre les acteur sont incroyable et sa me fait dire que le cinema francais etais quand meme genial a l'epoque.
L'univers de Marcel Pagnol, la Provence, les cigales, la terre et les histoires d'argent. Malgré la chaleur de l'endroit, le scénario est glaçant. Le Papet (Yves Montand) et Ugolin (Daniel Auteuil), sont sans pitié pour leur proie. Leur plan s'exécute a feu doux avec la complicité de Dieu qui n'a pas réussi à faire comprendre à Jean (Gérard Depardieu) qu'il n'avait rien à faire ici. Les trois acteurs sont excellents, soutenus par des seconds rôles efficaces. Les décors sont remarquables avec tous les changements de la terre cultivée au fil des saisons. La petite Manon, qui ressemble tant à Emmanuelle Béart, comprend parfaitement le jeu des adultes malgré son jeune âge. L'eau qui ne coule pas du sol se transforme en larmes sur les joues d'Ugolin : "C'est pas moi qui pleure, c'est mes yeux."
Tous les dix ans, je revois ce film et, à chaque fois, il m'émeut et m'émerveille tout comme sa seconde partie, Manon des sources.. La filmographie de Claude Berri est l'une de mes préférées et ici, il nous délivre une oeuvre où je ne vois aucun défaut. C'est magnifiquement filmé et Gérard Depardieu ainsi que Daniel Auteuil sont tout simplement parfaits dans leurs rôles. Quant au texte de Marcel Pagnol, c'est un pur joyau de notre littérature.
Un classique de Pagnol géré par Alain Poiré et Claude Berri, le meilleur rôle de Montand, un Coluche débouté au profit d’un Daniel Auteuil qui récolte un César, un Depardieu acclamé, une ode à la Provence… beaucoup de superlatifs ça peut faire craindre une supercherie, mais là c’est mérité et c’est rare, surtout pour un film français, surtout pour une adaptation. C’est la preuve qu’une bonne histoire bien retranscrite ça donne forcément du bon. L’œuvre originale contenait une double lecture apportée par le final, avec la profondeur et les descriptions respectées on a un ensemble de qualité. En gardant ces ingrédients et en ajoutant une distribution de talent, le tout dirigé par de fervents admirateurs de Pagnol (Berri s’est acharné une dizaine d’années pour convaincre les descendants de l’écrivain d’adapter son livre), ça sort des classiques et ça les dépasse. En cela j’ai apprécié que la complexité de la narration soit mesurée, que des « indices » qui prendront de l’importance à la relecture soient parsemés çà et là et qu’on ne voit pas la fin arriver ni qu’on la devine (je parle de la 2nd partie). On a aussi une opposition tradition-modernité, avec les dictons d’un Papet qui connait sa terre et la science du percepteur qui apprend dans ses livres. La réussite -mesurée- de l’un avant le « succès » de l’autre empêche aussi tout manichéisme, l’imperfection de l’humanité jouant son rôle à merveille. Niveau acting on a une prestation magistrale de Montand, méconnaissable sous son maquillage, tant par son accent que sa fidélité au personnage, Gallinette mérite ses récompenses par les différentes facettes de son paysan moche (là aussi le maquillage est au top) et simplet ; quant aux Depardieu (car Aimée était sa femme à la ville aussi) ils sont justes et Gérard est crédible en acharné incompris. L’esprit franchouillard, qui critique et s’amuse des autres, apporte son lot de légèreté tout en rendant les Soubeyran plus humains. Le tout accompagné d’un rythme soutenu mais qui se tient grâce à peu de longueurs, d’une réalisation au cordon, de dialogues inspirés, d’un thème sublime (du Verdi, au nom évocateur) et reconnaissable entre tous, d’un rendu authentique avec des décors qui ne le sont pas moins, et soigné par des prises de vue splendides d’une Provence sans clichés, on en arrive logiquement à un must du cinéma français. Au final on a un drame social magistral et poignant malgré un thème peu passionnant (mais réaliste). Si cette 1ère partie peut exister par elle-même, elle demeure indissociable de Manon des Sources qui clôturera d’une magnifique façon cette histoire. Un classique à recommander à tous, dès lors qu’on a la sensibilité minimum pour comprendre ce qui se trame…
Marcel tu es toujours là? C’est l’histoire d’un homme qui cherche le bonheur simple. Il jalouse et intrigue le monde rurale.Pour de l’eau et la légitimité il se suicide. Pour ma part, le film est un épique combat contre la nature. L odeur du thym et du romarin inonde la salle sur la pourriture de l’homme. C’est une magnifique interprétation avec une suite aussi incroyable par la belle Manon. Attention aux coups de chaud, Depardieu à la peau dur mais n’a pas la patience du paysan Daniel .Le combat est là, c est à vous de choisir entre les deux. Regardez ce film dans le nord au frais en hivers, l’été en Provence peut être mortelle. Bise
En 1986, Claude Berri adapte au cinéma le roman de Marcel Pagnol. Pour conter cette histoire qui prend place dans les années 1920 en Provence, le réalisateur s’entoure d’une pléiade de comédiens de talent avec Yves Montand, Gérard Depardieu et Daniel Auteuil. Ce dernier obtient d’ailleurs le César du meilleur acteur pour son rôle du fielleux Ugolin. Les interprétations sont vraiment excellentes et contribuent grandement à la restitution du contexte socio-culturel de l’époque. Bref, une œuvre de qualité qui montre ce que la petite méchanceté humaine a de plus effroyable.
J'ai eu mon coup de cœur pour cette première partie qui sait être aussi cruelle que magnifique. C'est beau il y a des beaux personnages avec l'introduction de décors qui ne cessent de faire rêver (alors que je ne suis pas du tout, mais alors pas du tout fan de la Provence). C'est pas forcément le plus créatif des films. Seulement c'est si beau et si bien exécuté que l'on est un peu forcé de trouver son compte dans ce film charmant.
Jean de Florette, me fait, à première vue ardemment penser à tous ces couples bobos citadins qui idéalisent beaucoup trop la campagne. Quel visionnaire, ce Marcel Pagnol… j'espère pour eux qu'il ne subiront pas le même sort que notre Gégé national... ou le mien, après tout, parce qu'on s'ennuie ferme devant ce film.
Au point de m'interroger fortement sur la pertinence de cette adaptation. L'équipe des films a dû se sentir dans le devoir de respecter à minima l'œuvre, plutôt que de sortir seulement Manon des sources qui est un peu moins monocorde.
Ma foi, on se lance tout de même dans cette aventure provençale au cœur du bled… du village pardon… de Cuges-les-Pins. A noter qu'on a réuni un casing 5 étoiles pour tenter de donner du volume à cette intrigue qui tend salement en longueur et appâter le spectateur. Le pauvre Gérard Depardieu ayant du se coltiner le rôle le plus complexe (dur dur d'être bossu !), en limitant étonnamment bien les dégâts. Le rôle en lui-même étant créé pour sonner ridicule, il s'en sort relativement bien dans son éloquence et ses manières.
Mais bon… on somnole, on baille, on ferme un œil, on a de temps à autre un petit pincement au cœur pour le pauvre Jean qui se tue à la tâche. Et voilà. L'adaptation n'en reste pas moins propre et immersive, permettant tant bien que mal de combler les aspects du scénario qui ne se prêtaient pas trop à une interprétation cinématographique.
On aurait aimé plus de souffle dans cette adaptation. Claude Berri n’est pas Marcel Pagnol et, peut être aussi à cause de cette volonté de coller parfaitement au roman, le manque de brio de la réalisation nous laisse parfois sur la route. 35 ans après même Montand, Depardieu et Auteuil frôlent parfois la caricature de ce qui avait fait rendu leurs interprétation si remarquable lors de la sortie du film.
Excellent mélodrame sur la cupidité signé Pagnol, superbement filmé et mis en scène, souligné par un harmonica lancinant. « Je suis un bossu, vous croyez que c’est facile ? Y’a personne là-haut ! »