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Frank Trouillard
6 abonnés
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0,5
Publiée le 24 juillet 2025
Très décevant ! Les thèmes sont intéressants - le jeu des acteurs est bon - l'introduction de fantastique :une très bonne idée. Hélas : la mise en scène est vraiment pas au niveau - plans fixes très lourds dans la 1ère partie puis caméra à l'épaule basique sans intérêt dans la 2nd - au global cela donne un fil très lourd, lent, sans dynamique... et de plus à plusieurs pas clair pas explicite sur l'évolution de l'histoire. Très très dommage
Grosse claque. Thriller familial intense, déroutant, qui explore avec intelligence la transmission de la violence. La mise en scène est originale et chaque plan distille une tension folle. C’est un film très spécial, à la frontière du réel et du cauchemar. Un film dérangeant, beau et nécessaire.
Un film captivant , moderne , envoûtant qui explore la dualité de l’âme humaines,, les conflits intérieurs. Bien sûr, on pense à David Lynch, mais aussi à Abbas kiarosta… Tout cela portait par un trio vecteur Turc absolument géniaux.. Ce film est comme un rêve éveillé,
Très intéressant film qui fait office d’exutoire pour le réalisateur , désireux de faire la paix tant avec lui-même qu’avec sa famille en proie à une violence héréditaire , qui lorgne vers le fantastique à travers une mise en scène multiplie les symboles !
Coréalisateur des Chroniques de Téhéran, Alireza Khatami se retrouve pour la deuxième fois en solo avec The Things you kill, et, pour la première, en dehors d'Iran, plus précisément en Turquie. Si le nom de David Lynch vient à l'esprit pour référencer le film, le cinéaste n'oublie pas ses racines, au moins dans une première partie qui rappelle par son ingéniosité les récits en cascade d'Asghar Farhadi. Tuer le père, ces mots ont ici un sens, y compris du point de vue métaphorique, le patriarche représentant en l'occurrence toute la violence familiale, aux conséquences tragiques. C'est vrai que le film, très lisible durant sa première moitié, avec un caractère languissant, loin d'être désagréable, s'apparente à un puzzle cauchemardesque par la suite, jusqu'à son dénouement, peut-être un peu trop fabriqué pour susciter l'angoisse et l'incompréhension. Mais même dans ses zones d'ombre, ses mystères, ses ellipses et ses audaces narratives, The Things you kill se caractérise par une maîtrise impressionnante de sa mise en scène, dans une plongée vers l'abîme, d'une manière tout aussi effrayante que ludique, pour qui possède un certain goût pour la perversité, les faux semblants et l'irruption du fantastique dans un réel qui n'en finit pas de déraper.
Dans la vie comme dans les films, j'ai horreur de ne pas savoir si c'est du lard ou du cochon, la réalité ou du fantasme...or c'est précisément le cas avec ce film qui, au début m'a captivé avant de m'exaspérer. Le mort n'est pas vraiment mort, dans la deuxième partie, Ali n'est plus interprété par le même acteur. Evidemment, ceux pour qui les récits linéaires et cohérents sont plats et sans fantaisie crieront au génie. Moi, les histoires alambiquées comme ça ne m'intéressent pas. Un sujet tel que la transmission de la violence des pères de génération en génération ne nécessitait pas une telle esbroufe et se suffisait à lui-même.
The Things You Kill – Une œuvre poignante sur les blessures invisibles
Alireza Khatami signe avec The Things You Kill un drame aussi dense que délicat, où la Turquie devient le théâtre d’un retour impossible. Ali, exilé de longue date, revient dans une maison étouffée par l’ombre d’un père tyrannique. Mais ce qu’il retrouve ne se limite pas à des murs ou des souvenirs : ce sont des silences, des regards, une mémoire blessée qui attendait son retour pour se réveiller. Entre Istanbul et des collines baignées de mélancolie, le film évoque l’impossible réconciliation entre ce que l’on porte en soi et ce que l’on veut fuir. Une mémoire collective, nationale et intime, à laquelle il faut pourtant se confronter.
Porté par une atmosphère flottante, le film emprunte les codes du fantastique sans jamais les revendiquer. Le père devient figure spectrale, présence omnisciente, presque démoniaque, qui réduit à néant toute tentative d’émancipation. Le réel vacille, la lumière devient une menace, et les frontières entre rêve, cauchemar et souvenirs se brouillent. L’expérience de spectateur devient alors presque sensorielle : chaque soupir contient une tension, chaque silence est une gifle contenue. Le film ne cherche pas à expliquer mais à faire ressentir. Comme un rêve récurrent dont on ne se défait jamais.
Mais au-delà de l’esthétique et de la tension psychologique, The Things You Kill interroge : que sacrifie-t-on pour se libérer de son passé ? Le titre, à double tranchant, évoque autant les gestes irréparables que les renoncements nécessaires. « Tuer » ici, c’est transformer, transmuter la douleur pour en faire autre chose. Une transmission inversée, douloureuse, mais salvatrice. Car c’est bien cela que propose ce film : un exorcisme doux-amer, porté par un duo d’acteurs d’une justesse bouleversante, et une mise en scène qui flirte avec la grâce. Un film qui reste longtemps en soi, comme une trace, une blessure ancienne que l’on croyait refermée.
"Quand peut-on pardonner et se faire pardonner ? C’est toute la problématique de The Things You Kill, un drame familial psychologique sur fond de thriller. Alireza Khatami explore les secrets et les traumatismes de son protagoniste à travers un dispositif narratif aussi subtil qu’audacieux. Il nous donne à contempler les reflets d’un homme meurtri par une relation conflictuelle avec la figure paternelle, ainsi que par sa propre quête d’identité."
"Quelle est donc cette fameuse « lumière » qu’il s’agit de tuer ? La première scène interroge immédiatement, où l’on semble décrire un mauvais rêve, dont aucun personnage ne semble être sorti. Cette interrogation trouvera davantage de sens et de réponses tout le long d’un récit qui parsème ses indices avec beaucoup de malice. Ces indices ne passent pas uniquement par des répliques, mais également par sa mise en scène de courtes séquences, comme lorsqu’Ali (Ekin Koç) s’infiltre dans une maison avant de se trouver une cachette. Là où la narration ajoute de la confusion à l’évolution des personnages, c’est bien à cause du montage, suggérant tout un tas d’ellipses dans le deuxième acte. Pourtant, s’il ne s’agit pas d’un choix artistique volontaire, cette confusion est indubitablement justifiée dans la dernière scène du film, faisant écho à la mystérieuse ouverture."
"Les femmes ne sont pas les seules à tomber sous le joug du patriarcat, car certains hommes en souffrent aussi. Ali se bat pour lui-même, des deux côtés du miroir qui fragmente son âme et sa personnalité. Le film n’est certainement pas le plus facile à suivre si on ne s’accroche qu’à sa dimension policière, sur fond de parricide, ou à la crise familiale qu’on dépeint. C’est dans l’amalgame de tous ces éléments que le protagoniste trouve la force de se confesser et d’obtenir une image nette de lui-même. Avec The Things You Kill, la compétition Reims Polar a certainement trouvé son scénario le plus sophistiqué, le plus intime et le plus émouvant de son auteur. Alireza Khatami impressionne par sa mise en scène qui génère de l’étrangeté sans abuser des ressorts du polar. Les Ombres persanes avait déjà réussi cet exploit et ce film confirme un savoir-faire indéniable qui ne saurait tomber dans l’oubli."
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