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Xavier BLANCHARD
29 abonnés
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4,0
Publiée le 30 octobre 2023
Les tensions entre Koffi et sa famille n’apparaissent que très progressivement, et nous les découvrons en même temps que sa compagne Alice, ce qui aide le spectateur européen à mesurer les enjeux. Baloji parvient à faire un film puissant et poétique, plongeant dans l'univers parfois ''déjanté'' de Ki de la RDC et de Lubumbashi 'vec l'environnement culturel es ot f
(...) C'est dans les moments de tension que Baloji se déchaîne, s'inspirant du réalisme magique pour mettre en scène avec force détails les croyances dans les puissances occultes. Même chose pour l'affrontement des gangs et nombre de scènes ritualisées : toute une imagerie est convoquée, dont la puissance du rythme, des lumières et des cadres imprègne le film entier. En tant que synesthète, Baloji associe tout à des couleurs. D'où leur fulgurante utilisation pour les costumes, les titres, les filtres. Idem pour la musique qu'il a lui-même composée. (...) Même si la mère Mujila reste distante, elle sait trop bien ce qu'est le patriarcat. C'est sur elle que se centre ce beau film. Lire l'intégralité de la critique sur le site d'Africultures : http://africultures.com/augure-de-baloji-15836/
Baloji Tschiani, par ailleurs chanteur, rappeur et auto-compositeur, signe son film Augure de son simple prénom, qui signifie "groupe de sorciers" en swahili. Et de sorcellerie, il en est fortement question dans ce long-métrage, impressionnant visuellement mais tellement riche en thématiques qu'il exige une forte concentration pour ne pas s'y perdre corps en âme. Il est clair que Baloji a voulu y glisser beaucoup de choses, très intéressantes d'ailleurs, autour de l'identité congolaise, du colonialisme, de la place des femmes, de l'exil, de la famille et donc, de la sorcellerie. Le problème est que les récits se télescopent sans crier gare et que aucun d'entre eux ne trouve finalement d'aboutissement alors que les liens entre eux finissent par ne plus faire véritablement sens, sachant que le récit devient tour à tour lyrique, symbolique, humoristique, tragique, etc. Bien sûr, Augure peut évoquer la facture d'un conte mais dont le caractère foisonnant joue finalement en sa défaveur. Disons aussi que pour être reçu de la meilleure des façons, le film doit être vu avec un esprit ouvert et dans une humeur propice à la découverte. On n'est pas toujours le spectateur que l'on souhaiterait être, hélas. Augure mérite sans doute d'être revu mais il y a tellement d'autres films, nouveaux et anciens, qui attendent d'être regardés, qu'il est bien dommage de ne pas l'avoir bien digéré à la première tentative.