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Sarahmege
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3,5
Publiée le 12 mars 2026
À la fois lumineux et mélancolique, Le Retour du projectionniste célèbre ainsi la passion du cinéma tout en montrant sa fragilité. Dans cette chronique délicate où la débrouille se mêle à la poésie du réel, Orkhan Aghazadeh signe une œuvre modeste mais profondément touchante.
The Return of the Projectionist tisse, dans sa réflexion sur la renaissance d’un art au sein d’un espace apparaissant en tout point impropre à le recevoir, différents fils narratifs et thématiques qui font du cinéma une métaphore de la vie dans les montagnes Talysh : spoiler: le deuil d’un père trouve en Ayaz, un jeune cinéphile, un fils symbolique avec lequel retourner dans certains lieux associés à l’industrie pour en capter les sons ; les contraintes matérielles s’intègrent à un discours social sur un village et, par extension, sur un territoire à l’identité de toutes parts menacée tant leur position enclavée les rend dépendants des pays alentours (Iran, Azerbaïdjan, Arménie), de l’influence géopolitique des grandes puissances en lutte (Russie, Ukraine) et de l’influence culturelle de Bollywood. Cet enclavement est retranscrit par les incessants déplacements de Samid au sein de son village comme à l’extérieur, par des moyens de transport spécifiques (âne, voiture, bus…) et au contact des éléments déchaînés (neige abondante, boue, pluie…), sans découragement aucun, en dépit des rumeurs qui circulent sur lui et les critiques essuyées par Ayaz parce qu’il néglige l’école et ses études. En cela, l’approche documentaire est pertinente mais semble interdire au film de représenter l’imaginaire, la rêverie, cette énergie intérieure qui anime les protagonistes : son désir ardent de cinéma demeure de l’ordre de l’intention et ne s’attache pas, par exemple, aux élans créatifs de l’adolescent animateur ou au travail sur la synchronisation de l’image et du son. L’épure évolue en mise en scène illustrative, capable de plans magnifiques mais étrangère à la beauté et à l’émotion construites en mouvements.
Le film nous plonge au cœur d’Azerbaïdjan avec un homme torturé par le décès de son fils de 19 ans, voulant réunir un maximum de personne au sein d’un cinéma de fortune afin de faire vivre son village. Très contemplatif avec des magnifiques paysages, et une réalisation soignée. Par contre attention aux longueurs qui peuvent se faire ressentir.
"« Pour l’amour du cinéma» Film venu d’Azerbaïdjan tout en naïveté et bienveillance avec un vieil homme et un ado qui essaient de ressusciter le projecteur antique du village pour offrir au village une séance de cinéma. On est plongé dans ce petit village loin de tout, où on peut capter un peu de réseau en haut de la colline et attendre des mois l’arrivée de l’ampoule qui permettra de projeter. A voir pour le dépaysement et les messages de solidarité et de patience !"
Un très beau film sensible, bien écrit sur des habitants passionnés et nostalgiques des salles de cinéma qu'ils vont s'employer à faire renaître avec du matériel d'un autre âge. Faire vivre et faire re-découvrir le cinéma au cœur de la campagne rurale au fin fond de l'Azerbaïdjan, éloignée de tout est un défi à la fois matériel, humain, sociétal. En tant que cinéphile, j'ai beaucoup aimé ce documentaire et s'il est encore projeté en salles, allez le voir.
Entre collines et plateaux oubliés, "Le Retour du projectionniste" installe une rencontre touchante entre deux âmes reliées par une même passion pour le cinéma. Tandis qu’un homme âgé, ancien opérateur de salle soviétique, tente de ranimer un projecteur poussiéreux, un jeune créateur de dessins animés l’accompagne avec ses moyens improvisés. Orkhan Aghazadeh capte ce compagnonnage avec naturel, alternant légèreté et gravité, et joue habilement sur les frontières entre réel et fiction. Au bout de ses errances, ce portrait simple et discret de Samid finit par dessiner une ode à la transmission et au lien intergénérationnel.
Si vous ne deviez voir qu'un seul documentaire cette année, je vous conseillerais bien celui-ci.
Vous y découvrirez d'abord la vie en Azerbaïdjan, ses paysages sauvages et ses habitants qui semblent placides en toute circonstance.
Vous verrez ensuite naître sous vos yeux la belle amitié entre un jeune homme cinéphile et un vieux monsieur qui fut projectionniste et qui a perdu son fils. Les deux compères vont essayé de réparer un vieux projecteur et d'organiser une séance dans leur village : y parviendront-ils ? C'est bien sûr le suspense qu'entretient ce thriller sinueux et délicieux, aux images splendides.
Tout est doux dans ce court et beau film (1h20), qui flirte entre documentaire et fiction : la mise en scène est tellement travaillée qu'on imagine mal que certaines scène n'aient pas été "construites".
Il est parfois très touchant (le voyage à la ville sur les traces du fils), parfois burlesque (la recherche de réseau dans la neige), toujours instructif (le poids des traditions).
C'est enfin un formidable chant d'amour envers le cinéma, et sa magie. A ne pas rater !
Un film Azerbajanais qui fait penser au cinéma Iranien voisin.
Un ancien projectionniste revenu d'un périple hors de son village se met en tête de récréer une salle de cinéma pour les habitants. L'histoire est pleine d'épreuves et de rebondissement et fournit une photographie des ruraux de ce pays proche de l'Europe mais qui semble si loin de nos sociétés occidentales.
"Le Retour du projectionniste" se déroule dans les monts Talych, au sud de l’Azerbaïdjan, près de la frontière iranienne. Samid, un sexagénaire dévasté par la mort accidentelle de son fils deux ans plus tôt, s’est mis en tête de restaurer un antique projecteur soviétique et de diffuser des vieux films dans la salle des fêtes du village, comme au temps jadis. Il s’adjoint Ayaz, un jeune étudiant passionné de cinéma, qui bricole des films d’animation à la Gondry avec son téléphone portable.
La nostalgie des salles de cinéma d’antan, le désarroi devant leur fermeture est un sujet qui a inspiré beaucoup d’œuvres de fiction ou de documentaires. On pense bien sûr à "Cinema Paradiso", que j’avais vu en projection officielle à Cannes en 1989 (il faut bien frimer de temps en temps) ou à "Splendor" d’Ettore Scola, contemporain du film de Giuseppe Tornatore, dont il reproduisait la même recette avec beaucoup moins de talent. Sortis en 2019, l’excellent "Kabullywood" racontait les tentatives de quatre jeunes cinéphiles de rouvrir un cinéma dans la capitale afghane et "Talking about Trees" mettait en scène quatre vieux cinéphiles soudanais projetant des films à travers le pays.
"Le Retour du projectionniste" reprend cette recette bien connue. Il le fait dans un cadre bien particulier et rarement filmé : l’Azerbaïdjan, qui n’est guère connu pour sa production cinématographique. Il en filme les collines, les montagnes et la capitale au modernisme anachronique dont on découvre la skyline – occasion pour moi de saluer notre courageuse ambassadrice à Bakou qui ne doit pas y avoir la vie facile. S’agit-il d’un documentaire ? d’une fiction ? Le doute est permis et il est stimulant.
"Le Retour du projectionniste" est un film modeste. C’est ce qui en fait le prix. C’est aussi ce qui en pose les limites. Ses rebondissements et sa conclusion sont sans surprises. On savait déjà, en le commençant, comment il se terminerait. Il a l’élégance de ne durer qu’une heure vingt à peine.
A takeshi29 : c'est un documentaire. Faut revoir la critique :) Et sinon, c'est donc bien un documentaire et non une œuvre de fiction, c'est tout simplement magnifique, une ode au cinéma, dans une région bien reculée du monde.
Magnifique premier film venu d'Azerbaïdjan. Suivre Samid et Ayaz dans leur quête de cinéma au fin fond du pays redonne foi dans le cinéma et le plaisir de l'expérience du cinéma en salles aux quatre coins du monde. Le récit se déploie facilement et est captivant de bout en bout. C'est un plaisir d'assister à la naissance d'un réalisateur, hâte de voir ses prochains films!