Gros coup de coeur que ce 3e long-métrage d'Hafsia Herzi ! La Petite Dernière pourrait faire penser au cinéma de Kechiche (La Vie d'Adèle) avec ce récit d'émancipation queer. Mais en mettant le focus sur une musulmane pratiquante renfermée sur elle-même qui s'interdit d'aimer tel qu'elle le voudrait, le film trouve sa singularité. Herzi accouche d'ailleurs d'une mise en scène étonnante de maîtrise et de maturité : constemment contrôlée mais captant les regards, non-dits, le mouvement des corps et la dimension charnelle sans voyeurisme. Le regard est toujours à fleur de peau, entre rugosité et tendresse. Et même l'actrice Nadia Melliti est une sacrée révélation, véhiculant l'émotion requise malgré le caractère renfermé de son personnage. Bref une très bonne pioche avec du coeur !
Fatima est une lycéenne comme les autres. Elle a des amis, de bons résultats et travaille dur pour avoir son baccalauréat. Issue d'une famille musulmane, elle est croyante et pratiquante et vit sa foi avec son père, sa mère et ses deux grandes sœurs. Fatima se questionne sur son désir et sur l'amour lorsque son petit-ami la propose en mariage. À tâtons, elle se met à explorer un univers très différent.
spoiler: "La petite dernière" est un récit d'apprentissage assez touchant mettant en scène une lycéenne tiraillée entre deux mondes qui semblent irréconciliables et pourtant elle appartient aux deux. J'ai trouvé ce personnage très équilibré et jamais dans le cliché : Fatima découvre le monde à son rythme, prend son temps pour comprendre ce qu'elle ressent. Il n'y a pas de clichés dans ce film et c'est rafraîchissant. J'aurais tant aimé un dénouement différent ceci dit... Je sens que tout a été mis en place pour une dernière scène de collision des univers (peut-être positive ?) qui n'aura jamais lieu. Quel dommage.