Dans sa note d’intention, ‘The gorge’ prévoyait de marier le film d’action, le Thriller horrifique…et la…romance ? Bah, après tout, pourquoi pas, si c’est ce que l’algorithme juge bon et bien. La romance, c’est celle d’un Américain et d’une Russe, tous deux planqués dans leur tour de guet de chaque côté d’une profonde vallée plongée dans la brume, qu’ils ont pour mission de surveiller. Comme ils s’emmerdent, forcément, ils commencent à s’observer à la dérobée, ils s’écrivent des messages sur des pancartes et ils finissent par sauter le pas - et la gorge, et le reste - en dépit de l’interdiction absolue de communiquer. Passons. C’est très secondaire. Le truc, c’est que quand ils se décident à partir explorer ce qu’ils sont supposé garder, ‘La gorge’ devient vraiment très très bien pendant au moins trois quarts d’heure : c’est du “Genre” au sens le plus noble du terme, avec une direction artistique brillante, typique des meilleurs univers de jeu vidéo, élaborée avec des bouts de ficelles mais plus convaincante que celle de la majorité des Blockbusters AAA. Scott Derrickson n’est certes pas un novice mais il n’est certainement pas le seul à mériter des vivats tant il y a quelque chose qui fonctionne au-delà de toute espérance au cours de ce “ventre dur” central du script, qui offre tout ce qu’on a envie de voir dans un film de genre, sur la forme et le fond. Après, quand les tourtereaux réintègrent leurs pénates et que le film s’ancre dans une logique d’Actionner standard, ça fonctionne toujours mais la magie s’est diluée. Il y en a un toutes les lunes, de petit film qui fait la nique totale aux superproductions, de ‘Overlord’ à ‘John dies at the end’...et ‘The gorge’, dernier lauréat en date, fait mieux le taf que tous les Actionners à gros flingues et à gros monstres que j’ai pu voir ces dernières années.