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J. Le Sommier
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2,5
Publiée le 28 mars 2026
« La Petite Dernière » ou le parcours initiatique sexuel et sentimental (dans cet ordre) d’une jeune lesbienne, musulmane pratiquante, à la sauce Kechiche. Dans les pas de son père spirituel, Hafsia Herzi adapte le roman autobiographique, surestimé, de Fatima Daas. Fatima, benjamine d’une fratrie de trois sœurs, vit en banlieue dans une famille aimante. Bonne élève de terminale, seule fille d’une bande de garçons, elle est de plus en plus consciente de son attirance pour les femmes. Mais, pour Fatima, comment trouver son identité, concilier ses désirs avec une religion à laquelle elle est dévouée et qui réprouve l’homosexualité ? Le film s’articule entre scènes de la vie ordinaire (famille, pratique religieuse, études) et d’émancipation (rencontres sur applications, sorties, rapports physiques). (On s’étonnera que Fatima soit à dix-sept ans libre de sortir seule le soir). « La Petite Dernière », plus cru que sensuel, peine à troubler et à toucher véritablement, privilégiant le sexe à la chair. Dans le rôle principal, la débutante Nadia Melliti interprète correctement un personnage tantôt réservé, tantôt fougueux, qui a l’air de lui ressembler.
Un film subtilement mené, hors des clichés, qui aborde un thème intéressant, la recherche de soi, les difficultés amoureuses... Nadia Melliti est formidable, sincère dans sa prestation et rend le personnage attachant. J'ai adoré ce film de bout en bout.
Avec La Petite Dernière, on assiste à l’éclosion d’une actrice impressionnante : Nadia Melliti. Pour un premier grand rôle, elle livre une performance d’une maturité rare, ce qui explique sans doute pourquoi elle a raflé tant de récompenses, de Festival de Cannes aux César.
Le film suit son parcours à travers plusieurs étapes importantes de sa vie : la sortie de son quartier pour poursuivre des études et, en parallèle, la découverte de sa sexualité, avec tout le poids des préjugés et des regards extérieurs que cela implique.
Ce qui m’a particulièrement touché, c’est la grande qualité humaine du film. Tout repose sur les relations : la famille, les amis, les liens qui construisent une identité. Le scénario parvient à faire passer ses messages avec beaucoup de douceur. Il y a une dimension presque pédagogique, mais jamais lourde, qui peut parler directement à une nouvelle génération.
J’ai aussi apprécié la manière dont la dimension queer est abordée. Le film évite soigneusement le voyeurisme ou le militantisme frontal. Il préfère montrer les choses avec pudeur et simplicité, ce qui rend le propos encore plus sincère.
Un film sensible et juste, porté par une véritable révélation d’actrice.
La petite dernière est une réussite d'Hafsia Herzi, qui sait une nouvelle fois rendre son oeuvre bouleversante, tendre et sensuelle. Le film ne traite pas de l'homosexualité de manière frontale, spoiler: comme le résume très bien la déchirante scène finale , ce n'est pas un film coup de poing, mais il vous secouera par le douloureux silence de Fatima, spoiler: qui lutte entre sa foi et sa naturelle orientation sexuelle . Si le film peut par moment se complaire dans la tendresse et la joliesse, il montre à mi-parcours une nuance en montrant des personnages "plus lourds". Enfin, si Nadia Melliti est la révélation des Césars 2026, Ji-Min Park n'en demeure pas moins excellente et touchante.
Hafsia Herzi tenait là un bon sujet, très pertinent. L'émoi émotionnel et sexuel d'une jeune fille de terminale, qui démarre ses études... et qui s'avère être lesbienne, tout en étant élevée dans la foi musulmane, et dans une cellule familiale traditionnelle. Mais je ne peux m'empêcher de ressentir une pointe de déception vis-à-vis de "La Petite Dernière". D'abord parce qu'il y a trop de déjà vu. La caméra à l'épaule sur les lycéens filmés de dos, les jeunes de cités qui déambulent dans un escalier hélicoïdale d'immeuble : c'est du cinéma à la Kechiche qu'on nous sert depuis 20 ans. Tandis que l'intrigue autour de l'émoi lesbien d'une jeune étudiante, ça fait régulièrement penser à "La Vie d'Adèle". Par ailleurs, il y a des étrangetés dans le récit, comme si Hafisa Herzi n'utilisait pas tout son potentiel. A part quelques réflexions, on ne verra par exemple jamais la famille de Fatima questionner ses activités, même quand elle vit sous leur toit. Elle sort, voit du monde, découche, fait même la Gay Pride, sans jamais la moindre suspicion. Il est dommage de ne pas avoir insuffler de la tension dans l'histoire avec ces éléments. Les deux sœurs aînés n'auront d'ailleurs pratiquement aucune utilité dans le film. Et ce personnage de petit ami à côté de ses pompes sera lui-aussi très annexe. Bon je critique, mais en vrai "La Petite Dernière" reste un drame professionnellement emballé. Qui doit beaucoup à la prestation touchante de Nadia Melliti. Une jeune femme qui commence à devenir lesbienne sans rien savoir du sexe au féminin, quand ses consœurs sont rompues à Tinder et à la liberté sexuelle. Aux côtés de l'actrice, Park Ji-Min (vue dans "Retour à Séoul") apporte également une belle touche d'émotion au film. Il y a aussi quelques réflexions intéressantes sur la religion musulmane : comment adhérer pleinement à une religion qui interdit ses propres émotions et attirances ?
Très honnêtement je suis assez déçu du film. Vu l'engouement autour de lui je m'attendais à beaucoup plus, c'est long, ça tourne autour du pot, la fin arrive assez brutalement, on a pas de réponse aux questions qu'on se pose, vraiment dommage vu le synopsis..
Très fort dans l’émotion. Cette histoire d’une jeune fille musulmane qui découvre peu à peu son attirance pour les femmes renferme une véritable souffrance d’une retenue immense face à la cruauté du monde, du regard des autres et de la religion. Incarnée par une jeune fille réservée et timorée, elle se heurte à ses pulsions et à ses passions, à l’abri du monde, dans une profonde amertume de l’amour.
Un ton juste pour narrer la découverte de la sexualité d’une jeune fille. Face a une famille aimante et au poids des injonctions des autorités religieuses, les études sont une ouverture vers soi. Une réussite.
On connaît Hafsia Herzi en tant qu'arrive mais c'est aussi une réalisatrice. Premier film que je vois d'elle dans ce milieu là et autant dire que je ne suis pas déçu.
Avec cette histoire rempli de mélancolie, la cinéaste ajuste son travail s'inspirant de Kechiche ou des Dardenne, afin de rendre immersif le récit et de comprendre son personnage principal : on comprend ses angoisses, ses désirs, son manque de confiance etc... Tout ceci est grandement mis en valeur par la performance de l'actrice principale : Une révélation totale. Un prix à Cannes clairement mérité.
Probablement comme dans le livre, le film ose mettre le point de vue de la religion dans un sujet tabou ; L'équilibre est là, même si je le trouve un peu expédié. Néanmoins, le film reste très réussi !
H. Herzi, derrière la caméra pour l'adaptation d'un roman et raconter le portrait de Fatima, jeune femme issue de l'immigration, qui apprend à découvrir sa nature, les premières désillusions. Une évocation de l'émancipation avec toutes les contradictions évidentes, notamment culturelles. Un film plat, monotone, intériorisé, avec des scènes creuses et qui manque d'évolution significative. Le métrage se clôture alors laissant le spectateur sans perspective.
Le film montre une forme d'homosexualité féminine débridée qui ne met pas en valeur l'homosexualité en général. On nous montre des femmes qui ne pensent qu'à baiser... scénario peu crédible et avec une vision étriquée de ce qu'est l'homosexualité, centrée uniquement sur le sexe...
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3,5
Publiée le 21 février 2026
Petite dernière de la famille, Fatima est une jeune femme réservée qui ne peut parler à personne de ce qu'elle ressent. Des doutes qui la poussent à explorer seule son attirance pour les femmes loin de la pression et des attentes sociales, familiales ou religieuses. Hafsia Herzi fait d'ailleurs abstraction de tout ça, ce qui est un choix très judicieux, car elle évite d'être accusée de vouloir donner une mauvaise image même si j'imagine bien qu'il y aura quand même des personnes pour lui reprocher cela. Il n'y a pas de scandale, de confrontation ou de discours intolérant. Fatima ne représente ni sa communauté ni sa religion. C'est son histoire et c'est tout. Un récit initiatique assez classique sur la forme avec les premières fois et les différentes expériences. Ce qui fait la singularité du récit, c'est Fatima autant pour sa personnalité que pour la performance remarquée de Nadia Melliti. Elle ne nous donne pas beaucoup avec son air pensif, mais c'est suffisant pour la comprendre, car sa manière de parler et de se comporter change en fonction de la personne. Une quête de soi finalement attendrissante qui se termine sur une belle et émouvante note.
La Petite Dernière est un vrai coup de cœur. Dès les premières minutes, j’ai été happé par l’émotion, la sincérité et l’humanité qui se dégagent du récit. Le film parle de famille, de secrets, de blessures et de ce que ça coûte d’aimer sans condition, mais il le fait avec une finesse et une justesse rares.
Ce qui m’a le plus marqué, c’est Nadia Melliti. Sa performance est incroyable : elle donne à son personnage une force intérieure, une vulnérabilité et une complexité qui touchent profondément. Elle est tour à tour tendre, fragile, en colère et résolue, et on la suit avec une empathie totale du début à la fin.
Le scénario est bien écrit, les personnages bien construits, et l’ensemble dégage une chaleur et une vérité qui ne tombent jamais dans le cliché. C’est un film qui reste avec toi, qui te bouleverse sans peser, et qui donne envie de parler, de réfléchir et de ressentir.
Note à but personnel: Bon, je vais faire court mais les idées y sont pas l'exécution. Outre le fait qu'on fait quinze films par an sur l'école, voici ce qui m'a plu et ce qui m'a dérangé. J'ai adoré le fait d'utiliser des acteurs amateurs (ce que je suspecte), je pense que c'est à faire et que c'est superbement fait ici, l'école c'est comme ça, un rendez-vous chez le docteur, c'est ça, car oui c'est très bien joué. J'ai trouvé que le film arrivait très bien à détacher la famille du reste, idée intéressante qui me paraît réaliste mais surtout j'ai aimé l'idée que le film ne s'éparpille pas trop dans ce qu'il veut toucher, il veut raconter la difficulté intérieur d'être une lesbienne au sein de sa famille. Les environnements ne prennent pas le dessus sur le personnage et ça c'est bien, par exemple le fait qu'il y ait beaucoup à l'école ne veut pas dire qu'on a besoin de couvrir tout les problèmes de l'école, merci de nous avoir éviter la tentative de vouloir tout résoudre comme certains films pourraient faire. Bon maintenant pourquoi c'est mid... Si on doit essayer de mettre le doigt où ça fait mal, c'est sans doute le manque de tension au sein de la famille, tension qui est certes intérieur au personnage mais qui devrait se manifester chez elle d'une manière ou d'une autre. Le problème de ça n'est pas dans les scènes elle-même mais est dans le fait que la mayo ne prend pas lorsque la maman spoiler: offre le maillot de foot précisément parce qu'on a pas ressenti d'émotions au préalable vis à vis de cette famille. Donc lorsqu'elle spoiler: offre le maillot de foot , on ne se dit pas "la maman a compris, elle la libère d'un poids", on se demande surtout qu'elle spoiler: est le flocage ... Je grossis le trait mais on éprouve de la sympathie pour la maman et pas pour le personnage principal, il est là le problème. Des idées qui aurait pu faire un bon film mais une execution qui ne suit pas.