J'adore "Kaamelott". Voilà, je préfère le dire tout de suite, j'adore les premiers livres, un peu moins fan des deux derniers mais ils permettent au chef-d'orchestre Alexandre Astier d'étoffer grandement son histoire, d'aller vers un ton beaucoup plus dramatique et sombre et surtout de préparer le terrain vers le cinéma. Et c'est lorsqu'on arrive à cette étape que la franchise rencontre pour moi de gros problèmes. Alors, tout d'abord, évidemment, ceux qui s'attendaient à la comédie de l'année et qui étaient peut-être passé à côté du premier, vous allez être déçus. Car nous sommes davantage dans une dramédie, c'est-à-dire un drame avec quelques touches d'humour, à l'inverse d'une comédie dramatique quoi. Ça pourra en déconcerter plus d'un mais je trouve ça plus intéressant car, encore une fois, c'est ce vers quoi tendait la fin de la série et c'est donc logique de continuer dans cette même voie. Non, ce qui me dérange, c'est le découpage, le rythme et le nombre incalculable de situations et de personnages. C'est trop. Beaucoup trop ! Et donc, j'ai retrouvé en fait les mêmes défauts que j'avais noté dans le premier, à savoir une espèce de structure de film à sketchs, ici sous forme de quêtes mais qui ne semblent jamais faire corps. Alors effectivement, c'est beaucoup de mise en place, chaque quête prépare à un final, du moins je l'espère, beaucoup plus grand. Mais on a eu six saisons qui préparaient le terrain plus un premier film. Si on ajoute à ça une suite divisée en deux parties dont la première dure deux heures vingt, la mise en place commence quand même à être sacrément longue. Et puis en plus, on a des quêtes très inégales, qui sont longues pour pas grand-chose, comme celle du dragon (en plus, c'est beaucoup de nouveaux personnages dont on se fout complètement), tandis que celle des druides aurait pu être plus approfondie, surtout au vu du sujet dont elle traite. Et puis surtout, pour moi, le rythme comique est souvent raté. C'est-à-dire qu'Astier essaye parfois d'appliquer la formule qu'il avait sur les trois premières saisons qui reposaient pour beaucoup sur des échanges de joutes verbales. Sur un format court, c'est très bon et Astier excellait dans le domaine. En revanche, sur des scènes de plusieurs minutes, ça en devient vite fatiguant, comme la réunion autour de la table, qu'est-ce que c'est long ! Puis bordélique comme pas possible car, encore une fois, il y a beaucoup trop de personnages. Scène qui sert d'ailleurs d’entonnoir puisqu'elle permettra ensuite au film de se diviser en plusieurs sous-intrigues, à savoir les quêtes que j'ai mentionné plus haut. Alors par contre, le film est beaucoup plus réussi visuellement parlant que le premier. Là, il y a les moyens, les décors sont magnifiques de même que les costumes. La mise en scène sonne également un peu moins "télé" (même si on a quelques fois l'impression d'être devant un téléfilm de luxe tellement les champ-contrechamp s'enchainent) malgré la mise en place de motifs quelques-fois un peu grossiers (les couleurs chaudes pour les héros et le gris/bleu bien froid pour l'antagoniste par exemple). Bref, mon avis sur "Kaamelott : Deuxième volet, partie 1" reste donc grosso modo le même que sur le premier : c'est sympa de revoir les acteurs, les personnages, l'histoire approfondie mais ça reste toujours aussi profondément maladroit.