À entendre les récentes critiques, je m’attendais à un film pas terrible, au mieux moyen... mais en fait, c’est bien ! Bien sûr, le film a ses défauts, mais "Kaamelott : Deuxième Volet, Partie 1" est un bon film.
Ce deuxième opus reprend les aventures d’Arthur Pendragon six mois après la destruction du château de Kaamelott. Notre bon vieux roi Arthur, incarné par Alexandre Astier, refuse toujours de reprendre le trône, jusqu’à ce qu’il reçoive un avertissement des dieux. La Table ronde est reconstruite, les chevaliers se réunissent à nouveau, et Arthur les envoie accomplir diverses quêtes à travers le royaume. Pendant ce temps, Lancelot tente de retrouver sa puissance en se plongeant dans la magie noire, aidé par Méléagant.
Les points positifs : on sent que le film a bénéficié du budget nécessaire pour qu’Alexandre Astier puisse s’exprimer pleinement, avec davantage de liberté que dans le premier volet. Cela lui a permis d’introduire des éléments fantastiques, servis par des effets spéciaux particulièrement réussis.
Il y a toujours eu du fantastique dans "Kaamelott - la série" notamment avec la Dame du Lac (interprétée par Audrey Fleurot, que l’on retrouve ici) ou les quelques sorts de Merlin. Les créatures mythologiques étaient souvent évoquées, mais jamais montrées. Astier n’avait jamais eu les moyens de donner pleinement vie à cet aspect : c’est désormais chose faite, et on ne boude pas notre plaisir !
Autre réussite : les costumes, magnifiques, et les décors, qui plongent le spectateur dans des paysages naturels splendides, superbement filmés. Les images sont grandioses, véritablement cinématographiques, et permettent au film de se distinguer de la série.
Nous retrouvons également une grande partie du casting original, avec tous ces personnages aussi attachants que drôles - Bohort, Gauvain, Lancelot, Guenièvre, etc. - pour le plus grand bonheur des fans. Je déplore cependant l’absence du père Blaise, qui aurait eu toute sa place dans le film, ainsi que celle de notre bien-aimé Perceval... mais j’y reviendrai.
L’humour fonctionne toujours à merveille. Bien sûr, il faut aimer l’humour “kaamelottien”, mais les personnages, anciens comme nouveaux, restent irrésistiblement attachants.
Les points négatifs : le principal problème vient du montage. Dans la seconde moitié du film, on suit plusieurs groupes de personnages partis chacun en quête. Le film alterne constamment entre leurs aventures, mais sans réelle cohérence temporelle.
Par exemple : Karadoc, accompagné de la Dame du Lac, part en bateau jusqu’en Sicile - un voyage d’un mois et demi - tandis qu’un groupe de druides explore les sous-sols en ruine du château de Kaamelott, pour quelques jours seulement. Or, ces deux intrigues sont montées en parallèle, comme si elles se déroulaient simultanément. Cela crée une incohérence flagrante : soit les druides ont passé un mois et demi sous terre (ce qui est absurde), soit le montage est mal géré... et c’est sans doute cette seconde hypothèse la bonne.
En réalité, le film raconte trop d’histoires à la fois, au point d’en perdre le spectateur. Deux des quêtes secondaires n’apportent rien au récit et auraient pu être supprimées sans nuire au film - bien au contraire.
Autre problème : la fin, qui donne l’impression que le film a été littéralement coupé en deux. Comme si Astier avait tourné un long film de plus de quatre heures, puis décidé de le scinder pile au milieu, quitte à interrompre une scène en plein déroulement. Résultat : on se retrouve avec un début, un milieu... et pas de fin. Même dans un diptyque, chaque partie devrait raconter un arc complet. Ici, on reste sur sa faim, frustré et un peu perdu.
À mon sens, un seul film d’environ trois heures, mieux monté et plus resserré, aurait été plus judicieux.
L’absence de Perceval est l’un des autres manques notables. Même si le film tient debout sans lui, difficile de ne pas regretter le personnage joué par Franck Pitiot, pivot comique et innocent de la série et du premier film. L’acteur n’ayant pas souhaité revenir, Astier a dû s’adapter, mais la réécriture se ressent.
À un moment, la Dame du Lac annonce une quête à Karadoc via des rêves prémonitoires qu’ils partagent. Or, dans la série, c’était Perceval qui était présenté comme ayant un destin particulier. Il est donc probable que cette intrigue lui était initialement destinée. Dans le film, son absence est simplement justifiée par quelques lignes de dialogue expliquant qu’il est parti “en quête tout seul de son côté”. Un choix un peu frustrant pour les fans.
Conclusion : je ne sais pas si les points positifs l’emportent vraiment sur les points négatifs, mais j’ai aimé "Kaamelott : Deuxième Volet, Partie 1". Peut-être parce que j’ai grandi avec la série, que je la regardais après le collège sur M6, et qu’elle réveille une certaine nostalgie chez moi.
Le film saura sans doute ravir les fans de longue date, mais je ne suis pas sûr qu’il saura convaincre ceux qui découvriront l’univers pour la première fois.