Les acteurs des origines ont vieillis ! Cheveux longs, cheveux, gris ou blancs, rides qui ressortent même derrière les maquillages, heureusement ils ont gardé leurs sales caractères, mais qu'est ce qu'ils sont devenus moches ! Nous sommes très loin de la série du début. Les répliques ne font plus mouche. On arrive quand même à s'extraire quelques sourires en mémoire de ces temps anciens celui d'une série télévisée française humoristique et dramatique de fantasy historique, créée par Alexandre Astier, Alain Kappauf et Jean-Yves Robin, diffusée pour la première fois en 2005 sur M6, qui nous a tant plu. On rit amer parce que c'est un triste monde que ce royaume à l'abandon que nous laisse Arthur. J'avoue avoir été déçu en perdant la parodie historique, le temps, les lieux , les personnages et ne pas y avoir reconnu le charme d'avant. Chacun allant de sa quête à laquelle il ne croit guère dans des répliques bien récitées et parfois mal jouées. Et puis surtout, il y a l'absence notable, physique de Franck Pitiot qui interprète Perceval. L'élément le plus marquant et qui a profondément modifié la dynamique habituelle du film. Perceval n'était pas seulement un ressort comique, il était l'âme de l'absurde dans Kaamelott. Son absence laisse un vide immense dans les interactions avec Karadoc et Arthur.
On suit une histoire sans fin et sans conviction. C'est au moment où ça coupe qu'on prend intérêt à savoir à ce qui pourrait bien suivre, et ce est qui dommageable parce que c'est peut-être la seule raison.
Jeannot Clémentine : cinéphile avant tout, doté d'un bon sens de l'humour, a comme un doute sur le manque de souffle d'Alexandre Astier.
Il est vrai que vingt ans pour boucler une œuvre, c'est une épreuve d'endurance qui modifie radicalement le rapport entre un auteur et sa création. Après deux décennies, la pression de ne pas décevoir les fans est devenue paralysante. On sent dans ce Deuxième Volet une forme de scrupule narratif : chaque scène doit valider une théorie de fan, chaque personnage doit avoir son mot à dire. Cela donne une écriture très "cérébrale" et précautionneuse, loin de la liberté débridée et parfois totalement absurde des débuts. L'aspect "ludique" a laissé place à une "obligation de résultat".
Alexandre Astier cumule tout : réalisation, scénario, musique, montage, production et rôle principal. Cette hyper-concentration, qui était la force de la série, devient sa limite dans le film. Sans regard extérieur pour le challenger ou pour couper les longueurs, il finit par s'enfermer dans sa propre logique. Et nous depuis on l'a perdu, son délire qui nous avait tant séduit.
Dans la série, le "peps" venait du fait que c'était une équipe de théâtre, une troupe qui s'amusait. Avec les films, cette dimension "troupe" s'est effritée. Le tournage est devenu une entreprise lourde, avec des agendas complexes (des acteurs devenus des stars, des contraintes de budget). Cette logistique complexe se ressent dans le résultat final : les scènes manquent de cette spontanéité, de cette sensation que les acteurs sont "en train de jouer ensemble" pour le plaisir. On sent qu'ils sont "en train de faire une scène de Kaamelott".
Astier a construit une mythologie ultra-complexe autour de la légende arthurienne. Il semble désormais plus motivé par la cohérence de son univers que par le divertissement pur. Il préfère expliquer des liens entre des personnages, des prophéties et des objets magiques plutôt que de privilégier la blague courte qui claque. C'est ce qui donne cette impression de "motivation en berne" pour le spectateur : on a l'impression d'assister à une démonstration de maître de jeu plutôt qu'à une série drôle.
Au fond, ce n'est peut-être pas une baisse de motivation, mais un changement de nature de la motivation. Astier ne cherche plus à amuser son public, il cherche à finir son œuvre selon le plan qu'il a dans la tête. Pour un auteur, c'est une quête honorable ; pour un spectateur qui aimait le chaos et le rythme de la série, c'est une déception.