Prix d'interprétation bien mérité pour Nadia Meliti, qui porte merveilleusement son personnage : une présence à l'écran très puissante sans devenir dominante, une sensibilité à fleur de peau sans aucune mièvrerie, un silence très parlant. Le sujet, original au cinéma, est fort bien traité dans une réalisation de grande qualité, au plus près des personnages. Magnifiques gros plans non pas scrutateurs ou voyeurs, mais doucement révélateurs. Très belle scène finale. Seul bémol. Le début du film, qui présente Fatima dans sa classe de terminale, opte pour un ton très agressif, sans doute en référence au livre qui est à l'origine du film. Mais était ce bien nécessaire et utile de répéter ce type de scènes pendant le premier quart d'heure, alors qu'on a vite compris qu'on n'est pas dans un monde de bisounours. Du coup j'ai mis du temps à entrer dans l'autre partie du récit, toute en intériorité.
Attention, vous allez découvrir un vrai petit bijou de film ! De l'émotion, en pics élevés, des gros plans qui vous transpercent, des actions filmées et distribuées au millimètre... Hafsia fait fort, très fort. On connaissait la Borgodita Césarisée : là, c'est au tour de la réalisatrice de talent de sublimer l'Amour que l'on cache. Ce film vous porte dans un univers intime parfois dérangeant, piquant, mais qui caresse toujours avec Bienveillance le plaisir et le droit d'Aimer.....
C’est beau, c’est sensible, c’est vrai, c’est juste, les acteurs sont formidables et la réalisatrice arrive à capter chaque bout de réalité électrocutant d’émotion pour faire ce bijou de cinéma
Vu en avant première au Majestic Bastille en présence de la réalisatrice et de l’actrice et présenté par Jean Marc Lalanne. Très beau, touchant, délicat, humain et souvent drôle.
Il ne s'agit pas de percer le mystère mais de vivre avec. Rien n'est forcé, pathétique ou excessif. C'est cette volonté de laisser Fatima convaincre par elle-même, hors de tout discours asséné ou de scénario persuasif, avec aussi bien sa rage que ses incertitudes, qui fait davantage de ce film une ouverture qu'une démonstration. Tant et si bien que le film répond à la mission qu'il se donne : la tolérance et l’inclusion. (lire l'intégralité de la critique sur le site d'Africultures)
En décidant d'adapter ce roman éponyme publié en 2020 par Fatima Daas, Hafsia Herzi s'est lancé le défi de mettre à l'écran un projet mais qui parlera à tant de personnes qui vivent le quotidien de Fatima, interprétée par, qui vivent en étant l'ombre d'eux-mêmes, n'assument pas pleinement leur homosexualité et en contradiction totale avec les règles de leur religion.
Ce sujet est très bien traitée à l'écran, avec une protagoniste tenant elle-même des propos homophobes, se cherchant dans sa sexualité pas totalement assumée, s'efforcant de respecter les piliers de l'Islam tout en se sachant en pleine transgressions des fondamentaux de cette dernière. Elle se questionne, expérimente, questionne les autres, se force à agir comme "elle le devrait".
Le prix d'interprétation obtenu hier à Cannes par Nadia Melliti a été l'élément qui m'a fait me déplacer en salle aujourd'hui au lieu d'attendre octobre. Trouvant au début qu'elle jouait bien sans être non plus exceptionnelle, force est de constater qu'elle fait effectivement preuve d'une justesse dans son jeu si on considère l'ensemble du film. Elle donne à son personnage une certaine douceur et nous fait éprouver de la compassion pour elle. Je pense que Nadia a joué un rôle qui n'est vraiment pas évident et qui est peut-être une situation qu'elle a elle-même vécu, ce qui (si tel est le cas) donnerait encore plus d'ampleur à cette performance. Ensuite, ceux qui ont vu le film auront la référence mais je me sens obligé de parler de la séquence de la consultation avec ce formidable docteur, assurément l'homme le plus drôle du film. Je n'arrive pas à decider si c'est parce qu'il jouait mal ou si il était convenu que le personnage soit ainsi mais merci pour la barre de rire !
J'ai eu un problème pendant les 3/4 du film concernant la durée des scènes souvent longues, sans parler de celles que j'ai trouvé redondantes et celles qui n'apportaient pas forcément à l'intrigue. Je le craignais mais dans ce genre de film et de contexte, on retrouve toujours des scènes un peu clichées des établissements scolaires de banlieue, de la vie dans une maison musulmane avec la mère et ses filles dans la cuisine, le père au salon qui n'en fout pas une, la rencontre avec un imam qui va exposer une version de la religion sans qu'on ne sache jamais si ces scènes sont là pour dénoncer, montrer une réalité ou autre chose ? C'est dommage.
Très beau film, tout en pudeur, et en même temps très juste sans être trop triste sur ce sujet. Prestation formidable de l'actrice principale. À voir !
Dans La Petite Dernière, Hafsia Herzi explore la tension entre foi, désir et appartenance. Adapté du roman de Fatima Daas, le film dresse le portrait d’une jeune femme musulmane issue de la banlieue parisienne, partagée entre tradition et liberté. Nadia Melliti y incarne Fatima avec une intensité rare, entre pudeur et force intérieure. À travers la caméra épaule de la réalisatrice, la foi devient respiration, la famille refuge et prison, l’amour terrain d’émancipation. Un film sur la vérité des corps, la beauté des silences, et le courage d’être soi.
Ayant eu la chance de voir ce film en avant-première, je peux donc affirmer à l’avance, la profondeur des thèmes explorés, l’homosexualité, la religion, la famille, le désir,… Ce film a également une image incroyable, des acteurs qui jouent vrai, voir qui ne jouent pas, et un panel d’émotions toutes différentes. Malgré ce que ce film raconte, ce film est au final, positif. J’ai même lâché une ou deux larmes. J’ai beaucoup aimé ce film et je le recommande.
La petite dernière de Hafsia Herzi est un drame que j'ai eu la chance de découvrir en avant-première en présence de l'équipe. Fatima (Nadia Melliti). Cette adaptation du roman éponyme de Fatima Daas, a reçu le prix d’interpretation féminine pour Nadia Melliti au 78e festival de Cannes (2025).
Maghrébine, musulmane pratiquante, amatrice de football, Fatima (Nadia Melliti) prépare son baccalauréat au sein d'une famille aimante. Ses deux grandes soeurs la brocardent pour son côté garçon manqué et c'est surtout la petite dernière.
Ce film est le parcours initiatique d'une jeune fille qui se transforme en jeune femme, se cherchant dans un ménage à 3 avec sa famille, sa foi et sa sexualité. Un parcours initiatique dont on retrouve les 3 étapes, l’apprentissage et l'instruction dans la voiture, puis les compagnon(ne)s de route de la fac', et enfin la maître(sse) qui transmet au travers de son livre.
La frise sociale aussi est présente par le contraste entre les rites de confrontation du lycée de banlieue et la décontraction joyeuse de l'université parisienne.
Une bonne humeur que l'on retrouve dans la famille de Fatima, cet espace chaleureux de bienveillance et d'attention, où les madeleines succèdent aux crêpes, où les douceurs sont un art de vivre paisiblement.
L’actrice Nadia Melliti est effectivement, mon cher Cannes, magnifique, au service d'une Fatima très touchante. Elle nous amène dans ses doutes et questionnements. Elle porte et nous apporte beaucoup d'émotions.
Ce film viscéral est un bijou qui part du nombril et arrive au coeur !