C'est ça, qu'on voulait, Sieur Astier ! C'est parce qu'on avait assez médiocrement accroché au précédent film, que l'on trainait nos savates (et guenilles) pour aller voir sa suite, et bien, il n'y a que les Perceval et Karadoc (les imbéciles) qui ne changent pas d'avis : on a vraiment bien aimé ce deuxième volet. Alors oui, il n'y a plus le susnommé
Sieur Perceval
(l'acteur raccroche la cape bleue, il en avait grooooos), mais on peut remarquer qu'Alexandre Astier a mis le paquet sur les personnages secondaires qui sont drôles, sans être jamais excessifs (Redouane Bougheraba est ici le vainqueur de la Grande Belette de Winchester : son personnage, allié à un Clovis Cornillac juste impeccable et un Guillaume Gallienne en excellente forme, nous a pondu un trio hilarant dont la "scène au château" a fait éclater de rire toute la salle). On le remarque d'emblée, Astier a fait du tri dans ses affaires : par la fenêtre, les fan-services abusifs, aux oubliettes, les phrases débilo-poussives pour faire rire à tout prix (ce qui était vraiment gênant, dans le film précédent), au pilori, les costumes incompréhensibles (ici, la sobriété et l'efficacité sont reines, comme Guenièvre, et ça fait du bien aux yeux). Pour les esgourdes aussi, Astier a prévu un hydromel requinquant : la BO est sublime, tire évidemment du côté de Star Wars à quelques moments (mais est-ce qu'on s'en plaint ? Certainement pas, insultez donc John Williams en face de nous, et il vous en cuira, maraud !). Que dire de l'intrigue, si ce n'est qu'on avance à pas prudents (seule la toute fin fonce à toute vitesse, avant cela on a surtout affaire à de petites quêtes rigolotes mais pas franchement utiles, voire même carrément inventées pour le besoin d'une blague), avec un climax final qui donne la furieuse envie de savoir la suite ! Dans ce deuxième opus pas parfait mais incroyablement plus abouti que le premier, on note quand même une meilleure utilisation de la Reine Guenièvre (son running-gag de la
surdité
nous a bien fait marrer, et la voir aux côtés
du Roi pour vivre l'aventure avec lui,
à la fin, cela a quelque chose d'inattendu et de très touchant), de l'équipe "enchanteurs" (encore une fois : on retrouve l'humour de la série à ses débuts, et ça fait un bien fou), de l'équipe "Karadoc" (gros coup de cœur pour la
réintégration divine
de la Dame du Lac : peut-on avouer qu'on a failli gueuler de plaisir, oui ?), et des nouvelles têtes plus jeunes. Alors oui, il y a beaucoup de troubadours moisis qui chantent haut et fort que les jeunes sont nuls, que seuls les anciens sont à garder, ces bardes-là de la nostalgie à la naphtaline qui ne supportent pas qu'on touche à leurs souvenirs... Eh bien non, ils sont peut-être assez dispensables (du fait de leurs quêtes inutiles), mais il y a quelques nouveaux qui nous ont fait du bien, du sang neuf comique à commencer par ces deux frangins qui essaient de
"se tuer, très calmement"
, celui qui a "un gourdin merdique" (la réplique nous a cueilli), et ces autres à la chasse au dragon, dont on est un peu moins convaincus, mais sans pour autant cracher sur l'inclusion de deux personnages féminins dans l'équipe de la Nouvelle Table Ronde. Que les troubadours vieillots gardent leur crincrin, de notre côté on adore les personnages secondaires (le trio d'espions nous a fait vraiment rire), et sans en dévoiler davantage sur cette belle (et mille fois meilleure) aventure que Sieur Astier nous a adressée dans ce deuxième volet, l'on s'en va la lame au vent et la chausse bien ficelée, en quête du troisième opus qui nous tarde déjà.