Augure
Note moyenne
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traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 août 2023
Baloji Tschiani, par ailleurs chanteur, rappeur et auto-compositeur, signe son film Augure de son simple prénom, qui signifie "groupe de sorciers" en swahili. Et de sorcellerie, il en est fortement question dans ce long-métrage, impressionnant visuellement mais tellement riche en thématiques qu'il exige une forte concentration pour ne pas s'y perdre corps en âme. Il est clair que Baloji a voulu y glisser beaucoup de choses, très intéressantes d'ailleurs, autour de l'identité congolaise, du colonialisme, de la place des femmes, de l'exil, de la famille et donc, de la sorcellerie. Le problème est que les récits se télescopent sans crier gare et que aucun d'entre eux ne trouve finalement d'aboutissement alors que les liens entre eux finissent par ne plus faire véritablement sens, sachant que le récit devient tour à tour lyrique, symbolique, humoristique, tragique, etc. Bien sûr, Augure peut évoquer la facture d'un conte mais dont le caractère foisonnant joue finalement en sa défaveur. Disons aussi que pour être reçu de la meilleure des façons, le film doit être vu avec un esprit ouvert et dans une humeur propice à la découverte. On n'est pas toujours le spectateur que l'on souhaiterait être, hélas. Augure mérite sans doute d'être revu mais il y a tellement d'autres films, nouveaux et anciens, qui attendent d'être regardés, qu'il est bien dommage de ne pas l'avoir bien digéré à la première tentative.
Olivier Barlet
Olivier Barlet

329 abonnés 433 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 novembre 2023
(...) C'est dans les moments de tension que Baloji se déchaîne, s'inspirant du réalisme magique pour mettre en scène avec force détails les croyances dans les puissances occultes. Même chose pour l'affrontement des gangs et nombre de scènes ritualisées : toute une imagerie est convoquée, dont la puissance du rythme, des lumières et des cadres imprègne le film entier. En tant que synesthète, Baloji associe tout à des couleurs. D'où leur fulgurante utilisation pour les costumes, les titres, les filtres. Idem pour la musique qu'il a lui-même composée. (...) Même si la mère Mujila reste distante, elle sait trop bien ce qu'est le patriarcat. C'est sur elle que se centre ce beau film. Lire l'intégralité de la critique sur le site d'Africultures : http://africultures.com/augure-de-baloji-15836/
Paul C
Paul C

27 abonnés 21 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 novembre 2023
Augure est magnifique ! Bien qu'il se passe au Congo, ce film porte un message universel. Aller voir ce film, une explosion de couleurs et un voyage au coeur de l'Afrique.
Jipéhel
Jipéhel

37 abonnés 195 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 novembre 2023
L’esthétisme ne fait pas tout

Après 15 ans d’absence, Koffi retourne au Congo pour présenter sa femme, enceinte, à sa famille. Considéré comme un sorcier par les siens, il rencontre trois autres personnages qui, comme lui, veulent s’affranchir du poids des croyances et de leur assignation. Seule l’entraide et la réconciliation leur permettront de se détacher de la malédiction qui les touche. A la lecture du pitch du film du belgo-congolais Baloji, qui a obtenu le Prix de la Nouvelle Voix dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes 2023, on sent bien qu’on entre dans un monde très éloigné du nôtre et que, d’emblée, les 90 minutes ne suffiront pas à nous familiariser avec les rites et coutumes du Congo ancestral.

Sachez avant toutes choses que le nom du réalisateur Baloji, signifie en Swahili, sorcier qui peut s’emparer des pouvoirs des autres sorciers… Tout un programme… En tout cas, un sujet de film. Notre cinéaste ne cache pas sa fascination pour l’occultisme et les gens perçus comme différents. Et son cinéma est lui aussi, différent, sans doute trop pour les européens que nous sommes et j’avoue être resté sur le bord du chemin tracé à grands coups d’ellipses et d’ésotérisme… bref, on s’y perd. Un 1er film dominé par les choix des couleurs, les bruits, les ambiances. Mais le scénario reste obscur et m’a partiellement échappé même si je reconnais un certain savoir faire à ce cinéaste inconnu. Une plongée hallucinatoire nourrie d’images abstraites et de figures traditionnels baroques, rites vétustes et masques traditionnels… une curiosité.
Le casting avec deux noms connus, Marc Zinga et Lucie Debay, une belle découverte Eliane Umuhiré et Denis Mpunga, un acteur belge souvent vu dans des seconds rôles en France, oui ce casting fait ce qu’il peut et se débat dans une histoire qui les dépasse un peu, comme le spectateur. Je ne suis pas bien sûr que, malgré son titre, tous les augures soient favorables à ce film étrange, intrigant et hermétique.
FaRem

10 571 abonnés 11 451 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 février 2024
Cela fait 15 ans que Koffi n'a pas vu sa ville natale, Lubumbashi, au Congo. En raison d'une marque de naissance sur la joue, sa famille dit qu'il est lié aux forces du mal, ce qui est l'une des raisons de son départ pour l'Europe. Alors qu'il est sur le point de fonder une famille avec Alice, il se rend avec elle là où il a grandi pour payer la dot pour la naissance de son premier enfant. Koffi cherche toujours à se faire bien voir des siens, mais il remarque que les choses n'ont pas beaucoup changé... Porté par l'artiste Baloji, le premier long-métrage de ce dernier évoque les traces du colonialisme et les superstitions au sein du pays tandis qu'il est également question des traumatismes infantiles ou des différences culturelles. Si Koffi est au centre du film, ce n'est pas la seule histoire que l'on suit... J'ai apprécié la mise en place de l'histoire avec ce retour sous tension, mais ce qui suit par rapport à Koffi m'a paru superficiel. J'ai préféré l'histoire de sa sœur Tshala, une femme moderne qui a payé le prix de sa modernité dans un pays très attaché aux traditions. Quant au petit, c'est plus focalisé sur l'esthétique que sur le contenu. Visuellement abouti et immersif avec une atmosphère mystique, "Augure" se disperse beaucoup trop au lieu d'approfondir ce qui était intéressant.
norman06

425 abonnés 1 822 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 décembre 2023
Insolite et intéressant conte congolais. Le réalisateur mêle avec bonheur rationalité et onirisme, séquences explicatives et ellipses narratives. Un bel objet singulier dont même les zones d'ombre séduisent. Marc Zinga dont c'est le meilleur rôle à ce jour est étonnant.
PL06
PL06

15 abonnés 153 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 décembre 2023
L’originalité de ce film est aussi remarquable que son scénario est obscur.

Oui bien sûr Baloji nous offre des décors, costumes et masques comme on n’a rarement vus, des scènes stupéfiantes (et parfois difficiles à soutenir), un bain dans l’Afrique profonde où la sorcellerie semble encore très présente – pas pour le meilleur semble-t-il. Et l’on ne peut que se féliciter de ce cri pour la solidarité et l’émancipation par rapport au poids des traditions.

Malheureusement sur ce sujet difficile, Baloji fait le choix d’une multiplication des personnages au destin fracassé par le poids des traditions – sans les approfondir, de trop nombreuses scènes festives aussi stupéfiantes que difficiles à situer, de dialogues souvent abscons qui échouent à toucher le spectateur. De sorte que le plaisir de regarder se perd dans la difficulté à faire le lien entre les personnages, entre les scènes, à faire sens tout simplement même si l’ensemble s’éclaire un peu à la fin.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 décembre 2023
Le premier film de l'artiste d'origine congolaise Baloji (acteur, musicien, réalisateur, styliste, performeur) est une découverte étonnante.

Le début du film est délicieux. Koffi rentre au pays pour présenter sa femme, aussi blonde que lui est noir, mais les choses vont très mal se passer suite à un malentendu causé par trois malheureuses gouttes de sang.

Enchaînement loufoque d'évènements bizarres, racisme dans tous les sens, tableau sensible de la vie quotidienne, scènes de rue impressionnantes, songes poétiques : on est happé par cette entrée en matière.

Augure perd ensuite un peu en intensité, multipliant les histoires parallèles dans un creuset dont on comprend vaguement qu'il parle de transmission, mais qui ne se raccordent pas forcément au début du film.

Sans être parfaitement réussi, le film de Baloji brille par sa puissante vitalité et révèle un réalisateur qui pourrait dans les années à venir donner de l'Afrique une vision plus moderne et plus déliée que celle que nous offrent les "anciens" du continent (Abderrahmane Sissoko, Mahamat-Saleh Haroun).
Arthus27
Arthus27

126 abonnés 642 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 décembre 2023
Augure est un voyage introspectif et fantasmagorique qui nous transporte dans son univers. Ce qui frappe dans le film c'est d'abord son esthétique parfaite et sublime. Le cadrage, la photo, la mise en scène, absolument toute la direction artistique et toute la réalisation est au service de son histoire et souligne son message. Il est parfois difficile de suivre l'histoire, pourtant simple, ce qui peut laisser penser à des coupes liées à la production. Mais cela n'empiète pas sur le plaisir de visionnage, notamment transcendé par le jeu des acteurs et actrices extrêmement puissant.
JUJUBE20
JUJUBE20

36 abonnés 59 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 décembre 2023
Augure démontre une fois de plus que nul n'est besoin de comprendre un film pour l'apprécier. Si la poésie consiste à fabriquer des images, alors voilà le film d'un poète : quelles traces indélébiles laisse-t-il ! Lorsqu'on veut parler de l'Afrique noire, on dit en général des bêtises, qu'on y soit resté 6 jours, 6 semaines ou 6 mois, sauf à s'appeler Michel Leiris ou Marcel Griaule. Nul essai théorique ici. Mais rarement cinéaste a réussi à retranscrire ce qu'on ressent, ce qu'on voit, ce qu'on perçoit et qu'on ne perçoit pas de ce continent : une vibration de l'air, une transparence brouillée de l'espace, des restes de rituels modifiés, des relations sous-tendues par des sous-entendus inconnus... des mystères, ici approfondis par un étrange passage reprenant le conte d'Hansel et Gretel et un mélange avec les drags queens et le voguing. Pas de scénario ? Acceptons d'être subjugués.
Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 29 décembre 2023
Après une longue absence, Koffi (Marc Zinga) revient au Congo présenter sa compagne Alice (Lucie Debay), enceinte de jumeaux, à sa famille. Mais Koffi, qui souffre d’épilepsie et a un angiome sur la joue gauche, passe pour un sorcier chez les siens qui l’accueillent froidement. Pendant son séjour, il croisera le chemin de trois personnes frappées comme lui d’ostracisme en raison de leur originalité et de leur refus des convenances.

Le musicien et cinéaste Baloji aurait pu, pour son premier film, tourner un banal retour au pays natal. Né au Katanga, émigré très jeune en Belgique, sans doute aurait-il pu puiser dans son histoire personnelle pour le raconter. Mais il a opté pour un autre parti, plus onirique, qui s’inspire du « réalisme magique ».

Le résultat, qui fait la part belle aux costumes et à la musique auxquels Baloji lui-même a mis la main, a été salué à Cannes dont il est reparti avec le Prix de la nouvelle voix. "Augure" avait été choisi pour représenter la Belgique pour l’Oscar du meilleur film étranger ; mais il ne figure pas dans l’ultime liste des quinze titres restés seuls en lice.

Le résultat n’en est pas moins déconcertant. Une fois passé le choc de la rencontre avec la famille de Koffi, le scénario s’étiole dans une succession de rencontres inutiles. Avec elles, l’attention du spectateur s’évapore. Très vite, on se désintéresse du sort de Koffi et d’Alice pour sombrer dans l’ennui.
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

228 abonnés 1 484 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 décembre 2023
Un congolais vivant en Belgique retourne au pays pour présenter sa femme au ventre rond, mais sa réputation de sorcier voyage avec lui. Le rappeur belge Baloji nous convie pour son premier film à un trip sensoriel et onirique dans l'Afrique des légendes et des superstitions. Une belle maîtrise pour cette œuvre originale à la direction artistique de toute beauté mais un peu confuse par moment.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 janvier 2024
Premier long-métrage du rappeur belge d’origine congolaise Baloji, Augure nous offre une plongée colorée, musicale et sans complexe dans le pays des parents du réalisateur. Au début du film, Koffi (Marc Zinga) se rend au Congo-Kinshasa avec sa compagne Alice (Lucie Debay), celle-ci étant enceinte de jumeaux. Il va alors tenter de renouer avec une famille qui l’avait rejeté car né avec une tache de naissance considérée comme la marque des sorciers maléfiques. Rapidement, dans un glissement tragi-comique du récit, il va être accusé de souiller l’âme des nouveaux nés. Dressant un portrait baroque et semi-imaginaire du Congo, brassant de nombreuses thématiques contemporaines (le poids des traditions, l’enfance laissée à l’abandon…) ce film assez dingue offre un point de vue d’une grande richesse, bénéficiant d’une multitude d’influences – africaines, européennes, africaines… Brillant.
Marc L.
Marc L.

68 abonnés 1 828 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 août 2025
Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre avec ce galop d’essai d’un des membres fondateurs de Starflam et je n’ai franchement pas été déçu du voyage. Dans les premières minute, à suivre les péripéties de ce couple mixte qui retourne visiter la famille africaine afin d’apporter la dot et de faire les présentations, on croit qu’on va se retrouver en terrain de connaissance, et avoir droit à un film dont l’injonction vis-à-vis du spectateur sera qu’il fasse preuve d’ouverture vis-à-vis de la tradition millénaire du continent noir ou au contraire, d’observer avec une impassibilité de façade la fracture entre les Africains prêts à embrasser le mode de vie moderne et ceux qui préfèrent rester englués dans la superstition et les fétiches. Or, ‘Augure’ n’est jamais là où on l’attend. Il n’y a pas de sauveuse blanche, elle reste aux marges du récit. ‘Augure’ prend le parti de faire état d’un écartèlement et d’une incompréhension, celle de Koffie qui vit en Europe depuis trop longtemps pour vraiment adhérer aux coutumes africaines mais tente de s’y conformer comme il peut, ces coutumes étant finalement l’équivalent local de la pathologie familiale occidentale…d’autant plus que cette volonté d’adaptation vise à faire oublier l’aura de “maudit” qui lui colle à la peau sans qu’il puisse rien y faire : du romanesque pas si éloigné que ça du parcours personnel du réalisateur. Peu à peu, en multipliant les points de vue et les sorties de route au risque de verser dans le scénario décousu et la confusion, ‘Augure’ cherche à porter son regard vers la notion de patriarcat dans ce qu’il peut avoir de plus oppressant au moment où la modernité croise la tradition. Pourtant, c’est moins le propos qui fascine que cette plongée dans un Congo fantasmagorique et insaisissable : nulle volonté ouverte, pourtant, de construire un argument fantastique mais simplement d’explorer une culture bouillonnante, foisonnante et protéiforme, qui aura toujours un ingrédient en réserve pour déstabiliser, qu’il s’agisse d’une explosion de violence inattendue, d’un pantomime étrange, d’un complexe minier qui semble sorti d’un film d’épouvante ou de l’irruption de colporteurs-chanteur à la porte. Visuellement puissant malgré des moyens modestes, avec son mélange de symbolique psychanalytique, de mysticisme trouble et de folklore surréaliste, ‘Augure’ m’a parfois rappelé rien de moins que les oeuvres les plus folles de Alejandro Jodorowski.
Xavier BLANCHARD
Xavier BLANCHARD

29 abonnés 415 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 octobre 2023
Les tensions entre Koffi et sa famille n’apparaissent que très progressivement, et nous les découvrons en même temps que sa compagne Alice, ce qui aide le spectateur européen à mesurer les enjeux.
Baloji parvient à faire un film puissant et poétique, plongeant dans l'univers parfois ''déjanté'' de Ki de la RDC et de Lubumbashi 'vec l'environnement culturel es ot f
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